Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

lundi, 26 mai 2014

APPARENCE & ILLUSION

mouvement démocrate,bayrou,politiqueNous apprenons, ce soir des élections européennes, que, devant la déroute des deux partis complices dominants français - le P.S. et l'UMP - Mr Hollande convoque d'urgence, ce lundi matin, a potron-minet, une réunion pour "réagir" face à cette situation nouvelle.

Le "pôvre" ! Voilà notre François Hollande plongeant de nouveau dans l'illusion d'un pouvoir dont il ne s'aperçoit pas encore que, ce soir, il ne le lui appartient plus du tout.

Car de quoi s'agit-il ?

Les élections du 25 Mai, en envoyant au Parlement européen comme députés français près de 30% de son contingent représentant l'extrême droite, les deux partis dominants traditionnels complices jusqu'ici de la bipolarisation régnante (P.S./UMP), et ne représentant plus, de leur côté, que 40%, et les derniers 30% restant étant pratiquement étanches aux combinaisons des premiers nommés, le problème n'est pas la nature du contingent des 30% de députés élus appartenant au F.N. - car ceci ne changera rien (ou pas grand-chose) dans les décisions du Parlement européen car l'extrême droite y est très divisée et très minoritaire encore - mais le fait que la France n'aura désormais plus aucun poids dans les instances européennes décisionnelles à côté des autres mastodontes dominants. De fait, la France n'y existera plus du tout : nous y tiendrons désormais que le rôle du nain politique et économique de l'Europe. Mme Merkel y aura les mains libres.

Déjà, en 2012, Mr Hollande, tout auréolé de sa victoire aux présidentielles, avait déjà promis qu'il interviendrait, sitôt élu, dans les orientations de la politique européenne. On connaît le résultat : il en est revenu totalement bredouille, au grand dam de ses électeurs.

Alors aujourd'hui, après deux défaites électorales retentissantes - celle des municipales, puis celle des européennes - que peut prétendre encore Mr Hollande obtenir ? RIEN ! Moins que rien !

Certes, l'élection du nouveau Président de la Commission européenne - commission qui fixe de fait les grandes orientations européennes proposées ensuite aux chefs d'état qui en décident - n'est pas encore acquise : il faudra attendre des mois de tractations quasi secrètes avant qu'on connaisse l'heureux élu. Pour l'instant, une certaine majorité semble désigner le luxembourgeois Jean-Claude Juncker. Si c'était lui qui devrait l'emporter, ce serait la pire nouvelle pour Mr Hollande : Mr Juncker est totalement rebelle à toute concession accordée à quelque pays que ce soit pour la réduction de leur dette et des efforts qu'ils devront entreprendre dans l'urgence pour la ramener à la norme commune fixée, et ce dans le plus bref délai.

Mr Hollande espérait jusqu'ici (ou du moins, on peut le supposer !) la victoire, à cette fonction, de son "ami" socialiste, Mr Martin Schulz, lequel montrait une certaine volonté d'être moins ferme dans l'application des normes européennes, même au prix d'augmenter un peu plus la dette commune. Hélas, les chances de Mr Schulz d'être élu se sont évanouies. À moins que, pour contrer l'élection de son rival - Mr Juncker - Mr Schulz fasse alliance avec les centristes de Mr Guy Verhopstadt : mais dans ce cas, celui-ci exigera la présidence de la Commission et Mr Schulz n'aura plus grand-chose à dire. Et l'on sait que Mr Verhopstadt n'est pas homme à laisser filer la dette à tout crin.

Dans le drame qui s'est donc joué aujourd'hui en France au travers des élections européennes, même si celles-ci révèlent le délitement de la vie politique française au profit de l'extrême droite - ce qui éveille notre devoir de grande vigilance et de réformes profondes de moralisation au sein de notre nation - le vrai drame n'est pas la résurgence du parti de Mme Le Pen, mais la disparition de la France comme grande nation influente sur les affaires du monde et de l'Europe.

Et ce n'est pas Mr Hollande qui est en capacité de restaurer son rang à la France : il faut, pour y parvenir, une autre dimension d'homme.

Tout ne devient donc qu'apparence et illusion.

Les commentaires sont fermés.