Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

vendredi, 18 novembre 2011

ON SE TROMPE D'ÉLECTION

La rencontre cette semaine entre des appareils de parti - en l’occurrence le PS et les “Verts” - forcent à s’interroger si ces partis ne se trompent pas d’élection.

mouvement démocrate,bayrou,politiqueEn mai prochain, l’élection déterminante est celle d’une homme (ou d’une femme) qui se présentera, seul(e), face aux français, et qui sera ensuite appelé(e), grâce au mandat qui lui aura été confié, à conduire le destin de notre nation pendant les 5 prochaines années. Il ne s’agit donc pas d’une élection législative.

Or tout s’est déroulé entre Mme Aubry et Mme Duflos comme s’il ne s’agissait que de cela. On s’est même hasardé à échanger des centrales nucléaires - qui conditionnent notre avenir énergétique - contre des sièges de députés !

Il est donc tout-à-fait normal qu’ensuite les candidats portés par ces deux partis - Mr Hollande et Mme Joly - se s’y retrouvent plus dans ces “accords” et ceci crée la plus totale confusion : ces candidats se trouvent en effet dépouillés du projet dont ils sont naturellement porteurs et qui ne peut être calqué sur la stratégie étroite de tel ou tel parti en particulier, ceci dans un nécessaire esprit de rassemblement des français face aux enjeux auxquels ils sont confrontés.

mouvement démocrate,bayrou,politiqueMr Hollande tente donc, aujourd’hui, de “sauver les meubles” en concédant des compromis où le grand écart qu’ils exigent risque de le faire tomber tellement il perd toute crédibilité. Et quant à Mme Joly, elle se demande à quoi elle sert encore puisque Mme Duflos a décidé à sa place des choix qu’elle devra conduire.

Les français risquent donc fort de ne plus s’y retrouver dans ces combinaisons d’appareils qui échappent à leur entendement. C’est de la politique au ras des pâquerettes.

lundi, 14 novembre 2011

L'ERREUR DU PLAN FILLON

mouvement démocrate,bayrou,politiqueÔ loin de critiquer aveuglément un plan qui était indispensable à notre économie et la crédibilité de la France, on ne peut que regretter, dans le plan présenté cette semaine par François Fillon, un certain nombre d’erreurs ou d’orientations, erreurs qui font sa fragilité.

Fragilité ? Ce plan est en effet insuffisant dans ses mesures d’économie et repose essentiellement sur des augmentations d’impôts qui, automatiquement, freineront la reprise de la croissance.

Oui, bien sur, il y a une petite accélération de la réforme des retraites. Et aussi une désindexation de quelques prestations. Mais pour le reste.... Tout repose essentiellement sur un relèvement du taux de la TVA réduite, la désindexation des barèmes de l’impôt sur le revenu et de l’ISF, une majoration de l’impôt des “grosses” sociétés déterminées sur leur chiffre d’affaires (et non sur le cash-flow produit, une erreur décidément récurrente en France !), une chasse aux “niches fiscales”.

Tout cela ne sont pas des mesures d’économie du train de vie de l’état mais bien des impôts supplémentaires, quels que soient les tours de passe-passe pour faire croire le contraire. Et ces impôts nouveaux représenteront ±75% du plan de rigueur.

LA FRANCE EN PORTE À FAUX

La France est totalement en porte-à-faux par rapport aux mesures prises chez nos voisins européens dont, d’autre part, chacun se plaît à saluer l’exemplarité des mesures qu’ils ont prises chez eux. Étrange paradoxe !

Si on prend l’exemple de la Grande-Bretagne, les proportions entre économies et augmentation des impôts sont exactement inverses. On a réduit le budget des ministères de 25%, le budget des collectivités locales de 27%, “gelé” pour deux ans les salaires de la fonction publique, supprimé 330.000 postes de fonctionnaires, etc....

En traversant la Manche pour regarder du côté de l’Allemagne - dont on soutient par ailleurs qu’on veut se rapprocher de son système économique - Mme Merkel a décidé non pas une hausse des impôts mais leur réduction de 6 milliards d’ici 2014. Et pourtant l’Allemagne est aussi endettée à ±80% de son PIB, un taux proche de celui de la France. Mais Mme Merkel a décidé, elle, de réduire de façon drastique les dépenses de l’état et fait le choix de réduire les impôts pour faciliter la reprise économique, ne pas décourager l’initiative individuelle, ne pas ruiner la compétitivité des entreprises et ne pas déprimer le consommation des ménages.

Que ce soit donc chez nos amis anglais, ou ceux allemands, les choix sont à l’inverse du plan “proposé” par Mr Fillon.

Touche-t-on à nos 35 heures qui nous coûtent 18 milliards par an de réductions de charges ? Non ! Réforme-t-on la formation professionnelle qui, de dérives en dérives, nous coûte aujourd’hui 30 milliards ? Non ! Touche-t-on aux avantages scandaleusement inégalitaires dont bénéficient les fonctionnaires quand ils prennent leur retraite par rapport aux “privés” ? Non ! Touche-t-on à la gabegie des emplois dans les collectivités territoriales, lesquelles semblent vivre en totale autarcie qu’aucune crise ne pourrait atteindre ? Non !

On prétendra qu’à 6 mois d’élections au résultat si incertain, de telles mesures seraient “impopulaires”. “Impopulaires”, dites-vous ? Pourquoi ? Les hausses d'impôts ne le seraient-elles pas tout autant ?

Ce plan Fillon n’est qu’un leurre ténu et que déjà les experts estiment insuffisant.

Je lisais tout récemment un bref jugement de Nicolas Baverez, l’impitoyable économiste si souvent éclairé, commentant le plan Fillon : “Le laxisme, par d’autres moyens”.

Tout est dit.

jeudi, 10 novembre 2011

LES 3 LÉGITIMITÉS DE 2012

En 2012, plusieurs logiques de responsabilité gouvernementale vont inévitablement s’affronter : la campagne qui s’annonce va être essentiellement dominée par le difficile équilibre à trouver, d’une part, entre la réduction drastique des déficits publics et, d’autre part, la relance de l’économie nationale que chacun espère.

Dans le débat qui s’est déjà ouvert entre les deux parti(e)s dominant(e)s - PS/UMP - je suis d’abord vivement surpris du degré d’irresponsabilité des socialistes : François Hollande l’a encore confirmé dans son récent papier paru le 29 Octobre dans "Le Monde" avec son opposition systématique, opposition dont il ne parvient apparemment pas à se libérer.

D'autre part, dans le récent exposé de Mr Sarkosy à la télé le jeudi 27 Octobre, je suis autant surpris de ses propos que de ceux de Mr Hollande, propos peu ouverts et rendant impossible une large union nationale qui, à mon sens, aurait été l’expression de la véritable volonté du peuple français.

Ces discours contrastent singulièrement, hors tout parti pris, de ceux d’un François Bayrou : celui-ci, tout au contraire du leader PS, a d'abord refusé d’attaquer bille en tête Nicolas Sarkozy, reconnaissant même que celui-ci était suffisamment impliqué dans l’action immédiate pour ne pas porter déjà la casquette du (probable futur) candidat.

Mais ceci n’a pas empêché François Bayrou de formuler deux critiques à l’intervention présidentielle :

• d’une part, il s’est inquiété de la trop grande place donnée à la Chine dans la résolution de la crise des dettes souveraines de la zone euro, celle-ci envisageant y injecter jusque 100 milliards d’€. Mais François Bayrou n’a pas fait pour autant un discours antichinois primaire : il ne rejette pas l’aide chinoise qui pourrait être précieuse dans la sauvegarde de l’euro. Mais il a surtout pointé le déséquilibre politique flagrant qui va avantager la Chine lors des prochaines négociations commerciales : selon lui, l’enjeu majeur reste la sous-évaluation de la monnaie chinoise. En plus, François Bayrou estime qu’il sera désormais très difficile aux pays européens de faire pression sur la Chine avec un tel rapport de forces.

• d’autre part - et c’est effectivement l’élément clef actuel non seulement de la crise européenne mais aussi de la campagne présidentielle qui s’annonce - François Bayrou a regretté que le Président de la République n’ait pas parlé, dans son intervention à la télé, de l’avenir, à savoir de la relance économique pour créer des emplois. Or, l’avenir, ce n’est pas de trouver des solutions de type "rustine" pour assurer les dettes souveraines, ou encore pour équilibrer un budget : l’avenir dépend surtout de la capacité de la France à créer de la richesse et donc - car la création de ressources nouvelles ne peut passer que par là - la capacité à produire et à vendre.

"Produire" est d’ailleurs le premier point de la future campagne de François Bayrou dans une trilogie qui passera aussi par les verbes "Instruire" et (re)"Construire" (la démocratie).

Le véritable enjeu de la campagne présidentielle

Cette critique - François Bayrou a dû rapidement l’esquisser en réponse dès l’intervention présidentielle - sera sans aucun doute le thème principal de la campagne électorale. On l’avait d'ailleurs déjà perçu lors des débats pour la primaire socialiste quand Martine Aubry voulait se laisser une marge de manœuvre pour ne pas plomber la croissance.

Cependant, tout est bien là.

Tant à cause de la crise financière - qui a cassé la croissance depuis trois ans - que d’avantages fiscaux qui n’ont pas eu l’efficacité économique attendue, la situation de l’endettement public est telle qu’il est impératif de rééquilibrer d’urgence le budget de l’État. Son déficit entraîne forcément une augmentation des prélèvements obligatoires et une réduction des dépenses de l’État. Nicolas Sarkozy refuse de la nommer "rigueur" pour s’en remettre à une expression quasi-identique : “gestion rigoureuse” (les innombrables subtilités de la langue française !) tandis que l’opposition, de bonne guerre, l’appelle "austérité".

Le problème, c’est qu’une trop grande rigueur risque d’asphyxier complètement l’économie nationale, surtout en réduisant la demande par la baisse du pouvoir d’achat.

Il est donc important, pour François Bayrou et l'équipe de soutiens qui l'entoure, de favoriser parallèlement la croissance en investissant dans la production industrielle. Tout est une question d’équilibre entre une gestion stricte des dépenses publiques - qui annule les déficits publics - et une relance de la croissance par des incitations soit à consommer, soit à produire.

Les statistiques démontrent, par maints aspects, la forte désindustrialisation de la France dans la dernière décennie ; alors que le potentiel économique de la France est encore très puissant. Le mouvement général est surtout situé dans l’externalisation des services annexes : en corollaire, un très grand nombre d’employés sur le départ, comptabilisés dans le secteur industriel, se retrouvent maintenant décomptés dans le tertiaire, le secteur des services aux entreprises. Cela dit, il y a aujourd’hui davantage d’usines qui ferment que d’usines qui se créent.

On fait, ces derniers temps, beaucoup de comparaisons avec l’Allemagne. Loin de prendre ce pays - comme tout autre - comme un modèle absolu, force est cependant de constater que ce pays paraît être un modèle du redressement économique (disons) "intelligent".

La réunification allemande - un pari considéré justement alors comme “fou” d’Helmut Kohl le jour de la chute du mur de Berlin, et l’absorption inconditionnelle qui en a découlé de l’économie très affaiblie est-allemande - ont eu de très lourdes conséquences économiques dans l’ex-RFA. Mais le gouvernement du chancelier Gerhard Schröder (qui lui a succédé) a réussi à faire adopter de profondes réformes économiques et sociales, réformes soutenues tant par la majorité rouge et verte (SPD et VERTS) que par l’opposition CDU-FDP. C’est ce qui a permis à l’Allemagne de redynamiser son tissu industriel.

Je parlais plus haut de vaste union nationale. Là aussi est le secret de la réussite allemande.

Les trois légitimités de 2012

Dans le paysage de la campagne électorale, se dessinent donc déjà trois légitimités :

mouvement démocrate,bayrou,p• la première est, bien sûr (je la cite en tête en raison de la fonction présidentielle qu’il occupe), celle de l’actuel Président, Nicolas Sarkozy. En adoptant le rôle de protecteur du pays, et n’écoutant que son sens des responsabilités, il joue à quitte ou double : ou il parvient, d’ici mai 2012, à préserver l’euro, contenir (à défaut de réduire) la dette française, rétablir la crédibilité financière de la France, et dans ce cas il pourra, comme il a tenté d’en faire la démonstration ce récent jeudi, se prévaloir de ses réformes ; ou, malgré toute sa politique, la situation se dégrade, la confiance financière de la France se dégrade et, dans ce cas, il n’aura plus beaucoup d’arguments à faire prévaloir. Ce sera un constat d’échec fatal pour lui.

mouvement démocrate,bayrou,p• la deuxième légitimité est celle de François Hollande : cette dernière jouit d’une popularité renforcée par l’expression d’un fort rejet de la personne du Président actuel de la part d’une certaine frange de la population. Mr Hollande se trouve, comme candidat, dans une situation facile où il lui suffit de taper sur l’adversaire. Il y a suffisamment d’éléments compliqués pour se permettre de conserver sa crédibilité tout en faisant des amalgames. Si Mr Hollande était élu, la situation lui serait pourtant nettement moins facile. Du reste, aujourd’hui, plusieurs de ses proches réputés "crédibles" - comme Michel Sapin ou encore Pierre Moscovici - veulent être prudents dans l’élaboration du projet présidentiel. Que restera-t-il demain, au bout de leur réflexion, du projet socialiste ? À moins qu'en le gardant ils se tirent une balle dans le pied...

mouvement démocrate,bayrou,p• la troisième légitimité, enfin, est bien celle de François Bayrou : celui-ci semble avoir troqué l’isolement contre une certaine sérénité. Qui est en effet aujourd’hui plus légitime que lui pour parler de la dette et des déficits ? Cela fait dix ans qu’il en parle. Cela fait en effet dix ans qu’il place cet enjeu au cœur du problème français. Et qui mieux que François Bayrou est le plus à même de rassembler toutes les personnes de bonne volonté pour apporter des solutions rapides, concrètes et dépassionnées, hors de l’habituel clivage droite/gauche qui anéantit toute intelligence collective ? Encore la “vaste union nationale” dont je parlais plus haut.

2012 sera donc, inévitablement, la campagne de la dette publique.

C’est en ce sens que les prochains mois vont être très instructifs. Cette campagne 2012 ne pourra pas être une campagne “normale”, ni davantage semblable à beaucoup de celles qui ont précédé. C’est bien du destin d’une nation, confrontée à une situation devenue dramatique de par son exigence de vérité, dont il sera question.

Nul citoyen ne pourra rester, réfugié dans son camp ou son étroite chapelle, indifférent ou simple spectateur.