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mercredi, 27 mai 2015

LE PITRE

sarkozy.jpgJe suis effaré devant le lamentable spectacle auquel se livre sur les estrades Mr Sarkozy.

Je ne reviendrai pas sur l'utilisation du mot "Les Républicains" : je me suis déjà expliqué par ailleurs à ce sujet.

Mais les numéros de pitre auquel se livre publiquement Mr Sarkozy, et ce de façon systématiquement récurrente, abaissent la fonction présidentielle - fonction à laquelle il prétend cependant accéder de nouveau - à un niveau jamais vu : lamentable ! De Gaulle doit se retourner dans sa tombe.

Si Mr Sarkozy continue comme çà, quoiqu'avec Mr Hollande on croyait avoir déjà touché le pire, Mr Sarkozy va finir par nous faire regretter ce dernier : un comble !

vendredi, 08 mai 2015

LA RÉFORME DE L'ENSEIGNEMENT : L'ÉCHEC ANNONCÉ

BILLET du 8 MAI 2015

Rarement une réforme entreprise par un gouvernement, de quelque tendance politique soit-il, voit surgir une telle levée de boucliers contre celle-ci et que ce gouvernement veut, cependant, imposer contre vents et marées. Que ce soit de la part des enseignants eux-mêmes, de leurs syndicats, mais aussi d'écrivains, de philosophes, de personnalités du monde culturel, de politiques de tous bords, et même, maintenant, de chancelleries étrangères (qui s'émeuvent justement du volet supprimant les écoles bilingues), certaines interventions relèvent d'une indignation mal contenue tant cette réforme les révolte. Certains n'hésitent pas à affirmer que l'école de la République est désormais en danger !

enseignement.jpgDe quoi s'agit-il en fait ? De la réforme de l'enseignement scolaire menée par Mme Najat Belkacem, Ministre actuelle de l'Éducation Nationale, celle-ci ayant la charge régalienne de former les futurs citoyens de notre Nation qui seront appelés, demain, à prendre les rênes de la France et de prolonger, en l'enrichissant à leur tour, sa mission multi-séculaire dans le monde.

Mission régalienne, ai-je dit, mais mission ô combien fragile si on veut préserver ce bien précieux qu'est l'héritage qui nous est momentanément confié et qu'il faut préserver pour le transmettre ensuite, avec l'intégralité de ses valeurs, aux générations à suivre. Nul n'a donc le droit, même une Ministre passagère, de "jouer" avec ce bien précieux, même au nom d'une idéologie d'un moment de notre Histoire, pour satisfaire quelque facilité que ce soit.

UN "CERTAIN" ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE

Dans le cadre de cette réforme, j'observe que celle la plus souvent décriée est celle de l'enseignement de l'Histoire : celui-ci ferait dorénavant rentrer une sorte d'idéologie rampante à travers les programmes.

Pour exemple, dans les classes de 5ème, on y introduirait désormais certains enseignements dits "obligatoires", et d'autres dits "facultatifs". Ceux "obligatoires" feraient donc obligation à tout élève de les suivre, et ceux dits "facultatifs" offriraient à tout élève de ne pas y assister du tout. La bonne aubaine de sécher les cours !

C'est donc un enseignement à 2 niveaux qu'on préconiserait. "École de l'Égalité ?" s'interrogent ceux qui veulent défendre les valeurs de la République.

On est saisi aussi de constater, par un autre exemple qui a frappé tous les observateurs (même s'il n'est pas un élément essentiel du débat), que la "découverte de l'islam" deviendrait un enseignement qui serait désormais "obligatoire" pour tous, mais la découverte du judéo-christianisme, comme celle de tout ce qui a suivi la chute de l'empire romain, celle de l'émergence des empires carolingien et byzantin, celle qui a tracé les routes du commerce et des échanges culturels - et qui sont pourtant devenus vecteurs de nos cultures d'aujourd'hui - ces découvertes-là, elles, ne seraient plus que.... "facultatives" ! On peut comprendre les émois suscités.

On peut comprendre aussi, par ces seuls constats, que dans une nation pétrie depuis des siècles de ces échanges et de ces courants qui ont formé si profondément son identité, qui a construit son unité avec toute cette Europe à laquelle elle appartient désormais, celle notamment de Charlemagne depuis le 8° siècle, on peut comprendre la stupeur de beaucoup, même en reconnaissant qu'une découverte rénovée de l'islam est devenue, dans le monde d'aujourd'hui, une réelle nécessité. Mais, à découverte de valeurs égales, l'enseignement doit rester égal pour tous. Et non pas facultatif au gré d'une idéologie du moment.

L'HISTOIRE DÉFORMÉE : À QUELLE FIN ?

En exemple encore, dans cette longue et riche histoire de notre nation, faite aussi de "hauts" comme de "bas" (quelle nation a échappé à ces vicissitudes ?), pourquoi leste-t-on si lourdement les pages que l'on juge désormais "culpabilisantes" - celles des inévitables erreurs, celles du colonialisme, celles des guerres et des crimes qu'elles ont pu entraîner - et pourquoi en rajoute-t-on sur ces sujets des tonnes et des tonnes, quand, parallèlement, tout ce que notre nation a fait de bien depuis 20 siècles pour le progrès de l'homme, est pratiquement gommé ?

Autre exemple encore : l'enseignement de l'Histoire en 4ème préconise des programmes "thématiques" et non plus des programmes "chronologiques". Et le tout teinté d'une bonne dose d'humanisme "bon marché" avec, en arrière-plan, des thématiques moralisatrices. Alors que toutes les "histoires", de quelque nation à laquelle elles appartiennent, ne sont écrites que d'enchaînements de faits précis qui se sont succédés et les entraînant les uns aux autres. Aucune explication n'est désormais enseignée pour comprendre ces enchaînements, ni sur les personnages essentiels qui ont joué un rôle déterminant dans les décisions prises, ni dans la recherche sur leurs causes profondes. Si on veut aller plus loin encore dans cet exemple, en classe de 4ème, on enseigne toujours "l'histoire de l'Europe et du monde du 17° au 19° siècle". Mais l'Europe qu'on y enseigne n'est abordée que sous le seul angle de la colonisation, des empires coloniaux, de l'exploitation des continents et de leurs richesses et.... des traites négrières ! Comme si l'Europe se réduisiat exclusivement à la colonisation et à l'esclavage ! De civilisation apportée (notamment dans les domaines de la santé et du développement), de la pacification imposée dans des peuplades précédemment perpétuellement ensanglantées de constantes guerres tribales, nulle mention n'est plus citée.

QUE SONT DEVENUES LES "LUMIÈRES" ?

Alors qu'au 18° siècle, on a vécu les premières révolutions, celle des "lumières", celle de la révolution scientifique, celle de la naissance de l'esprit critique, de la naissance ausi de la démocratie, de la préparation de la révolution française et des droits de l'Homme, l'encyclopédie de Diderot et de d'Alembert, c'est aussi Newton, la naissance des grands musées en Europe, la volonté de démocratiser les connaissances, etc...., eh bien tout ceci, dans la réforme proposée, "passe à l'as", il devient "facultatif", tout comme Voltaire, l'affaire Calas, celle du Chevaler de la Barre, la naissance du monde intellectuel, etc..... Mais la colonisation et l'esclavage.... on en a fait l'essentiel à retenir de ce 18° siècle !

Enfin, pour poursuivre cette démonstration sur le seul volet de cette Histoire "revue et corrigée", on ne peut qu'observer encore  l'esprit d'auto-fragellation avec lequel on la rapporte. Par exemple encore, la 1ère guerre mondiale - celle de 14-18 - n'est abordée uniquement que sous les aspects de sa violence inouïe et de ses millions de morts et d'amputés. Mais, curieusement, on y inclut même.... le génocide arménien ! C'est fort bien qu'on n'oublie pas les arméniens, mais est-ce cela qui explique les origines de cette guerre si marquante de l'Histoire de notre continent ?

Comment, pour finir, comprendre encore la longue et riche période du romantisme si vous ne savez pas qu'il est une réaction violente et nostalgique contre la révolution française et contre les lumières et le classicisme de notre 17° siècle ? Oui, c'est vrai, ce fut une sorte de contre-révolution : il faut le dire. Mais si vous ne le savez pas, si cela n'est plus enseigné, vous ne pouvez rien comprendre à ce qui a tant marqué notre histoire littéraire et intellectuelle lors de cette période du romantisme. L'important, c'est donc de connaître la chronologie de notre Histoire, celle a conduit à la naissance de cette période particulière, comme tant d'autres, et que nous ne pouvons ni ne devons ignorer.

LE TOHU-BOHU DE NOTRE ENSEIGNEMENT

Toutes ces phases de notre Histoire sont donc désolidarisées, désarticulées les unes des autres, alors qu'il serait nécessaire, au contraire et pour mieux les comprendre, qu'on explique les enchainements qui les ont guidées. Le chronologique est donc une donnée indispensable si on veut comprendre l'Histoire.

L'idée directrice de la réforme voulue par Mme Najat Belkacem semble donc être que l'enseignement est prioritairement destiné à "fabriquer" des citoyens. C'est bien, c'est un bel objectif. Mais comment le faire ? Et la réponse qu'elle apporte n'est une immense, voire une dramatique erreur. Je l'affirme.

L'enseignement, c'est d'abord transmettre des connaissances, c'est le plaisir - voire la passion - de les découvrir, et ce n'est pas autre chose. C'est encore transmettre la compréhension du monde. C'est alors, mais alors seulement, que tout ceci est nécessaire pour "fabriquer" des citoyens (pour reprendre la terminologie officiellement utilisée), mais des citoyens pleinement éclairés. Il faut respecter l'ordre des choses et non pas les inverser.

Mais "fabriquer" des citoyens, ce n'est pas donner des cours de morale à jet continu. Or, dans le projet de Mme Najat Belkacem, on expose surtout les théories du "développement durable" à toutes les sauces, de la "croissance verte", on développe l'horreur du "capitalisme dévastateur", etc…. Non pas qu'il ne faille pas en parler du tout, mais faire des programmes un gigantesque "cours d'instruction civique" à la sauce "3ème gauche", c'est totalement dévastateur. C'est même décérébrant.

Autre idée encore de Mme Najat Belkacem, c'est de supprimer les classes bilingues, et de tout qui donnait accès à une sorte "d'excellence" de notre enseignement. Mais son idée à elle, c'est que tout ce qui est "excellent" est forcément "discriminant". Elle en fait une sorte d'obsession. En fait, il faudrait donc supprimer les classes d'excellence pour éviter de discriminer ceux qui ne pourraient y accéder. C'est le nivellement absolu par le bas  de tout notre enseignement.

Mais on maquille ce projet en préconisant parallèlement l'apprentissage d'une 2ème langue étrangère dès la 5ème. On serait tenté d'applaudir une telle initiative. Mais il faudrait pourtant, et prioritairement, qu'ils apprennent la 1ère langue, celle véhiculaire qu'ils doivent utiliser chaque jour, c'est-à-dire le français, la langue de toute communication dans le pays où ils vivent. Les langues étrangères, c'est un plus, un complément, pas une substitution. Mais quand on constate qu'aujourd'hui 35% des élèves qui rentrent en 6ème sont en situation d'illettrisme, dont 7 à 8% d'analphabètes absolus, 15% qui ne sont pas capables de lire un texte en le comprenant, et le reste dans l'état de ne déchiffrer que consonne par consonne le texte qu'ils ont sous les yeux sans en rien comprendre de son sens. Et l'on retrouve approximativement les mêmes proportions chez les étudiants de 18 ans ! Voilà donc que Mme Najat Belkacem veut rajouter 2 langues étrangères en sus de la langue française, celle que beaucoup ne connaissent même pas !

Au lieu de viser les collèges, Mme la Ministre ferait mieux de réformer l'enseignement dans les CP : c'est là que tout se joue, y compris l'avenir des élèves sur le long terme. Mais çà, Mme Najat Belkacem semble l'ignorer.

Enfin, puisque l'on parle de la langue française, je n'évoquerai pas ici le caractère désormais "facultatif" de l'apprentissage du latin et du grec qu'on veut éloigner totalement de fait de l'enseignement général. Pourtant, comment apprendre une langue, surtout quand il s'agit de sa langue du quotidien, si l'on ne connait même pas la racine et le sens d'origine des mots que l'on utilise ? Ce n'est pas la moindre cause des indignations qui s'expriment et venant de toutes parts.

Mais il est vrai que si, déjà, on néglige l'enseignement du français élémentaire (puisque tel est le constat que chacun fait), à quoi cela peut-il servir d'enseigner en sus ses racines, c'est-à-dire le latin et le grec ? Est-ce encore pour des raisons idéologiques, contre l'esprit d'excellence qu'est fait ce choix, pour encore éviter de "discriminer" ceux qui ne sont pas en capacité d'y accéder pleinement ?

On assiste donc à un nivellement de notre enseignement par le bas, et non plus vers l'excellence. C'est ravageur !

INCAPACITÉ ?

Je ne connais pas personnellement Mme Najat Belkacem, ni eu le plaisir de la croiser. Elle est peut-être une femme charmante, enrichie des différentes cultures dont elle est issue, ce qui peut être une chance pour elle.

Je n'épiloguerai pas non plus, comme certains le font, sur les raisons de son échec renouvelé au concours d'entrée à l'ENA, échec auquel elle s'est heurtée à 2 reprises successives : ceci ne peut être un critère d'appréciation de ses autres capacités. Mais une carrière ensuite d'attachée parlementaire sous différents tuteurs, puis celle de juriste de passage, apportent-elles les qualités suffisantes à quiconque pour recevoir ensuite la responsabilité énorme de devenir le principal guide de l'enseignement et de la formation des futurs citoyens qui feront demain notre nation ? Ses décisions, en la circonstance ici évoquée, m'en font douter.

Pour être à la hauteur d'une telle mission, il faut avoir les tripes de cette nation collées au ventre avant de pérorer sur un sujet que, manifestement, elle ne maîtrise pas, ou si mal. Et l'onction présidentielle qu'elle a reçue pour ce faire ne lui accorde aucune qualité supplémentaire pour cela. Hélas !

Au très modeste poste d'où je m'exprime ici, cela me fait mal, précisément pour la France elle-même.

Il fallait que je vous le confie.