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samedi, 12 juin 2010

À PROPOS DU FIASCO ISRAËLIEN DE GAZA

BILLET du 12 JUIN 2010

“Gaza sera notre Vietnam”. C’est le titre d’un éditorial paru dans un journal israélien, le lendemain même du raid contre une flottille d’embarcations civiles qui voulait tenter de braver l’embargo imposé à Gaza pour apporter à sa population une aide humanitaire.

Tout porte à croire que ce journaliste a raison. Il est même à craindre qu’il soit très en dessous de la vérité.

La réplique démesurée d’Israël, qui s’est terminée, hélas, par un bain de sang répandu par les seules armes israéliennes, est une faute incalculable. Faute sur tous les plans : moral, politique, celui  de la communication, ou encore militaire. Même les meilleurs amis d’Israël en conviennent : cette opération est un désastre.



À QUOI SERT LE BLOCUS DE GAZA ?

À QUI PROFITE-T-IL ?


Ceci, à l’évidence, ne résout en rien le problème de fond ; à quoi sert le blocus de Gaza ?  À quoi çà sert d’enfermer dans une prison à ciel ouvert toute une population, qui n’est pas, au fond d’elle-même, forcement unanime face au Hamas, ses méthodes et brimades musclées, notamment envers les femmes ? Cette punition collective est insupportable.

blocus-gaza-jan2008.jpgDe plus, à qui profite ce blocus ? C’est clair : au Hamas ! Le Hamas, le pire ennemi d’Israël, un régime fanatique et odieux, qui ne cesse de renforcer, grâce aux excès de l’actuel gouvernement israélien, ses positions dans une population palestinienne qui se voit ainsi martyrisée par Israël. C’est totalement contre-productif !

Et si, en contrepartie, Israël aidait le gouvernement modéré de Mahmoud Abbas, on pourrait supposer éventuellement que cela relève d’une certaine stratégie d’usure entre deux pouvoirs rivaux, prétendant tous les deux gouverner une même population. Or Israël ne cesse de brimer lui aussi, et de façon indigne, Mr Mahmoud Abbas !

Est-ce là une façon intelligente et efficace de lutter contre un ennemi terroriste - le Hamas - qui, lui, s’installe dans sa logique d’extermination totale de l’état d’Israël ?

Sur un autre plan, au-delà de l’indignation de cette dizaine de morts civils provoqués par l’intervention israélienne, on assiste maintenant, à travers le monde entier, à un véritable déferlement de haine contre Israël. Et, au lieu de porter l’attention internationale essentiellement sur l’attitude belliciste de l’Iran - qui, elle, est un vrai danger pour la paix mondiale - on détourne désormais cette attention pour la porter sur Israël et sa conduite militariste à tout-va. C’est un autre désastre.

Ensuite encore, il y a la question des futurs rapports entre Israël et la toute proche Turquie, et dont c’est bien le gouvernement islamiste qui a favorisé la formation de cette flottille : celle-ci avait aussi, en arrière-pensée, un objectif politique.

La Turquie est, en effet depuis la nuit des temps et jusque tout récemment - Il faut remonter à Isabelle la Catholique ! - la meilleure alliée d’Israël, et la plus fidèle en toutes circonstances. Ce revirement d’alliances est calamiteux pour Israël. Il est tout autant incompréhensible pour les États-Unis, alliés historiques de ces deux pays proches l’un de l’autre, lesquels USA œuvraient activement pour le maintien d’une alliance stratégique entre ces deux peuples unis par la raison face à une même menace, celle de l’Iran. Toute cette stratégie historique s’écroule de par l’inconséquence suicidaire de l’actuel gouvernement israélien.

ISRAËL NE PEUT SURVIVRE QUE SI....

Faut-il rappeler, à cette occasion, qu’Israël est un pays qui ne peut survivre que s’il y a un minimum d’acceptation de son existence par la communauté internationale. Le vrai danger pour Israël est que si, un jour, cette même communauté - peut-être lassée par un comportement incompréhensible ou des attitudes qu’elle réprouverait - venait à se désintéresser du sort d’Israël, cet état serait bien menacé dans son existence même. Et ce n’est pas une diaspora, quelle que soit son influence dans le monde, qui pourrait, alors, sauver la situation.

L’actuel gouvernement israélien est, il faut le dénoncer avec force, véritablement criminel vis-à-vis de son propre peuple. Et la menace qu’il constitue de lui-même est bien plus grave pour l’existence d’Israël que les quelques scuds envoyés par le Hamas par dessus le mur séparant Gaza du territoire israélien.

La sécurité d’Israël ne sera jamais assurée par la seule option militaire. C’est une grave utopie de croire le contraire : à un moment ou un autre, il pourra arriver que le Hamas, ou l’un des groupes terroristes auquel il est associé, aidé par ceux proches de Ben Laden, voire de l’Iran elle-même, auront  les moyens militaires - y compris nucléaires - pour anéantir physiquement Israël.

L'ÉVOLUTION DE LA TURQUIE FACE À....

Et la Turquie, là-dedans ? Dans ce contexte, elle sait très bien qu’elle ne rentrera pas de sitôt dans l’Europe (sauf à “ingérer” un jour toutes les règles communautaires : elle n’en prend plus le chemin depuis l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement islamiste), pourquoi donc la Turquie, dans son intérêt propre de ne plus prendre cette direction qui l’isolerait de fait du monde musulman, et voulant légitimement occuper une place prépondérante dans ce secteur-clef du Moyen-Orient, pourquoi donc la Turquie ne serait-elle pas tentée de participer un jour ou l’autre, ne serait-ce que par une passivité complice, à cette destruction de l’état juif pour mieux assurer sa prépondérance dans cette région ?

islam-metro.jpgQuand donc, face à ces évolutions qui menacent désormais Israël de toutes parts, quand donc le gouvernement israélien cessera-t-il de mener la “politique de l’autruche ?”. Il a une responsabilité majeure dans ce qui est, aujourd’hui, la victoire du Hamas. Celui-ci ne pouvait rêver mieux ! Hamas-Netanyahu : même combat pour la destruction à terme d’Israël ! Qui eut cru un jour la chose possible ?

On en revient donc à la question posée plus haut : pourquoi le gouvernement israélien n’aide-t-il pas massivement Mahmoud Habbas, le Président modéré palestinien qui, lui, n’est ni un fanatique ni un religieux cherchant à détruire Israël ? Quand donc l’aidera-t-il de fait à construire le projet de création d’un état palestinien viable, de plein droit, garantissant des frontières communes, sures et défendables, dans une relation de paix durable ?

Nous sommes donc dans une sorte de logique à la fois politique et géographique. Et plus dans une stratégie simplement géo-politique.

Tout ceci suscite, de part et d’autre, les plus vives passions. Mais il faut prendre garde que ces passions n’aveuglent, finalement, les réalités, aussi dures et cruelles soient-elles. Le simple réalisme des faits doit l’emporter sur toute autre considération
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