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mardi, 05 septembre 2017

LA BALADE DES PAUVRES GENS

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LA BALADE DES PAUVRES GENS

 

Le hasard de mes lectures me révèle qu'en France, au cours de la seule année 2016, 12.000 "millionnaires" (en euros) ont quitté à nouveau la France. Déjà, en 2015, celle-ci détenait le record mondial des départs avec (seulement) 10,000 départs. Et l'Institut New World Wealth nous apprend aussi qu'entre 2010 et 2016, ce sont 60.000 millionnaires qui ont émigré de France avec leurs capitaux et les biens qu'ils y avaient investis et ce en raison des "faibles perpectives économiques qui leur étaient proposées (sous les règnes de Mr Sarkozy, puis de Mr Hollande), puis les tensions sociales, ethniques et religieuses qui s'y développaient dangereusement, et enfin une fiscalité confiscatoire", surtout lors des années du mandat Hollande.

 Sans prendre nullement ici la défense de ces millionnaires qui s'expatrient, il s'agit bien d'une tragédie, autant douloureuse que vertigineuse : comment créer ensuite des investissements et des emplois nouveaux chez nous quand la France s'appauvrit à un tel rythme que l'abêtissement de nos dirigeants d'un moment les y encouragent de fait ?

 Et je ne parle pourtant ici que des "millionnaires". Si on examine d'autre part la situation des "milliardaires" français - ils sont moins nombreux mais ils pèsent cependant dans notre balance économique -, on peut presque, aujourd'hui, parler de "désert" : si notre planète en dénombre un peu plus de 1.800, la France, elle, n'en accueillait, en 2013 que 74. Ils se réduisaient ensuite en 2014 à 67, puis il nous en restait seulement 39 en 2015.

 Mais, pour les derniers survivants de cette espèce "en voie de disparition en France", si environ une petite minorité d'entr'eux ne détiennent leur fortune que par le jeu d'héritages familiaux remontant très loin dans le temps, une petite lueur d'espoir existe quand même chez les autres - leur majorité - quand on observe que celle-ci, chez nos rares milliardaires français restants, ont bâti leur fortune assez récemment de leurs propres mains, tant par leur habileté dans l'art de mener avec détermination leurs affaires, que dans celle de vouloir créer de nouvelles richesses et autres investissements à la clef. Là réside peut-être cette lueur d'espoir que j'évoquais, non seulement pour leur propre sort mais surtout pour celui des français qui veulent y prétendre à leur tour.

 Cependant, on ne peut le nier, le mal existe bien. La France a une singularité particulière : depuis les années Hollande, celle de lutter davantage contre la richesse et non contre la pauvreté. On en constate aujourd'hui le résultat.

 C'est bien à un changement profond de mentalité qu'il faut aujourd'hui procéder : impliquer, selon moi, les plus riches dans le redressement de la France plutôt que de les pousser à partir s'établir ailleurs.

 Sur un plan plus pratique, si les seuls 60.000 millionnaires qui se sont exilés de France depuis 2010 y étaient restés, cela ferait (en moyenne, bien sur) 600 millionnaires présents dans chacun de nos 100 départements français, qui y paieraient leurs impôts, qui y investiraient et y auraient contribué à créer ou maintenir de l'emploi, au lieu de les créer à Londres, à Lisbonne, à Genève ou ailleurs. Quel responsable de département ne s'en féliciterait-il pas aujourd'hui, au lieu de voir des friches se développer là où, hier, il y avait encore des activités ?

 Ce constat, au-delà de cet aspect un peu simpliste qu'on peut lui concéder, me porte à me questionner sur ce "Panthéon" actuel de l'idéologie politique française, à savoir le perpétuel débat de l'utilité de ce fameux "ISF" (Impôt Sur la Fortune) qui nourrit tant de conversations. La question est simple : qu'est-ce qui serait aujourd'hui plus utile à la France, maintenir l'ISF ? Ou le supprimer purement et simplement ? Qu'est-ce qui serait aujourd'hui plus bénéfique à la France pour faire rentrer de l'impôt : taxer les "richesses" (et les riches qui les détiennent) par le biais de cet ISF, ou inciter ceux-ci à revenir en France, y investir, y créer de nouvelles richesses et de nouveaux emplois ? Je me permets, à la suite de tant d'autres, de poser ici la question.

 Oh j'entends déjà les cris d'orfraies qui vont surgir, y compris chez certains de mes amis, rien qu'à l'idée d'oser poser une telle question. Et pourtant, quand on constate que ce maigre ISF fait fuir en masse à l'étranger les capitaux qui auraient pu s'investir chez nous, rapporte désormais (et à quel coût pour en établir les bases d'imposition ?) des clopinettes à l'état au prix de débats et de contestations innombrables, la question mérite bien d'être posée. Au-delà des idéologies de principe.

 Évidemment, on entendra aussi les belles envolées lyriques de Mr Mélanchon pour protester contre une telle interrogation sacrilège, et relayé ensuite par les vociférations de son collège de désemparés à la maturité encore peu sure et qui constitue son auditoire habituel. Est-ce une raison pour se taire et ne pas se poser la question ?

 D'autres que moi sont plus qualifiés pour répondre à cette interrogation. Je ne me risquerai pas personnellement de le faire à leur place. Mais j'estime qu'elle mérite aujourd'hui d'être posée, avec calme, sérieux et sans inutile passion.

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