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vendredi, 14 septembre 2018

LA SURPRISE Marc FESNEAU

ASSEMBLÉE NATIONALE : LA SURPRISE !

marc.fesneau.jpgCe 12 Septembre, l'Assemblée Nationale était appelée à désigner son nouveau Président suite à la démission de Mr François DE RUGY, nommé Ministre de la Transition Écologique pour succéder à l'emblématique Nicolas HULOT qui avait démissionné de cette charge un récent matin à l'ombre d'un micro radiophonique qui, peut-être, l'avait soudain inspiré.

On aurait pu croire que cette élection n'aurait été qu'une simple formalité : le seul groupe (LREM) détenant à lui seul la majorité absolue de l'Assemblée avec 312 députés, son Président, Mr Richard FERRAND, ayant toujours manifesté d'anciennes velléités pour accéder à la Présidence de l'Assemblée Nationale (et il ne s'en cachait pas !), il était donc apparemment évident qu'une avenue s'offrait à Mr FERRAND pour s'asseoir enfin au perchoir convoité.

Une procédure démocratique de désignation a cependant été organisée 48 heures plus tôt par le groupe LREM. Des candidates, certaines non dépourvues ni de talent ni de pugnacité, se sont manifestées pour prétendre "dépoussiérer" un peu le profil très masculinisé du poste. Mais rien n'y a fait : le Président du groupe n'a rien concédé au beau sexe et il fut investi par la majorité des membres de son propre groupe

Alors que tout paraissait donc bien "huilé", qu'un très discret soutien du "palais" semblait acquis pour assurer cette élection, ce mercredi, rien ne s'est passé comme prévu malgré le poids de la majorité du groupe LREM : la voie royale annoncée s'est soudain ensablée.

Hier donc, l'annonce des résultats de cette élection en a fait pâlir plus d'un, y compris le candidat désigné qui, quoiqu'élu au 1er tour (performance non négligeable, il est vrai), s'est soudain rendu compte des difficiles conditions de son élection.

Examinons les chiffres :

• le précédent Président élu en 2017 (Mr de RUGY) avait recueilli au total 353 voix. Mr Richard FERRAND, lui, n'a obtenu que 254 voix, soit une sévère "saignée" de 99 élus.
• Mr FERRAND, qui présidait la veille un groupe de 312 députés LREM, celui-ci ne lui a accordé que 254 voix : il lui en manquait 58.

Mr FERRAND a donc, certes, obtenu dès le 1er tour, la majorité requise pour être proclamé élu, mais de façon très étriquée (à 11 voix de majorité seulement). Une déconvenue : Mr FERRAND est devenu l'un des Présidents le plus mal élu de toute l'histoire de notre 5ème République.

Que s'est-il passé ?

La résurgence du MoDem

Chaque groupe présentant un candidat (ou une candidate) - LR, PS, LFI - tous ont fait le plein des voix de leurs propres députés. Mais 2 groupes ont cependant fait exception à la règle : les groupes LREM et celui MoDem.

Le premier nommé (LREM) qui compte dans ses rangs 312 députés, n'a apporté à son candidat désigné, je le rappelle ici, que 254 voix : 58 députés LREM n'ont pas voté pour Mr Richard FERRAND. Du jamais vu !

Le second nommé (MoDem) qui compte dans ses rangs 46 députés, à l'inverse du précédent, a dénombré, lui, presque le double des voix attendues, soit 86 au profit de son candidat désigné, Mr Marc FESNEAU, soit 40 députés supplémentaires et totalement inattendus. C'est la vraie surprise de cette élection.

Si l'on cherche d'où viennent ces 40 députés "inattendus" (quoique le vote soit secret), un simple décompte laisse penser que s'il était prévisible que "quelques" députés centristes (UDI, AGIR, Constructifs) dépourvus de leaders désignés pour les représenter, auraient porté leur choix sur le candidat MoDem.Mais eux tous ne dénombrant pas 40 députés, d'autres voix venaient donc d'ailleurs : il est devenu évident que des députés LREM ont voté pour Mr Marc FESNEAU et non pas pour leur propre candidat, Mr Richard FERRAND.

Il est vrai que si nul ne peut raisonnablement affirmer que le groupe MoDem ne soutienne pas la politique définie par le Président MACRON dans le programme pour lequel celui-ci a été élu, nombre de députés MoDem ont cependant le sentiment d'être souvent écartés des grandes décisions et réduits au rôle de simples "supplétifs" de l'écrasant groupe LREM. Et, en désignant Mr Marc FESNEAU comme leur propre candidat, ils ont voulu marquer que, sans quitter la majorité présidentielle, le MoDem représentait un courant propre, défendant ses valeurs historiques sociales et humanistes. Ce vote est une réussite éclatante.

LA PERSONNALITÉ de Mr FERRAND mise en cause ?

Pourquoi donc une telle déconvenue pour Mr FERRAND ?

Personnellement, je ne connais pas du tout Mr FERRAND, ni ne l'ai jamais rencontré. Militant socialiste historique implanté en Bretagne, je n'avais d'ailleurs nulle raison de le croiser dans ce cadre.

J'ai entendu, comme beaucoup, de nombreuses appréciations à son propos, dont certaines étonnamment très désobligeantes : "charisme de poisson crevé", "ringard", "vestige du vieux monde" (celui-là même que Mr MACRON orétend vouloir renouveler), etc…. Et j'en passe des meilleures.

Il ne m'appartient de juger quelqu'un que je ne connais pas du tout, et je respecte toujours a priori l'homme (ou la femme) qui défend ses idées, même quand il peut arriver que je ne les partage pas : c'est un principe auquel je me tiens.

Je ne jugerai pas davantage son parcours, certes quelque peu sinueux qui a mené Mr FERRAND de passer des certitudes "socialistes" aux convictions "macronistes". Je ne m'arrêterai pas davantage non plus aux péripéties judiciaires auxquelles il serait confronté pour des raisons dont seule la Justice peut s'en saisir. Je ne peux que souhaiter à Mr FERRAND qu'il deviennent l'une des grandes voix qu'on a entendues au cours de l'histoire et descendues de la tribune qu'il préside désormais. Je ne le jugerai qu'à son action dans sa nouvelle mission. Je ne fais aucun procès d'intention.

Mais il est évident que je ne suis pas seul à m'interroger sur l'apparent "désamour" que semblent lui porter certains élus du groupe qu'il présidait hier, mais ont refusé de voter pour lui.

Je laisse à d'autres talents le soin de répondre à cette interrogation, si réponse il y a un jour.

jeudi, 15 mars 2018

80 Km/H : L'ARNAQUE

accident-route_sn635.jpgOn peut s’étonner qu’une mesure limitant, à partir du 1er Juillet prochain, la vitesse à 80 Km/H sur toutes nos routes (hormis les autoroutes) soulève un tel émoi : ne répond-elle pas pourtant aux meilleures intentions du monde, à savoir de réduire le nombre de décès dus à la circulation qui, même s’ils sont en baisse constante depuis plusieurs années, sont toujours trop élevés ? Même si l’on pouvait ne sauver qu’une seule vie, cela se justifierait déjà largement.

Hélas, une grande majorité d’usagers de la route reste très sceptique sur la portée réelle de cette mesure. Et on peut les comprendre.

Le gouvernement lui-même aide peu pour convaincre les contestataires : on nous dit que des tests ont eu lieu sur des zones « accidentogènes ». Mais on entoure aussitôt leurs résultats d’un silence total : curieux ! Mais, comme tout finit par se savoir, on découvre « sous le tapis » que ces tests sont très loin d’être probants : pire, ils sont plus que décevants pour convaincre les sceptiques par rapport aux gênes nouvelles des contraintes imposées lors de ces essais.

Mais, comme nos gouvernants actuels ne veulent pas faillir à leur réputation de vouloir « tout changer », (il y a des « images de marque » à préserver à tout prix !) on s’est dirigé vers les solutions les moins coûteuses. Mieux vers celles susceptibles qui peuvent ramener quelques recettes supplémentaires par le biais de contraventions qui, elles, ne cessent d’augmenter, contrairement au nombre de morts à déplorer sur nos routes.

En vérité, on prend le problème  à l’envers : ce n’est pas nouveau.

Le parc automobile en France :
• ce parc était, il y a 40 ans, de l’ordre de 20 millions de véhicules. En 2017, il a presque doublé : près de 40 millions, dont près de 83% de véhicules particuliers. Mais alors que la circulation automobile a augmenté de ±80 %, le nombre de tués, lui, a été divisé par 2. Il n’y a aucune relation entre, d’une part, le développement du nombre de véhicules en circulation et, d’autre part, le nombre d’accidents : le rapport est même totalement inverse.

La cause des accidents mortels :
• vu  d’un cadre général, un rapport officiel récemment publié, dit : « Les causes profondes des accidents sont dues au temps du trajet domicile<>travail et aux routes empruntées » pour s’y rendre. De la vitesse, il n’en est pas question du tout.

Mais examinons cependant quelques autres chiffres.

Les rapports établissent que 50% des accidents mortels sont dus aux infrastructures, dont :
• 40% aux virages mal dessinés
• 30% aux obstacles sur accotements
• 19% aux carrefours non giratoires
• 6% aux accès des riverains ou centres commerciaux non aménagés

Pour les autres causes de mortalité, on cite encore l’alcool (28%), la distraction au volant (18%), la fatigue (9%), et autres usages de stupéfiants. De la vitesse (classée à 26% seulement de ces « autres causes » de mortalité), on constate donc qu’elle reste bien loin derrière toutes les autres citées précédemment.
Non pas que la vitesse soit négligeable pour autant, mais de-là à en faire la cause principale de mortalité, c’est vraiment se moquer du monde.

Pour sourire un peu dans ce constat très technique, je relève que le premier accident automobile a eu lieu vers  l’année 1770 : la vitesse incriminée de ce « bolide » (mis en cause par cet accident devenu « historique ») était, au moment du heurt fatal, de 4 Km/H ! Beaucoup plus tard, fin du 18° siècle, on n’hésitait pas à accuser la circulation de véhicules hippomobiles en cause des nombreux accidents croissants ou par chocs entr’eux, ou avec des passants ou autres montures cavalières. Plus tard encore, à la fin du 19° siècle, lorsque sont apparus les premiers véhicules automobiles plus « modernes » et prometteurs d’autres performances, on a salué aussitôt le « grand progrès » de ces nouveaux moyens de locomotion qui, roulant un peu plus vite que les précédents, mettaient désormais leurs passagers à l’abri des agresseurs (ou autres égorgeurs ou détrousseurs) pour qui l’absence de vitesse les exposait alors à la portée tous qui pouvaient facilement monter à bord des véhicules pour commettre leurs méfaits  quand ceux-ci cheminaient tranquillement. La « vitesse » était donc devenue soudain, pour nos grands parents, source de progrès et de sécurité pour les usagers de nos routes, en ville comme en campagne ! Les temps ont bien changé depuis. Les vitesses atteintes aussi.

Revenons-en donc aux causes réelles des décès actuels sur les routes.

Largement en tête de ceux-ci, on trouve d’abord les « infrastructures » de nos routes. Il est vrai que depuis l’époque des calèches ou autres diligences, le développement du nombre de véhicules maintenant en circulation (qui a notamment doublé depuis 40 ans) et leurs performances, les normes de conception de nos routes, que ce soit en zone rurale ou en milieu urbain, a peu changé depuis plus d’un siècle :  • la largeur des voies sont restées approximativement les mêmes qu’à la « belle époque », le croisement des véhicules (ou grands gabarits) roulant en sens opposés impose qu’ils se frôlent souvent de trop près, le doublement des véhicules plus lents (poids lourds, cars, véhicules agricoles) par ceux plus légers qui ne peuvent les suivre longuement sans devoir les doubler, relèvent de paris toujours audacieux • la conception des carrefours et autres raccordements de voies secondaires sur celles principales est restée très « classique » et sans trop se soucier de la nécessaire visibilité pour s’y glisser en toute sécurité • nombre de greffes pour l’accès aux zones d’activité se sont multipliées au long de nos routes sans trop se soucier davantage des moyens d’y accéder ou d‘en sortir. On pourrait ici multiplier les exemples.

Bref, nos nationales ou départementales sont conçues avec soin et même parfois avec un certain talent, sauf celui de pouvoir y accueillir les nouveaux moyens de circulation, faire face à leur nombre accru qui ne sont plus les mêmes que jadis. Et pourtant pas grand chose a changé depuis, sauf l’apparition d’innombrables panneaux d’interdictions les plus diverses et variées qui se multiplient à un rythme effréné et… les radars pour assurer de nouvelles et confortables recettes à l’état propriétaire.

Je passerai aussi sous silence l’entretien des routes en général : il est devenu le parent pauvre des budgets chargés de les entretenir et, le plus souvent, le moyen d’ajustement de ceux-ci quand il faut faire place à d’autres priorités. Je n’évoquerai pas pour exemple les innombrables « nids de poule », les accotements mal entretenus, les « gendarmes couchés » à des emplacements souvent inadaptés, etc… : on pourrait croire, si j’allongeais trop la liste, que je voudrais dresser ici un tableau apocalyptique de l’état de nos routes. Mais cependant on ne peut le taire tout-à-fait.

Voilà pour les causes les plus fréquentes d’accidents mortels : et la vitesse n’y occupe toujours, il faut honnêtement le constater, qu’une très modeste place.

Pour preuve encore de ce faux débat, si la vitesse était en cause de la plupart des accidents, nos autoroutes – où on y roule généralement à 130 Km/H – seraient de véritables hécatombes. Or celles-ci qui accueillent en France ±15% des kilomètres parcourus, le nombre de tués n’y est que de 4%. La vitesse tue ?

Autre preuve encore que j’ai recueillie récemment : chacun sait que le département du Nord, véritable carrefour européen dont la circulation est l’une des plus denses d’Europe (liaison obligée entre le Sud, l’Ouest, la péninsule ibérique, Paris avec la Grande Bretagne, le Benelux, le port d’Anvers – premier port d’Europe – les régions Nord de l’Allemagne et les pays scandinaves), ce département du Nord est celui où le maillage autoroutier est l’un des plus denses de France (et de surcroît, il est entièrement gratuit d’accès !). Ce département vient de publier la statistique suivante : on y roule presque partout sur les grands axes routiers à 110 Km/H. Il y avait, il y a 40 ans (en 1978) 316 tués de la route et, aujourd’hui (en 2017), on n’y dénombre que 64 accidents mortels, soit ±80% de baisse. La vitesse tue ?

Trop de constatations, toutes aussi convergentes les unes que les autres, prouvent que la vitesse n’est pas la principale cause du taux d’accidentologie routière. C’est un mensonge éhonté que de prétendre le contraire.

Ceci ne veut pas dire pour autant qu’il faut rester les bras croisés : diminuer un peu plus encore ce taux d’accidentologie est une nécessité, voire devenir une priorité nationale. Mais l’effort ne consiste pas de se trouver les moyens de dresser plus de contraventions mais d’adapter prioritairement notre réseau routier aux nouvelles exigences qu’exige notre siècle en plein développement. L’écologie bien pensée, c’est aussi cela.

Il est parfaitement idiot d’imposer, depuis des bureaux parisiens, une vitesse universelle pour toutes les routes de France, quelle que soit la typologie des terrains qu’elles desservent. On fait aujourd’hui la même erreur que François Mitterrand imposant pour toutes les entreprises de France les 35 heures, même là où cette mesure désorganisait les services nécessaires, hôpitaux compris. On sait la suite dont on paye encore aujourd’hui les graves conséquences.

Revenons à la raison. Oui, il existe en France nombre de routes où la vitesse souhaitable ne doit pas dépasser les 80 Km/H, certaines même encore en dessous dans certaines zones rendues difficiles par leur configuration. Mais il n’appartient pas aux ministères parisiens d’en décider uniformément : seuls les pratiquants du terrain, ceux qui parcourent journellement leur région et la connaissent parfaitement, peuvent déterminer là où les 80 Km/H s’imposent, mais surtout détecter les améliorations à apporter à nos infrastructures routières. Il faut ouvrir les yeux. Oui il faut faire de ce vaste chantier une priorité nationale pour sauver d’autres vies.

Tout le reste n’est que beaux discours (même si empreints de volonté ou de sincérité), poudre aux yeux et véritables arnaques potentielles.

Un peu plus de réalisme courageux, s'il vous plait, dans les décisions à prendre, même si celles-ci vont parfois à contre-courant des opinions populistes : voilà ce dont la France a grand besoin aujourd’hui.

François VAN DE VILLE
    Nîmes

mardi, 05 septembre 2017

LA BALADE DES PAUVRES GENS

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LA BALADE DES PAUVRES GENS

 

Le hasard de mes lectures me révèle qu'en France, au cours de la seule année 2016, 12.000 "millionnaires" (en euros) ont quitté à nouveau la France. Déjà, en 2015, celle-ci détenait le record mondial des départs avec (seulement) 10,000 départs. Et l'Institut New World Wealth nous apprend aussi qu'entre 2010 et 2016, ce sont 60.000 millionnaires qui ont émigré de France avec leurs capitaux et les biens qu'ils y avaient investis et ce en raison des "faibles perpectives économiques qui leur étaient proposées (sous les règnes de Mr Sarkozy, puis de Mr Hollande), puis les tensions sociales, ethniques et religieuses qui s'y développaient dangereusement, et enfin une fiscalité confiscatoire", surtout lors des années du mandat Hollande.

 Sans prendre nullement ici la défense de ces millionnaires qui s'expatrient, il s'agit bien d'une tragédie, autant douloureuse que vertigineuse : comment créer ensuite des investissements et des emplois nouveaux chez nous quand la France s'appauvrit à un tel rythme que l'abêtissement de nos dirigeants d'un moment les y encouragent de fait ?

 Et je ne parle pourtant ici que des "millionnaires". Si on examine d'autre part la situation des "milliardaires" français - ils sont moins nombreux mais ils pèsent cependant dans notre balance économique -, on peut presque, aujourd'hui, parler de "désert" : si notre planète en dénombre un peu plus de 1.800, la France, elle, n'en accueillait, en 2013 que 74. Ils se réduisaient ensuite en 2014 à 67, puis il nous en restait seulement 39 en 2015.

 Mais, pour les derniers survivants de cette espèce "en voie de disparition en France", si environ une petite minorité d'entr'eux ne détiennent leur fortune que par le jeu d'héritages familiaux remontant très loin dans le temps, une petite lueur d'espoir existe quand même chez les autres - leur majorité - quand on observe que celle-ci, chez nos rares milliardaires français restants, ont bâti leur fortune assez récemment de leurs propres mains, tant par leur habileté dans l'art de mener avec détermination leurs affaires, que dans celle de vouloir créer de nouvelles richesses et autres investissements à la clef. Là réside peut-être cette lueur d'espoir que j'évoquais, non seulement pour leur propre sort mais surtout pour celui des français qui veulent y prétendre à leur tour.

 Cependant, on ne peut le nier, le mal existe bien. La France a une singularité particulière : depuis les années Hollande, celle de lutter davantage contre la richesse et non contre la pauvreté. On en constate aujourd'hui le résultat.

 C'est bien à un changement profond de mentalité qu'il faut aujourd'hui procéder : impliquer, selon moi, les plus riches dans le redressement de la France plutôt que de les pousser à partir s'établir ailleurs.

 Sur un plan plus pratique, si les seuls 60.000 millionnaires qui se sont exilés de France depuis 2010 y étaient restés, cela ferait (en moyenne, bien sur) 600 millionnaires présents dans chacun de nos 100 départements français, qui y paieraient leurs impôts, qui y investiraient et y auraient contribué à créer ou maintenir de l'emploi, au lieu de les créer à Londres, à Lisbonne, à Genève ou ailleurs. Quel responsable de département ne s'en féliciterait-il pas aujourd'hui, au lieu de voir des friches se développer là où, hier, il y avait encore des activités ?

 Ce constat, au-delà de cet aspect un peu simpliste qu'on peut lui concéder, me porte à me questionner sur ce "Panthéon" actuel de l'idéologie politique française, à savoir le perpétuel débat de l'utilité de ce fameux "ISF" (Impôt Sur la Fortune) qui nourrit tant de conversations. La question est simple : qu'est-ce qui serait aujourd'hui plus utile à la France, maintenir l'ISF ? Ou le supprimer purement et simplement ? Qu'est-ce qui serait aujourd'hui plus bénéfique à la France pour faire rentrer de l'impôt : taxer les "richesses" (et les riches qui les détiennent) par le biais de cet ISF, ou inciter ceux-ci à revenir en France, y investir, y créer de nouvelles richesses et de nouveaux emplois ? Je me permets, à la suite de tant d'autres, de poser ici la question.

 Oh j'entends déjà les cris d'orfraies qui vont surgir, y compris chez certains de mes amis, rien qu'à l'idée d'oser poser une telle question. Et pourtant, quand on constate que ce maigre ISF fait fuir en masse à l'étranger les capitaux qui auraient pu s'investir chez nous, rapporte désormais (et à quel coût pour en établir les bases d'imposition ?) des clopinettes à l'état au prix de débats et de contestations innombrables, la question mérite bien d'être posée. Au-delà des idéologies de principe.

 Évidemment, on entendra aussi les belles envolées lyriques de Mr Mélanchon pour protester contre une telle interrogation sacrilège, et relayé ensuite par les vociférations de son collège de désemparés à la maturité encore peu sure et qui constitue son auditoire habituel. Est-ce une raison pour se taire et ne pas se poser la question ?

 D'autres que moi sont plus qualifiés pour répondre à cette interrogation. Je ne me risquerai pas personnellement de le faire à leur place. Mais j'estime qu'elle mérite aujourd'hui d'être posée, avec calme, sérieux et sans inutile passion.

mercredi, 29 juin 2016

HOLLANDE/SARKOZY : DES IMPASSES

L'entretien de François BAYROU à l'EXPRESS après le "Brexit" : où en est l'Europe ?

L'interview sur ce lien.

mercredi, 27 avril 2016

BLANCHE NEIGE ET SES NAINS

"Hey oh (la gauche)…."

 

Nous voilà curieusement revenu à l'ère de ce célèbre refrain du film "Blanche-Neige" où 7 nains chantaient en chœur "On rentre du boulot", avant de découvrir dans leur étroit logis une blanche jeune fille (nécessairement vierge et innocente de tout travers) qu'une méchante reine acariâtre et jalouse voulait faire périr.

Voilà une image symptomatique de l'état actuel de la gauche où les 7 nains de Walt Disney ont été remplacés par 40 ministres, tous aussi impuissants les uns que les autres pour combattre la mégère - traduisez maintenant 'le (cruel) chômage" - qui menace leur existence à tous, et où les paroles "On rentre du boulot !" ont été remplacées désormais par un exigeant "Nous on veut du boulot !"

On serait tenté de trouver cette parodie ridicule s'il ne s'agissait, en vérité, de la tragique situation du gouvernement de la France qui se cherche un avenir. Bien "Foll" est celui qui a pu inventer pareille image pour échapper à situation si désespérée.

"Pouet pouet, la gauche !", "Tsoin tsoin, la gauche !" : voilà encore quelques slogans de réserve pour entraîner ce qui reste encore des électeurs de gauche. Les voilà maintenant sauvés !

Courage, les gars ! Les nains piochaient dur dans la mine sur l'air du "Pic pac, Pic pac !" à la recherche de diamants. Aujourd'hui, ils ont trouvé des sous-marins qui vont produire des milliers d'emplois aux travailleurs.... (euh ?) australiens.

Ah non ? Aussi à des travailleurs français ? Je ne sais plus ! Bon : çà sera pendant 50 ans au moins  la grande solidarité obligée franco-australienne ! Que gagne qui pourra !

Persévérez donc braves gens : le trésor de votre élection est au bout de votre pioche. "Pic pac, Pic pac !".

Génial quand même, ce Le Foll ! Au fait, de quoi est-il le ministre ?

vendredi, 08 mai 2015

LA RÉFORME DE L'ENSEIGNEMENT : L'ÉCHEC ANNONCÉ

BILLET du 8 MAI 2015

Rarement une réforme entreprise par un gouvernement, de quelque tendance politique soit-il, voit surgir une telle levée de boucliers contre celle-ci et que ce gouvernement veut, cependant, imposer contre vents et marées. Que ce soit de la part des enseignants eux-mêmes, de leurs syndicats, mais aussi d'écrivains, de philosophes, de personnalités du monde culturel, de politiques de tous bords, et même, maintenant, de chancelleries étrangères (qui s'émeuvent justement du volet supprimant les écoles bilingues), certaines interventions relèvent d'une indignation mal contenue tant cette réforme les révolte. Certains n'hésitent pas à affirmer que l'école de la République est désormais en danger !

enseignement.jpgDe quoi s'agit-il en fait ? De la réforme de l'enseignement scolaire menée par Mme Najat Belkacem, Ministre actuelle de l'Éducation Nationale, celle-ci ayant la charge régalienne de former les futurs citoyens de notre Nation qui seront appelés, demain, à prendre les rênes de la France et de prolonger, en l'enrichissant à leur tour, sa mission multi-séculaire dans le monde.

Mission régalienne, ai-je dit, mais mission ô combien fragile si on veut préserver ce bien précieux qu'est l'héritage qui nous est momentanément confié et qu'il faut préserver pour le transmettre ensuite, avec l'intégralité de ses valeurs, aux générations à suivre. Nul n'a donc le droit, même une Ministre passagère, de "jouer" avec ce bien précieux, même au nom d'une idéologie d'un moment de notre Histoire, pour satisfaire quelque facilité que ce soit.

UN "CERTAIN" ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE

Dans le cadre de cette réforme, j'observe que celle la plus souvent décriée est celle de l'enseignement de l'Histoire : celui-ci ferait dorénavant rentrer une sorte d'idéologie rampante à travers les programmes.

Pour exemple, dans les classes de 5ème, on y introduirait désormais certains enseignements dits "obligatoires", et d'autres dits "facultatifs". Ceux "obligatoires" feraient donc obligation à tout élève de les suivre, et ceux dits "facultatifs" offriraient à tout élève de ne pas y assister du tout. La bonne aubaine de sécher les cours !

C'est donc un enseignement à 2 niveaux qu'on préconiserait. "École de l'Égalité ?" s'interrogent ceux qui veulent défendre les valeurs de la République.

On est saisi aussi de constater, par un autre exemple qui a frappé tous les observateurs (même s'il n'est pas un élément essentiel du débat), que la "découverte de l'islam" deviendrait un enseignement qui serait désormais "obligatoire" pour tous, mais la découverte du judéo-christianisme, comme celle de tout ce qui a suivi la chute de l'empire romain, celle de l'émergence des empires carolingien et byzantin, celle qui a tracé les routes du commerce et des échanges culturels - et qui sont pourtant devenus vecteurs de nos cultures d'aujourd'hui - ces découvertes-là, elles, ne seraient plus que.... "facultatives" ! On peut comprendre les émois suscités.

On peut comprendre aussi, par ces seuls constats, que dans une nation pétrie depuis des siècles de ces échanges et de ces courants qui ont formé si profondément son identité, qui a construit son unité avec toute cette Europe à laquelle elle appartient désormais, celle notamment de Charlemagne depuis le 8° siècle, on peut comprendre la stupeur de beaucoup, même en reconnaissant qu'une découverte rénovée de l'islam est devenue, dans le monde d'aujourd'hui, une réelle nécessité. Mais, à découverte de valeurs égales, l'enseignement doit rester égal pour tous. Et non pas facultatif au gré d'une idéologie du moment.

L'HISTOIRE DÉFORMÉE : À QUELLE FIN ?

En exemple encore, dans cette longue et riche histoire de notre nation, faite aussi de "hauts" comme de "bas" (quelle nation a échappé à ces vicissitudes ?), pourquoi leste-t-on si lourdement les pages que l'on juge désormais "culpabilisantes" - celles des inévitables erreurs, celles du colonialisme, celles des guerres et des crimes qu'elles ont pu entraîner - et pourquoi en rajoute-t-on sur ces sujets des tonnes et des tonnes, quand, parallèlement, tout ce que notre nation a fait de bien depuis 20 siècles pour le progrès de l'homme, est pratiquement gommé ?

Autre exemple encore : l'enseignement de l'Histoire en 4ème préconise des programmes "thématiques" et non plus des programmes "chronologiques". Et le tout teinté d'une bonne dose d'humanisme "bon marché" avec, en arrière-plan, des thématiques moralisatrices. Alors que toutes les "histoires", de quelque nation à laquelle elles appartiennent, ne sont écrites que d'enchaînements de faits précis qui se sont succédés et les entraînant les uns aux autres. Aucune explication n'est désormais enseignée pour comprendre ces enchaînements, ni sur les personnages essentiels qui ont joué un rôle déterminant dans les décisions prises, ni dans la recherche sur leurs causes profondes. Si on veut aller plus loin encore dans cet exemple, en classe de 4ème, on enseigne toujours "l'histoire de l'Europe et du monde du 17° au 19° siècle". Mais l'Europe qu'on y enseigne n'est abordée que sous le seul angle de la colonisation, des empires coloniaux, de l'exploitation des continents et de leurs richesses et.... des traites négrières ! Comme si l'Europe se réduisiat exclusivement à la colonisation et à l'esclavage ! De civilisation apportée (notamment dans les domaines de la santé et du développement), de la pacification imposée dans des peuplades précédemment perpétuellement ensanglantées de constantes guerres tribales, nulle mention n'est plus citée.

QUE SONT DEVENUES LES "LUMIÈRES" ?

Alors qu'au 18° siècle, on a vécu les premières révolutions, celle des "lumières", celle de la révolution scientifique, celle de la naissance de l'esprit critique, de la naissance ausi de la démocratie, de la préparation de la révolution française et des droits de l'Homme, l'encyclopédie de Diderot et de d'Alembert, c'est aussi Newton, la naissance des grands musées en Europe, la volonté de démocratiser les connaissances, etc...., eh bien tout ceci, dans la réforme proposée, "passe à l'as", il devient "facultatif", tout comme Voltaire, l'affaire Calas, celle du Chevaler de la Barre, la naissance du monde intellectuel, etc..... Mais la colonisation et l'esclavage.... on en a fait l'essentiel à retenir de ce 18° siècle !

Enfin, pour poursuivre cette démonstration sur le seul volet de cette Histoire "revue et corrigée", on ne peut qu'observer encore  l'esprit d'auto-fragellation avec lequel on la rapporte. Par exemple encore, la 1ère guerre mondiale - celle de 14-18 - n'est abordée uniquement que sous les aspects de sa violence inouïe et de ses millions de morts et d'amputés. Mais, curieusement, on y inclut même.... le génocide arménien ! C'est fort bien qu'on n'oublie pas les arméniens, mais est-ce cela qui explique les origines de cette guerre si marquante de l'Histoire de notre continent ?

Comment, pour finir, comprendre encore la longue et riche période du romantisme si vous ne savez pas qu'il est une réaction violente et nostalgique contre la révolution française et contre les lumières et le classicisme de notre 17° siècle ? Oui, c'est vrai, ce fut une sorte de contre-révolution : il faut le dire. Mais si vous ne le savez pas, si cela n'est plus enseigné, vous ne pouvez rien comprendre à ce qui a tant marqué notre histoire littéraire et intellectuelle lors de cette période du romantisme. L'important, c'est donc de connaître la chronologie de notre Histoire, celle a conduit à la naissance de cette période particulière, comme tant d'autres, et que nous ne pouvons ni ne devons ignorer.

LE TOHU-BOHU DE NOTRE ENSEIGNEMENT

Toutes ces phases de notre Histoire sont donc désolidarisées, désarticulées les unes des autres, alors qu'il serait nécessaire, au contraire et pour mieux les comprendre, qu'on explique les enchainements qui les ont guidées. Le chronologique est donc une donnée indispensable si on veut comprendre l'Histoire.

L'idée directrice de la réforme voulue par Mme Najat Belkacem semble donc être que l'enseignement est prioritairement destiné à "fabriquer" des citoyens. C'est bien, c'est un bel objectif. Mais comment le faire ? Et la réponse qu'elle apporte n'est une immense, voire une dramatique erreur. Je l'affirme.

L'enseignement, c'est d'abord transmettre des connaissances, c'est le plaisir - voire la passion - de les découvrir, et ce n'est pas autre chose. C'est encore transmettre la compréhension du monde. C'est alors, mais alors seulement, que tout ceci est nécessaire pour "fabriquer" des citoyens (pour reprendre la terminologie officiellement utilisée), mais des citoyens pleinement éclairés. Il faut respecter l'ordre des choses et non pas les inverser.

Mais "fabriquer" des citoyens, ce n'est pas donner des cours de morale à jet continu. Or, dans le projet de Mme Najat Belkacem, on expose surtout les théories du "développement durable" à toutes les sauces, de la "croissance verte", on développe l'horreur du "capitalisme dévastateur", etc…. Non pas qu'il ne faille pas en parler du tout, mais faire des programmes un gigantesque "cours d'instruction civique" à la sauce "3ème gauche", c'est totalement dévastateur. C'est même décérébrant.

Autre idée encore de Mme Najat Belkacem, c'est de supprimer les classes bilingues, et de tout qui donnait accès à une sorte "d'excellence" de notre enseignement. Mais son idée à elle, c'est que tout ce qui est "excellent" est forcément "discriminant". Elle en fait une sorte d'obsession. En fait, il faudrait donc supprimer les classes d'excellence pour éviter de discriminer ceux qui ne pourraient y accéder. C'est le nivellement absolu par le bas  de tout notre enseignement.

Mais on maquille ce projet en préconisant parallèlement l'apprentissage d'une 2ème langue étrangère dès la 5ème. On serait tenté d'applaudir une telle initiative. Mais il faudrait pourtant, et prioritairement, qu'ils apprennent la 1ère langue, celle véhiculaire qu'ils doivent utiliser chaque jour, c'est-à-dire le français, la langue de toute communication dans le pays où ils vivent. Les langues étrangères, c'est un plus, un complément, pas une substitution. Mais quand on constate qu'aujourd'hui 35% des élèves qui rentrent en 6ème sont en situation d'illettrisme, dont 7 à 8% d'analphabètes absolus, 15% qui ne sont pas capables de lire un texte en le comprenant, et le reste dans l'état de ne déchiffrer que consonne par consonne le texte qu'ils ont sous les yeux sans en rien comprendre de son sens. Et l'on retrouve approximativement les mêmes proportions chez les étudiants de 18 ans ! Voilà donc que Mme Najat Belkacem veut rajouter 2 langues étrangères en sus de la langue française, celle que beaucoup ne connaissent même pas !

Au lieu de viser les collèges, Mme la Ministre ferait mieux de réformer l'enseignement dans les CP : c'est là que tout se joue, y compris l'avenir des élèves sur le long terme. Mais çà, Mme Najat Belkacem semble l'ignorer.

Enfin, puisque l'on parle de la langue française, je n'évoquerai pas ici le caractère désormais "facultatif" de l'apprentissage du latin et du grec qu'on veut éloigner totalement de fait de l'enseignement général. Pourtant, comment apprendre une langue, surtout quand il s'agit de sa langue du quotidien, si l'on ne connait même pas la racine et le sens d'origine des mots que l'on utilise ? Ce n'est pas la moindre cause des indignations qui s'expriment et venant de toutes parts.

Mais il est vrai que si, déjà, on néglige l'enseignement du français élémentaire (puisque tel est le constat que chacun fait), à quoi cela peut-il servir d'enseigner en sus ses racines, c'est-à-dire le latin et le grec ? Est-ce encore pour des raisons idéologiques, contre l'esprit d'excellence qu'est fait ce choix, pour encore éviter de "discriminer" ceux qui ne sont pas en capacité d'y accéder pleinement ?

On assiste donc à un nivellement de notre enseignement par le bas, et non plus vers l'excellence. C'est ravageur !

INCAPACITÉ ?

Je ne connais pas personnellement Mme Najat Belkacem, ni eu le plaisir de la croiser. Elle est peut-être une femme charmante, enrichie des différentes cultures dont elle est issue, ce qui peut être une chance pour elle.

Je n'épiloguerai pas non plus, comme certains le font, sur les raisons de son échec renouvelé au concours d'entrée à l'ENA, échec auquel elle s'est heurtée à 2 reprises successives : ceci ne peut être un critère d'appréciation de ses autres capacités. Mais une carrière ensuite d'attachée parlementaire sous différents tuteurs, puis celle de juriste de passage, apportent-elles les qualités suffisantes à quiconque pour recevoir ensuite la responsabilité énorme de devenir le principal guide de l'enseignement et de la formation des futurs citoyens qui feront demain notre nation ? Ses décisions, en la circonstance ici évoquée, m'en font douter.

Pour être à la hauteur d'une telle mission, il faut avoir les tripes de cette nation collées au ventre avant de pérorer sur un sujet que, manifestement, elle ne maîtrise pas, ou si mal. Et l'onction présidentielle qu'elle a reçue pour ce faire ne lui accorde aucune qualité supplémentaire pour cela. Hélas !

Au très modeste poste d'où je m'exprime ici, cela me fait mal, précisément pour la France elle-même.

Il fallait que je vous le confie.

mardi, 06 janvier 2015

REGARDS SUR 2014

BILLET du 6 JANVIER 2014          

 

        Alors que nous venons d'ouvrir la page de l'année 2015, je suis tenté de jeter un regard sur celle que nous venons de traverser. Et, à bien examiner les événements traversés, cette année 2014 a été une année charnière dans plusieurs domaines.

 

        J'aperçois d'abord deux ruptures :

 

       1°/ la première rupture, celle du Parti Socialiste : au-delà des différents courants qui s'agitent ou vocifèrent, une certaine gauche archaïque, dont les conceptions en matière économique consistaient à prôner une "politique de la demande", a bien explosé en vol. Cette gauche-là n'a plus du tout voix au chapitre. L'arrivée d'un Manuel Valls, et surtout cette d'un Emmanuel Macron (qui semble vouloir supplanter le premier), marquent un tournant de l'ancienne politique de la demande vers une "politique de l'offre". Un nouveau débat droite-gauche s'établit et ouvre de nouvelles perspectives. Quoiqu'en disent certains, il ne s'agit pas d'une reddition de la social-démocratie à la droite mais d'un progrès vers plus de lucidité qui consiste à reconnaître qu'avant de redistribuer et de partager, il faut d'abord produire. C'est un tournant historique du P.S..

        Le débat droite-gauche ne s'est pas évanoui pour autant : il change surtout de niveau pour passer de celui "politique" à celui plus "économique". Les "frondeurs" ont tort quand ils plaident pour une autre voie que la politique de l'offre : que ce soit sur la question de l'équité ou de la redistribution, s'ouvre désormais la possibilité d'un vrai débat droite-gauche.

        Malheureusement le retard accumulé depuis deux ans par François Hollande est dramatique : il est tard - il est même trop tard - et il n'y aura pas d'effets bénéfiques significatifs du changement de cap avant 2017.

 

        2°/ la deuxième rupture est tout autre et dans un tout autre domaine : c'est celle qui se dessine au sein du  Vatican. Le récent discours du pape François est à lui seul une rupture par son audace inouïe quand il dénonce, en guise de vœux, les quinze maladies qui menaceraient selon lui la Curie, dont la "pétrification mentale et spirituelle", le "schizophrénie existentielle" ou encore les "têtes d'enterrement" ou les "figures lugubres" des cardinaux. J'ai déjà eu l'occasion d'évoquer récemment ce discours dans un autre court billet mais, puisqu'on parle ici de "ruptures", celle-ci est vraiment historique. C'est la raison pour laquelle j'y reviens. Je lisais récemment, sous la plume du philosophe Luc Ferry, que le pape François est, sans nul doute, le chef d'état le plus remarquable de l'année 2014. Je partage tout-à-fait son opinion.

 

        Revenant donc sur ces deux ruptures tout-à-fait étrangères l'une à l'autre :

       • on ne peut que regretter d'abord le retard accumulé de François Hollande, le fait que le tournant opéré récemment par l'arrivée de Manuel Vals et d'Emmanuel Macron n'est ni suffisant ni assez audacieux pour apporter des résultats. Mais le changement de cap opéré par eux va dans le bon sens et il est de nature à modifier la nature du débat politique.

     • l'autre rupture est donc celle du pape François face aux positions de ses prédécesseurs, Benoït XVI et Jean-Paul II. Il envoie un message innovant non seulement aux 1,2 milliard de catholiques du monde entier, mais aussi aux non-croyants. Ses propos - entr'autres - sur les homosexuels, sur le fait qu'il s'estime "non habilité pour juger autrui", rompent de manière radicale avec la théologie morale jusqu'ici bien établie, théologie jusqu'ici partagée par les franges les plus conservatrices des catholiques. C'est un retour aux sources, aux origines du christianisme, un message d'amour qui rend plus optimiste face à la dépression généralisée. Son message s'adresse aux orthodoxies les plus rudes, celles des pharisiens et autres ayatollahs de la pensée dite "moderne".

      Le P.S., lui, ne revient pas aux sources originelles : il progresse, mais lentement - très lentement, vraisemblablement trop lentement - mais quand même dans une certaine lucidité qui semble l'avoir touché soudain pour enfin se rapprocher des partis sociaux-démocrates européens, et pour oser enfin paraître ce qu'il doit être, à savoir non pas une version édulcorée du marxisme mais une pensée de gauche enfin démocratique et significativement plus intelligente.

 

ET LA DROITE EN 2014 ?

 

        Il est évident que la droite est en très grande difficulté. Elle gagnera sans doute les élections de 2017, mais sans convaincre pour autant; : c'est simplement la gauche qui perdra. Un remake à l'envers de 2012 quand la gauche n'a pas gagné faute de cohérence, mais Nicolas Sarkozy a simplement lassé son électorat.

 

        Au sein de l'UMP, l'on observe donc désormais trois courants inconciliables :

       • une "droite libérale", humaniste, favorable à une politique de l'offre et de réduction des déficits, mais aussi européenne. Cette droite est incarnée par Alain Juppé et elle est susceptible de s'allier avec le Centre, même y compris avec la social-démocratie évoquée ci-dessus

      • une "droite souverainiste", eurosceptique, qui n'est pas hostile aux déficits publics et incarnée notamment par Henri Guaino

      • enfin une "droite naturaliste", genre "Manif pour tous", qui pense que le corps social doit être administré par ce que St Thomas appelait "la loi naturelle".

      Voilà trois droites divergentes à l'extrême entr'elles. Quand Alain Juppé déclare qu'il n'abrogera pas la Loi Taubira sur les couples homosexuels, il perd nécessairement les voix de la "Manuf pour tous". Et, entre la "droite libérale" et la "droite souverainiste", on voit bien que l'opposition est radicale sur les questions européennes et économiques. Quand Nicolas Sarkozy veut donc s'adresser aujourd'hui à ces trois droites-là, ce ne peut être qu'au prix de grandes incohérences idéologiques. C'est ce qui rend son actuel discours totalement inaudible.

 

        Il y a bien sur le F.N. et sa montée en puissance.

     Cette montée est surtout due au fait que les gouvernements successifs n'ont pas réussi à résoudre le problème du chômage, mais surtout le fait que dans le contexte de la mondialisation, le retour au "cocon national" est extrêmement tentant : la solidarité nationale ne se joue pas au niveau européen ou mondial, les budgets de la santé, de l'éducation, de la protection sociale sont exclusivement français. L'argument des souverainistes, c'est que dans le contexte de la mondialisation, l'Europe ne nous protège plus. Même si l'argument est fallacieux, il très parlant pour beaucoup.

     Et quant à l'Euro, monnaie dont la puissance devrait nous mettre à l'abri des grandes tempêtes internationales, on n'a jamais vu une monnaie exister longtemps sans une tête unifiée, sans harmonisation fiscale, sans une politique monétaire commune aux états. C'est aberrant.

 

     La vérité, c'est qu'il ne faut pas moins d'Europe mais PLUS d'Europe, mais d'une Europe UNIFIÉE.

 

       Hélas, il est très difficile de faire comprendre cela au grand public : les conclusions peuvent paraître mauvaises, même quand les arguments sont bons.

 

       Faut-il les taire pour autant ?

mercredi, 24 septembre 2014

DJIHAD : LES VRAIES VICTIMES

 

djihad.jpg

La menace, dont on ne peut sous-estimer les dangers et qui frappe actuellement toute une civilisation, jusque dans sa liberté d'être, de penser, d'agir, préoccupe à juste titre des populations entières, jusque chez nous, dans nos quartiers, dans nos cités, jusque dans notre intimité, face au spectacle d'une minorité d'égarés dépourvus de tout sentiment humain - et à qui on pourrait même retirer leur qualité d'êtres humains - cette menace, quelles en sont, quelles en seront les vraies  victimes ?

Je crois que ces fous égarés se trompent complètement de cible.

Les vraies victimes ne sont pas celles dont on menace de leur trancher lentement la tête au couteau avec une cruauté inouïe, mais les musulmans eux-mêmes.

Les vraies victimes c'est eux, pas ceux qu'on égorge, mais ceux qu'on croise et côtoie chaque jour dans nos quartiers, au travail, dans nos rencontres. Ces fous ne réalisent pas qu'ils portent atteinte à l'image même de ces musulmans - la majorité - qui veulent et ne désirent que vivre en paix, y compris leur religion. Ils ne réalisent pas que c'est eux, ces musulmans-là, qui seront blessés du regard au coin de l'œil qu'on leur portera désormais et qu'on soupçonnera désormais injustement.

Ces fous, parce que c'est leur vraie nature de fous, ne réalisent pas l'incohérence de leurs propres actes. Ils ne réalisent pas qu'ils sont eux-mêmes porteurs du germe de leur auto-destruction. Leur action est sans avenir non seulement par la force des équilibres humains (ils ne sont qu'une infime minorité), mais surtout par la volonté de l'immense majorité des musulmans d'être respectés comme simples citoyens.

Les vraies victimes, ce sont les musulmans eux-mêmes..

12:24 Publié dans DÉBATS | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 26 mai 2014

APPARENCE & ILLUSION

mouvement démocrate,bayrou,politiqueNous apprenons, ce soir des élections européennes, que, devant la déroute des deux partis complices dominants français - le P.S. et l'UMP - Mr Hollande convoque d'urgence, ce lundi matin, a potron-minet, une réunion pour "réagir" face à cette situation nouvelle.

Le "pôvre" ! Voilà notre François Hollande plongeant de nouveau dans l'illusion d'un pouvoir dont il ne s'aperçoit pas encore que, ce soir, il ne le lui appartient plus du tout.

Car de quoi s'agit-il ?

Les élections du 25 Mai, en envoyant au Parlement européen comme députés français près de 30% de son contingent représentant l'extrême droite, les deux partis dominants traditionnels complices jusqu'ici de la bipolarisation régnante (P.S./UMP), et ne représentant plus, de leur côté, que 40%, et les derniers 30% restant étant pratiquement étanches aux combinaisons des premiers nommés, le problème n'est pas la nature du contingent des 30% de députés élus appartenant au F.N. - car ceci ne changera rien (ou pas grand-chose) dans les décisions du Parlement européen car l'extrême droite y est très divisée et très minoritaire encore - mais le fait que la France n'aura désormais plus aucun poids dans les instances européennes décisionnelles à côté des autres mastodontes dominants. De fait, la France n'y existera plus du tout : nous y tiendrons désormais que le rôle du nain politique et économique de l'Europe. Mme Merkel y aura les mains libres.

Déjà, en 2012, Mr Hollande, tout auréolé de sa victoire aux présidentielles, avait déjà promis qu'il interviendrait, sitôt élu, dans les orientations de la politique européenne. On connaît le résultat : il en est revenu totalement bredouille, au grand dam de ses électeurs.

Alors aujourd'hui, après deux défaites électorales retentissantes - celle des municipales, puis celle des européennes - que peut prétendre encore Mr Hollande obtenir ? RIEN ! Moins que rien !

Certes, l'élection du nouveau Président de la Commission européenne - commission qui fixe de fait les grandes orientations européennes proposées ensuite aux chefs d'état qui en décident - n'est pas encore acquise : il faudra attendre des mois de tractations quasi secrètes avant qu'on connaisse l'heureux élu. Pour l'instant, une certaine majorité semble désigner le luxembourgeois Jean-Claude Juncker. Si c'était lui qui devrait l'emporter, ce serait la pire nouvelle pour Mr Hollande : Mr Juncker est totalement rebelle à toute concession accordée à quelque pays que ce soit pour la réduction de leur dette et des efforts qu'ils devront entreprendre dans l'urgence pour la ramener à la norme commune fixée, et ce dans le plus bref délai.

Mr Hollande espérait jusqu'ici (ou du moins, on peut le supposer !) la victoire, à cette fonction, de son "ami" socialiste, Mr Martin Schulz, lequel montrait une certaine volonté d'être moins ferme dans l'application des normes européennes, même au prix d'augmenter un peu plus la dette commune. Hélas, les chances de Mr Schulz d'être élu se sont évanouies. À moins que, pour contrer l'élection de son rival - Mr Juncker - Mr Schulz fasse alliance avec les centristes de Mr Guy Verhopstadt : mais dans ce cas, celui-ci exigera la présidence de la Commission et Mr Schulz n'aura plus grand-chose à dire. Et l'on sait que Mr Verhopstadt n'est pas homme à laisser filer la dette à tout crin.

Dans le drame qui s'est donc joué aujourd'hui en France au travers des élections européennes, même si celles-ci révèlent le délitement de la vie politique française au profit de l'extrême droite - ce qui éveille notre devoir de grande vigilance et de réformes profondes de moralisation au sein de notre nation - le vrai drame n'est pas la résurgence du parti de Mme Le Pen, mais la disparition de la France comme grande nation influente sur les affaires du monde et de l'Europe.

Et ce n'est pas Mr Hollande qui est en capacité de restaurer son rang à la France : il faut, pour y parvenir, une autre dimension d'homme.

Tout ne devient donc qu'apparence et illusion.

lundi, 07 avril 2014

DESTINS CROISÉS

bayrou.jpgÀ peu de jours d’intervalle, l’un  - François Bayrou - élu Maire de Pau, déclare qu’il a décidé de se retirer de toute bataille politique pour ne se consacrer désormais qu’à ce seul mandat qui vient de lui être confié : finies donc les perspectives présidentielles et législatives. Même si, heureusement toujours bien en vie et que l’on reste assuré que sa présence dans la famille centriste gardera tout son poids, il faut bien admettre qu’un président de parti politique qui renonce désormais à exercer tout mandat national quel qu’il soit (choix infiniment respectable en soi), pose le problème de leadership au sein du mouvement qu’il a créé et dont il était le pivot central jusqu’à l’incarner tout entier. Le Mouvement Démocrate, même si cela se déroule dans le calme propice encore à la réflexion, est à un tournant décisif qui scellera son avenir.

borloo.jpgLe hasard veut qu’ensuite un autre leader du centre - Jean-Louis Borloo - pour d’autres raisons beaucoup plus pénibles et brutales de santé, décide à son tour de se mettre en congé de tout mandat politique. Ami longtemps proche du premier cité - dont il avait conduit l’une de ses campagnes présidentielles - il avait rapidement saisi la nécessité absolue pour la famille centriste de se réunir de nouveau si elle voulait continuer de peser d’un poids nécessaire aux grands équilibres entre une droite et une gauche, tout à la fois irréconciliables et complices, qui ont introduit dans la vie politique le poison du bipartisme et de la stérile division du peuple français en 2 blocs qui ne cessent de s’affronter. Et de créer parallèlement, face au Mouvement Démocrate voulu par le premier dans le même objectif de rassemblement, l’UDI où il y amenait dans la corbeille l’historique Parti Radical dont il était devenu le Président pour réunir ensuite plusieurs familles issues d’un centre hélas momentanément éclaté.

Mais, l’un comme l’autre - François et Jean-Louis - procédant de cette même analyse d’une nécessité de rassemblement de toutes ces familles du centre si elles voulaient continuer d’exister et de peser, de se rapprocher à nouveau pour fonder cette Alternative qui les rapprochait à nouveau et dont on sait aujourd’hui, par les premiers résultats prometteurs récoltés en commun il y a quelques jours, combien celle-ci répond à une véritable attente du peuple français lassé de cette perpétuelle rivalité droite-gauche.

Mais voici qu’un concours de circonstances différentes réunit au même moment ces deux hommes visionnaires qui sont amenés à devoir s’éloigner de leurs responsabilités respectives, même si les raisons de l’un sont infiniment plus douloureuses et brutales que celles de l’autre.

Qu’on l’admette ou non, la famille centriste toute entière est à un tournant décisif. Derrière ces deux visionnaires qui ont contribué si puissamment à sa nécessaire réunion, il va falloir trouver des hommes et des femmes prêts à poursuivre l’œuvre entreprise. Mais on ne peut ignorer les ambitions des uns ou des autres entretenues par des courants légitimes dont ils sont porteurs mais si dangereusement centrifuges et à contre-courant de cette vision unitaire voulue par leurs deux leaders.

Cela ne se fera pas, et ne pourra se faire, entre les seuls appareils de partis. C’est plus que souhaitable. Cela nécessitera une réflexion commune à toutes nos familles pour qu’ensemble elles reconstruisent une maison commune. Bien au-delà des étiquettes de partis qui contribuent tant à les diviser.

Ceci demandera peut-être un peu de temps pour se réaliser. Mais les enjeux communs à tous, UDI et/ou MoDem réunis, l’exigent s’ils veulent demain peser du poids d’un rassemblement des français et dont les récentes élections ont prouvé que cela est devenu nécessaire pour l’avenir même - j'allais dire la survie - des idéaux de la République.