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lundi, 30 novembre 2009

À PROPOS DE L'HYDRE EUROPÉENNE

BILLET du 30 NOVEMBRE 2009

Après des années de combats interminables, de tractations, de négociations, d’arbitrages et d’arrangements insondables de complexité, de scrutins contradictoires, voici que l’Europe de Lisbonne, après l’ultime scrutin irlandais et le dernier veto de la Tchéquie levé, est enfin née.

On serait tenté de pousser un “ouf !” de soulagement tant la cause paraissait parfois désespérée.

Et, aussitôt, les yeux de se tourner vers Bruxelles : le chemin était ouvert pour doter notre Europe d’une identité reconnue internationalement, d’une voix audible qui pourrait enfin s’exprimer en son nom.

 

UN PRÉSIDENT DE L'EUROPE ?

Quelle serait cette nouvelle autorité, ce nouveau visage qui l’incarnerait ? On évoquait même cette élection comme celle d’un “Président de l’Europe”, à l’image de ceux qui dirigent les grandes nations démocratiques qui comptent dans le monde. Et, ici, il ne s’agissait non plus d’une simple nation, mais d’un continent pesant plusieurs centaines de millions d’habitants, ayant même, pour beaucoup, une monnaie commune.

herman-van-rompuy.jpg Après les inévitables tractations, les européens ont enfin appris le nom de leur nouveau Président (pour 30 mois) : il s’appelle Herman Van Rompuy. C’est l’actuel Premier Ministre belge. Et, en complément, pour diriger notre diplomatie européenne, est sortie le nom d’une baronne anglaise, Lady Catherine Ashton.

Les bras nous en tombent. Qu’est-ce c’est que ce galimatias de personnalités les plus inconnues les unes que les autres, tant des citoyens européens que de la scène politique internationale, pour représenter l’Europe et parler désormais en son nom ? On attendait au moins que sorte du chapeau un fringant lapin : il n’en est sorti qu’une timide souris, flanquée d’un souriceau.

Grotesque !

Même si le texte de Lisbonne en maintenait le principe, on croyait - innocemment ? - en l’émergence d’une personnalité forte et charismatique qui aurait eu, enfin, audience au dessus de ces présidents éphémères - au rythme de deux par an - qui font qu’actuellement l’Europe change de numéro de téléphone tous les six mois. Et d’orientation au même rythme.

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dimanche, 01 novembre 2009

À PROPOS DE L'IDENTITÉ NATIONALE

BILLET DU 1er NOVEMBRE 2009

“À quoi bon relancer cette affaire ? Ernest Renan (1823-1892) a déjà tout dit”. C’est la réaction spontanée d’Alain Juppé, l’ancien Premier Ministre, à l’annonce de Mr Besson de “lancer un grand débat” sur ce sujet de l’identité nationale.

Mr Juppé, à son tour, a tout dit.

UNE FICELLE UN PEU GROSSE

À la question “pourquoi relancer le débat ?”, force est d’admettre que la ficelle est un peu grosse : chaque fois que le gouvernement, ou Mr Sarkozy, est en difficulté, il relance soit le thème de la sécurité, soit celui de l’immigration, ce dernier thème repris aujourd’hui par le biais de “l’identité nationale”. Cela relève du cynisme. Et c’est même contre-productif par rapport au problème sérieux qu’est celui de l’immigration qu'il implique.

ERNEST RENAN A DÉJÀ TOUT DIT

Autre avancée de Mr Juppé : nous vivons toujours sur l’idée de Renan, sur son célèbre discours “Qu’est-ce qu’une Nation ?”. (“L'homme n'est esclave ni de sa race, ni de sa langue, ni de sa religion, ni du cours des fleuves, ni de la direction des chaînes de montagnes. Une grande agrégation d'hommes, saine d'esprit et chaude de coeur, crée une conscience morale qui s'appelle une nation. Tant que cette conscience morale prouve sa force par les sacrifices qu'exige l'abdication de l'individu au profit d'une communauté, elle est légitime, elle a le droit d'exister” (extrait).

Une Nation, c’est, d’abord, un plébiscite permanent : à tout moment, une Nation est composée d’hommes et de femmes qui veulent la constituer. C’est la volonté nationale qui fait la Nation. En conséquence, le contenu de l’identité nationale ne cesse de varier en fonction des humeurs, des convictions et de la composition de la Nation elle-même.

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