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vendredi, 08 mai 2015

LA RÉFORME DE L'ENSEIGNEMENT : L'ÉCHEC ANNONCÉ

BILLET du 8 MAI 2015

Rarement une réforme entreprise par un gouvernement, de quelque tendance politique soit-il, voit surgir une telle levée de boucliers contre celle-ci et que ce gouvernement veut, cependant, imposer contre vents et marées. Que ce soit de la part des enseignants eux-mêmes, de leurs syndicats, mais aussi d'écrivains, de philosophes, de personnalités du monde culturel, de politiques de tous bords, et même, maintenant, de chancelleries étrangères (qui s'émeuvent justement du volet supprimant les écoles bilingues), certaines interventions relèvent d'une indignation mal contenue tant cette réforme les révolte. Certains n'hésitent pas à affirmer que l'école de la République est désormais en danger !

enseignement.jpgDe quoi s'agit-il en fait ? De la réforme de l'enseignement scolaire menée par Mme Najat Belkacem, Ministre actuelle de l'Éducation Nationale, celle-ci ayant la charge régalienne de former les futurs citoyens de notre Nation qui seront appelés, demain, à prendre les rênes de la France et de prolonger, en l'enrichissant à leur tour, sa mission multi-séculaire dans le monde.

Mission régalienne, ai-je dit, mais mission ô combien fragile si on veut préserver ce bien précieux qu'est l'héritage qui nous est momentanément confié et qu'il faut préserver pour le transmettre ensuite, avec l'intégralité de ses valeurs, aux générations à suivre. Nul n'a donc le droit, même une Ministre passagère, de "jouer" avec ce bien précieux, même au nom d'une idéologie d'un moment de notre Histoire, pour satisfaire quelque facilité que ce soit.

UN "CERTAIN" ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE

Dans le cadre de cette réforme, j'observe que celle la plus souvent décriée est celle de l'enseignement de l'Histoire : celui-ci ferait dorénavant rentrer une sorte d'idéologie rampante à travers les programmes.

Pour exemple, dans les classes de 5ème, on y introduirait désormais certains enseignements dits "obligatoires", et d'autres dits "facultatifs". Ceux "obligatoires" feraient donc obligation à tout élève de les suivre, et ceux dits "facultatifs" offriraient à tout élève de ne pas y assister du tout. La bonne aubaine de sécher les cours !

C'est donc un enseignement à 2 niveaux qu'on préconiserait. "École de l'Égalité ?" s'interrogent ceux qui veulent défendre les valeurs de la République.

On est saisi aussi de constater, par un autre exemple qui a frappé tous les observateurs (même s'il n'est pas un élément essentiel du débat), que la "découverte de l'islam" deviendrait un enseignement qui serait désormais "obligatoire" pour tous, mais la découverte du judéo-christianisme, comme celle de tout ce qui a suivi la chute de l'empire romain, celle de l'émergence des empires carolingien et byzantin, celle qui a tracé les routes du commerce et des échanges culturels - et qui sont pourtant devenus vecteurs de nos cultures d'aujourd'hui - ces découvertes-là, elles, ne seraient plus que.... "facultatives" ! On peut comprendre les émois suscités.

On peut comprendre aussi, par ces seuls constats, que dans une nation pétrie depuis des siècles de ces échanges et de ces courants qui ont formé si profondément son identité, qui a construit son unité avec toute cette Europe à laquelle elle appartient désormais, celle notamment de Charlemagne depuis le 8° siècle, on peut comprendre la stupeur de beaucoup, même en reconnaissant qu'une découverte rénovée de l'islam est devenue, dans le monde d'aujourd'hui, une réelle nécessité. Mais, à découverte de valeurs égales, l'enseignement doit rester égal pour tous. Et non pas facultatif au gré d'une idéologie du moment.

L'HISTOIRE DÉFORMÉE : À QUELLE FIN ?

En exemple encore, dans cette longue et riche histoire de notre nation, faite aussi de "hauts" comme de "bas" (quelle nation a échappé à ces vicissitudes ?), pourquoi leste-t-on si lourdement les pages que l'on juge désormais "culpabilisantes" - celles des inévitables erreurs, celles du colonialisme, celles des guerres et des crimes qu'elles ont pu entraîner - et pourquoi en rajoute-t-on sur ces sujets des tonnes et des tonnes, quand, parallèlement, tout ce que notre nation a fait de bien depuis 20 siècles pour le progrès de l'homme, est pratiquement gommé ?

Autre exemple encore : l'enseignement de l'Histoire en 4ème préconise des programmes "thématiques" et non plus des programmes "chronologiques". Et le tout teinté d'une bonne dose d'humanisme "bon marché" avec, en arrière-plan, des thématiques moralisatrices. Alors que toutes les "histoires", de quelque nation à laquelle elles appartiennent, ne sont écrites que d'enchaînements de faits précis qui se sont succédés et les entraînant les uns aux autres. Aucune explication n'est désormais enseignée pour comprendre ces enchaînements, ni sur les personnages essentiels qui ont joué un rôle déterminant dans les décisions prises, ni dans la recherche sur leurs causes profondes. Si on veut aller plus loin encore dans cet exemple, en classe de 4ème, on enseigne toujours "l'histoire de l'Europe et du monde du 17° au 19° siècle". Mais l'Europe qu'on y enseigne n'est abordée que sous le seul angle de la colonisation, des empires coloniaux, de l'exploitation des continents et de leurs richesses et.... des traites négrières ! Comme si l'Europe se réduisiat exclusivement à la colonisation et à l'esclavage ! De civilisation apportée (notamment dans les domaines de la santé et du développement), de la pacification imposée dans des peuplades précédemment perpétuellement ensanglantées de constantes guerres tribales, nulle mention n'est plus citée.

QUE SONT DEVENUES LES "LUMIÈRES" ?

Alors qu'au 18° siècle, on a vécu les premières révolutions, celle des "lumières", celle de la révolution scientifique, celle de la naissance de l'esprit critique, de la naissance ausi de la démocratie, de la préparation de la révolution française et des droits de l'Homme, l'encyclopédie de Diderot et de d'Alembert, c'est aussi Newton, la naissance des grands musées en Europe, la volonté de démocratiser les connaissances, etc...., eh bien tout ceci, dans la réforme proposée, "passe à l'as", il devient "facultatif", tout comme Voltaire, l'affaire Calas, celle du Chevaler de la Barre, la naissance du monde intellectuel, etc..... Mais la colonisation et l'esclavage.... on en a fait l'essentiel à retenir de ce 18° siècle !

Enfin, pour poursuivre cette démonstration sur le seul volet de cette Histoire "revue et corrigée", on ne peut qu'observer encore  l'esprit d'auto-fragellation avec lequel on la rapporte. Par exemple encore, la 1ère guerre mondiale - celle de 14-18 - n'est abordée uniquement que sous les aspects de sa violence inouïe et de ses millions de morts et d'amputés. Mais, curieusement, on y inclut même.... le génocide arménien ! C'est fort bien qu'on n'oublie pas les arméniens, mais est-ce cela qui explique les origines de cette guerre si marquante de l'Histoire de notre continent ?

Comment, pour finir, comprendre encore la longue et riche période du romantisme si vous ne savez pas qu'il est une réaction violente et nostalgique contre la révolution française et contre les lumières et le classicisme de notre 17° siècle ? Oui, c'est vrai, ce fut une sorte de contre-révolution : il faut le dire. Mais si vous ne le savez pas, si cela n'est plus enseigné, vous ne pouvez rien comprendre à ce qui a tant marqué notre histoire littéraire et intellectuelle lors de cette période du romantisme. L'important, c'est donc de connaître la chronologie de notre Histoire, celle a conduit à la naissance de cette période particulière, comme tant d'autres, et que nous ne pouvons ni ne devons ignorer.

LE TOHU-BOHU DE NOTRE ENSEIGNEMENT

Toutes ces phases de notre Histoire sont donc désolidarisées, désarticulées les unes des autres, alors qu'il serait nécessaire, au contraire et pour mieux les comprendre, qu'on explique les enchainements qui les ont guidées. Le chronologique est donc une donnée indispensable si on veut comprendre l'Histoire.

L'idée directrice de la réforme voulue par Mme Najat Belkacem semble donc être que l'enseignement est prioritairement destiné à "fabriquer" des citoyens. C'est bien, c'est un bel objectif. Mais comment le faire ? Et la réponse qu'elle apporte n'est une immense, voire une dramatique erreur. Je l'affirme.

L'enseignement, c'est d'abord transmettre des connaissances, c'est le plaisir - voire la passion - de les découvrir, et ce n'est pas autre chose. C'est encore transmettre la compréhension du monde. C'est alors, mais alors seulement, que tout ceci est nécessaire pour "fabriquer" des citoyens (pour reprendre la terminologie officiellement utilisée), mais des citoyens pleinement éclairés. Il faut respecter l'ordre des choses et non pas les inverser.

Mais "fabriquer" des citoyens, ce n'est pas donner des cours de morale à jet continu. Or, dans le projet de Mme Najat Belkacem, on expose surtout les théories du "développement durable" à toutes les sauces, de la "croissance verte", on développe l'horreur du "capitalisme dévastateur", etc…. Non pas qu'il ne faille pas en parler du tout, mais faire des programmes un gigantesque "cours d'instruction civique" à la sauce "3ème gauche", c'est totalement dévastateur. C'est même décérébrant.

Autre idée encore de Mme Najat Belkacem, c'est de supprimer les classes bilingues, et de tout qui donnait accès à une sorte "d'excellence" de notre enseignement. Mais son idée à elle, c'est que tout ce qui est "excellent" est forcément "discriminant". Elle en fait une sorte d'obsession. En fait, il faudrait donc supprimer les classes d'excellence pour éviter de discriminer ceux qui ne pourraient y accéder. C'est le nivellement absolu par le bas  de tout notre enseignement.

Mais on maquille ce projet en préconisant parallèlement l'apprentissage d'une 2ème langue étrangère dès la 5ème. On serait tenté d'applaudir une telle initiative. Mais il faudrait pourtant, et prioritairement, qu'ils apprennent la 1ère langue, celle véhiculaire qu'ils doivent utiliser chaque jour, c'est-à-dire le français, la langue de toute communication dans le pays où ils vivent. Les langues étrangères, c'est un plus, un complément, pas une substitution. Mais quand on constate qu'aujourd'hui 35% des élèves qui rentrent en 6ème sont en situation d'illettrisme, dont 7 à 8% d'analphabètes absolus, 15% qui ne sont pas capables de lire un texte en le comprenant, et le reste dans l'état de ne déchiffrer que consonne par consonne le texte qu'ils ont sous les yeux sans en rien comprendre de son sens. Et l'on retrouve approximativement les mêmes proportions chez les étudiants de 18 ans ! Voilà donc que Mme Najat Belkacem veut rajouter 2 langues étrangères en sus de la langue française, celle que beaucoup ne connaissent même pas !

Au lieu de viser les collèges, Mme la Ministre ferait mieux de réformer l'enseignement dans les CP : c'est là que tout se joue, y compris l'avenir des élèves sur le long terme. Mais çà, Mme Najat Belkacem semble l'ignorer.

Enfin, puisque l'on parle de la langue française, je n'évoquerai pas ici le caractère désormais "facultatif" de l'apprentissage du latin et du grec qu'on veut éloigner totalement de fait de l'enseignement général. Pourtant, comment apprendre une langue, surtout quand il s'agit de sa langue du quotidien, si l'on ne connait même pas la racine et le sens d'origine des mots que l'on utilise ? Ce n'est pas la moindre cause des indignations qui s'expriment et venant de toutes parts.

Mais il est vrai que si, déjà, on néglige l'enseignement du français élémentaire (puisque tel est le constat que chacun fait), à quoi cela peut-il servir d'enseigner en sus ses racines, c'est-à-dire le latin et le grec ? Est-ce encore pour des raisons idéologiques, contre l'esprit d'excellence qu'est fait ce choix, pour encore éviter de "discriminer" ceux qui ne sont pas en capacité d'y accéder pleinement ?

On assiste donc à un nivellement de notre enseignement par le bas, et non plus vers l'excellence. C'est ravageur !

INCAPACITÉ ?

Je ne connais pas personnellement Mme Najat Belkacem, ni eu le plaisir de la croiser. Elle est peut-être une femme charmante, enrichie des différentes cultures dont elle est issue, ce qui peut être une chance pour elle.

Je n'épiloguerai pas non plus, comme certains le font, sur les raisons de son échec renouvelé au concours d'entrée à l'ENA, échec auquel elle s'est heurtée à 2 reprises successives : ceci ne peut être un critère d'appréciation de ses autres capacités. Mais une carrière ensuite d'attachée parlementaire sous différents tuteurs, puis celle de juriste de passage, apportent-elles les qualités suffisantes à quiconque pour recevoir ensuite la responsabilité énorme de devenir le principal guide de l'enseignement et de la formation des futurs citoyens qui feront demain notre nation ? Ses décisions, en la circonstance ici évoquée, m'en font douter.

Pour être à la hauteur d'une telle mission, il faut avoir les tripes de cette nation collées au ventre avant de pérorer sur un sujet que, manifestement, elle ne maîtrise pas, ou si mal. Et l'onction présidentielle qu'elle a reçue pour ce faire ne lui accorde aucune qualité supplémentaire pour cela. Hélas !

Au très modeste poste d'où je m'exprime ici, cela me fait mal, précisément pour la France elle-même.

Il fallait que je vous le confie.

lundi, 26 mai 2014

APPARENCE & ILLUSION

mouvement démocrate,bayrou,politiqueNous apprenons, ce soir des élections européennes, que, devant la déroute des deux partis complices dominants français - le P.S. et l'UMP - Mr Hollande convoque d'urgence, ce lundi matin, a potron-minet, une réunion pour "réagir" face à cette situation nouvelle.

Le "pôvre" ! Voilà notre François Hollande plongeant de nouveau dans l'illusion d'un pouvoir dont il ne s'aperçoit pas encore que, ce soir, il ne le lui appartient plus du tout.

Car de quoi s'agit-il ?

Les élections du 25 Mai, en envoyant au Parlement européen comme députés français près de 30% de son contingent représentant l'extrême droite, les deux partis dominants traditionnels complices jusqu'ici de la bipolarisation régnante (P.S./UMP), et ne représentant plus, de leur côté, que 40%, et les derniers 30% restant étant pratiquement étanches aux combinaisons des premiers nommés, le problème n'est pas la nature du contingent des 30% de députés élus appartenant au F.N. - car ceci ne changera rien (ou pas grand-chose) dans les décisions du Parlement européen car l'extrême droite y est très divisée et très minoritaire encore - mais le fait que la France n'aura désormais plus aucun poids dans les instances européennes décisionnelles à côté des autres mastodontes dominants. De fait, la France n'y existera plus du tout : nous y tiendrons désormais que le rôle du nain politique et économique de l'Europe. Mme Merkel y aura les mains libres.

Déjà, en 2012, Mr Hollande, tout auréolé de sa victoire aux présidentielles, avait déjà promis qu'il interviendrait, sitôt élu, dans les orientations de la politique européenne. On connaît le résultat : il en est revenu totalement bredouille, au grand dam de ses électeurs.

Alors aujourd'hui, après deux défaites électorales retentissantes - celle des municipales, puis celle des européennes - que peut prétendre encore Mr Hollande obtenir ? RIEN ! Moins que rien !

Certes, l'élection du nouveau Président de la Commission européenne - commission qui fixe de fait les grandes orientations européennes proposées ensuite aux chefs d'état qui en décident - n'est pas encore acquise : il faudra attendre des mois de tractations quasi secrètes avant qu'on connaisse l'heureux élu. Pour l'instant, une certaine majorité semble désigner le luxembourgeois Jean-Claude Juncker. Si c'était lui qui devrait l'emporter, ce serait la pire nouvelle pour Mr Hollande : Mr Juncker est totalement rebelle à toute concession accordée à quelque pays que ce soit pour la réduction de leur dette et des efforts qu'ils devront entreprendre dans l'urgence pour la ramener à la norme commune fixée, et ce dans le plus bref délai.

Mr Hollande espérait jusqu'ici (ou du moins, on peut le supposer !) la victoire, à cette fonction, de son "ami" socialiste, Mr Martin Schulz, lequel montrait une certaine volonté d'être moins ferme dans l'application des normes européennes, même au prix d'augmenter un peu plus la dette commune. Hélas, les chances de Mr Schulz d'être élu se sont évanouies. À moins que, pour contrer l'élection de son rival - Mr Juncker - Mr Schulz fasse alliance avec les centristes de Mr Guy Verhopstadt : mais dans ce cas, celui-ci exigera la présidence de la Commission et Mr Schulz n'aura plus grand-chose à dire. Et l'on sait que Mr Verhopstadt n'est pas homme à laisser filer la dette à tout crin.

Dans le drame qui s'est donc joué aujourd'hui en France au travers des élections européennes, même si celles-ci révèlent le délitement de la vie politique française au profit de l'extrême droite - ce qui éveille notre devoir de grande vigilance et de réformes profondes de moralisation au sein de notre nation - le vrai drame n'est pas la résurgence du parti de Mme Le Pen, mais la disparition de la France comme grande nation influente sur les affaires du monde et de l'Europe.

Et ce n'est pas Mr Hollande qui est en capacité de restaurer son rang à la France : il faut, pour y parvenir, une autre dimension d'homme.

Tout ne devient donc qu'apparence et illusion.

lundi, 07 avril 2014

DESTINS CROISÉS

bayrou.jpgÀ peu de jours d’intervalle, l’un  - François Bayrou - élu Maire de Pau, déclare qu’il a décidé de se retirer de toute bataille politique pour ne se consacrer désormais qu’à ce seul mandat qui vient de lui être confié : finies donc les perspectives présidentielles et législatives. Même si, heureusement toujours bien en vie et que l’on reste assuré que sa présence dans la famille centriste gardera tout son poids, il faut bien admettre qu’un président de parti politique qui renonce désormais à exercer tout mandat national quel qu’il soit (choix infiniment respectable en soi), pose le problème de leadership au sein du mouvement qu’il a créé et dont il était le pivot central jusqu’à l’incarner tout entier. Le Mouvement Démocrate, même si cela se déroule dans le calme propice encore à la réflexion, est à un tournant décisif qui scellera son avenir.

borloo.jpgLe hasard veut qu’ensuite un autre leader du centre - Jean-Louis Borloo - pour d’autres raisons beaucoup plus pénibles et brutales de santé, décide à son tour de se mettre en congé de tout mandat politique. Ami longtemps proche du premier cité - dont il avait conduit l’une de ses campagnes présidentielles - il avait rapidement saisi la nécessité absolue pour la famille centriste de se réunir de nouveau si elle voulait continuer de peser d’un poids nécessaire aux grands équilibres entre une droite et une gauche, tout à la fois irréconciliables et complices, qui ont introduit dans la vie politique le poison du bipartisme et de la stérile division du peuple français en 2 blocs qui ne cessent de s’affronter. Et de créer parallèlement, face au Mouvement Démocrate voulu par le premier dans le même objectif de rassemblement, l’UDI où il y amenait dans la corbeille l’historique Parti Radical dont il était devenu le Président pour réunir ensuite plusieurs familles issues d’un centre hélas momentanément éclaté.

Mais, l’un comme l’autre - François et Jean-Louis - procédant de cette même analyse d’une nécessité de rassemblement de toutes ces familles du centre si elles voulaient continuer d’exister et de peser, de se rapprocher à nouveau pour fonder cette Alternative qui les rapprochait à nouveau et dont on sait aujourd’hui, par les premiers résultats prometteurs récoltés en commun il y a quelques jours, combien celle-ci répond à une véritable attente du peuple français lassé de cette perpétuelle rivalité droite-gauche.

Mais voici qu’un concours de circonstances différentes réunit au même moment ces deux hommes visionnaires qui sont amenés à devoir s’éloigner de leurs responsabilités respectives, même si les raisons de l’un sont infiniment plus douloureuses et brutales que celles de l’autre.

Qu’on l’admette ou non, la famille centriste toute entière est à un tournant décisif. Derrière ces deux visionnaires qui ont contribué si puissamment à sa nécessaire réunion, il va falloir trouver des hommes et des femmes prêts à poursuivre l’œuvre entreprise. Mais on ne peut ignorer les ambitions des uns ou des autres entretenues par des courants légitimes dont ils sont porteurs mais si dangereusement centrifuges et à contre-courant de cette vision unitaire voulue par leurs deux leaders.

Cela ne se fera pas, et ne pourra se faire, entre les seuls appareils de partis. C’est plus que souhaitable. Cela nécessitera une réflexion commune à toutes nos familles pour qu’ensemble elles reconstruisent une maison commune. Bien au-delà des étiquettes de partis qui contribuent tant à les diviser.

Ceci demandera peut-être un peu de temps pour se réaliser. Mais les enjeux communs à tous, UDI et/ou MoDem réunis, l’exigent s’ils veulent demain peser du poids d’un rassemblement des français et dont les récentes élections ont prouvé que cela est devenu nécessaire pour l’avenir même - j'allais dire la survie - des idéaux de la République.

mercredi, 02 avril 2014

ROCARDISME ? ou HOLLANDISME ?

L'annonce des ministres nommés ce matin réserve quelques surprises.

On croyait, avec l'arrivée de Mr Valls à Matignon, voir venir un vent nouveau teinté de réalisme rocardien, avec un brin de modernisme qui manquait manifestement au précédent gouvernement. Or il n'en est rien : Mr Hollande a imposé ses propres fidèles et Mr Valls doit maintenant contenir ses illusions.

Mme Royal à l'écologie est quand même un fait surprenant quand on connait ses positions sur les taxations que voulait imposer Mme Duflot.

Mr Hamon, issu de la gauche de la gauche, à l'Éducation Nationale ne peut être pire que Mr Peillon mais laisse planer beaucoup d'incertitudes sur ses choix quand on sait les tensions qui traversent ce ministère ultra-sensible.

Enfin, qui peut comprendre le maintien de Mme Taubira à la Justice quand on sait le laxisme de cette "douce" rêveuse qui a si puissamment contribué à l'essor du Front National ? Mme Taubira est certainement le plus puissant agent électoral de l'extrême droite. Stratégie machiavélique pour contrer la remontée du centre et de la droite lors des scrutins à venir ? On pourrait le croire.

C'est du hollandisme pur.

BONNE NOUVELLE

Que Mme Duflot et ses amis quittent le gouvernement est une double bonne nouvelle :

• pour l'écologie elle-même qui mérite d'être défendue autrement que par ses simagrées

• pour la France elle-même qui n'a actuellement nul besoin de ses utopies ravageuses. Il est temps que les vrais écologistes reprennent les choses en mains pour devenir enfin crédibles.

mercredi, 04 décembre 2013

LA SOUMISSION AU RELIGIEUX....

Voilà quelques semaines était paru dans un quotidien belge - Le Soir - un remarquable article d’Élisabeth Badinter, femme de lettres et philosophe, Présidente du Conseil de Surveillance de Publicis, mais aussi épouse de Robert Badinter, ancien Ministre de la Justice de François Mitterrand  (qui a notamment fait abolir la peine de mort en France) et a été ensuite longuement Président du Conseil Constitutionnel.

mouvement démocrate,bayrou,politiqueLe titre de l’article de Mme Badinter était quelque peu racoleur : “La soumission au religieux est un désastre !” et il ne pouvait qu’attirer l’attention. Je suis tombé, comme beaucoup certainement, dans le piège : était-ce là un remake de la laïcité exacerbée, par exemple, d’un Vincent Peillon qui s’était “autorisé” de mettre la religion catholique au rang des ennemis absolus des valeurs républicaines de la France. (Il est préférable de ne pas commenter de tels égarements de langage d’un individu dont on n’a pas hésité cependant d’en faire ensuite le pâle Ministre de l’Éducation que l’on sait)

Mais, en fait, cet article était très éloigné des ukases à l’emporte-pièce de Mr Peillon. Il en était même le contre-pied. (Pourtant tous deux - Mme Badinter et Mr Peillon - ne sont pas éloignés des idéaux socialistes)

Je ne vais pas ici reprendre l’intégralité du long document rédigé par Mme Badinter (repris d'ailleurs tout récemment par Mediapart sur FaceBook), mais simplement quelques extraits que j’ai relevés.

En fait, cet article est un long plaidoyer contre le multiculturalisme qui, actuellement, ronge la société française et dont certaines religions sont le support. Je cite :

“aujourd’hui, on considère que le droit à la différence est le summum de la liberté.... Chacun, dans sa communauté, fait ce qu’il veut....”


• “cette philosophie multiculturaliste séduit forcèment les jeunes, qui trouvent qu’on appartient d’abord à sa communauté, avant d’appartenir à une collectivité plus large. C’est chacun chez soi.... Cet enfermement.... (est) le contraire(de)... de ce qui nous unit, et qui... est un puissant facteur de paix entre les hommes.”


• “le multiculturalisme, c’est le séparatisme, et pas la solidarité, car chacun s’aligne sur  sa communauté et l’universalisme se meurt.”

Et, ici, de citer le rôle de certaines religions :

• “la loi religieuse veut de plus en plus imposer sur l’espace public. Et je le dis autant pour les salafistes, les musulmans radicaux que pour la montée en puissance de l’orthodoxie chez les juifs.”


• “il ne faut pas être naïf, il existe des sectes - les salafistes - qui mènent une guerre de tranchées.... C’est inadmissible. Et là, il faut tenir. L’espèce de soumission à la religion de l’extrême-gauche et d’une grande partie de la gauche, est un désastre...”

mouvement démocrate,bayrou,politiqueEt de traiter ensuite de l’intolérance qui s’infiltre dans notre société :

• “nos démocraties occidentales sont horrifiées à l’idée d’être accusées d’intolérance.... Et.... au moindre mot...., vous êtes taxé d’islamophobe, d’antisémite, de raciste, de “lepéniste”, la peur d’être stigmatisé ferme la bouche à beaucoup de gens.... Il ne faut pas avoir peur, mais avoir le courage de tenir sur ses principes.”

Et de rassurer ensuite :

“Dans l’histoire...., il y a un moment où l’oppression exercée par les lois religieuses est trop forte, alors qu’elle est appliquée à des gens qui évoluent intellectuellement et socialement. Et ces gens disent “çà suffit !”.

Et de dénoncer le rôle de l’école dans cette évolution :

• “c’est à l’école qu’on apprend à exercer sa raison critique, à  essayer de mettre un peu de distance à ses préjugés et ses croyances.... (Or) le mot d’ordre dans beaucoup d’écoles est : “surtout ne choquez pas les croyances et les préjugés de vos élèves”. Si on ne peut plus apprendre l’esprit critique à l’école, où (donc peut-on l’apprendre) ? C’est impossible !”
(On sait que Mme Badinter, au nom de ce principe ici exposé, a longuement milité contre le port du voile, ou de la burka, à l’école et de tout signe religieux ostentatoire)

Et de regretter enfin qu’en France tous nos politiques soient soumis au “politiquement correct” parce qu’on a peur de heurter. Du coup “on a une espèce d’eau tiède un peu partout”.



S’étonnera-t-on que je puisse comprendre et partager en grande partie cette analyse de Mme Badinter ?

Sur un plan pratique, il a été organisé tout récemment dans toute la France des rassemblements contre le “racisme, l’antisémitisme et la xénophobie”.

Invité comme beaucoup d’autres responsables politiques à participer à ces rassemblements, aux côtés de nombre de mes amis ou anciens partenaires élus, certains se sont étonnés que j’aie refusé de m’y rendre : c’est tout simplement parce que je refuse de reconnaître que les français soient majoritairement racistes, antisémites ou xénophobes.

Je ne suis pas davantage “lepéniste” pour autant. Mais je refuse tout simplement de céder à cet esprit qu’on tente de répandre qu’il aurait d’un côté les “bons français”, et de l’autre les “mauvais”.

Ce communautarisme défroqué n’est que trop facile pour être crédible. Je n’y céderai pas.

samedi, 28 septembre 2013

L'UDI, le MoDEM : une union nécessaire ?

Hier, l’UDI réunissait ses troupes à Poitiers. Ce week-end, le MoDem se réunit à son tour en Bretagne.

Que ce soit ici ou là, le principal sujet de conversation a été (ou sera certainement pour le MoDem qui ne clôt ses débats que demain), ce sujet est le regroupement projeté du centre pour en faire une véritable force indépendante afin de créer une autre forme d’opposition face au nécessaire redressement de la France et briser ce bipolarisme qui paralyse notre pays.

UN ÉVÉNEMENT

bayroo_borloo.jpgEt, que ce soient la presse quotidienne, la radio, la télé ou les hebdomadaires, tous sentent à l'unisson que ce rapprochement risque de changer considérablement le panorama de la vie politique de notre pays. Il n’est plus aujourd'hui une interview où cela ne soit évoqué, (même hier, Mr Sarkozy a été interrogé à Nice à ce propos !), plus un hebdomadaire qui ne consacre des pages entières face à cet événement. Les partis politiques eux-mêmes, UMP comprise, revoient leurs stratégies en constatant que des lignes et des alliances risquent de bouger. Et, quant aux militants de ces deux familles qui se réclament du centre, il n’est plus de conversation où les uns laissent paraître une forme d’inquiétude sur l’avenir de leur parti et des valeurs qu’il portait et qu'ils défendaient parfois avec passion, les autres une forme d’enthousiasme face à une réalité brutale : si le centre ne se regroupe pas, soit il se vassalise complètement près l'un des deux "grands" dominants, soit il est promis à sa disparition. Dure et implacable constatation.

Outre la presse qu’on lit ou les interviews qu’on entend, je relève souvent les mêmes interrogations : "est-ce que c’est Borloo qui va engloutir Bayrou, ou sera-ce l’inverse ?", "est-ce que c’est l’UDF d'hier qui va se reformer ?", "est-ce un accord limité pour le temps de quelques élections proches pour reprendre ensuite chacun sa liberté ?", ou "n’est-ce qu’un mariage de raison entre un vrai leader sans vrai parti (Bayrou et "son" MoDem), et d’un vrai parti mais sans véritable leader (l’UDI et Borloo) ?".

Et de relever l’ambiance un peu contrastée hier chez l’UDI à Poitiers où Mr Borloo, face aux rivalités internes de son parti qui finissent visiblement par le lasser, laisse planer le doute sur sa propre place à la tête de l’UDI et, étrangement, ferait appel à “l’inflexible” Bayrou pour l’aider à remettre les choses en ordre après avoir fait le deuil de son “indéfectible alliance” avec une UMP en pleine déliquescence et qu’il a solennellement déclarée “morte”.

QUI VA MANGER L'AUTRE ?

Cependant, j’ai relevé, quant à moi, dans l’hebdomadaire “L’Express” (daté du 25 Septembre), un article de Benjamin Sportouch (l’actuel président de la presse ministérielle) dont le titre m’interpelle quelque peu :

“Comment Bayrou va manger Borloo ?”,

question posée avec une quasi certitude de la réponse.

Et d’avancer qu’il s’agirait en fait d’une sorte d’OPA que lancerait Bayrou sur l’UDI, malgré les forces apparentes de ce parti, mais en raison des ressources morales d’un Bayrou et dont l’UDI serait aujourd'hui dépourvue. Et de rappeler une toute récente déclaration d’Yves Jégo (UDI) à propos de Bayrou : (Bayrou) a quelque chose que personne n’a chez nous (l’UDI) : les millions de français qui ont voté pour lui”. Il est vrai qu’en 2007, plus de 6,3 millions de français ont voté pour la seule personnalité de Bayrou, et encore plus de 3,2 millions en 2012, même dans le climat délétère que l’on sait face à la vague anti-Sarkozy.

UN ARGUMENT DÉRANGEANT

L’argument n’est pas sot. Plus : il est imparable. Mais, pourtant, cet argument me dérange.

Il me dérange car, sans soupçonner qu’une main aurait pu guider la plume de Benjamin Sportouch pour titrer cet article, l’on voudrait faire capoter le grand projet initié aujourd'hui par le couple Bayrou/Borloo, on n’écrirait pas autre chose.

Si le rapprochement MoDem/UDI devait ressembler en effet à une sorte d’OPA d’un parti sur l’autre, quelque soit celui dominant (l’UDI ou le MoDem), ce rapprochement serait condamné d’avance et nous - nous et notre volonté de recréer un centre rassembleur qui est le fil conducteur de cette démarche - nous irions, tous, tout droit vers l’échec.

Quelle que soit l’énergie que déploie un Bayrou, soulagé de sortir d’un mortel isolement où il s’était placé volontairement, et galvanisé aujourd'hui par l’envie maintenant d’en découdre (je cite ici l’article de Mr Sportouch) face à un Hollande - un Hollande qu’il avait cependant solennellement mis en garde lors de sa (célèbre) déclaration d’entre les 2 tours des présidentielles qui avait tant étonné - mais un Hollande qui reste sourd et ne se soucie que du seul P.S. et de ses alliés de circonstance, il faut éviter pourtant que Bayrou prenne maintenant toute la place face à un Borloo quelque peu désenchanté, ou par une lassitude que l’on peut comprendre en raison des conflits internes à l’UDI, ou par tempérament (on évoque souvent avec raison chez Borloo son côté cyclothymique et velléitaire. Il y a toujours chez lui une certaine fragilité que j’ai bien connue déjà quand j’étais moi-même élu dans ma région d'origine quand lui y était le maire tout proche de Valenciennes).

UNE AUTRE AMBITION

Je crois que tous leurs entourages respectifs, celui de Borloo comme celui de Bayrou, en ont conscience, ce qui me rassure quelque peu. Bayrou semble, de son côté, désormais moins obsédé par l’horizon présidentiel, en se ralliant notamment à l’idée d’une "primaire" du centre où il pourrait être confronté avec un, ou d’autres, centriste(s), dont - pourquoi pas ? - J.L. Borloo lui-même s’il lui prenait enfin l’envie de se battre (il en a la capacité et tout le talent). Et Bayrou en sait le risque.

Voilà donc notre Béarnais, lui le centriste ”authentique” et inflexible, lui le “centre incarné”, et (maintenant) le “converti” de bonne foi, voici donc Bayrou de nouveau replacé au centre (tout court) du jeu politique. Et Benjamin Sportouch d’affirmer que même Hervé Morin, le Président du Nouveau Centre, préfère maintenant soutenir un Bayrou qu’un Lagarde aux longues dents. Et quand on sait aussi les relations glaciales qui existent entre Morin et Borloo, on sent chez ces deux-là une sorte de compétition pour savoir qui est - ou sera demain - le meilleur ami de Bayrou.

Mais, pour autant, peut-on ignorer les réalités ?

morin.jpgRefaire l’UDF d’autre fois, avec ses courants contradictoires et ses chapelles, qui avait pourtant fait émerger en son sein de très grands leaders et même hisser un Président de la République, refaire une UDF avec ses divisions qui l’ont conduite finalement à l’échec - celui-ci étant, il est vrai, soigneusement organisé par un Chirac dès 2002 qui voulait sa complète disparition puisque trop dérangeante - refaire donc aujourd’hui une Nième UDF en tentant d’instaurer une sorte de caporalisme, ce serait nous conduire vers un autre échec. Même si beaucoup, tant à l’UDI qu’au MoDem, veulent un vrai chef, cette notion de “chef” semble vouloir évoluer vers une autre conception de ce rôle, avec plus de dialogue, plus d’écoute, plus de respect de partenaires aux sensibilités souvent très différentes. Donc plus de démocratie.

Bayrou, il est vrai, a été, à ce propos, à la bonne école des échecs qui lui ont été imposés ces dernières années. Hervé Morin le constate lui-même et, en parlant de Bayrou et tournant enfin le dos à leur querelle des toutes dernières années, dit : “on s’est revus et on s’est reparlé comme si on s’était quitté la veille : il y avait de la curiosité et du plaisir”. Une sorte de gourmandise l’un de l’autre.

UNE SAGE ET PRUDENTE DÉMARCHE

Les proches de Bayrou et de Borloo, conscients de cette nécessité, s’affaireraient activement, si j'en crois la presse, à trouver une “formule souple” permettant aux 2 formations de cohabiter au sein d’une même structure : personne ne demande à Bayrou de fondre le MoDem dans l’UDI (le voudrait-il qu’il n’y parviendrait certainement pas !). Et aucune démarche n’est entreprise au sein de l’UDI de rejoindre Bayrou et le MoDem pour la même raison. C’est une sage démarche. Et, pour assurer la coexistence des courants UDI et MoDem, une forme de "secrétariat permanent" pourrait voir le jour - dit-on - pour éviter les divergences dans les prises de parole des uns ou des autres.

Et les militants dans tout cela ?

On me fait l'amitié de m’appeller souvent - même des adhérents de l’UDI que je connais de longue date pour avoir été pendant des années le secrétaire général de l’UDF du Gard et membre du Bureau politique national de l’UDF - on m’appelle donc pour recueillir mon avis sur ce bouleversement politique qui se dessine. Ceux-là sont, majoritairement, des inquiets de ces évolutions : je comprends leurs craintes et je respecte leurs motivations. Mais à ceux-là qui sont aujourd’hui au MoDem et très attachés à ses valeurs fondatrices - et dont je connais aussi la sensibilité de gauche - je peux attester la détermination de Bayrou de n’être pas plus demain le supplétif de l’UMP “buissonnière” (du courant Buisson/Copé/Peltier et de sa droite dure, j’entends) que d’un P.S. autiste et obsédé par ses seuls courants internes et qui n’entreprend rien des réformes nécessaires à la France.

Mais, comme le souligne encore Benjamin Sportouch, dans cette démarche vers un rassemblement du centre, Bayrou n’est pas homme à s’encombrer non plus des réserves des quelques gauchisants du MoDem qui rêveraient encore d’une possible alliance avec le seul P.S.. Ceux-ci devront donc revoir leurs stratégies (et j'observe que déjà ils s'y plient). Ce qui ne veut pas dire que le MoDem deviendrait pour autant “buissonnier” à son tour : le MoDem est et reste attaché à ses valeurs d’indépendance vis-à-vis des 2 blocs dominants.

Je n’ai pas été le seul surpris, lors de la réunion mensuelle de Septembre du MoDem du Gard (lors de ses traditionnels 3èmes mardis), de constater sur ce point l’accord de la majorité de nos adhérents qui sont à la fois très attachés aux valeurs fondatrices de notre Mouvement (l’esprit de Seignosse), mais parallèlement décidés de respecter les futurs arbitrages qui seront pris au niveau national par les instances communes UDI/MoDem en cours de création. Et ce bien au-delà des interrogations que ces accords pourront poser. C’est un nouvel élan, une nouvelle dynamique et une volonté qui se créent dans la durée. Cette détermination était particulièrement frappante.

MAINTENANT OU JAMAIS

Il m’a été rapporté que, autant chez nos (futurs ?) partenaires de l’UDI, comme aussi chez certains de nos adhérents du MoDem (je l’ai entendu), il s’en trouve certains qui préconiseraient que cet accord de regroupement ne prenne effet  qu’après les municipales, c’est-à-dire seulement à partir de la campagne des européennes de Juin 2014.

Je réfute totalement leurs arguments : ce serait une dramatique erreur.

Comment imaginer un seul instant que des candidats UDI, alliés avec je ne sais qui aux municipales par opportunisme local, soient opposés à des candidats MoDem alliés avec d’autres, pour les mêmes raisons, et ce jusqu’au soir du 30 Mars (2ème tour des municipales) et, dès le 31 Mars matin, partiraient ensuite bras dessus bras dessous ensemble pour faire campagne commune pour les européennes ? Ce serait se moquer totalement des électeurs et compromettre gravement les chances de succès d’un centre qui veut s’affirmer définitivement. Ce serait perdre toute sa crédibilité.

L’accord de rassemblement du centre n’est pas, et ne peut être, un accord électoral d’un moment mais un accord fondé nécessairement sur la raison, donc sur la durée. Donc à effet immédiat. Ou il n’y aura jamais d’accord possible. Et tant pis si cela perturbe quelque peu d’éventuelles négociations locales en cours ! Il est temps de bâtir des stratégies à visions plus lointaines que les petits intérêts locaux du moment à courte vue.

IL FAUDRAIT ÊTRE C....

“Nous avons un boulevard devant nous : il faudrait être c.... pour ne pas en profiter” a déclaré récemment J.L.Borloo. Il a raison.

Borloo et Bayrou ont besoin aujourd’hui l’un de l’autre, autant l'un que l'autre. La construction d’un centre réel a besoin de ces deux-là et des forces qu’ils peuvent ensemble fédérer.

C’est là un changement que n’avait pas du prévoir Mr Hollande dans ses plans.

Mais l’incapacité chronique de Mr Hollande d’entreprendre les réformes nécessaires au redressement de la France a fait de la reconstruction d’un centre indépendant des deux blocs dominants - qui nous ont conduits tous deux dans le mur où nous sommes aujourd’hui placés - est devenu une nécessité incontournable.

C’est un pari, c’est un défi qui nous sont lancés. Serons-nous demain à la hauteur de ces enjeux ?

lundi, 08 juillet 2013

SARKOLÂTRIE ET RÉALITÉS

Voilà qu’il suffit qu’une décision du Conseil Constitutionnel sanctionne lourdement les comptes de la campagne présidentielle de l’UMP et de son candidat Sarkozy pour que se réveillent aussitôt appétits et ambitions rampantes.

Alors qu’un courant extrémiste de l’UMP se réunissait ce week-end autour d’une fête champêtre et y accueillait son Président (certes justement contesté) Copé, mais réinvesti cependant quelques jours auparavant, il y fut accueilli par les participants scandant en cœur “Sarko, Sarko, Sarko” et non “Copé, Copé, Copé” pourtant tout auréolé encore de sa récente “victoire”. Sans défendre spécialement Mr Copé (et ses difficultés avouées avec les règles démocratiques les plus élémentaires), il faut admettre qu’un tel accueil avait de quoi nourrir ses cauchemars.

mouvement démocrate,politique,bayrouBref, autour donc des difficultés financières de l’UMP singulièrement aggravées par cette sanction de l’autorité suprême de l’État, voilà que s’éveille de nouveau une certaine idolâtrie autour de Mr Sarkozy. Peut-être pour trancher indirectement la rivalité Fillon-Copé qui divise profondément les adhérents UMP et dont certains n’hésitent même pas à flirter maintenant aux franges de l’extrême-droite avec les puissants courants Peltier, Buisson et consorts.

Prononçant ensuite son discours, Mr Copé de s’enfourner aussitôt dans la brèche causée par l’actuel danger en évoquant la nécessaire ”unité” de son parti et de tenter d’enfouir par la même occasion la parole de son rival Fillon. (Silence dans les rangs !)

Mr Copé est décidément mal inspiré. Le voilà présent dans une manifestation organisée par l’extrême-droite de son parti, accueilli précisément par Mr Peltier (dont chacun ne peut ignorer le parcours politique aventureux près l’extrême-droite) et les proches amis de son courant. Et, au lieu de s’en prendre aux dangers de cette extrême-droite, de ses influences internes dans son parti qui mettent en danger notre démocratie, Mr Copé a préféré s’en prendre - certes à mots couverts - à Mr Fillon, son rival. Qu’on soit ou non d’accord avec Mr Fillon, celui-ci est pourtant plus respectable que ces hôtes aventureux qui ont endossé opportunément les habits de la sarkolâtrie.

Et quand il s’agit ensuite d’évoquer le nécessaire redressement de la France, croyez-vous que Mr Copé parle projets, évoque les mesures nécessaires pour ce faire ? Non ! Il se contente de suivre la vague de la sarkolâtrie renaissante et beuglée par les amis présents de Mr Peltier.

(Il faut d’ailleurs remarquer qu’au cours de cette manifestation l’on a surtout remarqué les leaders de l’UMP qui se sont abstenus soigneusement d’y participer et énuméré ceux qui s’y sont commis étonnamment de leur présence. Ces derniers avaient-ils peur de louper le coche d’un sarkozysme peut-être renaissant ?)

Bref, Mr Copé s’est trompé d’adversaires. Et au lieu de condamner les déviances extrémistes de son parti, il les a adoubés.

Voilà donc que Mr Sarkozy tente un retour en force sur la scène politique pour prétexte d’aider son parti en danger.

A-t-il si peu confiance dans son Président actuel, pourtant récemment réinvesti dans sa fonction, pour le supplanter et lui ravir de fait sa place ? Décidément, le pauvre Copé n’est pas au bout de ses cauchemars ! Il se croyait enfin Président.... Et vlan, revoilà Sarkozy !

Mr Sarkozy va-t-il maintenant nous sortir de son chapeau de magicien de la politique les recettes du redressement de la France ? Ce diable d’homme en est bien capable, histoire de mettre tout le monde d’accord sous sa houlette.

Mais quelles recettes va-t-il nous amener ?

Si c’est pour nous faire un remake réchauffé de la politique qu’il a conduite pendant 5 ans et qui a mené la France dans le gouffre des dettes où elle est aujourd’hui enfouie, quand d’autres, tout autant confrontés cependant à la même crise financière mais plus vertueux et courageux, ont conduit leur pays dans les excédents de recettes et ont rabaissé la France au niveau de pays de seconde zone dont la voix ne porte guère plus dans les grandes décisions internationales, alors non !

Quel que soit le respect qu’on puisse porter à l’homme, à son énergie (qui contraste complètement face au côté mollasson de nos actuels dirigeants), si c’est pour nous resservir, à moins d’un sursaut, le même plat indigeste qu’on ne connait que trop et qui nous a conduits à la ruine, je ne peux que recommander à Mr Sarkozy - à titre personnel bien modeste - de rester chez lui à écouter les gazouillis de sa très charmante épouse qui sait si bien nous séduire de ses mélodies.

C’est le meilleur et seul service que Mr Sarkozy puisse rendre maintenant à la France.

lundi, 11 février 2013

LA DÉMISSION DE BENOÏT XVI

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Je salue avec respect la décision totalement inattendue de Benoît XVI de se retirer en raison de son état de santé et de son âge qui ne lui permettent plus, selon lui, d’affronter au quotidien les devoirs d’une charge écrasante, dans un monde dont les changements ne cessent de s’accélérer et nécessitent des réponses dont l’exigence est croissante.

Cette décision marque un tournant décisif pour l’Église catholique où il devient évident qu’on ne peut plus, et qu’on ne pourra jamais plus désormais, en être le pasteur jusqu’à l’agonie. C’est un signe de modernité évident face à une tradition qui paraissait pourtant être bien établie.

Le monde change. La papauté s’adapte, à son tour, à ce changement.

Même s’il ne faut pas attendre des bouleversements dans la doctrine pris dans la précipitation des événements - c’est déjà le cas de toutes les grandes religions répandues de par le monde entier qui restent toutes fermes dans leurs convictions - cette décision historique de Benoît XVI est un signe porteur d’espérance pour beaucoup de chrétiens confrontés au monde moderne, aux menaces qui les assaillent de toutes parts, y compris dans les fondements mêmes de nos sociétés.

Cette décision de Benoît XVI est aussi un exemple pour celles ou ceux qui s’accrochent désespérément à un pouvoir qui leur a été jadis confié, mais dont les effets du temps ou de l’âge les éloignent aujourd’hui des réalités qu’ils ne perçoivent plus avec l’acuité souhaitable dans l’exercice de leurs responsabilités.

C’est une grande leçon pour tous.

lundi, 31 décembre 2012

MES VŒUX POUR 2013

Je vous adresse ici mes Vœux pour 2013.

À bientôt.