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mercredi, 30 décembre 2009

À PROPOS D'ALBERT CAMUS

BILLET du 30 DÉCEMBRE 2009

camus.jpgIl y a cinquante ans disparaissait brutalement Albert Camus, Prix Nobel de littérature.

“L’étranger” et “La peste” restent deux de ses œuvres encore les plus lues actuellement à travers le monde entier.

Or voici, qu’inopinément, le Président Sarkozy annonce son intention de faire rentrer les cendres de cet écrivain au Panthéon. Et aussitôt de faire s’ouvrir une polémique : “faut-il ou ne faut-il pas qu’Albert Camus soit aux côtés des grandes gloires” que la France honore dans ce lieu prestigieux.

À titre de curiosité, et avant d’aborder le sujet sur le fond, je me suis livré à une consultation sur Internet pour savoir qui reposait déjà dans la crypte du Panthéon. Or - est-ce le fruit de mon inculture ? - j’ai du constater que la très grande majorité de ces “grandes gloires” - elles sont environ 75 - ne sont que d’illustres inconnus de la majorité des français. Étrange catalogue. Étrange paradoxe que voilà.

Il semble que la famille de Mr Camus ne soit pas tout-à-fait en harmonie avec ce projet : elle parle même de “contresens” et de “récupération”. On verra bientôt la suite qui sera donnée à ce projet. Mais ceci démontre déjà la différence de regard qu’on peut porter sur l’œuvre de cet écrivain.

Il est vrai que cette proposition soudaine émanant du Président de la République a de quoi surprendre. Mr Sarkozy n’est pas ce qu’on peut appeler un  “camusien”, de loin s’en faut : il n’est pas, à ma connaissance, libertaire comme l’était Camus. Mais puisqu’il est de tradition que chaque Président fasse ainsi rentrer ainsi une nouvelle “gloire” au Panthéon, fallait-il qu’il propose à sa place quelqu’un comme Maurras, ou Daudet ?

Je suis pourtant, contrairement  certains de mes amis, assez favorable à l’entrée d’Albert Camus au Panthéon. Pourquoi ?

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lundi, 30 novembre 2009

À PROPOS DE L'HYDRE EUROPÉENNE

BILLET du 30 NOVEMBRE 2009

Après des années de combats interminables, de tractations, de négociations, d’arbitrages et d’arrangements insondables de complexité, de scrutins contradictoires, voici que l’Europe de Lisbonne, après l’ultime scrutin irlandais et le dernier veto de la Tchéquie levé, est enfin née.

On serait tenté de pousser un “ouf !” de soulagement tant la cause paraissait parfois désespérée.

Et, aussitôt, les yeux de se tourner vers Bruxelles : le chemin était ouvert pour doter notre Europe d’une identité reconnue internationalement, d’une voix audible qui pourrait enfin s’exprimer en son nom.

 

UN PRÉSIDENT DE L'EUROPE ?

Quelle serait cette nouvelle autorité, ce nouveau visage qui l’incarnerait ? On évoquait même cette élection comme celle d’un “Président de l’Europe”, à l’image de ceux qui dirigent les grandes nations démocratiques qui comptent dans le monde. Et, ici, il ne s’agissait non plus d’une simple nation, mais d’un continent pesant plusieurs centaines de millions d’habitants, ayant même, pour beaucoup, une monnaie commune.

herman-van-rompuy.jpg Après les inévitables tractations, les européens ont enfin appris le nom de leur nouveau Président (pour 30 mois) : il s’appelle Herman Van Rompuy. C’est l’actuel Premier Ministre belge. Et, en complément, pour diriger notre diplomatie européenne, est sortie le nom d’une baronne anglaise, Lady Catherine Ashton.

Les bras nous en tombent. Qu’est-ce c’est que ce galimatias de personnalités les plus inconnues les unes que les autres, tant des citoyens européens que de la scène politique internationale, pour représenter l’Europe et parler désormais en son nom ? On attendait au moins que sorte du chapeau un fringant lapin : il n’en est sorti qu’une timide souris, flanquée d’un souriceau.

Grotesque !

Même si le texte de Lisbonne en maintenait le principe, on croyait - innocemment ? - en l’émergence d’une personnalité forte et charismatique qui aurait eu, enfin, audience au dessus de ces présidents éphémères - au rythme de deux par an - qui font qu’actuellement l’Europe change de numéro de téléphone tous les six mois. Et d’orientation au même rythme.

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dimanche, 01 novembre 2009

À PROPOS DE L'IDENTITÉ NATIONALE

BILLET DU 1er NOVEMBRE 2009

“À quoi bon relancer cette affaire ? Ernest Renan (1823-1892) a déjà tout dit”. C’est la réaction spontanée d’Alain Juppé, l’ancien Premier Ministre, à l’annonce de Mr Besson de “lancer un grand débat” sur ce sujet de l’identité nationale.

Mr Juppé, à son tour, a tout dit.

UNE FICELLE UN PEU GROSSE

À la question “pourquoi relancer le débat ?”, force est d’admettre que la ficelle est un peu grosse : chaque fois que le gouvernement, ou Mr Sarkozy, est en difficulté, il relance soit le thème de la sécurité, soit celui de l’immigration, ce dernier thème repris aujourd’hui par le biais de “l’identité nationale”. Cela relève du cynisme. Et c’est même contre-productif par rapport au problème sérieux qu’est celui de l’immigration qu'il implique.

ERNEST RENAN A DÉJÀ TOUT DIT

Autre avancée de Mr Juppé : nous vivons toujours sur l’idée de Renan, sur son célèbre discours “Qu’est-ce qu’une Nation ?”. (“L'homme n'est esclave ni de sa race, ni de sa langue, ni de sa religion, ni du cours des fleuves, ni de la direction des chaînes de montagnes. Une grande agrégation d'hommes, saine d'esprit et chaude de coeur, crée une conscience morale qui s'appelle une nation. Tant que cette conscience morale prouve sa force par les sacrifices qu'exige l'abdication de l'individu au profit d'une communauté, elle est légitime, elle a le droit d'exister” (extrait).

Une Nation, c’est, d’abord, un plébiscite permanent : à tout moment, une Nation est composée d’hommes et de femmes qui veulent la constituer. C’est la volonté nationale qui fait la Nation. En conséquence, le contenu de l’identité nationale ne cesse de varier en fonction des humeurs, des convictions et de la composition de la Nation elle-même.

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jeudi, 22 octobre 2009

À PROPOS DE LA PLUME ET LE MINISTRE

BILLET DU 22 OCTOBRE 2009

J’ai longtemps hésité à aborder ici la question qui s’est posée récemment à nombre de français : peut-on nommer à de hautes responsabilité de l’état une personnalité qui, pour en avoir lui-même cédé dans son passé à la tentation, aurait témoigné de son indulgence face à l’une des pires perversités qui soient : la pédophilie ?

Le trouble que peut provoquer une telle question est certain. Il nécessite un peu de recul pour dire et en juger. Si jugement, d’ailleurs est permis.

LA PERSONNALITÉ DE FRÉDÉRIC MITTERRAND

La personnalité de Frédéric Mitterrand - puisqu’ici c’est de lui dont je parle - est pourtant séduisante. Écrivain sensible non dépourvu de talent, cinéaste délicat (on se souvient de sa “Madame Butterfly” sur les écrans, un pur chef-d’œuvre), homme ayant une grande connaissance des médias pour les avoir tous pratiqués avec habileté, producteur, réalisateur, chroniqueur, sa nomination au ministère de la Culture était une chance réelle : enfin un homme de culture dans un fauteuil où on n’a vu que trop défiler des personnages falots et transparents, choisis le plus souvent au gré des nécessités des grands équilibres politiques que de leurs connaissances en matière culturelle.

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lundi, 14 septembre 2009

À PROPOS DE LA TAXE CARBONE

BILLET du 14 SEPTEMBRE 2009

La taxe carbone à la française ?

Cela ne servira à rien !

Sur le plan écologique, c’est une certitude. Sur le plan politique, c’est tout autre chose : nous le verrons plus bas.

SI PENDANT UN SIÈCLE....

taxe-carbone.jpgSi vous le voulez bien, rêvons quelques instants. Supposons que, “grâce” à notre taxe carbone, la France, pendant 1 siècle complet (100 ans !), parvienne à ne plus rejeter dans l’atmosphère un seul gramme de carbone : qu’y aurait-il de changé ? Sur le plan climatique, hélas, RIEN ! Ou presque. Pourquoi ? Parce que si ce type de décision n’est prise que dans notre étroit hexagone, si ce n’est pas une décision collective à l’échelle des continents, voire mondiale, si le reste de l’Europe et les États-Unis, pour le moins ensemble, ne font rien de leur côté d’aussi drastique, le climat restera ce qu’il est avec son implacable réchauffement à la clef.

L’écologie, ou du moins ses grands principes, recueillent actuellement dans l’opinion le succès qu’on lui connaît : les dernières élections (européennes) l’ont montré non sans éclat. Malgré la perspective très controversée de la taxe carbone, il est vrai que les objectifs sont séduisants. Chacun sait très bien que, si on ne fait rien dans le monde, notre planète est en grave danger. Si, notamment, la Chine se mettait à rejeter demain autant de carbone que les USA et l’Europe réunies (ce dont elle en a la capacité, sinon l’ambition), la vie sur notre planète serait condamnée à disparaître au cours des prochaines décennies.

Donc la taxe carbone, à la mode franco-française, n’a, sur le plan écologique, aucun sens. C’est clair.

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mercredi, 09 septembre 2009

À PROPOS DE DROITE ET SARKOZYSME

 

liberte.jpg

BILLET du 9 SEPTEMBRE 2009

La saga des universités d’été vient de s’achever. Chaque parti politique s'est donc plié à ce qui est devenu une sorte de rite dès après la pause estivale.

Il est vrai qu’après les résultats assez inattendus des élections européennes, et à quelques mois seulement de régionales incertaines, nos responsables politiques éprouvent le besoin de prendre le pouls de l’opinion et de leurs propres militants. Et sont déjà présentes en filigrane, les premières préoccupations des présidentielles de 2012.

Je ne m’étendrai pas sur celles des manifestations auxquelles je n’ai pas participé, mais plutôt sur celle où j’étais présent et qui a été au centre de nombreuses interrogations dans quelque formation politique que ce soit : je veux parler de l’Université du Mouvement Démocrate (MoDem). Quelle était donc la position de son leader, François Bayrou, même si les instances qui doivent définir et décider des futures orientations du mouvement ne doivent se réunir que dans quelques semaines pour ce faire ?

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jeudi, 16 juillet 2009

À PROPOS DES NOUVEAUX DISCOURS

BILLET du 16 JUILLET 2009

discours.jpgLa repentance politique semble être devenue en France une nouvelle pandémie dont la contagion s’étend dans toutes les sphères du paysage.

LE TÊTE À QUEUE DE Mr SARKOZY

À en juger - pour commencer - par un article paru dans le Nouvel Observateur et dicté par Mr Sarkozy, il semble que celui-ci opère actuellement un véritable “tête à queue”.

Y aurait-il rupture ? Non : il y a, au contraire, continuité, une continuité qui va bien au-delà de ce qu'on pouvait imaginer. On nous avait dit, il y a peu encore, que le “modèle français” était “hors course”, qu’en raison de la mondialisation il fallait désormais s’inspirer du modèle américain. Or, aujourd’hui, à en croire Mr Sarkozy, voici que le modèle français est devenu soudain “excellent”, et même que la crise actuelle lui donnait une “nouvelle chance”. Cette réhabilitation nouvelle de la social-démocratie “à la française”, qu’hier encore on enterrait, est un événement dont l’importance ne peut échapper aux observateurs de la pensée élyséenne.

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dimanche, 14 juin 2009

À PROPOS D'UN SCRUTIN TRONQUÉ

BILLET du 15 JUIN 2009

Il est de coutume d’affirmer que toute consultation électorale est un sondage en “grandeur nature”. Certes, quand plusieurs millions d’électeurs se prononcent sur un choix, cela vaut mieux que quelques centaines de coups de fil passés par des sondeurs suivant un panel préalablement bien établi.

QUI SONT CES FRANçAIS ?

En ce qui concerne le scrutin des européennes du 7 Juin, leur résultat nous pose cependant plus d’interrogations que de vraies réponses. Quand 6 français sur 10 ont préféré rester chez eux plutôt que de dire leur choix, on peut s’interroger sur le panel de ces 6 français-là : qui sont-ils, quelle est leur sensibilité, que pensent-ils réellement des choix proposés, pourquoi ont-ils préféré ne pas choisir ? Quant aux 4 autres qui ont voté, on peut se poser la même question, qui sont-ils, quelle est leur sensibilité, qu’est-ce qui a motivé leur choix, surtout dans un débat qui n’a pas eu lieu ?

Ni vous, ni moi n’avons de réponse à ces questions. Ce qui oblige à beaucoup relativiser ces résultats sortis d’urnes tant désertées. Mais quand certains s’appuient sur de tels résultats pour claironner ici et là leur propre vérité, on sombre fatalement dans une sorte d’irrépressible ridicule. Un travers qui n’a spécialement rien de bien nouveau dans notre ciel politique....

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mardi, 02 juin 2009

À PROPOS DES RAISONS D'UNE ABSTENTION

BILLET du 2 JUIN 2009

Hans Gert PÖTTERING....

Hans-Gert_Poettering.jpgCe nom vous dit-il quelque chose ? Connaissez-vous cette personnalité ? À part cette photo que j’ai placée ici, l’aviez-vous déjà vu précédemment ?

Sans nous livrer à un nouveau jeu de devinettes, j’entends déjà votre question : “mais qui est-ce donc ?”

Je n’avais pas davantage la réponse il y a peu encore (merci Wikipédia) : Mr PÖTTERING est non seulement un membre du C.D.U. allemand, mais aussi un membre éminent du P.P.E. (Parti Populaire Européen). Mais il est surtout LE PRÉSIDENT en exercice depuis plusieurs années du Parlement Européen ! Rien que çà ! Ce même Parlement que nous sommes tous appelés à réélire ce prochain 7 Juin.

Voici donc une personnalité de premier plan, le Président de la seule instance démocratique des institutions européennes, que des centaines de millions d’européens vont réélire dans quelques jours, voici donc un personnage de proue que nul ne connaît, certainement pas plus d’un français sur plusieurs dizaines de milliers d’électeurs interrogés ! Et si l’on voulait questionner ces mêmes électeurs de façon plus proche pour les inviter à citer le nom de nos députés européens français, combien seraient-ils en capacité d’en citer le nom de deux ou trois ?

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mardi, 12 mai 2009

À PROPOS DU DÉCLIN DE L'UNIVERSITÉ

BILLET du 12 MAI 2009

greve.jpgCe qui se passe actuellement dans certaines universités françaises (dont la prestigieuse Sorbonne) - à savoir que des milliers d’étudiants de toutes origines sont empêchés depuis plusieurs mois d’y suivre quelque cours que ce soit - est d’une gravité dont il semble que beaucoup sous-estiment les retombées. Et même si cela ne touche qu’une minorité de pôles - toujours les mêmes - cela éclabousse, hélas, l’ensemble de l’Université de la République.

NOUS NE SOMMES PAS SEULS AU MONDE

C’est que nous ne sommes pas seuls, dans le monde, à avoir une Université. Une Université, c’est d’abord et surtout un instrument de rayonnement de la culture d’un pays, du pays qui enseigne. Mais c’est aussi, en aval, un développement économique et social boosté, des futurs emplois promis, une influence et une place dans le monde reconnues. La liste des retombées ne s’arrête pas là.

Ceci entraîne donc une vaste compétition entre les différents pays en capacité d’enseigner. Et qui dit compétition, dit aussi classement entre les meilleurs. Toutes les Universités du monde sont donc désormais classées selon la qualité reconnue de leur enseignement : c’est le redoutable classement de Shanghai. “La” référence absolue s’il en est qui sert de couperet impitoyable pour qui prétend accéder aux carrières les plus enviables.

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