Mahler . Symphonie N° 8
Auteur : Pierre Boulez
Editeur : Deutsche Grammophon
Année : 2007
4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile :
Très bon, mais avec quelques limites vocales, 19 octobre 2007
Par jacqueslefataliste (Calais, France) - Voir tous mes commentaires
Que Boulez ait pu finalement achever son cycle Mahler est une bonne nouvelle pour tous ceux qui, comme moi, suivent son entreprise depuis le début. Mais la question est : que vaut vraiment cette 8e de Mahler par Boulez ? Eh bien je dirais que cet enregistrement, après l'avoir comparé avec les autres versions que je possède (Haitink, Ozawa et Abbado) constitue une très bonne version, mais avec quelques regrettables limites vocales. Comme toujours, Boulez sait alléger et clarifier les lignes, ce qui est bienvenu dans cette oeuvre particulièrement dense; il sait aussi prendre son temps et laisser respirer cette musique tout en lui apportant le tranchant et la précision requis par tous les passages qui basculent déjà vers le XXe siècle. Sur le plan orchestral et choral, c'est donc une réussite.
Mais malheureusement les chanteurs, qui sont déterminants dans cette oeuvre, ne sont pas tous très bons: Hanno Müller-Brachmann et Robert Holl, ainsi que Adriane Queiroz, Michelle de Young et Simone Schröder sont convaincants, mais Johan Botha est un peu poussif et ne peut rivaliser avec l'excellent Peter Seiffert chez Abbado. De même, Twyla Robinson et Erin Wall, avec leur voix sans charme et à la vibration parfois excessive, ne peuvent égaler la voix magnifique de Cheryl Studer, ni celle un peu légère mais très stable de Sylvia McNair (toujours chez Abbado, dont la version est vraiment la mieux chantée que je connaisse pour l'instant). Du coup, les interventions si essentielles de la Pénitente et du Docteur Marianus manquent de beauté et n'apportent pas l'émotion qu'on attend. De même, le trio qui réunit Magna Peccatrix, Mulier Samaritana et Maria Aegyptiaca n'a pas le même charme que chez Abbado.
A l'inverse il faut cependant reconnaître à cet enregistrement un vrai engagement et une vraie présence : même si Boulez, tout comme Abbado, laisse respirer la musique et ne traverse pas cette symphonie mystique au pas de charge (heureusement!), on ne peut lui reprocher le détachement poétique que certains reprochent à Abbado. L'ensemble est donc très bon, mais, à cause de ses limites vocales, il n'emporte pas totalement l'adhésion.
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