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dimanche, 25 novembre 2018

LES SANGLOTS LONGS....

LES SANGLOTS LONGS….

mouvement démocrate,politiqueLa journée de ce long et triste samedi 24 Novembre 2018, devant les images largement relayées de ce qui se passait à Paris, ont fait ressurgir en moi ce poème de Paul Verlaine ("Chansons d'automne") :

"Les sanglots longs des violons de l'automne blessent mon cœur d'un langueur monotone".

Et de me rappeler que cette même strophe avait été utilisée le 5 Juin 1944 par les Alliés pour annoncer le débarquement du lendemain en Normandie. La France allait-elle vivre un nouveau bouleversement similaire à celui du 6 Juin 1944 où tout devait être renversé ?

Hélas, les images qui se cumulaient sous nos yeux ont vite témoigné des limites d’un mouvement, mais aussi de l’impuissance du pouvoir en place face à tant d'imprévus très habilement inorganisés par ce mouvement, mais ouvrant sur d’inquiétantes perspectives.
 
Ce 24 novembre 2018 ne figurera certainement pas au rang des épisodes les plus glorieux de l’histoire de France. Notre pays a su écrire, depuis d'innombrables siècles, de beaux épisodes revendicatifs, couronnés parfois, ou non, de succès, mais habités tous par autant d’espoirs et de colères.

En voulant absolument défier le pouvoir sur les emblématiques Champs-Élysées, encouragés habilement et de façon totalement ambigüe par Mme Le Pen, les Gilets Jaunes n’auront offert que le désolant et rageant spectacle de ces face-à-face avec les forces de l’ordre et de ces barricades incendiées.

Ce n’était pas ce que voulait, sans doute, la majorité des participants à ce mouvement : beaucoup avaient d’ailleurs préféré ne pas rejoindre la capitale, pressentant ce samedi parisien de violences inévitables et de totale pagaille. Le pouvoir, de son côté, avait prévu près de 30.000 participants…., et ils ne furent que ±8.000, (dont inclus quelques centaines de casseurs professionnels).... Mais ils n'étaient pas là où on les attendait précédemment.

Mais on ne peut nier pour autant que le fossé est si profond entre manifestants et pouvoir que la désignation, par les autorités, du Champ-de-Mars comme lieu de manifestation est apparue aux Gilets Jaunes comme un "piège" qui leur était tendu. Évidemment les images qui en seraient sorties de ±8.000 manifestants dans un espace prévu pour en contenir jusqu'à 1 million aurait plus évoqué des images burlesques de brebis égarées au milieu d'un vaste espace champêtre.

RÉSULTAT : tout le monde a perdu.

La sincérité des discours aussi variés qu'innombrables des Gilets Jaunes (dont on a surtout retenu la volonté de plus de "pouvoir d’achat" et plus de "considération") a été ruinée par leur refus de s’installer enfin comme un mouvement capable de formuler des revendications claires, et de les porter au plus haut niveau. En bref en capacité de dialoguer, au lieu de conspuer. Mais, chez eux, malheur aux têtes qui prétendaient dépasser toute autre. On sait le résultat de ces bannissements en nombre par crainte de la naissance d'un leader de plus dont ils ne voulaient pas être à la naissance.

Quant au pouvoir en place, quelle qu’en soit l’issue, il sort lui aussi affaibli de cette terrible séquence de ce désaveu populaire.

Contrairement à ce que certains ont voulu faire croire, il n'a jamais surgi, nulle part en France et à nul instant, même aux "Champs", quelque indice que ce soit d'une possible "révolution". L'époque de la Bastille fait bien partie d'un passé révolu.

Certains, pour attiser cependant cette "révolution" qu'ils espéraient tant (il y a probablement des places à prendre !), ont fait diffusé sur les réseaux des images de type "chirurgicales" totalement déplacées et faisant appel aux plus bas instincts de l'humanité pour tenter de démontrer que les forces de l'ordre en place sur nos Champs Élysées n'étaient autres que la soudaine résurgence de troupes nazies attaquant de valeureux "résistants" désarmés.

Mais face à ceux qui voulaient à tout prix inciter et faire croire à l'existence viscérale d'une haine des forces de l'ordre "à la mode Zola" face au "bon peuple", s'est élevée aussi la voix de celles et ceux qui se sont étonnés de la remarquable retenue des forces de l'ordre et à laquelle on n'était que peu habitués, reprochant même au Préfet de Police de Paris (sous l'autorité duquel elles étaient placées) de n'avoir pas ordonné de fermer tout accès des Champs Élysées non contrôlé, avec fouille au corps préalable, comme cela se pratique régulièrement chaque fois que la sécurité y est menacée : les parisiens y sont largement habitués.

Aujourd'hui, face à tant de souffrances refoulées et déçues, le pouvoir semble vouloir répondre. Mais avec quels moyens qui n'hypothéqueraient pas l'avenir de la France déjà très compromis, comme l'est  celui de l'Europe tout entière avec la résurgence de tous les nationalismes et volontés de repli sur soi-même, de part et d'autre de tous les océans qui nous entourent ?

Et me revient alors la seconde strophe du poème de Verlaine :

"Tout suffocant et blême, quand sonne l'heure, je me souviens des jours anciens et je pleure".

Pour la France, au moment où elle est entourée de tant de périls, le moment n'est plus aux souvenirs des rêves brisés, et il n'y a plus de place pour sécher les pleurs. L'heure est arrivée de relever les défis. Et ils sont nombreux et redoutables.

Et pour cela tous doivent s'y atteler. Sans regretter pour autant les jours anciens où tant d'erreurs et de lâchetés ont été commises et qui nous ont conduits là à nous sommes aujourd'hui.

François VAN DE VILLE

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