Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mardi, 28 février 2006

KAFKA EST DE RETOUR

Votre bambin est intenable ? Il vole des cubes à ses petits copains de crèche ? Il tire les cheveux de sa voisine de maternelle ? Méfiez-vous, et courez chez le psy : votre enfant file un mauvais coton, il est même un délinquant potentiel et il faut le mettre d'urgence sous camisole chimique.

Exagèration ? Non. C'est à peu de choses près ce qu'a préconisé un rapport très officiel du très sérieux Institut national de la recherche médicale (Inserm), qui revendique un dépistage «prédictif» des troubles de conduite chez les enfants, dès leur plus jeune âge. “Traquez les indociles” recommandent ces experts, “surveillez les agressifs, ayez à l'oeil les manipulateurs en herbe, et traitez-les tant qu'il est temps”.

Selon ce rapport, en dépistant précocement les enfants qui présentent des troubles de conduite et en les traitant tôt, on aurait des chances de diminuer beaucoup le risque de délinquance à l'adolescence. Ces experts préconisent le «repérage des perturbations du comportement dès la crèche et l'école maternelle».

L'air de rien, les chercheurs stigmatisent comme pathologiques «des colères et des actes de désobéissance», et ils les présentent comme «prédictifs» d'une délinquance. «Des traits de caractères, tels que la froideur affective, la tendance à la manipulation, le cynisme, l'agressivité», mais aussi «l'indocilité, l'impulsivité, l'indice de moralité bas», sont ainsi mentionnés comme «associés à la précocité des agressions».

Ces experts soulignent que 2% environ des enfants de 5 à 19 ans souffriraient d'hyperactivité. Ils recommandent un examen de santé vers 36 mois : à cet âge-là, on peut faire un premier repérage d'un tempérament difficile, d'une hyperactivité et des premiers symptômes du trouble des conduites.

Faudra-t-il aller dénicher à la crèche les voleurs de cubes ou les babilleurs mythomanes ?

VERS UN CASIER MÉDICO-JUDICIAIRE DÈS 6 ANS ?

«Ce n'est pas quand un adolescent de 15 ans est devenu un délinquant multirécidiviste qu'il faut commencer à se préoccuper de son cas.». (Nicolas Sarkozy - Novembre 2005).

Le ministre de l'Intérieur n'hésite plus à citer les travaux de l'Inserm pour promouvoir un plan sur la prévention de la délinquance, évoquant par exemple un carnet de développement de l'enfant dès l’âge de 6 ans qu'il nomme «carnet de comportement». Un projet qui devrait être présenté courant mars en Conseil des ministres. Une sorte de “casier médico-judiciaire” avant la lettre, en quelque sorte.

On ne sait ce qui fait le plus froid dans le dos, du rapport orwellien de l'Inserm ou de son instrumentalisation politique à des fins sécuritaires. Santé publique ou danger public ?

De nombreuses personnalités élèvent leurs voix contre ce projet en affirmant que “personne au monde ne peut prédire qu'un enfant de 3 ans qui présente des troubles des conduites sera un délinquant douze ans plus tard”.

Kafka est de retour....

(Lu dans "Libération" le 28/2/2006)

23:20 Publié dans SOCIÉTÉ | Lien permanent | Commentaires (12)

dimanche, 12 février 2006

ÉCOLE de la RÉPUBLIQUE ?

J’ai siégé cette semaine, en qualité de représentant de la Ville de NÎMES, au sein du Conseil d’une École Élémentaire située dans un quartier où se trouve une forte proportion de populations immigrées issues du Maghreb dont, notamment, des harkis.

Cette école dispense depuis plusieurs années des cours intégrés de langue et culture d’origine (LCO) dont, notamment, des cours d’arabe dispensés par un intervenant extérieur circulant entre plusieurs autres établissements et dont la qualité de l'enseignement aurait, aux dires des autres enseignants, le mérite d'inculquer aussi les lois et valeurs de la République et celles des différentes cultures, dont la nôtre où ces jeunes populations seront amenées à grandir et évoluer.

J’ai été stupéfait et indigné d’apprendre, au cours de ce Conseil, qu’une circulaire émanant de Mr l’Inspecteur d’Académie, Directeur des Services Départementaux de l’Éducation Nationale du GARD, a rappelé aux directeurs des établissements scolaires publics que les LCO “s’adressent aux élèves..... de nationalité espagnole, marocaine, portugaise ou turque, ou de nationalité française nés de parents dont l’un au moins est, ou a été, de (ces nationalités sus-indiquées)” et précisant "Les élèves français n'ayant aucun ascendant de la nationalité concernée ne peuvent suivre les cours de LCO".

Résultat : les enfants issus de milieux d’origine algérienne (harkis), tunisienne ou autres nationalités, dont l'arabe est la langue véhiculaire de leur culture, sont privés désormais de ces cours. Seuls les marocains ou les turcs....

La classe d’enseignement de l’arabe a été, en toutes conséquences, amputée d’une grande partie de sa population. La question a donc été posée au Conseil de cette école : fallait-il maintenir cette classe ? Le vote qui a suivi a été extrêmement serré, les représentants du corps enseignant comme les parents d’élèves étant outrés de la situation ainsi créée.

Quelle est donc cette “École de la République” où l’Éducation Nationale, par le biais de son rectorat, y cultive le communautarisme et la ségrégation ? Si les non-turcs ou les non-marocains veulent apprendre l’arabe, ils n’ont d’autre solution désormais que de s’inscrire dans les écoles coraniques dont je ne doute pas de la valeur de l’enseignement dispensé mais dont je doute sérieusement qu’il soit le lieu idéal pour y recevoir l'enseignement des valeurs de notre République. Ou encore s'inscrire dans les établissements privés où ces valeurs essentielles y sont toujours enseignées.

Je ne me reconnais pas du tout dans cette école-là de la République dont la mission me semble dévoyée de ses objectifs.

17:35 Publié dans SOCIÉTÉ | Lien permanent | Commentaires (1)

dimanche, 03 avril 2005

IN MEMORIAM

medium_jpii.jpg
Le 3 AVRIL 2005

Quelle que soit notre foi et la façon de la vivre, nul ne peut rester insensible à la disparition de Karol Wojtyla, le pape Jean-Paul II.

Il ne fut pas seulement un homme profondément pénétré de foi, mais aussi un homme de paix, un combattant de la libération des peuples contre toutes les oppressions, mais encore de la liberté de l’homme et de la femme dans sa volonté de les rétablir dans leur dignité - même quand son message, si exigeant, allait à l’encontre de toutes les facilités - en voulant rétablir la primauté de la fidélité dans l’amour.

Il fut aussi un homme de dialogue - particulièrement tourné vers les jeunes à qui il savait parler là où tant échouent - un homme de réconciliation avec les autres hommes de foi (qu'ils soient juifs, musulmans ou de toutes autres confessions, chrétiennes ou non) : on ne peut oublier qu’il est celui qui a osé Assise.

Il fut un géant du siècle qui vient de s’écouler, un de ceux qui auront le plus profondément marqué l’histoire de l’humanité tout entière.

Notre mouvement, issu et inspiré des philosophes et des grands acteurs de la démocratie chrétienne, ne peut oublier le message que nous a laissé cet homme d’exception.

Nous nous inclinons avec respect devant sa mémoire.

21:00 Publié dans SOCIÉTÉ | Lien permanent | Commentaires (0)