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vendredi, 16 juillet 2010

À PROPOS DES "AFFAIRES" ET LE POUVOIR

BILLET DU 16 JUILLET 2010

 

Quelle que soit le moment de l’Histoire que l’on choisisse, que ce soit celle des républiques ou des différents régimes qui les ont précédées, plus récemment encore que ce soit sous les présidences de Pompidou, Giscard, Mitterrand, ou Chirac (pour ne se limiter qu’à la seule V° République), les rapports entre le pouvoir et l’argent ont toujours été compliqués et cause de bien des turpitudes.


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LE SIGNE DE L'ARGENT

Mais il faut admettre que, sous le mandat de Nicolas Sarkozy - lui qui a eu le “mérite” de dire, avant même son élection, qu’il aimait, qu’il respectait, qu’il admirait l’argent et tous ceux qui le possédaient, et que c’était chez ces gens-là qu’il avait surtout ses amis - les choses ne se sont guère arrangées depuis, de loin s’en faut !

Et, dès les premières minutes de son élection, il a placé aussitôt son nouveau pouvoir sous le signe de l’argent (Fouquet’s, yacht de Bolloré, etc....). C’étaient des signes forts qui ne pouvaient tromper personne.

Ceci, à la limite, était encore admissible en 2007 : on y voyait là, avant cette élection, la fin de la diabolisation de l’argent et de tous les anachronismes qui en étaient issus. Mais, en 2010, trois ans après, çà ne passe plus : l’opinion publique, qu’elle soit de gauche ou de droite, exige l’indépendance du pouvoir vis-à-vis de celui de l’argent.


LES AFFAIRES

L’affaire Woerth-Betencourt en est l’une des illustrations. Mais, à cette “affaire”, très nourrie il est vrai par une presse avide de “sensationnel”, viennent aussi se greffer toute une série de petits “manquements” du pouvoir et de ceux qui ont charge de le servir. Et, là, on pense à l’incroyable épopée des cigares du ministre (Nouveau Centre) - Christian Blanc - qui se faisait payer ses volutes de fumée aux frais des contribuables : 12.000 € en peu de mois ! Il y a, en sus, des affaires d’appartements de fonction à l’usage douteux, de voyages en jets privés (à prix d’or) pour des rencontres éloignées à l’intérêt peu édifiant, des séjours dans des suites somptueuses d’hôtels de luxe, même pour de simples secrétaires d’état, etc....

PERTE DE CONFIANCE

Ces successions “d‘affaires” se traduisent donc, finalement, par la perte progressive de confiance de nos concitoyens envers l’actuel pouvoir. Je ne me joindrai pas pour autant à la clameur populaire des “tous pourris”, car il faut savoir aussi relativiser l’importance de ces “incidents” de dimensions très inégales. Mais....

Le pouvoir s’en trouve donc considérablement affaibli : les sondages successifs ne se démentent pas pour traduire la profonde désaffection de l’opinion

PERTE DE CRÉDIBILITÉ

crédible.jpgEn plus, et sur un autre registre, on a le sentiment que Mr Sarkozy perd parfois la main : annoncer, par exemple, un remaniement trois mois à l’avance et, ensuite, le “bricoler” dans les heures qui suivent démontre qu’il travaille davantage au jour le jour que de façon préparée, réfléchie et coordonnée. C’est une nouvelle perte de crédibilité encore.

Autres perte pour sa crédibilité, ces contradictions successives entre les discours et les faits concrets : à Davos, par exemple, Mr Sarkozy a tenu un discours étonnamment gauchisant, violemment anticapitaliste, anti-bancaire, du Besancenot-bis, ou presque ! Mais, dans les faits, sitôt le discours terminé, Mr Sarkozy tient une politique favorable aux classes les plus aisées, et défavorables aux classes les plus modestes. Où est la cohérence ? Que reste-t-il de sa crédibilité ?

On pourrait multiplier ces exemples d’improvisations qui ne sont plus qu’une caricature de pouvoir.

Le pouvoir s’est donc gravement affaibli par ses propres actes qui déroutent tous les citoyens.

PERTE DU POUVOIR, DE LA RÉÉLECTION....

....SAUF MIRACLE

Sans trop donc s’aventurer dans de la “politique-fiction”, et ce à 18 mois d’une échéance capitale, il n’est plus hasardeux aujourd'hui d’affirmer que Mr Sarkozy a perdu le pouvoir. Et aussi sa réélection. À moins d’un miracle....

2012.jpgCe serait, il faut le dire, insulter la droite que d’affirmer qu’elle est incapable de faire des "miracles". On a, certes, déjà connu des cas, tant à droite qu’à gauche, apparemment désespérés pour le candidat ou l’équipe sortante. Mais, chaque fois, le pouvoir en place pouvait encore utiliser une certaine marge de manœuvre propre à pouvoir retourner l’opinion en sa faveur. Mais, dans le cas présent, Mr Sarkozy n’a plus aucune marge de manœuvre, il a usé toutes ses cartouches d’avoir trop tardé à prendre en compte l’endettement de la France, en l’aggravant même lourdement par des mesures inconsidérées. Il rentre même en une période où rigueur et restrictions vont s’imposer à lui, contre lui, comme à tous les français : l’on évoque jusqu’à un gel  possible des salaires, notamment dans la fonction publique, qui lui serait (?) imposé par les autorités monétaires internationales s’il ne veut pas voir les capacités d’emprunt de la France se dégrader de façon insupportable : nous voici loin d’une stratégie porteuse d’une éventuelle réélection. Un miracle, ai-je dit ? Quel miracle ? Est-ce encore possible ?

L'ESPOIR PERDU D'UNE EMBELLIE

De toutes façons, Mr Sarkozy réalise bien qu’il n’y a plus d’espoir pour lui d’une quelconque embellie économique à court terme, embellie lui aurait été indispensable pour aligner, en 2012, des résultats probants et utiles pour sa réélection. Il réalise aussi qu’il a perdu la bataille de la sécurité où nous courons de désastres en désastres, dont c’était pourtant le "fond de commerce" favori depuis son arrivée au Ministère de l’Intérieur, en 2002. Et, aujourd’hui, il ne sait plus où et comment aller récupérer des voix qui lui manqueront fatalement pour assurer sa réélection. D’où ces rencontres, ces fausses “retrouvailles”, qui font les délices de la presse. D’où aussi cette tentation de renier les “grands principes” moraux, hier défendus avec solennité et aujourd’hui bafoués sans vergogne, même au prix du renoncement à l’idéal républicain et le devoir constitutionnel de sa charge. D’où, encore,  cette multiplication de postes gouvernementaux - il y a 19 secrétaires d’états en plus des ministres, eux déjà en surnombre, dont beaucoup de falots ! - postes offerts à tous les horizons politiques, mais à la cacophonie étourdissante.

C’est donc, sauf hypothétique ou improbable “miracle” (?), une fin de règne qui se profile pour Mr Sarkozy.

ET LES RÉFORMES ?

manif.jpgCette fin n’est d‘ailleurs pas sans rappeler celle devenue, à son terme, pathétique de Mr Chirac par ses échecs répétés.

Il est simplement à souhaiter, malgré ces handicaps, pour la France et les français, que celles des réformes qui sont devenues urgentes et nécessaires, que celles-ci soient conduites à leur terme et aboutissent. Et qu’elles ne soient pas contrariées par ces aléas d’un pouvoir en pleine déliquescence.

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