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vendredi, 28 décembre 2007

À PROPOS DU POUVOIR D'ACHAT

BILLET du 28 DÉCEMBRE 2007

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Le parlement vient de légiférer en vue d’améliorer le pouvoir d’achat des français.

Est-ce le rôle de l’État - hormis pour la fonction publique - de distribuer du pouvoir d’achat ? N’est-ce pas d’abord le rôle des entreprises ?

Le pouvoir de l’État, dans ce domaine, est, en effet, très limité, à part de débloquer - comme il le fait aujourd’hui - les quelques rares éléments de pouvoir d’achat qui dépendent de lui.

LE RÔLE DU PATRONAT

Le vrai problème du pouvoir d’achat dépend en effet surtout du patronat. Or le patronat est toujours extrêmement réticent - même quand il pourrait le faire - à se laisser aller à des augmentations de salaires : il a tort. Dans un tout récent article signé par Alain Minc, celui-ci explique par ailleurs que le faible taux de syndicalisation - notamment dans les entreprises privées - fait que les salariés ne sont pas correctement défendus. On peut penser qu’il a raison, même cela n’explique pas tout.

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lundi, 10 décembre 2007

À PROPOS DE L'ENSEIGNEMENT

BILLET du 10 DÉCEMBRE 2007

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Terrible constat que celui publié par l’OCDE sur le niveau scolaire des enfants de 15 ans observés dans 57 pays. Le moins qu’on puisse dire est que ce constat est très sévère pour l’enseignement en France : nos élèves sont très en dessous de la moyenne, tant en lecture, en maths, qu’en science. L’école française semble avoir totalement décroché, notre école est en panne : le constat n’est pas nouveau mais ne cesse de s’aggraver, année après année.

Par ailleurs, non seulement nous ne progressons plus dans aucun domaine, mais nous observons en plus une aggravation de la violence dans nos établissements, la diminution du nombre de nos diplômés, l’augmentation du nombre d’élèves qui, en fin de parcours, sortent de l’école sans aucune qualification : environ 160.000 par an ! Nous avons ±15% d’illettrés à l’entrée en sixième, ce à quoi il faut rajouter ±20% d’enfants qui savent déchiffrer un texte mais ne comprennent pas le sens de ce qu’ils lisent.

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dimanche, 25 novembre 2007

À PROPOS D'UNE GRÈVE

BILLET du 25 NOVEMBRE 2007

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Les français viennent de subir une longue, une ruineuse (nous y reviendrons plus loin) et une très pénible période de grèves. Après cette confrontation musclée entre les éléments les plus conservateurs de notre société et ceux réformateurs, nous voici entrés dans une autre période, celle des négociations, les grèves étant, apparemment, mises entre parenthèses.

QUI A GAGNÉ ?

Rien n’est donc achevé aujourd’hui. Peut-on cependant désigner dès à présent, pour ce premier “round”, un vainqueur et un vaincu ? Qui a gagné jusqu’ici ?

Il faudrait être mauvais joueur pour ne pas reconnaître que Nicolas Sarkozy a tenu son défi : sur les 3 points qu’il avait dit qu’il ne céderait pas - points qui constituaient le socle de sa réforme : le passage de 37,5 à 40 annuités pour bénéficier de la retraite à taux plein, puis la décote, et enfin l’indexation des retraites - il n’a apparemment rien concédé. Et, cependant, malgré cette fermeté brandie comme une fermeture, les négociations se poursuivent avec les syndicats (à l’exception de Sud). Sarkozy s’est montré là plus habile qu’Alain Juppé et plus courageux que Jacques Chirac.

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dimanche, 11 novembre 2007

À PROPOS de la MÉTHODE

BILLET du 11 NOVEMBRE 2007

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Un bras de fer particulièrement rude va s’engager les jours prochains entre le gouvernement, l’opinion et les syndicats sur la réforme des régimes spéciaux de retraite.

Venons-nous de vivre six mois d’illusions et de majestueuse impuissance du pouvoir ? Si on en juge par la situation actuelle, il y a véritablement quelque chose qui rappelle ce que la France a vécu du temps de Mr Chirac ou de ses prédécesseurs. Le point de départ du conflit actuel est le régime spécial des cheminots : c’était une chose qui était considérée comme allant de soi et qu’il fallait le réformer, une promesse aussi de campagne. Le fait que cela puisse être aujourd’hui remis en cause a ouvert les vannes à toutes les revendications. Et l’on trouve maintenant la RATP, l’Université - on y reviendra plus bas - la Magistrature avec la réforme des tribunaux, l’ANPE et l’ASSEDIC qui ne veulent pas d’une fusion, les fonctionnaires à cause de la suppression de 22.000 postes, les syndicats de la Banque de France qui veulent défendre leur monopole, les techniciens de l’Opéra, les avocats qui veulent leur retraite à 55 ans face à la réforme judiciaire, les aéroports et les compagnies aériennes avec leurs hôtesses, stewards, les marins pêcheurs, les transporteurs routiers, les taxis, la Poste, la Banque, l’EDF, la Police et même la Gendarmerie.

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mercredi, 31 octobre 2007

À PROPOS D'UNE RÉVOLUTION

BILLET du 1er NOVEMBRE 2007


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Depuis le temps qu’on attendait ce moment. Ce moment où enfin nos dirigeants consentiraient à entendre les appels de détresse venus de toutes parts à propos du devenir de notre planète et des espèces qui en vivent. Pourquoi aujourd’hui ne goûterions-nous pas notre plaisir ?

RÉVOLUTION ou ESBROUFE ?

Et, cependant, en écoutant l’allocution de clôture - très médiatisée - de ce “Grenelle” par notre Président, on peut se poser la question : révolution ? Ou esbroufe ? Et se poser cette double question, c’est déjà y répondre : il y a un peu des deux dans cette nouvelle démarche.

Révolution, parce qu’il y a une prise de conscience chez les participants, mais aussi chez tous les français, que le modèle de développement sur lequel nous avons vécu depuis des décennies n’est plus prolongeable indéfiniment. Indépendamment de l’écologie, du réchauffement de la planète, etc...., c’est une prise de conscience qu'on ne peut pas en faire bénéficier le monde entier - c'est-à-dire des milliards d’êtres humains - comme en ont bénéficié quelques centaines de millions (seulement) du monde industriel, à partir du XIXème siècle. Autrement dit, le gaspillage à l’échelle de la planète est désormais quelque chose d’impensable car devenu insupportable.

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dimanche, 07 octobre 2007

À PROPOS D'UNE DESTINÉE

BILLET du 7 OCTOBRE 2007


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La question est souvent posée : entre une droite solidement installée et sans complexes, et une gauche idéologiquement perdue et politiquement affaiblie, y a-t-il encore une place pour le centre de François Bayrou ? Et celui-ci n’est-il pas devenu aujourd’hui le premier opposant ?

Je crois qu’on se trompe profondément quand on imagine que François Bayrou est “dans les choux”. Évidemment, il a été, ces derniers mois, à la fois trahi et réduit considérablement : • trahi par ceux qui ont choisi d’aller dans le gouvernement et qui l’ont laissé tomber après avoir défendu sa position pendant des années (il y a encore des judas au 21° siècle, même, surtout et y compris, en politique) • réduit parce qu’il n’a plus que trois ou quatre députés là où il en avait près d’une trentaine.

DANS L'OPPOSITION MALGRÉ LUI

Mais, en dépit de ces apparences, il ne faut pas se tromper : le fait qu’il n’ait pas, en ce moment, un pouvoir politique fort n’empêche en rien le fait qu’il développe un discours d’opposition - même s’il ne revendique pas être dans l’opposition - face à Nicolas Sarkozy et le gouvernement actuel, discours qui a toutes les chances d’être extrêmement efficace.

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mercredi, 03 octobre 2007

À PROPOS de l'ÉQUITÉ SOCIALE

BILLET du 3 OCTOBRE 2007


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Ceux qui me lisent régulièrement savent que je suis, depuis longtemps, clairement favorable à la réforme des régimes spéciaux. Je l’étais déjà en 1995 lors de la réforme proposée par Mr Juppé sur la Sécurité Sociale. J’ai aujourd’hui moins de raisons que jamais de changer d’avis : ces régimes sont une survivance devenue plus qu’anormale de privilèges accordés en d’autres temps, en d’autres circonstances et pour d’autres raisons : ils n’ont plus lieu d’être aujourd’hui.

Mais.... Même si le terme “privilège” que j’utilise ici peut paraître à certains un peu provocateur, surtout quand il s’applique à des cheminots, des gaziers, des agents de la fonction publique, nos députés, ou encore les clercs de notaire. Avant de les stigmatiser comme des "privilégiés", je pense que Mr Sarkozy ferait bien de tenir toutes ses promesses en même temps.

Les STOCK-OPTIONS = 4 milliards

Le hasard veut en effet qu’au moment où on évoque ce sujet, est publié le nouveau rapport de la Cour des Comptes présenté par Mr Seguin. Et celui-ci nous révèle que les “stock-options”, parce qu’ils ne sont pas assujettis à contributions sociales, coûtent à la Sécurité Sociale 4 milliards d’€. Quand on sait que le déficit de la Sécurité Sociale s’élève à 15 ou 16 M€, cette exonération de contributions représente donc le quart de ce déficit.

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dimanche, 08 juillet 2007

À PROPOS d'un RÉGIME PRÉSIDENTIEL

BILLET du 8 JUILLET 2007

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La question est aujourd’hui sur toutes les lèvres : de quel espace politique dispose le Premier Ministre, Mr François Fillon ? C’est une question légitime : elle pose le problème de nos institutions et celui de la présidentialisation du régime désormais clairement accentuée par l’omni-présence sur tous les fronts de notre nouveau Président de la République, Mr Nicolas Sarkozy.

Autre question - purement constitutionnelle celle-là - qui découle de la précédente : faut-il garder le poste de Premier Ministre, ou transformer celui-ci en Vice-Président ?

Il ne faut pas pour autant s’enfermer dans la lecture d’une presse qui amplifie démesurément la filiation qui existerait entre Mr Sarkosy et Mr Fillon au point d’en faire une sorte de scénographie psychologique sur la façon dont fonctionne la politique au plus haut niveau. Nous n’avons pas à faire à deux “vedettes” de la scène politique et dont chacune voudrait jouer un rôle face à un autre partenaire auquel il s’opposerait. Ce d’autant que l’une de ces vedettes est devenue une vraie “star” et que celle-ci s’investit désormais à fond dans la politique intérieure du pays, ce à quoi nul n’était habitué.

Ce d’autant aussi qu’on ne peut oublier non plus qu’ils ont été, à eux deux, les instigateurs de la nouvelle forme de gouvernance aujourd’hui mise en œuvre.

On a guetté le discours de Mr Fillon devant l’Assemblée Nationale, s’interrogeant sur ce qu’il apporterait de nouveau - sinon de différent - par rapport à ce qu’on avait déjà entendu de la bouche du Président. C’est méconnaître que le rôle du Premier Ministre est totalement complémentaire de celui du Président et que c’est celui-là qui va devoir, entr’autres, rendre les arbitrages budgétaires entre les ministères, tout en respectant la ligne politique fixée.

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samedi, 09 juin 2007

À PROPOS de l'EXERCICE DU POUVOIR

BILLET du 9 JUIN 2007

44582e7898fc256705e7cee40a99595f.jpgUn Président de la République doit-il gouverner ou présider ? Au train où les choses s’annoncent, la question risque d’être récurrente.

On voit aujourd’hui, par exemple, Mr Sarkozy recevoir les syndicats d’enseignants avant que toute décision ne soit prise par le Ministre de l’Éducation Nationale sur la réforme de l’école.

Nouveau style ? Pour une nouvelle politique ?

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samedi, 05 mai 2007

À PROPOS DU CENTRE ET DES AUTRES

BILLET du 5 MAI 2007


Pierre Pflimlin, voyant un jour François Bayrou "désobéir" aux ordres que lui donnaient les maîtres du pouvoir RPR/UMP pour des élections européennes, avait lancé : "Je vois ma famille politique ressusciter". Et de poursuivre : "L'union (avec les gaullistes) est d'abord un combat, un combat pour que les valeurs du centre authentique ne soient pas écrasées. (Je relevais cette anecdote dans un excellent article de Daniel RIOT). C’est ce combat qui a d’ailleurs fait sacrifier à Pierre Pflimlin une partie de sa carrière ministérielle : il ne voulait pas se laisser piétiner par "un grand homme", quelle qu’en soit la taille ou l’envergure.

À coté de cette droite fière de l'être, il faut (enfin !)  un vrai Centre, lui aussi décomplexé, fier de lui et de ses convictions. Vraiment  central, et non pas hémiplégique ! C'est ce qui fait de Bayrou un homme à abattre pour Sarkozy-le-triomphant.

Cet énoncé n’est pas  dicté, chez moi,  par un ”anti-sarkozysme primaire” : l'homme mérite le ”respect”. Je ne juge Sarkozy que sur ce qu’il a dit et a fait, et non sur ce que racontent les animateurs du TSS.

Mais que ceux des centristes qui se reconnaissent si bien dans les valeurs de Sarkozy, qu’ils se hâtent de rejoindre l’UMP ! Vite et sans fard. Avec logique. Pour une  droite ”décomplexée”, oui : ce sera plus clair !

Mais en quoi, peut-on s’interroger, cette droite Sarkozyste a-t-elle besoin de ces ”prisonniers volontaires” d’une droite complexée, avec  ses faux-nez et ses masques de girouettes, qui  ne sont sensibles qu’aux vents de droite et se posent en héritiers  d’un milieu qu’on appelait le  ”Marais”. Ce centrisme-là s'est auto-empoisonné et tout autant auto-déconsidéré : il ne faut pas confondre ”milieu” et ”Centre”.

Dans ce contexte, il nous reste un espoir : c’est ce Centre, un vrai Centre, un Centre ”central” qu'incarne Bayrou, un Centre lavé (sans kärcher) des impostures des notables, ou des apprentis notables droitistes, qui se réclament du centre sans s’apercevoir que la droite de Sarkozy est effectivement en rupture avec les droites précédemment au pouvoir.

Cette rupture, chez Sarkozy, se comprend d'ailleurs tout-à-fait : la droite à la sauce Chirac a tellement mal gouverné la France qu’on peut être tenté d’en changer ! Et Sarkozy va sans doute gagner ce 6 Mai parce qu’il a réussi à en convaincre les français. Puis faire ce que Hollande, lui, n’a pas su faire : vertébrer son parti pour ce faire…

Le seul problème, c'est que Sarkozy le fait en rompant aussi avec ce qui restait de gaullisme en Chiraquie et la saine détestation de Chirac pour les idées extrémistes. Ces idées ont été si bien digérées par l'UMP de Sarkozy - en dépit de quelques professions de foi rassurantes qui n'engagent que ceux qui les entendent - qu’elles en ont complètement déshabillé Le Pen.

Un vrai Centre, disais-je. Et ce Centre, de deux choses l’une :

• soit on n’a rien compris aux idéaux de la démocratie chrétienne, du christianisme social, du personnalisme fondateur (chrétien ou non), de l’esprit de résistance, du culte de la liberté, de la volonté d’un ”Vivre ensemble harmonieux” et d’une République capable de concilier Nation et Société, progrès collectif et épanouissement individuel. Et dans ce cas notre naïveté serait impardonnable !

• soit le goût de la soupe, le sens de la carrière, le suivisme du plus fort, les attraits du ”camp du vainqueur” vaudraient plus que les valeurs proclamées, les principes  chantés, les idéaux fêtés. Le Centre ne serait alors qu’un Ventre. Certains préciseraient même, sans tarder, de dire un ”ventre mou” !

Et l’on retrouverait alors ceux qui adorent vraiment se complaire, vautrés dans des strapontins, au milieu des ors de nos palais, dans leur rôle de ”(faux) témoins de (fausse) moralité” d’une droite qui ferait passer ses engagements partisans et la défense d’intérêts plus particuliers que généraux avant tout. Et qui s'inspirerait d'une idéologie franchement néo-conservatrice, si peu française. Je l’ai déjà dénoncée ici.

Quels que soient les résultats de ce dimanche (qui apparemment laissent peu de place au suspense), l’heure de la recomposition politique va sonner. Elle exige des clarifications. A droite, à gauche comme au Centre.

C’est là affaire de morale. De moralité civique. De propreté intellectuelle. Et d'honnêteté politique.


Rien ne pourra alors être comme avant. Et surtout pas comme en 2002.