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lundi, 12 décembre 2011

ANALYSE D'UN SCRUTIN

Dès 2002, François Bayrou n’a cessé de préconiser l’indépendance du centre, et depuis, il n’a jamais changé de discours, même au prix qu’on sait qu’il a accepté de payer.

En outre, en 2007, il s’est forgé une grande part de sa légitimité en mettant en garde les français sur les conséquences d’une dette non maîtrisée. Ce qui ne paraissait d’ailleurs nullement préoccuper les différents autres candidats en lisse, tout au contraire.

On sait combien les événements lui ont donné ensuite raison contre tous.

Aujourd’hui François Bayrou se présente non seulement en candidat qui “avait su prévoir", mais aussi en candidat de rassemblement dans une France défaite par tant d’erreurs cumulées, par des gouvernements tant de droite que de gauche.

47% DES FRANÇAIS N’EN VEULENT PAS....

Un tout récent sondage révèle que 47% des français ne souhaitent pas l’élection, en 2012, ni de Mr Sarkozy, ni de Mr Hollande. Un renvoi dos à dos lourd de signification mais non dépourvu de menace : celle d’un refuge vers des idéologies extrêmes, malgré la stérilité de leurs projets.

Que va-t-il donc se passer désormais ?

Dans les toutes prochaines semaines, vraisemblablement pas grand-chose.

Pourtant, déjà, un candidat - Mr Hollande - après sa très médiatique élection aux primaires socialistes, voit sa "maison" se craqueler de tous côtés. Il est vrai que ses “amis” (de la direction du P.S.) ne l’ont guère beaucoup ménagé : après un invraisemblable “accord” avec les verts conclu par dessus sa tête (et sans que son avis n’ait été spécialement sollicité), voici que d’autres se hasardent à relancer le vieux démon germanophobe suite à la fermeté du gouvernement allemand quand aux orientions européennes, tant politiques que financières. Le malheureux candidat P.S. est donc obligé, aujourd’hui, d’écoper et calfeutrer de toutes parts.

“L’autre” candidat, si l’on s’en tient à la terminologie traditionnelle - à étroites œillères de la presse qui n’en voit jamais que deux ! - Nicolas Sarkozy, lui, profite à plein de ce cafouillis. Sa combativité (que nul ne peut lui nier), face à un encerclement d’indicateurs peu favorables aux intérêts français, lui permet de gagner quelques points face à son malheureux challenger.

Le match ne fait donc que commencer et le début de 2012 risque de s’animer sérieusement. Mais, malgré les augures simplistes de cette presse souvent indigente, l’issue de l’élection devient de moins en moins prévisible.

ÉTAT DE FAILLITE

La conjoncture économique est très mauvaise, contrecoup de deux crises financières (2008 et 2011) exceptionnellement graves et profondes. Les finances de nombreux états sont proches de la “faillite” (ou tentent de feindre n’y être pas déjà), et celles de la France n’est guère plus enviable malgré les plans de rigueur successifs annoncés avec grand fracas : en 2012, selon le budget actuellement en discussion, la France devra encore emprunter 200 milliards € pour payer son train de vie..., et les taux d’intérêt risquent fort de s’alourdir, comme pour un peu mieux nous enfoncer.

Pour la première fois, la campagne électorale sera donc, par nécessité et simple réalisme, pauvre en promesses. Et si même certains se hasardent quand même à laisser entendre que l’on pourra réduire les récentes mesures de rigueur, le bon sens de nos concitoyens - du moins on l’espère - les incitera à relativiser largement les promesses intenables des uns et des autres dans l’état actuel de nos finances.

Mais, en plus de ces deux candidats que je viens de citer, il y en a aussi plusieurs autres qui risquent, avec plus ou moins de bonheur, de perturber sérieusement l’actuel tête-à-tête Sarkozy/Hollande.

On ne peut ignorer - car, en lisant ces lignes, tout le monde y pense déjà - la candidature de Mme Le Pen avec ses accents renouvelés très démagogiques. Mais, plus sérieusement, il y a aussi celle aussi de François Bayrou dont le potentiel électoral ne peut être ignoré : il l’a démontré avec ses près de 19% en 2007. Un tout récent sondage laisserait paraître qu’il serait déjà au même niveau que Mme Le Pen et déjà en position d’être en 3ème position pour menacer les 2 favoris médiatisés du moment. En revanche, il est inutile de retenir les candidatures, pour arriver au 2ème tour, de Mr Mélanchon (qui s’en prend d'ailleurs désormais avec passion à Mr Bayrou tant il pressent la place croissante dans la compétition), ni de Mme Joly, ni de Mr Chevènement, ou ni encore celle de Mr De Villepin (qui ne se présente, seul, dans le compétition élyséenne, vraisemblablement, que pour mieux négocier ensuite une place). Et quant à Mr Morin, la simple charité oblige à n’en pas trop parler tant il est inexistant sur l’échiquier politique.

Mais revenons quand même donc à nos 4 candidats potentiels qui peuvent espérer atteindre le 2ème tour.

LES CANDIDATS POSSIBLES

Nicolas Sarkozy (je le cite ici en premier en raison de son actuel statut) : il se cale désormais dans une posture basée sur son sens des responsabilités et sa capacité de protéger les français des menaces qui les entourent. Mais tous savent les limites de cette capacité : beaucoup de ficelles ne sont pas entre ses mains, dont, notamment, les agences de notation qui déterminent le prix à payer de notre (abyssal) endettement.

Mr Sarkozy n’est cependant pas démuni de courage quand il propose aux français un nième plan de rigueur à quelques mois d’une élection où il n’est pas favori. Audace ? Témérité ? Qui sait ? Mais, avec le soutien d’un bon “plan media” (et ce diable d’homme sait y faire dans ce domaine !), peut-être cela peut-il marcher ? Un vrai pari, un peu fou pour certains ! Mais, si la note de la dette souveraine de la France venait, hélas, à se dégrader, nous assisterions à un effondrement de la crédibilité financière de la France, et le principal atout du candidat Sarkozy.... s’effondrerait avec elle et deviendrait pour lui un handicap majeur. S’en relèvera-t-il ? Rien n’est moins sur.

Mr Hollande, pour autant, profiterait-il de cette dégradation ? Je le conçois mal : le projet socialiste est très - est bien trop - dépensier. Projet assorti, de surcroît, par quelques initiatives “personnelles” du candidat Hollande, tout autant dépensières. Cela ne pourrait conforter l’idée, au sein de l’électorat, que Mr Hollande puisse être un atout pour redresser la situation. Mr Hollande traîne là un vrai boulet avec "son" projet socialiste.

Il est donc à craindre que la (très possible) dégradation de la crédibilité de la France fasse, au final, à la fois deux victimes parallèles : Mr Sarkozy et Mr Hollande.

Il nous reste donc, après ces deux-là s’ils venaient à être balayés par ces cataclysmes économiques, que 2 candidats potentiels.

Mme Le Pen pourrait, elle, rassembler autour d’elle la foule des mécontents, des peureux, des révoltés des diktats venus de toutes parts. Et on l’entend déjà vouloir tant nier les agences de notation, qu’annuler la dette “purement et simplement” (comme c’est simple !), emprunter désormais sans payer d’intérêts, etc.... Un  vrai délire !

Mais il se trouvera vraisemblablement, parmi tous ces mécontents ou ces révoltés, des gens qui regarderont en face l’intérêt du pays. La clientèle de Mme Le Pen n’est pas constituée que de "simples d’esprit” et il ne leur échappera pas longtemps que ce type de démagogie ne fera que précipiter l’effondrement financier du pays. Ses solutions, simplistes, conduiront tout droit - ils s’en apercevront vite - à la catastrophe : si, par exemple, on  annulait la dette, la France ne pourrait plus emprunter sur les marchés ; donc on ne pourrait plus faire le moindre déficit ; donc on ne parviendrait plus à payer tous les salaires des services publics, les retraites à leur niveau actuel, combler le déficit de la sécurité sociale, etc.... On ne pourrait que battre de la monnaie (sous-évaluée) en abondance pour y faire face, donc relancer une inflation galopante dont les premières victimes seraient, comme toujours, les plus fragiles. Fermerait-on nos frontières ? Plus de téléphones portables, plus d’ordinateurs, ni d’automobiles, ni de téléviseurs, ni de composants électroniques, etc.... Bref : une récession calamiteuse promise à court terme.

Donc, la “solution” Le Pen risque de se dégonfler comme une baudruche (qu’elle est !).

Il nous reste donc encore le candidat Bayrou.

François Bayrou risque, vraisemblablement, d’être le candidat de repli stratégique pour tous les français qui gardent raison, pour tous ceux qui ont compris qu’il s’agit - parce que c’est une incontournable obligation et tous ceux qui prétendent le contraire ne sont que menteurs - il s’agit de faire des efforts pour redresser les comptes publics tout en maintenant le système social à la française, tout en préservant la cohésion nationale.

Car il s’agit bien de cela (je le disais plus haut), l’effondrement des finances publiques pourrait entraîner l’éclatement en plein vol de tout ce qu’on a bâti depuis la Libération : sécurité sociale, retraites, allocations familiales, prestations chômage, etc.... L’exemple grec, mais aussi ceux espagnol et britannique, entr’autres, est inquiétant et on ne peut l’ignorer tant il peut faire tache sur d’autres nations. Une agence de notation n’envisage-t-elle pas, maintenant, de même baisser la notation de la vertueuse Allemagne ?

LA TRIPLE LÉGITIMITÉ de Mr BAYROU

François Bayrou a donc, en plus pour lui, une triple légitimité pour s’imposer dans ces circonstances particulièrement graves auxquelles notre nation est confrontée :

• d’une part, il a eu raison depuis longtemps, avant tous les autres : l’équilibre budgétaire, la réduction des déficits publics et la résorption de la dette avaient, déjà, constitué le thème majeur de sa campagne présidentielle de 2007. Il avait prévenu que l’État allait “droit dans le mur”. Et la responsabilité en incombe aujourd’hui à toute la classe politique depuis au moins trente ans, droite et gauche confondues.

Les raisons de ce cataclysme économique ? Elles sont multiples : • la croissance massive du chômage qui a réduit les recettes • l’effondrement de pans entiers de notre industrie (textile, sidérurgie, etc....) et son “exportation” vers d’autres pays étrangers (les délocalisations) • le maintien parallèle du niveau des dépenses publiques, voire leur accroissement face à la demande sociale • une démographie qui fait décroître la population active • etc....

La “fuite en avant” qui a été poursuivie par ces gouvernements irresponsables aurait été pertinente en période de croissance soutenue. Mais la faible croissance, voire la récession, ont aggravé nos déficits et rendu la politique budgétaire de la France dépendante, désormais, de la décision des prêteurs étrangers. D’où l’intervention pesante des notations d’agence. Leur poids est devenu insupportable.

Les responsables politiques ? Comme je disais plus haut, tous, sans exception : UMP/RPR et P.S. compris ! Les gouvernements se sont succédés l’un après l’autre, chacun a apporté sa part de dettes supplémentaires, puis, ensuite, ils les “refilaient” au gouvernement suivant...., qui continuait la même politique.

Au passage, ici, je m’insurge avec vigueur sur la thèse qu’on entend parfois qui voudrait que le seul gouvernement “vertueux” aurait été celui de.... Mr Jospin : Mr Jospin n’a seulement bénéficié, pour l’essentiel, que d’une embellie économique qui n’avait rien de française ! Elle avait pour principale origine la “bulle” de l’informatique et des télécommunications, bulle née essentiellement aux USA. Cette bulle a généré, mécaniquement, une "cagnotte". Mais Mr Jospin, au lieu d’en profiter pour réduire la dette, au contraire il l’a augmentée : il a accru les dépenses. Et on sait la suite.

• Triple légitimité de François Bayrou, ai-je donc dit ? Oui, il y a aussi chez ce candidat une réelle volonté d’apporter des solutions pour sauver le modèle français. Pour lui, la rigueur ne peut pas se réaliser sur un seul levier mais sur les deux à la fois : • réduire les dépenses publiques • augmenter les prélèvements obligatoires selon le principe de justice sociale et fiscale et ce jusqu’à redressement de nos comptes. • rétablir notamment notre balance des paiements en redémarrant notre potentiel industriel - et le génie français - pour PRODUIRE (de nouveau) EN FRANCE : des pans entiers de nos besoins les plus courants ont été abandonnés par notre industrie (je l’exposais plus haut) : on les a délocalisés pour, désormais, les produire à l’étranger et, ensuite, nous les y faire acheter ! Et notre balance des paiements nous entraîne, par ses déficits, un peu plus dans le gouffre.

Dans une toute récente intervention, François Bayrou a donc dit sa volonté de donner du poids au “made in France” pour recréer des emplois qui nous manquent et tarir cette fuite de capitaux.

C’est donc là l’un des thèmes majeurs que François Bayrou compte développer et décliner pour les mois à venir.

Cela relève du simple bon sens ; bien plus que de vouloir recruter des fonctionnaires ou créer des emplois artificiels en augmentant nos déficits (méthode socialo-Hollande).

François Bayrou a su, lui, trouver la ligne de clivage la plus éclairante du paysage politique : entre ceux qui pensent que les responsables des tous les malheurs français sont à l’extérieur (Europe, Chine, USA, les immigrés, le plombier polonais, etc.) et qui font croire qu’on ne peut donc rien y changer ; et ceux qui, au contraire, pensent qu’on doit faire des réformes pour améliorer nos performances, et qui savent que l’intégration européenne est, au contraire, un atout monétaire pour la France, et la mondialisation elle-même un levier supplémentaire pour nos exportations.

• Enfin, François Bayrou a aussi une troisième légitimité : il est le seul capable de casser le système politique sclérosé par le bipartisme UMP-PS et de proposer un gouvernement d’unité nationale en mettant à contribution toutes les compétences des deux camps.

Nicolas Sarkozy est - ou a, hélas pour lui - une personnalité trop "clivante" pour réussir dans cette démarche. Et quant à François Hollande, il est trop prisonnier d’un Parti socialiste qui n’a toujours pas lâché ses “vieilles lunes”.

L’ISOLEMENT ?

François Bayrou n’est-il pas, on l’entend parfois, trop isolé pour réussir ce pari d’un grand rassemblement ?

Contrairement à l’image que certains veulent répandre, François Bayrou n’est pas seul. Outre l’équipe qui l’entoure (et il n’en faut pas des centaines pour former une équipe gouvernementale de choc et de compétence), il a su entretenir des amitiés précieuses : • au sein de l’UMP : Pierre Méhaignerie, Alain Juppé, Jean Arthuis, et bien d’autres qui révèlent aujourd’hui leur appui • au sein du P.S. : Hubert Védrine, Manuel Vals et.... François Hollande “himself” ! François Bayrou sera certainement le plus apte à réaliser, avec eux tous, la majorité centrale qui pourra réformer la France et ce sans opposer les uns contre les autres, comme dans le système actuel UMPS.

François Bayrou ne néglige pas non plus d’autres priorités essentielles : redonner à notre éducation nationale un nouvel élan et la sortir du marasme qui fait qu’elle produit aujourd'hui des futurs citoyens sortant de ses bancs sans savoir lire ou écrire avec compréhension. Et il est inutile, pour cela, d’accabler le corps de nos enseignants. Il a ressorti pour cela le simple verbe “instruire”. Il en est temps ! Autre priorité aussi : reconstruire la démocratie en France, réduire l’emprise de l’argent sur toutes nos institutions qui les pourrit à la base. Il utilise pour cela le simple verbe “construire” : c’est devenu, aujourd’hui, un vaste et nécessaire programme tant le système actuel en a miné les bases.

Devant les errements des uns et des autres, devant les promesses intenables, devant les démagogies trompeuses, quel bonheur de lire et trouver, en lisant ou en écoutant François Bayrou, des idées de simple bon sens, de justice sociale, de reconstruction de nos forces vives, tant à l’école que dans nos industries et notre artisanat si riche d’initiatives !

Je guette en vain, jusqu’ici, chez d’autres candidats, des propositions aussi rassurantes et constructives qui ne soient pas que des mots et de vaines promesses. J’observe aussi cette propension de certains candidats de reprendre à leur compte des idées.... du candidat Bayrou ! Mais sans se débarrasser pour autant de leurs tics ou leurs penchants habituels.

Rien n’est gagné. Tout est à (re)conquérir. L’avenir est grand ouvert. L’espérance peut renaître. Mais au seul prix de la lucidité et du courage. C’est pourquoi je reste confiant.

vendredi, 18 novembre 2011

ON SE TROMPE D'ÉLECTION

La rencontre cette semaine entre des appareils de parti - en l’occurrence le PS et les “Verts” - forcent à s’interroger si ces partis ne se trompent pas d’élection.

mouvement démocrate,bayrou,politiqueEn mai prochain, l’élection déterminante est celle d’une homme (ou d’une femme) qui se présentera, seul(e), face aux français, et qui sera ensuite appelé(e), grâce au mandat qui lui aura été confié, à conduire le destin de notre nation pendant les 5 prochaines années. Il ne s’agit donc pas d’une élection législative.

Or tout s’est déroulé entre Mme Aubry et Mme Duflos comme s’il ne s’agissait que de cela. On s’est même hasardé à échanger des centrales nucléaires - qui conditionnent notre avenir énergétique - contre des sièges de députés !

Il est donc tout-à-fait normal qu’ensuite les candidats portés par ces deux partis - Mr Hollande et Mme Joly - se s’y retrouvent plus dans ces “accords” et ceci crée la plus totale confusion : ces candidats se trouvent en effet dépouillés du projet dont ils sont naturellement porteurs et qui ne peut être calqué sur la stratégie étroite de tel ou tel parti en particulier, ceci dans un nécessaire esprit de rassemblement des français face aux enjeux auxquels ils sont confrontés.

mouvement démocrate,bayrou,politiqueMr Hollande tente donc, aujourd’hui, de “sauver les meubles” en concédant des compromis où le grand écart qu’ils exigent risque de le faire tomber tellement il perd toute crédibilité. Et quant à Mme Joly, elle se demande à quoi elle sert encore puisque Mme Duflos a décidé à sa place des choix qu’elle devra conduire.

Les français risquent donc fort de ne plus s’y retrouver dans ces combinaisons d’appareils qui échappent à leur entendement. C’est de la politique au ras des pâquerettes.

lundi, 14 novembre 2011

L'ERREUR DU PLAN FILLON

mouvement démocrate,bayrou,politiqueÔ loin de critiquer aveuglément un plan qui était indispensable à notre économie et la crédibilité de la France, on ne peut que regretter, dans le plan présenté cette semaine par François Fillon, un certain nombre d’erreurs ou d’orientations, erreurs qui font sa fragilité.

Fragilité ? Ce plan est en effet insuffisant dans ses mesures d’économie et repose essentiellement sur des augmentations d’impôts qui, automatiquement, freineront la reprise de la croissance.

Oui, bien sur, il y a une petite accélération de la réforme des retraites. Et aussi une désindexation de quelques prestations. Mais pour le reste.... Tout repose essentiellement sur un relèvement du taux de la TVA réduite, la désindexation des barèmes de l’impôt sur le revenu et de l’ISF, une majoration de l’impôt des “grosses” sociétés déterminées sur leur chiffre d’affaires (et non sur le cash-flow produit, une erreur décidément récurrente en France !), une chasse aux “niches fiscales”.

Tout cela ne sont pas des mesures d’économie du train de vie de l’état mais bien des impôts supplémentaires, quels que soient les tours de passe-passe pour faire croire le contraire. Et ces impôts nouveaux représenteront ±75% du plan de rigueur.

LA FRANCE EN PORTE À FAUX

La France est totalement en porte-à-faux par rapport aux mesures prises chez nos voisins européens dont, d’autre part, chacun se plaît à saluer l’exemplarité des mesures qu’ils ont prises chez eux. Étrange paradoxe !

Si on prend l’exemple de la Grande-Bretagne, les proportions entre économies et augmentation des impôts sont exactement inverses. On a réduit le budget des ministères de 25%, le budget des collectivités locales de 27%, “gelé” pour deux ans les salaires de la fonction publique, supprimé 330.000 postes de fonctionnaires, etc....

En traversant la Manche pour regarder du côté de l’Allemagne - dont on soutient par ailleurs qu’on veut se rapprocher de son système économique - Mme Merkel a décidé non pas une hausse des impôts mais leur réduction de 6 milliards d’ici 2014. Et pourtant l’Allemagne est aussi endettée à ±80% de son PIB, un taux proche de celui de la France. Mais Mme Merkel a décidé, elle, de réduire de façon drastique les dépenses de l’état et fait le choix de réduire les impôts pour faciliter la reprise économique, ne pas décourager l’initiative individuelle, ne pas ruiner la compétitivité des entreprises et ne pas déprimer le consommation des ménages.

Que ce soit donc chez nos amis anglais, ou ceux allemands, les choix sont à l’inverse du plan “proposé” par Mr Fillon.

Touche-t-on à nos 35 heures qui nous coûtent 18 milliards par an de réductions de charges ? Non ! Réforme-t-on la formation professionnelle qui, de dérives en dérives, nous coûte aujourd’hui 30 milliards ? Non ! Touche-t-on aux avantages scandaleusement inégalitaires dont bénéficient les fonctionnaires quand ils prennent leur retraite par rapport aux “privés” ? Non ! Touche-t-on à la gabegie des emplois dans les collectivités territoriales, lesquelles semblent vivre en totale autarcie qu’aucune crise ne pourrait atteindre ? Non !

On prétendra qu’à 6 mois d’élections au résultat si incertain, de telles mesures seraient “impopulaires”. “Impopulaires”, dites-vous ? Pourquoi ? Les hausses d'impôts ne le seraient-elles pas tout autant ?

Ce plan Fillon n’est qu’un leurre ténu et que déjà les experts estiment insuffisant.

Je lisais tout récemment un bref jugement de Nicolas Baverez, l’impitoyable économiste si souvent éclairé, commentant le plan Fillon : “Le laxisme, par d’autres moyens”.

Tout est dit.

jeudi, 10 novembre 2011

LES 3 LÉGITIMITÉS DE 2012

En 2012, plusieurs logiques de responsabilité gouvernementale vont inévitablement s’affronter : la campagne qui s’annonce va être essentiellement dominée par le difficile équilibre à trouver, d’une part, entre la réduction drastique des déficits publics et, d’autre part, la relance de l’économie nationale que chacun espère.

Dans le débat qui s’est déjà ouvert entre les deux parti(e)s dominant(e)s - PS/UMP - je suis d’abord vivement surpris du degré d’irresponsabilité des socialistes : François Hollande l’a encore confirmé dans son récent papier paru le 29 Octobre dans "Le Monde" avec son opposition systématique, opposition dont il ne parvient apparemment pas à se libérer.

D'autre part, dans le récent exposé de Mr Sarkosy à la télé le jeudi 27 Octobre, je suis autant surpris de ses propos que de ceux de Mr Hollande, propos peu ouverts et rendant impossible une large union nationale qui, à mon sens, aurait été l’expression de la véritable volonté du peuple français.

Ces discours contrastent singulièrement, hors tout parti pris, de ceux d’un François Bayrou : celui-ci, tout au contraire du leader PS, a d'abord refusé d’attaquer bille en tête Nicolas Sarkozy, reconnaissant même que celui-ci était suffisamment impliqué dans l’action immédiate pour ne pas porter déjà la casquette du (probable futur) candidat.

Mais ceci n’a pas empêché François Bayrou de formuler deux critiques à l’intervention présidentielle :

• d’une part, il s’est inquiété de la trop grande place donnée à la Chine dans la résolution de la crise des dettes souveraines de la zone euro, celle-ci envisageant y injecter jusque 100 milliards d’€. Mais François Bayrou n’a pas fait pour autant un discours antichinois primaire : il ne rejette pas l’aide chinoise qui pourrait être précieuse dans la sauvegarde de l’euro. Mais il a surtout pointé le déséquilibre politique flagrant qui va avantager la Chine lors des prochaines négociations commerciales : selon lui, l’enjeu majeur reste la sous-évaluation de la monnaie chinoise. En plus, François Bayrou estime qu’il sera désormais très difficile aux pays européens de faire pression sur la Chine avec un tel rapport de forces.

• d’autre part - et c’est effectivement l’élément clef actuel non seulement de la crise européenne mais aussi de la campagne présidentielle qui s’annonce - François Bayrou a regretté que le Président de la République n’ait pas parlé, dans son intervention à la télé, de l’avenir, à savoir de la relance économique pour créer des emplois. Or, l’avenir, ce n’est pas de trouver des solutions de type "rustine" pour assurer les dettes souveraines, ou encore pour équilibrer un budget : l’avenir dépend surtout de la capacité de la France à créer de la richesse et donc - car la création de ressources nouvelles ne peut passer que par là - la capacité à produire et à vendre.

"Produire" est d’ailleurs le premier point de la future campagne de François Bayrou dans une trilogie qui passera aussi par les verbes "Instruire" et (re)"Construire" (la démocratie).

Le véritable enjeu de la campagne présidentielle

Cette critique - François Bayrou a dû rapidement l’esquisser en réponse dès l’intervention présidentielle - sera sans aucun doute le thème principal de la campagne électorale. On l’avait d'ailleurs déjà perçu lors des débats pour la primaire socialiste quand Martine Aubry voulait se laisser une marge de manœuvre pour ne pas plomber la croissance.

Cependant, tout est bien là.

Tant à cause de la crise financière - qui a cassé la croissance depuis trois ans - que d’avantages fiscaux qui n’ont pas eu l’efficacité économique attendue, la situation de l’endettement public est telle qu’il est impératif de rééquilibrer d’urgence le budget de l’État. Son déficit entraîne forcément une augmentation des prélèvements obligatoires et une réduction des dépenses de l’État. Nicolas Sarkozy refuse de la nommer "rigueur" pour s’en remettre à une expression quasi-identique : “gestion rigoureuse” (les innombrables subtilités de la langue française !) tandis que l’opposition, de bonne guerre, l’appelle "austérité".

Le problème, c’est qu’une trop grande rigueur risque d’asphyxier complètement l’économie nationale, surtout en réduisant la demande par la baisse du pouvoir d’achat.

Il est donc important, pour François Bayrou et l'équipe de soutiens qui l'entoure, de favoriser parallèlement la croissance en investissant dans la production industrielle. Tout est une question d’équilibre entre une gestion stricte des dépenses publiques - qui annule les déficits publics - et une relance de la croissance par des incitations soit à consommer, soit à produire.

Les statistiques démontrent, par maints aspects, la forte désindustrialisation de la France dans la dernière décennie ; alors que le potentiel économique de la France est encore très puissant. Le mouvement général est surtout situé dans l’externalisation des services annexes : en corollaire, un très grand nombre d’employés sur le départ, comptabilisés dans le secteur industriel, se retrouvent maintenant décomptés dans le tertiaire, le secteur des services aux entreprises. Cela dit, il y a aujourd’hui davantage d’usines qui ferment que d’usines qui se créent.

On fait, ces derniers temps, beaucoup de comparaisons avec l’Allemagne. Loin de prendre ce pays - comme tout autre - comme un modèle absolu, force est cependant de constater que ce pays paraît être un modèle du redressement économique (disons) "intelligent".

La réunification allemande - un pari considéré justement alors comme “fou” d’Helmut Kohl le jour de la chute du mur de Berlin, et l’absorption inconditionnelle qui en a découlé de l’économie très affaiblie est-allemande - ont eu de très lourdes conséquences économiques dans l’ex-RFA. Mais le gouvernement du chancelier Gerhard Schröder (qui lui a succédé) a réussi à faire adopter de profondes réformes économiques et sociales, réformes soutenues tant par la majorité rouge et verte (SPD et VERTS) que par l’opposition CDU-FDP. C’est ce qui a permis à l’Allemagne de redynamiser son tissu industriel.

Je parlais plus haut de vaste union nationale. Là aussi est le secret de la réussite allemande.

Les trois légitimités de 2012

Dans le paysage de la campagne électorale, se dessinent donc déjà trois légitimités :

mouvement démocrate,bayrou,p• la première est, bien sûr (je la cite en tête en raison de la fonction présidentielle qu’il occupe), celle de l’actuel Président, Nicolas Sarkozy. En adoptant le rôle de protecteur du pays, et n’écoutant que son sens des responsabilités, il joue à quitte ou double : ou il parvient, d’ici mai 2012, à préserver l’euro, contenir (à défaut de réduire) la dette française, rétablir la crédibilité financière de la France, et dans ce cas il pourra, comme il a tenté d’en faire la démonstration ce récent jeudi, se prévaloir de ses réformes ; ou, malgré toute sa politique, la situation se dégrade, la confiance financière de la France se dégrade et, dans ce cas, il n’aura plus beaucoup d’arguments à faire prévaloir. Ce sera un constat d’échec fatal pour lui.

mouvement démocrate,bayrou,p• la deuxième légitimité est celle de François Hollande : cette dernière jouit d’une popularité renforcée par l’expression d’un fort rejet de la personne du Président actuel de la part d’une certaine frange de la population. Mr Hollande se trouve, comme candidat, dans une situation facile où il lui suffit de taper sur l’adversaire. Il y a suffisamment d’éléments compliqués pour se permettre de conserver sa crédibilité tout en faisant des amalgames. Si Mr Hollande était élu, la situation lui serait pourtant nettement moins facile. Du reste, aujourd’hui, plusieurs de ses proches réputés "crédibles" - comme Michel Sapin ou encore Pierre Moscovici - veulent être prudents dans l’élaboration du projet présidentiel. Que restera-t-il demain, au bout de leur réflexion, du projet socialiste ? À moins qu'en le gardant ils se tirent une balle dans le pied...

mouvement démocrate,bayrou,p• la troisième légitimité, enfin, est bien celle de François Bayrou : celui-ci semble avoir troqué l’isolement contre une certaine sérénité. Qui est en effet aujourd’hui plus légitime que lui pour parler de la dette et des déficits ? Cela fait dix ans qu’il en parle. Cela fait en effet dix ans qu’il place cet enjeu au cœur du problème français. Et qui mieux que François Bayrou est le plus à même de rassembler toutes les personnes de bonne volonté pour apporter des solutions rapides, concrètes et dépassionnées, hors de l’habituel clivage droite/gauche qui anéantit toute intelligence collective ? Encore la “vaste union nationale” dont je parlais plus haut.

2012 sera donc, inévitablement, la campagne de la dette publique.

C’est en ce sens que les prochains mois vont être très instructifs. Cette campagne 2012 ne pourra pas être une campagne “normale”, ni davantage semblable à beaucoup de celles qui ont précédé. C’est bien du destin d’une nation, confrontée à une situation devenue dramatique de par son exigence de vérité, dont il sera question.

Nul citoyen ne pourra rester, réfugié dans son camp ou son étroite chapelle, indifférent ou simple spectateur.

mercredi, 01 juin 2011

LE CHOIX DÉSASTREUX DE L'ALLEMAGNE

Le choix de l’Allemagne d’abandonner l’énergie nucléaire à très bref délai est un grave échec.

 

Un échec pour l’Europe qui est toujours dans l’incapacité chronique de définir une politique énergétique commune à l’ensemble de ses états. Mais aussi un échec pour l’écologie, l’avenir de notre planète, et les accords internationaux qui tendaient à faire réduire les émissions de gaz à effet de serre. Et, dans cet objectif, les centrales nucléaires avaient cet avantage de nous préserver totalement de ces émissions-là, malgré d'autres risques, mais à la probabilité nettement moindre.

 

Si tout pouvait être résolu par le seul moyen des économies d’énergie (même s'il faut s'en soucier avec détermination), ou encore par le développement des énergies renouvelables (il faut le poursuivre sans relâche, notamment avec plus de volonté politique en France), ce serait très bien. Mais comme ces énergies ne peuvent se suffire à assurer le développement de la croissance économique, et les allemands n’ayant pas renoncé à cette dernière face à ses (ou nos) concurrents étrangers, ou ceux des pays émergents qui ne partagent pas du tout le même souci, l’Allemagne a fait le choix aberrant de redévelopper.... les centrales à énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) ! Or ce sont ces dernières qui contribuent le plus à la destruction de la couche d’ozone et au réchauffement de la planète. Et leurs émissions ont une durée de vie de ±100 ans pour s’éliminer de l’atmosphère. Donc la planète entière va devoir subir leurs effets nocifs pendant des générations entières.

 

C’est désastreux.

 

Mais comme les gouvernements allemands nous ont habitués depuis longtemps à des volte-faces spectaculaires et répétées en cette matière, espérons que la raison finira par l’emporter et qu’ils nous éviteront le redémarrage de ces usines à détruire notre planète. La décision actuelle, nous l'espérons, ne peut être que d'opportunité politique intérieure d'un moment en particulier où ils en avaient besoin.

 

Il n'y a guère que des écolos à courte vue pour se réjouir d'une telle bévue dont ils ne mesurent pas toutes les conséquences. Comme d'habitude.

mercredi, 06 octobre 2010

L'AFFAIRE KERVIEL

kerviel.jpgQuoiqu’il soit de règle qu’on ne commente pas des décisions de justice - mais celle rendue hier ferait l’objet d’un appel, ce qui la rend momentanément caduque et rend un peu de notre liberté de dire - la condamnation de Mr Kerviel prononcée ce 5 Octobre, lui faisant porter, à lui seul, la totalité de la responsabilité de la perte de plus de 4 milliards d’euros à son employeur, interpelle quand même.

Comment peut-on admettre que cet employeur - la Société Générale - ait enregistré, l’année précédent cette perte, un gain de plus d’un milliard d’euros engendré par ce même trader - et dont on suppose qu’elle s’en est vivement félicité ! - et ait, ensuite, tout ignoré l’année suivante de la perte cumulée au fil des mois de 4 milliards, sans s’apercevoir de rien en cours de route ? La ficelle est quand même un peu grosse.

Évidemment, la condamnation de Mr Kerviel à payer à son employeur près de 5 milliards d’euros permet à la banque de faire désormais figurer à son bilan l’existence d’une créance à son profit de cette somme exorbitante, même si chacun sait que Mr Kerviel ne vivra jamais assez vieux pour l’honorer jusque le dernier centime : c’est une condamnation parfaitement irréaliste “à l’américaine”. Cela conforte, très artificiellement, le fonds de roulement bilantiel de la banque, et ce dans une période où un résultat inverse l’aurait gravement fragilisé. Le jugement rendu est, au millimètre près, celui qu’aurait rendu la banque elle-même si celle-ci avait occupé la place du juge qui a prononcé la sentence.

Ce jugement est troublant à tous les niveaux. Loin de nous de nous apitoyer ou excuser certaines imprudences qu’aurait commises Mr Kerviel - mais on sait aussi que le métier de trader joue en grande partie sur des prises de risques qui peuvent être considérables - mais nous faire croire que la banque n’était au courant de rien alors qu’elle constatait presque journellement d’énormes masses de capitaux se déplacer par l’entremise de Mr Kerviel, c’est un peu gros à avaler.

Ce jugement est un jugement de circonstance. Il ne fait pas honneur à la Justice.

mercredi, 07 janvier 2009

NOTE À DES MILITANTS

NOTE (TRÈS PEU) CONVENTIONNELLE

Le Mouvement Démocrate a maintenant un peu plus d’un an. Sa fondation, c’était début décembre 2007 à Villepinte : on s’en souvient tous comme d’un moment d’exception vécu dans l’enthousiasme.

Alors que nous abordons une année nouvelle et que nous abondons tous en vœux les plus divers, peut-être est-ce l’occasion de faire un bref bilan de cette première année écoulée.

Franchement, mon sentiment sur ce sujet est, pour le moins, très partagé.

D’abord, nous avons consacré de longs mois, presqu’une année entière, en palabres inutiles et discussions tatillonnes pour rédiger nos étroits “règlements intérieurs” dont chacun sait pourtant le caractère superflu et artificiel. On y a investi une énergie considérable, tout comme si l’action politique ne pouvait se faire qu’avec ce bréviaire à la main. Pourtant, même François Bayrou nous avait malicieusement mis en garde en affirmant qu’en 35 ans de responsabilité aux affaires, il n’avait jamais consulté une seule fois les règlements intérieurs précédemment élaborés avec grand soin. Et je lui donne entièrement raison : le meilleur règlement intérieur est celui du bon sens et du respect d’autrui. Il n’était nul besoin de ces textes qui frisent souvent le ridicule pour affirmer notre existence et entreprendre une action pourtant urgente. Que de temps perdu pour rédiger un texte qui sombre déjà dans l’oubli général !

Et pourtant nous étions face à des échéances majeures qui nécessitaient beaucoup plus d’attention que ces débats stériles de juristes en chambre. Le Mouvement Démocrate a alors raté son entrée sur la scène politique. “Parti le plus populaire, il s’est peu à peu désagrégé dans l’opinion au point de figurer désormais derrière le P.S. et les Verts” relevait un éditorialiste. Et, plus récemment, ses résultats aux législatives partielles, ou d’autres élections locales, sont, pour le moins, très décevantes. C’est là le prix d’une trop grande dispersion de nos énergies.

Et pourtant encore, le Mouvement Démocrate demeure solide sur sa base électorale, alors que son pseudo rival - le Nouveau Centre - est totalement inexistant sur la scène politique, trop inféodé est-il à son grand mentor glouton, l’UMP.

Pourquoi donc cette défaveur ?

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01:59 Publié dans DÉBATS | Lien permanent | Commentaires (4)

lundi, 17 mars 2008

L'ASSASSINAT D'UN ARCHEVÊQUE

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La guerre civile intérieure qui sévit en Irak depuis la chute de Saddam Hussein fait impitoyablement chaque jour, malgrè les dénégations de Mr Bush, des dizaines - parfois des centaines - de victimes. Au point que ceci est désormais banalisé et rangé au chapître des faits divers qui n’émeuvent plus grand monde : à peine quelques lignes de temps à autre au bas d’une page de nos quotidiens.

Pourquoi donc saluer ici particulièrement, au nombre de ces milliers de victimes qui toutes ont droit égal à notre hommage, l’assassinat de Mgr Faraj Rahho, Archevêque chaldéen de Mossoul, qui était le plus éminent dignitaire chrétien d’Irak ?

Tout simplement parce que cet Archevêque est porteur de tout un symbole.

Il faut dire en effet très fort la honte, l’indignité, la lâcheté de l’Occident qui détourne les yeux pudiquement de ce drame dès lors qu’il s’agit des chrétiens d’Orient, de cet Occident qui prend prétexte de la situation déjà complexe du conflit entre les juifs et les arabes pour taire celui qui, en plus, frappe aussi les chrétiens (même s’il y a parmi eux beaucoup d’arabes).

Le fait qu’on laisse systématiquement décimer - même physiquement - les diverses populations de l’Irak, au sein desquelles il y avait près d’un million de chrétiens (chaldéens) avant la guerre, il n’en reste plus aujourd’hui que 200.000.... Le fait qu’on tait qu’en Égypte, les chrétiens coptes sont soumis à des persécutions.... Le fait qu’on passe sous silence qu’en Turquie, les rares chrétiens qui demeurent n’ont plus les mêmes droits civiques que les musulmans, tout cela, l’Occident a honte de le dire. Cà ne lui portera pas bonheur.

S’il n’y a pas un sursaut de ce point de vue-là, je crois qu’on assistera, contrairement à cet idéal que nous prêchons tous les jours avec bonne conscience, on assistera bientôt à ce que le Proche-Orient sera mono-color du point de vue religieux. Et tout ce qu’ont apporté les civilisations différentes au cours d’innombrables siècles - et dont nous avons à en être fiers - disparaîtra dans l’oubli de cette tourmente.

Tout comme Israël doit rester au Moyen-Orient car il y a toute sa place historique, il faut que les chrétiens y restent aussi : leur place est la même.

Hélas, nous n’en prenons pas le chemin.

lundi, 03 septembre 2007

LE NOUVEAU DISCOURS de Mr SARKOZY sur la TURQUIE

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Mr SARKOZY vient de réunir nos ambassadeurs pour faire avec eux le point de notre nouvelle stratégie en matière de diplomatie dans le monde. Une diplomatie qui rompt d’ailleurs sensiblement avec celle conduite précédemment par Mr CHIRAC. Tous ont été particulièrement plus attentifs quand le discours présidentiel a abordé le problème du contour des futures frontières de l’Europe, notamment en évoquant plus particulièrement le volet de celles avec la Turquie. Nous devons savoir en effet vers quelle Union nous allons, et où nous voulons et pouvons aller.

Que l’Union soit définie comme la ”priorité des priorités” de la diplomatie française avec une telle vigueur est une excellente nouvelle. Que Mr SARKOZY ait éprouvé le besoin de se défaire de l’image de ”Cavalier seul” qu’il commençait sérieusement  à avoir, jusque tout récemment, dans les milieux communautaires est un signe rassurant. Qu’il tente de sortir aujourd'hui de son isolement sur la ”question turque” est encourageant.

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mardi, 28 août 2007

LES ILLUSIONS FRANçAISES

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En fait, à en croire les sondages, les français sont satisfaits du nouveau style qu’a su imposer Nicolas SARKOZY à la fonction présidentielle. Même que ses adversaires politiques - le P.S. entr’autres - ont du mal à encaisser. Il ont pris un sacré coup de vieux.

Dans les milieux européens, on préfère aussi ce ”dynamisme” et ce ”volontarisme” à l’effacement français des ”années CHIRAC”. Et l’on est surtout satisfait de voir que, pour l’heure, son idée de traité ”modificateur” est susceptible de sortir l’Union de son impasse institutionnelle. Même si cette bataille du ”nouveau traité” n’est en rien gagnée, de loin s’en faut ; outre son aspect minimaliste qui nous éloigne des ambitions qu’on caressait de voir naître, dans l’Europe, un géant mondial capable de se hisser au même niveau des superpuissances dominantes. Espoir dont la déception ne peut que nous tarauder.

Ce qui n’empêche pas nos partenaires européens, même ceux considérés comme nos amis les plus proches, de mettre en garde notre nouveau Président contre les effets pervers de son hyper activité presque maladive et son égotisme pathologique. ”L’Europe, c’est une équipe. On n’est efficace que si l’on sait jouer collectif” lui rappelle-t-on avec ménagement ici et là.

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