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mercredi, 26 septembre 2012

LE COUP DE PIED de Mr BORLOO

mouvement démocrate,bayrou,politiquePour le cas où nul ne l’aurait pas déjà compris, la réponse de Jean-Louis Borloo à la main tendue de François Bayrou est “non”. Et pour qui serait ou sourd ou aveugle, Mr Borloo ne cesse de le marteler à longueur de déclarations.

C’est une sorte de coup de pied de l’âne : sauf que Mr Borloo se trompe ici de cible. Ce n’est pas, chez lui, sa première erreur.

Au hasard des billets qu’on relève sur la toile à ce propos - car cette évidence est maintenant incontournable -  j’ai remarqué celui d’Olivier Nataf, Vice-Président du MoDem (français de l’étranger) et co-fondateur du MoDem US. Et celui-ci de remarquer justement : “Il y a (déjà) un courant à l’UMP qui se revendique du centrisme et de l’humanisme : ceux qui se retrouvent dans cette alliance automatique ont donc déjà un espace d’expression”.

Et David Guillerm, un autre internaute, de poursuivre (“L’UDI, wait and see”) : “J’ai du mal à me positionner sur l’UDI, rassemblement de centre droit, affilié systématique à l’UMP et ses alliés. J’ai du mal à me reconnaître dans un mouvement qui, avant même le moindre scrutin, a déjà abandonné le combat électoral au profit de futures alliances avec l’UMP. Je ne comprends pas que l’on puisse faire de telles déclarations sans connaître le futur programme de l’UMP”.

Une logique imparable !

Et Olivier Nataf (déjà cité plus haut) de continuer par ailleurs son billet : “L'UDI rate une occasion historique de mettre le centre au pouvoir.... Le centre-droit est une supercherie électoraliste et une escroquerie idéologique. L'objectif de ce nouveau parti est de se mettre en position de négocier des postes avec l'UMP, mais pas pour appliquer d'autres idées que celles de la droite une fois au pouvoir.... La bipolarisation est incontournable, mais le bipartisme ne l'est pas : l'UDI se soumet aux deux..... Il ne s’agit pas de choisir entre la gauche et la droite, mais de proposer un troisième projet de société”.

Peut-on espérer un sursaut de Mr Borloo sous la poussée d’authentiques centristes qui se trouvent heureusement à ses côtés ?

Mr Borloo nous a déjà habitués à de nombreuses volte-faces. Celle-ci serait vraiment salutaire.

dimanche, 16 septembre 2012

POURQUOI VOULOIR DEVENIR BELGE ?

Il ne fait plus bon vivre riche en France.

mouvement démocrate,bayrou,politique,débats de sociétéSurtout quand les riches voient que l'effort "exceptionnel" qui leur est demandé pour redresser la situation en France - ce qui pourrait être fort louable - n'est accompagné d'aucun effort de la part de l'état qui continue, de son côté, de dépenser à gogo.

"Exceptionnel", ensuite, dans la bouche de nos "politiques" qui ne nous ont guère habitués à supprimer des impôts et les brandissent même comme des trophées de guerre, çà veut dire quoi ? Pour 2 ans, pour 5 ans, ou pour "perpète" ? C'est le flou absolu : aucun engagement ferme sur ce point.

Résultat : près de 500.00 contribuables français - et pas seulement des milliardaires mais des gens plus modestes qui ne veulent pas, en fin de carrière, se faire confisquer le fruit du travail de toute une vie - se sont installés en Grande-Bretagne : il est vrai, que là-bas, l'impôt sur les sociétés, qui était de 28%, a été ramené à 24% et devrait passer à 22% d'ici 2 ans ; le taux maximal sur les hauts salaires (+ de 190.000 €) a été ramené de 50 à 45%, et il n'y a pas d'ISF. En Belgique, il n'y a ni ISF, ni impôt sur les plus-values : des français s'y installent désormais par milliers. En Suisse, 1 français s'y installe par jour. etc....

Y a-t-il donc de la grandeur d'âme à vouloir se laisser plumer ?

Mais, ce qu'il y a de plus grave dans cet exode, ce n'est pas seulement des capitaux français qui s'évadent pour s'investir à l'étranger, mais ce sont des cerveaux, des chercheurs, des universitaires formés et diplômés en France qui se mettent au service d'états qui les respectent, eux, comme il se doit ; ce sont aussi des sociétés incitées à délocaliser leur siège social, etc.....

Voilà pourquoi "on peut avoir envie de devenir belge", pour répondre à la question posée récemment sur une grande radio nationale.

Quand l'état se laisse aller au vieux démon de la confiscation des forces vives d'une nation et de ses richesses potentielles pour satisfaire des promesses hasardeuses - tout en se préservant soigneusement de tels efforts pour lui-même - voilà le résultat !

Faut-il s'en étonner ?

lundi, 10 septembre 2012

LA CULTURE MUSICALE OCCIDENTALE....

cult.music.jpgJ'ai réécouté ce soir avec plaisir le concert donné en 2010 au Musikverein de Vienne (Autriche) par cet extraordinaire pianiste chinois : Lang-Lang.

Quelle technique ! Quelle sensibilité ! Quel enthousiasme ! Même si cela l'entraîne parfois à des vélocités auxquelles je suis peu habitué encore.

Mais, en "off", j'entendais après ce concert qu'il y a en Chine 50 millions de jeunes chinois qui apprennent le piano et de présenter quelques échantillons de leur savoir-faire : éblouissant de maîtrise !

Comment s'étonner qu'il n'y a désormais plus un concours en Occident sans qu'un chinois, ou un asiatique, n'emporte un prix souvent fort mérité ? Et d'entendre aussi un vieux professeur chinois de piano dire : "Chopin, c'est toute mon âme. Et Debussy toute ma culture".

Curieux : je n'ai jamais entendu un seul de mes maîtres au Conservatoire me tenir un tel langage. Faut-il aller désormais en Chine pour se pénétrer de notre culture musicale occidentale ?

Je m'interroge.

mercredi, 14 mars 2012

RÉPONSE à Mr Claude GOASGUEN

mouvement démocrate,bayrou,politiqueAyant déclaré sur Twitter : "On ne peut prétendre être centriste quand on soutient Sarkozy. C'est une usurpation", Mr Claude GOASGUEN, lui aussi ancien centriste qui en a oublié depuis longtemps toutes les valeurs, me répond : "Bien sur. N'hésitez pas à le dire à Pierre Méhaignerie et à la soixantaine de députés centristes qui soutiennent N.Sarkozy".

Je réponds à Mr Goasguen : "Oui, vous avez raison : voici bien longtemps qu'on n'a plus entendu dans leur bouche, comme dans la vôtre, le message d'indépendance qui est la caractéristique essentielle de la pensée centriste. Tous ces gens-là ne sont que des vestiges".

dimanche, 19 février 2012

François BAYROU ou l'INTELLIGENCE HUMAINE


Avec François Bayrou, on a l’impression d’entrer dans une nouvelle dimension. Il sort du cadre traditionnel, ne parle pas cette langue de bois, ne pratique pas la lutte de clan contre clan, ne participe pas aux combats de coqs. Il nous fait voir le monde autrement, sous un autre éclairage. Dans cet univers sclérosé, étouffant, cet air vicié faute d’être aéré et renouvelé, une porte s’ouvre …

Depuis des lustres, François Bayrou nous parle d’humanisme. Ce mot paraissait désuet, angélique, utopiste. Certes il évoquait la Renaissance, le développement des sciences, de la culture, un tournant de civilisation qui a suivi l’invention de l’imprimerie, comme c’est le cas aujourd’hui de la révolution de l’information suite au déploiement d’Internet. Mais le terme a  une connotation passéiste, voire gnan-gnan. Or ce mot prend aujourd’hui une autre résonance … Jean Léonetti crée au sein de l’UMP un courant appelé « La droite humaniste ». Même le Parti de Gauche sous-titre son programme « L’Humain d’abord ». On remarquera au passage que les termes de socialisme et de capitalisme, appartiennent eux aussi à un ancien référentiel, sont dépassés, même s'ils sont encore employés. Le capitalisme initialement entrepreneurial a évolué vers la financiarisation de l'économie, le libre-échange dans la mondialisation. Le socialisme qui faisait référence à une économie administrée par l’Etat, niant la propriété privée, désigne maintenant plutôt un modèle privilégiant l’égalité et la gestion collective, sans pour autant remettre en question la propriété privée, le statut de nos entreprises et même le libre- échange.

François Bayrou prône également depuis toujours les valeurs de la république, ornant les frontons de nos écoles et des mairies de nos villages : « liberté-égalité-fraternité », ce qui peut paraître ringard, provincial, aux oreilles du tout-venant.

On découvre que cette vision est en fait empreinte de profondeur philosophique, d’une anthropologie de l’homme définissant les contours d’un modèle de société qu’il s’agit, sinon de retrouver, de redéfinir. Pas d’un système complexe, que seules des élites pourraient comprendre, dont elles pourraient s’approprier et qu’elles chercheraient à appliquer de manière dogmatique, mais des notions simples, qui donnent une direction, pour réorienter notre boussole à tous, dans un monde à la dérive.

Liberté-Egalité-Fraternité, triptyque de valeurs unies et indissociables se tenant comme une clé de voûte, marque la devise de cette République qui vise à libérer l’homme, à l’émanciper et à l’assurer, à l’épanouir, à le lier aux autres dans un destin commun. Le modèle capitaliste d’économie de marché incarné par la droite a privilégié la liberté, mettant l’argent au centre, en ayant laissé malgré tout se développer les inégalités. Le socialisme incarné par la gauche, a préféré l'égalité, en mettant l’Etat au centre oubliant souvent l’entreprise.  L'humanisme plutôt incarné par le centre, réfère à la fraternité, trop oubliée. Prônant l'équilibre entre ces trois piliers. François Bayrou exprime que "La République est le projet politique de l'humanisme"  dans sa préface de mon livre intitulé "La révolution humaniste". C’est même un projet de société, un principe de civilisation. On comprend alors mieux l’idée de majorité centrale, d’esprit d’union nationale, qu’appelle de ses voeux le candidat à la présidence de la république.

liberte_egalite_fraternite.jpg

Certains cherchent des coupables tout désignés pour expliquer la crise que nous traversons, les dérives de la mondialisation, d'un capitalisme financier jugé prédateur : les dirigeants, les élites, les banquiers, les actionnaires, la mondialisation, le libre-échange, l'euro, les institutions européennes,la Chine... Ils veulent faire croire que les dangers viennent de l'extérieur et qu'il suffit de fermer les frontières ou de se débarrasser des catégories présumées coupables. Mais ne nous méprenons pas. Cette vision nous empêche de regarder les véritables causes de nos maux, nos propres responsabilités de citoyens, de consommateurs, d'investisseurs, d'entrepreneurs, ...les défauts d'un modèle de fonctionnement de la société, qu'il s'agit de repenser non seulement collectivement, mais aussi individuellement, dans nos comportements.

Les causes profondes des dysfonctionnements proviennent notamment d’une trop forte polarisation de la société sur l'argent, sur la recherche du profit, sur les valeurs matérialistes et individualistes. L'argent était un moyen, un médiateur d'échange, une représentation de valeur marchande. Mais il est devenu une fin, un objectif, induisant une perversion, une sorte de maladie mentale de la société. De cette méprise découlent les symptômes de la maladie, les crises que nous traversons : crise économique, crise sociale et crise morale. Un système générant des inégalités croissantes, ne parvenant pas à venir à bout de la pauvreté, dégradation du niveau scolaire, déculturation. Le citoyen est infantilisé dans une démocratie d'opinion, noyé par une information qu'il a du mal à maîtriser, les idées toutes faites délivrées par les médias, la télévision. Il se réfugie dans le divertissement, dans la télé-réalité. Son sens critique n'est plus nuancé et il devient soit suiveur passif soit révolté et violent.

Il faut retrouver le sens du bien commun et remettre l'homme au centre, l'humain plutôt que l'argent. L'approche humaniste permet alors d'envisager un nouveau modèle de société.

C'est la prise de conscience et la responsabilité, exercées en démocratie, qui permettront aux citoyens de comprendre, d'adhérer à un nouveau modèle en redéfinissant ses priorités, ses valeurs, les structures de fonctionnement privilégiant le sens du bien commun et l'épanouissement de l'homme, le respect de l'autre. Il faut passer d’une démocratie d’opinion, où les citoyens n’ont guère à réfléchir et sont invités à adhérer à des idées toutes faites, à une démocratie adulte. Mais si les citoyens sont d'accord pour s'imposer de nouvelles règles, des contraintes de régulation, de partage, d'économies d'énergie etc. sans être motivés individuellement, sans avoir envie d'agir ainsi, ils seront malheureux, frustrés. Alors que s'ils retrouvent un altruisme naturel, un plaisir de l'échange et du lien social, ils seront en harmonie avec le modèle. Cela passe par l'éducation, le vécu d'expériences, la réflexion.

La compétition est stimulante mais si elle n’est pas exercée avec coopération, elle peut générer une déperdition d’énergie, des investissements redondants voire du gaspillage, aller contre l’intérêt commun et au final être destructrice. Il faut penser à de nouveaux modes de gouvernance plus coopératifs, visant l'intérêt général et durable des acteurs plutôt qu'un profit financier à court terme au détriment du reste. Pour l'illustrer : des exemples concrets d'expériences coopératives, mutualistes, associatives (auberges de jeunesse, Compagnons d'Emmaüs), AMAP en plein développement, commerce équitable, microcrédit, échanges non marchands, Wikipedia ... L'approche coopérative a été celle de la construction européenne, celle de Robert Schuman et de Jean Monnet, visant la paix et la prospérité des peuples d’Europe. Elle doit être à nouveau entreprise pour renforcer et solidariser l’Europe en ces temps de crise par des actions communes visant un intérêt général commun : grands projets communs, plan de relance commun, eurobonds, partage d’innovation, plates-formes d’échanges de technologies, intervention dela BCE, … Cette approche peut être élargie à de multiples domaines et au niveau mondial (à condition de garantir une légitimité démocratique). Elle peut même être appliquée en politique, lorsqu'il faut se mobiliser dans un esprit d'union nationale, en temps de guerre ou de grave crise, comme la France l'a fait après la guerre en forgeant son modèle social défini par le Conseil National de la Résistance en 1958 avec le Général de Gaulle.

C’est ce que François Bayrou propose dans le contexte de crise que nous traversons, en appelant à cet esprit d’union nationale. Il ne s’agit plus pour la gauche de battre la droite, pour la droite de battre la gauche, mais bien de redresser le pays ensemble !

Dans tous domaines, entreprise, Europe, ou politique, l'approche coopérative doit prendre le pas sur l'approche compétitive. Et l’humain doit prendre le pas sur l’argent et sur l’Etat. Pour ce faire, François Bayrou en appelle à l’intelligence humaine, à des citoyens responsables qu’il respecte, qu’il ne prend pas pour des « gogos ».

samedi, 28 janvier 2012

Mr HOLLANDE A CHOISI DE RENCHÉRIR LE "MADE IN FRANCE"

 

mouvement démocrate,bayrou,politiquePour financer le retour à 60 ans de l’âge des retraites, Mr Hollande a décidé de frapper prioritairement les produits fabriqués en France. Il prévoit en effet le relèvement des cotisations sur les salaires : 0,1% par an pour les cotisations patronales et 0,1% par an pour les cotisations salariales. Coût : 1 milliard dès la première année, mais 5 milliards par an au terme des 5 ans, en 2017, soit 1% au total.

De plus, les allégements de charges sur les bas salaires (20 milliards) vont être revus à la baisse, et les allégements de charges sur les heures supplémentaires vont suivre la même ligne (sauf pour les très petites entreprises). Enfin, l’épargne salariale sera réintégrée dans les rémunérations pour fixer le barème des allégements, ce qui diminuera automatiquement ces derniers.

Dans cette affaire, il y aura donc 3 catégories de victimes : • les salariés qui vont voir leurs cotisations salariales augmenter de 0,5%, donc leur pouvoir d’achat diminuer d’autant, outre les divers allégements “réalignés” • les produits fabriqués en France qui vont voir leur prix de revient augmenter, donc leur compétitivité sur les marchés diminuer au profit des produits fabriqués dans des pays à faible coût de main-d'œuvre (vivent les délocalisations !) • les consommateurs sur qui cette augmentation des coûts des produits fabriqués en France va retomber inévitablement au bout de la ligne, donc dans les prix.

Alors que la grande majorité de l’opinion soutient le projet de réindustrialisation de la France - “produire en France” pour redynamiser le pays - Mr Hollande, dans les faits, fait tout le contraire : il taxe davantage la main-d’œuvre française et le pouvoir d’achat des salariés comme celui des consommateurs (en fait les salariés vont être doublement taxés).

Qui a raison ? Au delà des tribunes toutes de "bleu horizon" drapées et des belles phrases dans de beaux discours, il y a la réalité des faits et des chiffres. Les apparences sont dangereusements trompeuses.

Mr Hollande, vous maquillez la vérité aux français.

vendredi, 27 janvier 2012

LE MARCHÉ DE DUPES DE Mr HOLLANDE

Les 60.000 postes promis dans l’Éducation Nationale : est-ce un  marché de dupes ?

C’est pourtant l’un des thèmes majeurs du candidat Hollande : créer 60.000 postes dans l’Éducation Nationale.

Pour ceux qui se soucient du très difficile équilibre de nos finances, ce fut un beau tollé ! Et de crier que cela ne se ferait pas puisque le budget de la France - mis désormais en étroite surveillance par les grands organismes financiers - ne le permettrait pas. Et, pourtant, dans les 60 propositions de Mr Hollande, ce projet est bien repris. Mieux : il est même complété par l’embauche parallèle de 5.000 fonctionnaires supplémentaires (dans la Justice et les forces de sécurité). Comment est-ce donc possible ?

Mais quand on “épluche” de plus près le projet de Mr Hollande, on s’aperçoit qu’il a mis un stratagème assez astucieux, mais.... parfaitement trompeur : et cela lui a bien été imposé pour les mêmes raisons d’exigence que ci-dessus.

En fait, la fin promise du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ne veut pas dire que tous les fonctionnaires faisant valoir leur droit à le retraite seront tous remplacés, de loin s’en faut : François Hollande a expliqué lui-même que l’État pourra recréer, en cinq ans, ces 65.000 postes.... sans augmenter les effectifs de la fonction publique ! Il a donc en projet de supprimer, chaque année et pendant 5 ans, 13.000 postes de fonctionnaires, soit l’équivalent des 65.000 poste créés par ailleurs.

C’est un tour de passe-passe.

La question, restée sans réponse à ce jour, est de savoir quels services publics vont être sacrifiés sur l’autel de l’incontournable rigueur à laquelle Mr Hollande ne peut échapper. Il y aura nécessairement des lendemains qui déchanteront vite, avec pas mal de grincements de dents.

Marché de dupes, ai-je dit ? Avez-vous un autre terme que celui-là à utiliser ?

mercredi, 11 janvier 2012

GESTICULATIONS

Voilà que, soudain, notre Président, après l'avoir vilipendée pendant des années, nous ressort la "Taxe Tobin" et en fait l'un des fleurons de la fin de son quinquennat. Et aussitôt de mobiliser troupes et militants pour couronner de vertus cette taxe qu'il y a peu encore il qualifiait cependant de "stupide".

À défaut d'être candidat, Mr Sarkozy est bien entré en campagne électorale. C'est une évidence.

Ce qui est le plus étonnant, alors que les jours qui restent à l'actuelle législature à l'Assemblée Nationale sont très comptés et que d'autres projet de lois vont nécessiter qu'elle fut saisie aussi pour légiférer avant le printemps prochain (notamment la très controverée "TVA Sociale"), on y fait réserver un créneau - Assemblée plus Sénat, avec les inévitables navettes entre les deux - pour légiférer précisèment sur cette même "Taxe Tobin".

mouvement démocrate,bayrou,politiqueOn se demande quel est l'objectif de ce tout remue-ménage pour voter une loi.... déjà votée il y a plus de 10 ans par les 2 assemblées : proposée en effet par le gouvernement de Lionel Jospin, cette loi fut adoptée définitivement le 13 Décembre 2001, puis ratifiée pour promulgation par le Président de la République, un certain.... Jacques Chirac, qui ne s'est pas trop fait prier pour cela.

Mieux : cette loi figure déjà dans le Code des Impôts (article 235 ter ZD). Et une ordonnance du 15 Juillet 2009 a même fixé à 0,1% le taux maximum des transactions sur devises de plus de 75.000 €.

Seul "hic" : cette loi, votée en 2001, précise qu'elle rentrerait en application dès lors que cette "Taxe Tobin" serait adoptée par les autres gouvernements européens.

Il suffit donc, selon les juristes en droit constitutionnel, que ce seul paragraphe soit supprimé dans le texte de la loi pour être immédiatement applicable sans autre délibération, tout le reste ne relevant que d'ordonnances ou arrêtés d'application quant à ses modalités, notamment en conformité avec le projet européen.

Dans un très bref commentaire paru sur Twitter, j'ai déclaré que "la démarche actuelle n'est que gesticulation".

En fait, quelles arrière-pensées sont cachées derrière cette volonté de faire voter de nouveau par les 2 assemblées, de A à Z, une Loi déjà votées par elles il y a plus de 10 ans alors qu'il suffit de....?

Hormis, peut-être, de tenter de mettre l'opposition dans l'embarras de devoir voter un texte initié par elle sous le gouvernement Jospin, mais présentée aujourd'hui par le candidat Sarkozy.

"Gesticulation" ai-je dit ?

vendredi, 23 décembre 2011

Mme AUBRY VEUT-ELLE LA VICTOIRE de Mr HOLLANDE ?

C’est une question que je me pose depuis quelque temps.

Le simple bon sens voulait que je réfute jusqu’ici cette hypothèse : n’y avait-il pas eu des “primaires” qui, à force de débats très médiatisés, avaient entériné la victoire des thèses de Mr Hollande en dépit de leurs quelques ombres ?

mouvement démocrate,bayrou,politiqueMais, déjà le soir même de l’annonce de la "victoire" de Mr Hollande, chacun avait pu remarquer la distance qu’avait prise aussitôt Mme Aubry - dès quelques photos prises à la hâte - en s’éclipsant au plus vite de la tribune du vainqueur. Et, dès le lendemain matin, à potron minet et pour bien marquer que la “patronne” c’était bien elle et personne d’autre, elle “virait” Mr Harlem Désir du bureau qu’il avait occupé pendant quelques semaines pour remplir les fonctions de secrétaire intérimaire du P.S., lui laissant à peine le temps de récupérer ses documents personnels.

Pour qui connaît bien Mme Aubry - interrogez ses collaborateurs dans les sphères lilloises ! - c’est bien elle et son tempérament de “dame de fer” : elle voulait être élue ; elle ne l’a pas été. Pas question pour elle, et pour autant, de céder d’un pouce sa volonté de dominer le P.S. ! Et ce n’est pas un Hollande qui pourra lui faire de l’ombre dans sa volonté d’hégémonie.

ON CONTINUE LES "PRIMAIRES"

En fait, on croyait donc les “primaires” terminées : ces "primaires" ne faisaient, de par sa volonté, que commencer.

mouvement démocrate,bayrou,politiqueEt, depuis, on constate sans relâche une succession de “petits faits” pour atténuer, voire annihiler, la primauté du candidat investi : on négocie seule un improbable “accord” sur le nucléaire avec les verts sur la base de propositions opposées de celles exposées par le candidat Hollande lors des “primaires” ; un autre accord encore (en échange) sur le nombre de sièges de députés qu’on octroie à ces mêmes verts sans que Mr Hollande ait le moindre mot à dire ; on rend publiques les correspondances de Mr Montebourg sur les scandales qu’émaillent plusieurs fédérations du P.S. ; on égrène deci delà quelques petites phrases bien “senties” pour marquer sa différence avec le candidat Hollande. Plus récemment, Mme Aubry n’empêche pas son “ami” DSK de se rendre en Chine pour y déclamer ses auras sur la gestion de la crise qui mettent Mr Hollande au plus mauvais point par rapport à ses propres positions internationales ; etc....

Je croyais donc, jusqu’ici, être bien seul (ou trop rare) à me poser la question : “Mme Aubry veut-elle la victoire de Mr Hollande”. Je constate que, de plus en plus, nombreux sont les amis du candidat Hollande à se poser désormais la même question, au début avec beaucoup de discrétion, maintenant très ouvertement.

La confusion est totale.

Je relève, dans un hebdomadaire (Valeurs Actuelles du 22/12), que la succession maintenant quasi ininterrompue des accrochages entre Mme Aubry et le candidat Hollande, font que certains des proches de Mr Hollande sont persuadés que Mme Aubry “a déjà fait une croix sur la victoire du P.S. à la présidentielle.... pour se concentrer sur les (seules) législatives”.

Sans vouloir me mêler des embarras du P.S., je ne suis pas loin de partager leur sentiment.

De cette façon, Mme Aubry sera bien la seule “patronne” du P.S. et nul, enfermé dans les ors et embarras du palais présidentiel, ne pourra prédominer sur sa volonté de le rester sur l’appareil du parti. Non mais des fois !

Ainsi va la vie politique.... Édifiant !

vendredi, 16 décembre 2011

MAJORITÉ DE COURAGE

Tous ceux qui pensent que le P.S. n’est plus à gauche, tous ceux qui pensent aussi que l’UMP ne répond plus aux enjeux d’aujourd’hui, tous ceux qui pensent et souhaitent que tous les partis - même le FN ! - aient une représentation équilibrée à l’Assemblée Nationale, tous ceux qui veulent rompre avec l’actuel manichéisme et ses archaïsmes, tous ont intérêt à voter François Bayrou en 2012.

mouvement démocrate,bayrou,politiqueJean-François Kahn écrivait le 7 Décembre : “(Bayrou) est le seul vote révolutionnaire, car il est le seul capable à la fois de gagner l’élection présidentielle et de casser l’actuel système binaire”.

François Bayrou, dans sa déclaration de candidature (du 7/12) a introduit l’expression de “majorité de courage”.

UNION NATIONALE

En quoi consiste cette “majorité de courage” ?

Il s’agit, dans la bouche de François Bayrou, de rassembler les citoyens de bonne volonté pour discuter, en toute indépendance, et prendre ensuite les meilleures mesures face à la crise financière, crise que, d’ailleurs, il a déclarée “véritable guerre”. Et, dans son discours, de préciser : “Il est impératif et inéluctable que, pour redresser la France, se forme, ouverte à tous les réformistes d’où qu’ils viennent, une majorité du courage. Seul un Président de la République nouveau, soutenu par le peuple français, libre de ses décisions et de toute dépendance, peut garantir aux Français que les choses vont vraiment changer”.

Il y a des accents gaulliens dans ce discours. Mais aussi du Clémenceau style “sauveur de la Patrie en danger”.

L’idée d’un esprit d’union nationale est d’autant plus prometteuse que l’alternance des majorités d’un camp à l’autre de manière hégémonique n’a jamais réglé les problèmes de la France : en 30 ans, la droite a gouverné pendant 15 ans, et la gauche 15 ans aussi.... Mais la dette, elle, n’a jamais cessé de croître, même pendant les périodes de prospérité économique issue d’une conjoncture mondiale favorable.

La France serait-elle seule à adopter ce genre de gouvernement où toutes les forces politique s’impliqueraient ensemble ?

Non : déjà la Grèce et l’Italie s'y sont engagées, même s’il est regrettable que dans ces deux pays ce rassemblement se soit fait en dehors des urnes. Et aussi l’Allemagne avec Gerhard Schröder : il a fait adopter à un gouvernement d’union un “agenda” pour faire redémarrer son économie. On sait le succès qui en a suivi.

UN PRÉSIDENT NON ISSU D’UN CAMP

Pour initier une telle majorité en France, il faut justement que le Président de la République ne soit pas issu de l’un de deux camps traditionnellement en lice jusqu’ici : ou, forcèment, les élections législatives qui suivraient lui apporteraient une majorité parlementaire partisane au service d’un seul camp, majorité peu soucieuse du seul intérêt général.

Si, au vu de l’évolution des sondages qui hissent désormais François Bayrou vers des scores hier inespérés, il serait en capacité d’atteindre le 2ème tour ; si Mme Le Pen peut y prétendre aussi ; par contre la différence entre ces deux-là est que Mme Le Pen ne sera jamais élue, alors que François Bayrou est en mesure de l’être pour rompre, enfin, l’actuelle bipolarité officielle de la vie politique française.

mouvement démocrate,bayrou,politiqueQuant à François Hollande - quoique déjà élu par anticipation par les médias ! - on voit bien qu’il est prisonnier d’un parti socialiste, lui-même prisonnier d’accords aventureux avec d’autres partis qui ne le sont pas moins. Mr Hollande ne parait plus être le meilleur moyen d’adapter la France à la rudesse des temps.

Quant aux partisans d’une “gauche dure”, ils n’ont aucun intérêt à la victoire du P.S. : sa victoire ferait taire, au sein de la gauche, toute contestation pendant qu’elle gouvernerait. Et quant à l’indispensable clarification qu’elle attend depuis 1983 - quand Mr Mitterrand a renoncé à l’application du programme commun - elle pourrait attendre longtemps encore.

LES RISQUES DE L’ANTISARKOZYSME PRIMAIRE

Quant à Nicolas Sarkozy, il est la victime d’un rejet de sa personnalité - rejet qu’on peut parfois juger outrancier - mais qui l’éloigne d’une réélection de rassemblement, comme il avait voulu y parvenir en 2007 : on connaît son l’échec.

Mais ne nous trompons pas : l’antisarkozysme primaire sert indirectement Nicolas Sarkozy lui-même. Et les excès constatés ici ou là risquent d’avoir un effet boomerang qui pourraient fort bien, au final, le servir. Donc desservir tous les autres candidats quels qu'ils soient, François Bayrou compris.

Ne nous trompons pas, ai-je dit.... Pour développer cette mise en garde, disons que l’antisarkozysme, sous sa forme "primaire", appauvrit le débat politique et le pervertit au point de transformer l’élection présidentielle en une sorte de référendum “pour” ou “contre” Mr Sarkozy. Or, ce qui est important, ce n’est pas l’avenir d’un homme mais l’avenir de la Nation tout entière.

mouvement démocrate,bayrou,politiqueMais, si François Bayrou était élu en 2012, sa volonté étant de fonder une majorité basée ET sur des socialistes modérés ET sur une droite fidèle à ses valeurs humanistes, son élection entraînera immanquablement l’explosion de l’UMP. Mais aussi une clarification fondamentale au sein du P.S..

Mr Mélenchon et Mr Montebourg, exclus de cette majorité, auraient alors le champ libre pour refonder la gauche radicale dont ils rêvent. Et, de son côté, le FN pourrait aussi imaginer une alliance avec l’aile droitière de l’UMP, aile prête, on le sait, à toutes les compromissions.

L’INATTENDU BÉNÉFICE D’UN ISOLEMENT

Sans vouloir réécrire l’Histoire, on peut concevoir que le refus de François Bayrou, en 2007, de choisir entre Mme Royal et Mr Sarkozy, même si cela lui a valu un coûteux isolement, lui permet, aujourd’hui, d’être une troisième force indépendante et de rejeter toute pensée binaire simpliste, celle qui rejette dans sa culture profonde toutes les nuances et les complexités du monde où nous sommes.

Ce qu’il y a aussi de changé chez François Bayrou, par rapport à 2007, c’est, qu’aujourd’hui, il n’hésite plus : il a la mentalité de celui qui VEUT gagner, qui PEUT gagner. Et l’atmosphère qui l’entoure a aussi changé : en 2007, elle était résolument “bayroufuge” ; aujourd’hui François Bayrou attire à lui la classe politique dans toutes ses composantes et ses sensibilités. Il faut dire, qu’en 2007, pas grand monde entendait ni écoutait son discours sur les dangers de la dette : aujourd’hui il est “celui qui a su prévoir”. Çà a changé complètement son image. Et les ralliements ne se comptent plus désormais vers sa personne, y compris ceux issus de camps opposés l’un à l’autre, ou, initialement, à.... François Bayrou lui-même.

La position de François Bayrou est toujours restée cohérente au travers de toutes les (nombreuses) vicissitudes qu’il a du traverser. Depuis plus de 15 ans (son élection en 1994 à la Présidence du C.D.S.) : il n’a pas varié d’un pouce. N’avait-il pas déjà souhaité, alors, la constitution d’un rassemblement allant d'Édouard Balladur à Jacques Delors ?

Cette majorité de rassemblement des français tant souhaitée est, au travers de l’élection espérée de François Bayrou, une chance pour la France dans cette période cruciale de tant de dangers qu’elle traverse aujourd’hui. Elle peut être une nouvelle étape d’une V° République rénovée, voire d’une VI° refondée : n’oublions pas que ce ne sont pas les institutions de la V° République qui ont instauré le bipartisme mais ceux qui ont été appelés à conduire la France sous son égide et qui en ont détourné l’esprit fondateur.

Puisse, François Bayrou, réussir dans cette nécessaire mission. C'est le vœu que de plus de plus de français forment aujourd'hui. Puissent-ils être entendus !