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samedi, 08 décembre 2018

LE PÉRILLEUX MESSAGE PRÉSIDENTIEL....

LE PÉRILLEUX MESSAGE PRÉSIDENTIEL

macron.jpgL’intervention prochaine annoncée du Président Macron sera décisive pour la suite  de son quinquennat. Il devra, en effet, montrer qu’il peut rassurer et réformer.

Sans être de tout repos, la journée de ce samedi 8 Décembre fut moins violente à Paris que les deux précédents samedis. Le Président de la République attendait ce moment pour, enfin, parler.

Qu’on le soutienne ou pas, on ne peut que lui souhaiter bon courage, tant il lui sera difficile de solder le mouvement, de rassurer l’opinion et de maintenir sa mission réformatrice tout en préparant les prochains rendez-vous électoraux.

D’autant qu’il aura cristallisé toute la détestation et la hargne qui se sont exprimées. Il va lui falloir s’adresser à une opinion dont la part la plus contestataire ne veut même pas l’entendre. Or, ce qu’il aura à dire nécessitera l’attention la plus vive. Parce que la crise qu’on traverse est aiguë et qu’il faut des gestes forts pour en sortir. Et parce que les raisons profondes du malaise exigent des explications qui ne peuvent être réduites à quelques formules.

La majorité des Français attend du Président qu’il prouve, par des décisions concrètes et d’application immédiate, qu’il a compris le désarroi de ceux qui travaillent et ne s’en sortent pas. Ce qui ne sera déjà pas facile mais de surcroît déjà insuffisant.

Les causes de cette révolte ne se réduisent pas à une insuffisance de revenus. La mondialisation et la numérisation de l’économie tuent des métiers et en créent d’autres, elles affaiblissent les classes moyennes, elles précarisent leurs enfants, elles cassent l’ascenseur social quand, au contraire, elles réussissent à d’autres, mieux formés, plus urbains, plus mobiles.

Or, le Président Macron est perçu comme le Président de ces seconds.

Pour devenir le Président de tous les Français, il doit améliorer le sort des perdants de la mondialisation et les protéger comme il l’avait promis. Il doit aussi expliquer ce grand bouleversement du monde et donner des assurances sur la capacité du pays à l’affronter. Et parier sur la capacité des Français à résister à la tentation démagogique.

Dure et périlleuse mission que ce message à faire passer.

François VAN DE VILLE

dimanche, 25 novembre 2018

LES SANGLOTS LONGS....

LES SANGLOTS LONGS….

mouvement démocrate,politiqueLa journée de ce long et triste samedi 24 Novembre 2018, devant les images largement relayées de ce qui se passait à Paris, ont fait ressurgir en moi ce poème de Paul Verlaine ("Chansons d'automne") :

"Les sanglots longs des violons de l'automne blessent mon cœur d'un langueur monotone".

Et de me rappeler que cette même strophe avait été utilisée le 5 Juin 1944 par les Alliés pour annoncer le débarquement du lendemain en Normandie. La France allait-elle vivre un nouveau bouleversement similaire à celui du 6 Juin 1944 où tout devait être renversé ?

Hélas, les images qui se cumulaient sous nos yeux ont vite témoigné des limites d’un mouvement, mais aussi de l’impuissance du pouvoir en place face à tant d'imprévus très habilement inorganisés par ce mouvement, mais ouvrant sur d’inquiétantes perspectives.
 
Ce 24 novembre 2018 ne figurera certainement pas au rang des épisodes les plus glorieux de l’histoire de France. Notre pays a su écrire, depuis d'innombrables siècles, de beaux épisodes revendicatifs, couronnés parfois, ou non, de succès, mais habités tous par autant d’espoirs et de colères.

En voulant absolument défier le pouvoir sur les emblématiques Champs-Élysées, encouragés habilement et de façon totalement ambigüe par Mme Le Pen, les Gilets Jaunes n’auront offert que le désolant et rageant spectacle de ces face-à-face avec les forces de l’ordre et de ces barricades incendiées.

Ce n’était pas ce que voulait, sans doute, la majorité des participants à ce mouvement : beaucoup avaient d’ailleurs préféré ne pas rejoindre la capitale, pressentant ce samedi parisien de violences inévitables et de totale pagaille. Le pouvoir, de son côté, avait prévu près de 30.000 participants…., et ils ne furent que ±8.000, (dont inclus quelques centaines de casseurs professionnels).... Mais ils n'étaient pas là où on les attendait précédemment.

Mais on ne peut nier pour autant que le fossé est si profond entre manifestants et pouvoir que la désignation, par les autorités, du Champ-de-Mars comme lieu de manifestation est apparue aux Gilets Jaunes comme un "piège" qui leur était tendu. Évidemment les images qui en seraient sorties de ±8.000 manifestants dans un espace prévu pour en contenir jusqu'à 1 million aurait plus évoqué des images burlesques de brebis égarées au milieu d'un vaste espace champêtre.

RÉSULTAT : tout le monde a perdu.

La sincérité des discours aussi variés qu'innombrables des Gilets Jaunes (dont on a surtout retenu la volonté de plus de "pouvoir d’achat" et plus de "considération") a été ruinée par leur refus de s’installer enfin comme un mouvement capable de formuler des revendications claires, et de les porter au plus haut niveau. En bref en capacité de dialoguer, au lieu de conspuer. Mais, chez eux, malheur aux têtes qui prétendaient dépasser toute autre. On sait le résultat de ces bannissements en nombre par crainte de la naissance d'un leader de plus dont ils ne voulaient pas être à la naissance.

Quant au pouvoir en place, quelle qu’en soit l’issue, il sort lui aussi affaibli de cette terrible séquence de ce désaveu populaire.

Contrairement à ce que certains ont voulu faire croire, il n'a jamais surgi, nulle part en France et à nul instant, même aux "Champs", quelque indice que ce soit d'une possible "révolution". L'époque de la Bastille fait bien partie d'un passé révolu.

Certains, pour attiser cependant cette "révolution" qu'ils espéraient tant (il y a probablement des places à prendre !), ont fait diffusé sur les réseaux des images de type "chirurgicales" totalement déplacées et faisant appel aux plus bas instincts de l'humanité pour tenter de démontrer que les forces de l'ordre en place sur nos Champs Élysées n'étaient autres que la soudaine résurgence de troupes nazies attaquant de valeureux "résistants" désarmés.

Mais face à ceux qui voulaient à tout prix inciter et faire croire à l'existence viscérale d'une haine des forces de l'ordre "à la mode Zola" face au "bon peuple", s'est élevée aussi la voix de celles et ceux qui se sont étonnés de la remarquable retenue des forces de l'ordre et à laquelle on n'était que peu habitués, reprochant même au Préfet de Police de Paris (sous l'autorité duquel elles étaient placées) de n'avoir pas ordonné de fermer tout accès des Champs Élysées non contrôlé, avec fouille au corps préalable, comme cela se pratique régulièrement chaque fois que la sécurité y est menacée : les parisiens y sont largement habitués.

Aujourd'hui, face à tant de souffrances refoulées et déçues, le pouvoir semble vouloir répondre. Mais avec quels moyens qui n'hypothéqueraient pas l'avenir de la France déjà très compromis, comme l'est  celui de l'Europe tout entière avec la résurgence de tous les nationalismes et volontés de repli sur soi-même, de part et d'autre de tous les océans qui nous entourent ?

Et me revient alors la seconde strophe du poème de Verlaine :

"Tout suffocant et blême, quand sonne l'heure, je me souviens des jours anciens et je pleure".

Pour la France, au moment où elle est entourée de tant de périls, le moment n'est plus aux souvenirs des rêves brisés, et il n'y a plus de place pour sécher les pleurs. L'heure est arrivée de relever les défis. Et ils sont nombreux et redoutables.

Et pour cela tous doivent s'y atteler. Sans regretter pour autant les jours anciens où tant d'erreurs et de lâchetés ont été commises et qui nous ont conduits là à nous sommes aujourd'hui.

François VAN DE VILLE

vendredi, 05 octobre 2018

LES SENTIERS DU RÊVE

Les français ont perdu confiance.

Les français ont perdu confiance tant dans leurs institutions (d'où leurs questionnements fort nombreux maintenant vers une VI° république, malgré le bilan flatteur d'une V° qui leur a cependant apporté 60 années de paix, mais dont la grande majorité d'entr'eux n'a jamais connu la guerre pour évaluer aujourd'hui les bienfaits de cette paix durement reconquise), les français ont aussi perdu leur confiance dans la politique au travers de celles et ceux qu'ils ont chargé de dessiner leurs propres destins. Mieux : ils ont même perdu confiance en celles et ceux qu'ils se sont choisis voici un peu plus d'un an pour être, au sommet de l'état, leurs guides et les entraîner dans des chemins nouveaux et éloignés des routines stériles où d'autres les avaient conduits précédemment.

Devant cette perte de confiance, me revient en mémoire un texte écrit, il y a plus de vingt ans, par le regretté Alain Peyrefitte, l'auteur ô combien prémonitoire de "Quand la Chine s'éveillera", et qui affirmait dans son analyse du monde de demain qui se dessinait que : "La société de défiance est une société frileuse où la vie commune est un jeu à somme nulle, voire à somme négative : si tu gagnes, moi je perds". Alain Peyrefitte démontrait par là combien cette situation constituait la racine profonde du mal français.

Tout cela, tout ce mal, ressort donc aujourd'hui de ses profondeurs à l'heure où certains évènements récents brisent les rêves où de jeunes nouvellement venus et savamment prometteurs avaient su les séduire et les entraîner dans leurs projets, il y a peu encore.

Du rêve qu'ils avaient su faire partager, il semble qu'on revienne brutalement, par la force des choses, à la simple et dure réalité politique.

Or, à des problèmes politiques, il n'existe pourtant pas de solutions techniques univoques. La réalité est chose complexe et toute politique n'est faite que de clairs-obscurs qu'il nous faut affronter à chaque pas. Et ceci n'est possible que par la recherche des faits dans leur réalité et hors des fantasmes, et ce dans un nécessaire dialogue qui éclairera alors utilement cette recherche salvatrice de vérité.

Ce qui me frappe chez notre Président actuel, outre ses qualités naturelles, c'est son apparente difficulté à assumer l'exercice démocratique : il semble incapable d'accepter le dialogue contradictoire et se remettre en question. Un de ses proches dénonçait récemment l'immodestie de son entourage. Notre Président semble parfois en effet incarner ce qu'il y a de pire dans la gauche, c'est-à-dire son sectarisme éprouvé en toute bonne conscience.

Est-ce l'effet d'une jeunesse toujours prolongée mais encore insuffisamment éprouvée par le temps ?

Et j'en reviens donc à ce rêve initial, celui où il a su entraîner les français il y a un peu plus d'un an. De ce rêve fondateur, en est-il sorti depuis ? J'en doute.

En effet, les dialogues auxquels il se livre avec éclat, y compris dans des bains de foule qu'il semble affectionner particulièrement, même lorsqu'ils peuvent être houleux, sont-ils de vrais dialogues ? Ou seulement de ces dialogues qu'on peut avoir dans nos rêves mais qui ne sont jamais que des monologues dépourvus de réponse ou d'écoute. Est-il sorti de son rêve nourri d'ambitions qu'hier il avait su faire partager ?

Ce sectarisme - puisqu'il faut bien appeler les choses par leur nom - semble être en contradiction avec la perception qu'avaient de lui ses électeurs.

Est-ce pour autant une escroquerie ? Je n'en suis pas convaincu. Je pense que notre Président vit toujours dans son propre rêve nourri de beaucoup d'ambitions généreuses, mais qu'il n'en est pas encore sorti. Il ne s'est pas réveillé et il poursuit toujours ce rêve hormis les contraintes de réalisme qu'entraine pourtant tout usage du pouvoir.

Le réveil risque pourtant d'être éprouvant pour beaucoup. Ce qui a été semé durant ces derniers mois ne portera en effet de fruits qu'après un temps qui paraitra fort long, voire parfois tout-à-fait insupportable face aux légitimes impatiences des français.

Le dialogue non seulement s'imposera alors avec force, mais il devra cesser d'être des monologues rêvassiers éloignés des problèmes centraux de la politique à venir. Ceux-ci ne sont pas encore tous connus, mais ils tourneront sans doute autour de notre rapport à la souveraineté, à la technocratie, aux nouvelles frontières de la science et de la technologie, à la préservation de nos cultures et de nos environnements baignés de notre très longue et riche Histoire.

Au-delà des horizons politiques hérités du passé, les français ne se reconnaîtront donc que dans un monde où primera l'émancipation et l'épanouissement de l'être humain, sans discrimination aucune. Cela nous éloignera vraisemblablement hors des sentiers du rêve.

jeudi, 05 avril 2018

MACRON/BAYROU : La proportionnelle à 15% ?

Ce qu'il y a de rassurant au MoDem, c'est l'émergence que l'on observe aujourd'hui - et plus qu'intéressante - de nouvelles têtes qui, peu à peu, infléchissent le mouvement, à la fois dans une certaine fidélité à la ligne Bayrou, mais le sortent du piège où celui-ci l'avait involontairement placé par des choix parfois mal maîtrisés (ou souvent incompris) et qui avaient fini par marginaliser le mouvement.

Ce glissement est bienvenu : Bayrou, quelle que soit l'amitié et l'estime que nous lui portons, s'éloigne doucement des horizons où sa très longue expérience l'avait placé. Il a écrit de belles et grandes pages de l'histoire de notre famille politique, mais, comme pour tous les beaux livres, il est des pages qu'il faut savoir tourner, sans oublier pour autant celles qui ont été écrites précédemment.

C'est ce moment-là qu'on est en train de vivre. Bayrou est de moins en moins écouté (on le constate !), mais d'autres voix s'élèvent au MoDem avec brio : je ne doute pas qu'elles prendront le relais et sauront maintenir le cap de notre fidélité à nos idéaux.

vendredi, 29 décembre 2017

MES VŒUX pour 2018

politique,mouvement démocrate,bayrou

mercredi, 27 mai 2015

LE PITRE

sarkozy.jpgJe suis effaré devant le lamentable spectacle auquel se livre sur les estrades Mr Sarkozy.

Je ne reviendrai pas sur l'utilisation du mot "Les Républicains" : je me suis déjà expliqué par ailleurs à ce sujet.

Mais les numéros de pitre auquel se livre publiquement Mr Sarkozy, et ce de façon systématiquement récurrente, abaissent la fonction présidentielle - fonction à laquelle il prétend cependant accéder de nouveau - à un niveau jamais vu : lamentable ! De Gaulle doit se retourner dans sa tombe.

Si Mr Sarkozy continue comme çà, quoiqu'avec Mr Hollande on croyait avoir déjà touché le pire, Mr Sarkozy va finir par nous faire regretter ce dernier : un comble !

lundi, 11 février 2013

LA DÉMISSION DE BENOÏT XVI

b_xvi.jpg


Je salue avec respect la décision totalement inattendue de Benoît XVI de se retirer en raison de son état de santé et de son âge qui ne lui permettent plus, selon lui, d’affronter au quotidien les devoirs d’une charge écrasante, dans un monde dont les changements ne cessent de s’accélérer et nécessitent des réponses dont l’exigence est croissante.

Cette décision marque un tournant décisif pour l’Église catholique où il devient évident qu’on ne peut plus, et qu’on ne pourra jamais plus désormais, en être le pasteur jusqu’à l’agonie. C’est un signe de modernité évident face à une tradition qui paraissait pourtant être bien établie.

Le monde change. La papauté s’adapte, à son tour, à ce changement.

Même s’il ne faut pas attendre des bouleversements dans la doctrine pris dans la précipitation des événements - c’est déjà le cas de toutes les grandes religions répandues de par le monde entier qui restent toutes fermes dans leurs convictions - cette décision historique de Benoît XVI est un signe porteur d’espérance pour beaucoup de chrétiens confrontés au monde moderne, aux menaces qui les assaillent de toutes parts, y compris dans les fondements mêmes de nos sociétés.

Cette décision de Benoît XVI est aussi un exemple pour celles ou ceux qui s’accrochent désespérément à un pouvoir qui leur a été jadis confié, mais dont les effets du temps ou de l’âge les éloignent aujourd’hui des réalités qu’ils ne perçoivent plus avec l’acuité souhaitable dans l’exercice de leurs responsabilités.

C’est une grande leçon pour tous.

mardi, 18 septembre 2012

LE VOTE DES ÉTRANGERS NON COMMUNAUTAIRES

vote.etrangers.jpgC'était déjà une des promesses de François Mitterrand en 1981, voici 30 ans. Elle n'a pas été tenue faute du consensus nécessaire pour faire adopter cette loi : il fallait obtenir la majorité des 3/5° du parlement réuni en Congrès pour modifier la Constitution. Cette majorité, François Mitterrand ne l'a jamais eue, et de très loin. Ou il fallait faire voter les français dans le cadre d'un référendum : ce n'était pas gagné d'avance. Prudemment, François Mitterrand s'est abstenu d'aborder une telle épreuve.

Aujourd'hui, les choses n'ont guère changé : François Hollande, pas plus que Franços Mitterrand, ne dispose de la majorité des 3/5° du Congrès. Il lui manque plus d'une trentaine de voix : c'est mieux qu'à l'époque de Mitterrand, mais cela reste insuffisant. Où prendre donc ces 30 voix pour conforter ce vote ? D'aucuns évoquent une "opération de charme" vers les centristes : mais ceux-ci sont-ils majoritairement favorables au vote des étrangers non-communautaires dans les élections locales ? Personnellement, j'en doute.

Et quant au recours au référendum, outre les débats que cela risque d'ouvrir où l'on peut rallumer tous les extrémismes, la France profonde va-t-elle se dépouiller elle-même de la seule prérogative dont elle dispose encore, c'est-à-dire de décider de l'essentiel de ce qui doit se faire en France ? Ce n'est pas davantage gagné.

On peut comprendre l'embarras de certains socialistes, les moins agités d'entr'eux, qui ne savent comment aborder le sujet et le classent parmi les non-priorités pour éloigner le risque d'un échec annoncé.

À moins d'un vote référendaire "à l'américaine" où l'on pose plusieurs questions à la fois sans aucun rapport les unes avec les autres pour atténuer l'échec sur la question du vote des non-communaitaires qui, lui, risquerait d'être rejeté.

Pourquoi donc, dans ses nombreuses promesses pré-électorales, François Hollande s'est-il risqué à rallumer un tel brûlot ? C'est de sa seule responsabilité. Il risque d'en payer le prix.

18:02 Publié dans SOCIÉTÉ | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 22 mars 2012

LES CONSÉQUENCES DE TOULOUSE

mouvement démocrate,bayrou,politique,débats de sociétéAlors que chacun, avant les dramatiques événements de Toulouse et Montauban, constatait l’énorme retard du candidat Sarkozy, prix d’une impopularité incontestable dans l’immense majorité des couches de la société française, alors que d’aucuns estimaient même qu’il fallait qu’il arrive un événement “imprévisible” de dimension ou internationale ou nationale pour que le candidat Sarkozy arrive à redresser la situation, l’imprévisible est bien arrivé ; mais dans l’odieux de drames successifs qui ont saisi toute notre nation.

Ceci ne sera pas sans conséquences.

Il n’est pas impossible que la détermination du Président encore en exercice dans le déroulement des faits qui ont suivi - et qui se présente toujours essentiellement comme le “protecteur” des français face à tous les dangers qui les guettent, à défaut de tout autre vrai programme de redressement de notre Nation - il n’est donc pas impossible que cette détermination profite au candidat Sarkozy.

Oh rien n’est joué cependant ! Mais les dés risquent fort d’être bousculés. D’où ces violences verbales, souvent indignes, qui fleurissent de tous bords et émaillent une campagne, soudain réveillée, de déclarations assassines qui trahissent un certain désarroi dans les états majors des différents candidats. Mme Le Pen s’en prend aux médias, à Mr Bayrou et à Mr Mélenchon ; Mr Juppé ou Mr Copé s’en prennent eux aussi à Mr Bayrou et à Mr Hollande : ils flairent tous où est maintenant le danger pour leur camp.

François Bayrou, en posant implicitement la question du “Comment la République peut-elle enfanter des Mohamed Merah ?”, met toute l’institution en cause. Donc le pouvoir lui-même qui n’a pas su prévenir de tels drames. Et l’absence de réponses chez nombre de candidats, plus portés aux bonnes paroles et fausses promesses qu’à la réalité du mal de notre Société, ne fait plus illusion comme hier encore.

Je crois que Toulouse est un tournant majeur dans une campagne qui frisait jusqu’ici la morosité et l’ennui.

dimanche, 31 août 2008

LE TRIOMPHE DE LA LÂCHETÉ

Le Conseil Européen se réunit ce 1er Septembre à Bruxelles “à titre extraordinaire” pour fixer la position de l’Europe face au coup de force de la Russie qui a annexé de fait deux territoires membres de la Géorgie.

On aurait pu s’attendre, pour le moins, à une attitude ferme de l’Europe face à cet impérialisme russe qui semble maintenant se réveiller face à “l’otanisation” de plusieurs républiques situées à ses frontières. Dont évidemment la Géorgie. Bernard Kouchner avait d’ailleurs évoqué de possibles sanctions.

Mais il n’en est rien : Nicolas Sarkozy a aussitôt balayé dans un bref communiqué cette éventualité d’une Europe ferme face à la Russie. Il annonce déjà une Europe couchée, une Europe résignée, pétrole et gaz russes faisant évidemment nécessité.

À quoi donc va servir ce Conseil Européen brandi à grands renforts de coups de manche sur l’air du “on va voir ce qu’on va voir” si, d’avance, il est déjà décidé.... qu’il ne décidera rien ? Tout au plus brandira-t-on ce bout de papier rédigé à la hâte sans grandes exigences bien précisées et signé dans la précipitation de l’émotion du moment. Mais de ce bout de papier, on sait déjà que la Russie n’en a cure : il n’engage que les naïfs.

Pauvre Géorgie abandonnée à son malheur. Pauvres autres petits états qui ont conquit chèrement leur indépendance - et à quel prix ! - mais maintenant exposés à d’autres coups de force semblables, la Russie étant désormais assurée de sa totale impunité ! L'Europe les a déjà abandonnés.

C’est le triomphe de la lâcheté.