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lundi, 14 septembre 2009

À PROPOS DE LA TAXE CARBONE

BILLET du 14 SEPTEMBRE 2009

La taxe carbone à la française ?

Cela ne servira à rien !

Sur le plan écologique, c’est une certitude. Sur le plan politique, c’est tout autre chose : nous le verrons plus bas.

SI PENDANT UN SIÈCLE....

taxe-carbone.jpgSi vous le voulez bien, rêvons quelques instants. Supposons que, “grâce” à notre taxe carbone, la France, pendant 1 siècle complet (100 ans !), parvienne à ne plus rejeter dans l’atmosphère un seul gramme de carbone : qu’y aurait-il de changé ? Sur le plan climatique, hélas, RIEN ! Ou presque. Pourquoi ? Parce que si ce type de décision n’est prise que dans notre étroit hexagone, si ce n’est pas une décision collective à l’échelle des continents, voire mondiale, si le reste de l’Europe et les États-Unis, pour le moins ensemble, ne font rien de leur côté d’aussi drastique, le climat restera ce qu’il est avec son implacable réchauffement à la clef.

L’écologie, ou du moins ses grands principes, recueillent actuellement dans l’opinion le succès qu’on lui connaît : les dernières élections (européennes) l’ont montré non sans éclat. Malgré la perspective très controversée de la taxe carbone, il est vrai que les objectifs sont séduisants. Chacun sait très bien que, si on ne fait rien dans le monde, notre planète est en grave danger. Si, notamment, la Chine se mettait à rejeter demain autant de carbone que les USA et l’Europe réunies (ce dont elle en a la capacité, sinon l’ambition), la vie sur notre planète serait condamnée à disparaître au cours des prochaines décennies.

Donc la taxe carbone, à la mode franco-française, n’a, sur le plan écologique, aucun sens. C’est clair.


Il y a aussi un autre aspect : celui politique. Qui a très peu à voir avec l’écologie par elle-même. Nicolas Sarkozy a-t-il raison de prendre seul une décision unilatérale qui va frapper assez durement les français dans leurs habitudes, tout en épargnant économiquement le reste du monde ?

POURQUOI TAXER LE CONSOMMATEUR ?

Taxer le consommateur français, c’est le faire prendre pour “le” coupable. À cause de cette taxe, va-t-il être contraint de ne plus se chauffer l’hiver ? Ou bien le condamner coûteusement à changer sa chaudière ou ses radiateurs ? Ou bien devra-t-il parcourir des kilomètres à pied, ou en auto-stop, pour gagner son lieu de travail ou faire ses courses, afin de laisser sa voiture au garage ? Particulièrement là où les transports collectifs sont rares ou inexistants ? Tout cela n’est pas très sérieux.

Si on veut donc agir, à notre petite dimension hexagonale, sur le climat, il faut donc, en priorité, agir sur le mode de production, et non sur le mode de consommation.

plastics.jpgPour exemple, les emballages des produits à la consommation nous sont "proposés". Que dis-je ? Imposés ! Ils nous coûtent non seulement une bonne part du prix d’achat du produit, mais ils contribuent aussi, puissamment, à la production de carbone.... pour leur propre éliminitation finale. Le consommateur doit-il être tenu pour responsable de ces emballages ? Est-ce que ce n’est pas plutôt le système mercantile qui nous les impose, de plus en plus luxueux, de plus en plus inutiles ; et de nous imposer aussi le “tout jetable” de tous les produits liquides ? Est-ce que ce n’est pas surtout çà qu’il faut changer ?

Cette taxe carbone est donc bien un impôt. Plus : un impôt injuste. Pis : une “usine à gaz” qu’on invente sous prétexte que l’état en remboursera une partie à des millions de français. Combien et à qui ? Suivant quels critères ? Combien de fonctionnaires en plus pour faire marcher cette usine ?

Qui, en France, n’est pas pour l’écologie ? Mais il s‘agit de savoir de quelle écologie on parle.

C'EST SURTOUT LA SCIENCE....

Une certitude : c’est surtout la science et sa capacité créative qui sauveront le monde du péril qu’il court aujourd’hui. Pas les pleurnicheries actuelles des écologistes.

Il faut cesser d’abord de diaboliser à tout crin les OGM sous n’importe quel prétexte : malgré les cris d’orfraies des professionnels imbéciles de la contestation, ils doivent au contraire permettre aux plantes de résister à la pénurie d’eau et de pouvoir éviter l’usage des engrais si dangereux pour notre nature et sa faune. Il nous faut aussi requérir la biodiversité dans nos rivières et nos forêts. Il nous faut encore encourager une architecture économique, combinant énergie solaire, pompe à chaleur et économie d’énergie domotique. Il faut enfin imposer la voiture hybride ou électrique, malgré les obsédés du compteur de vitesse, et accélérer l’utilisation des piles à hydrogène. Et puis, encore et encore, il nous faut développer l’énergie nucléaire, celle de 4ème génération, la moins polluante et la plus économique de toutes.

Aussi, il faut faire taire cette écologie de la peur et du déclin, cette écologie des aigris qui détestent la liberté des individus et n’ont qu’une idée en tête : imposer leur propre idéologie plus ou moins gauchisante, héritage d’un autre siècle, en taxant et en interdisant à tout va. De surcroît, ces gens-là sont totalement incapables d’assumer les conséquences humaines et sociales des mesures qu’ils préconisent. Laissons-les dans leur insignifiante marginalité.

Il y a donc, en matière d’écologie, mille autres choses à faire avant de créer une taxe carbone. On ne me convaincra pas du contraire.

Le problème actuel est donc le modèle de consommation mis en place par le capitalisme au cours de la deuxième moitié du XX° siècle : c’est un modèle gaspilleur, incitatif à consommer à tors et à travers. La production, ainsi abandonnée au capitalisme, n’a pas su mettre en place ses propres régulations, celles écologiques, pas plus que celles économiques dont on mesure  aujourd'hui les effets dans la crise actuelle.

Mais ce n’est pas sur le malheureux consommateur qu’il faut taper : il faut s’adresser d’abord et surtout à ceux qui ont échafaudé ce modèle.

LE RÔLE DU G 20

g20.jpgCe problème - ce grave problème majeur - est l’un de ceux dont devrait s’occuper prioritairement le G 20 chaque fois qu’il se réunit. C’est de son niveau de compétence. Contrairement à ce qu’on pourrait considérer, ce n’est pas un problème politicien mais bien un problème Politique (avec un grand “P”).

Le seul argument qu’on pourrait éventuellement prêter - mais sans certitude aucune - au Président de la République pour imposer cette nouvelle taxe aux consommateurs français, c’est celle de pouvoir arriver au G 20 avec derrière lui une France “exemplaire”, et d’être plus fort pour plaider, près de nos partenaires, une régulation écologique mondiale. C’est évidemment mieux que de représenter un pays qui n’aurait rien fait.

Mais la France, endettée comme elle l’est, si économiquement affaiblie, a-t-elle encore les moyens de cette ambition ? N’y a-t-il pas une part d’utopie dans cette volonté exprimée face à des partenaires qui freineront ce mouvement des quatre fers, parce que leur opinion n’est pas prête - mais pas prête du tout ! - à de tels efforts ? Je le crains.

Mais, depuis Don Quichotte, on connaît la force des moulins à vent.

Commentaires

Je partage l'opinion de F. VAN DE VILLE .
La taxe carbone ne sert à rien en tout cas pas à réduire la consommation de carburant des voitures.
Cette nouvelle taxe va frapper les plus pauvres qui ont besoin d'une voiture pour travailler, les plus vieux qui se chauffent plus avec des installations vétustes et qui n' ont pas les moyens de les moderniser, les agriculteurs ...
Tandis que les gros 4x4 continueront à stagner dans les embouteillages parisiens car ceux qui les conduisent se fichent pas mal de 3 à 4 cts de plus à payer .
On continuera à s'enthousiasmer dans la presse sportive des exploits de la formule 1 ( pas un écolo ne demande l'arrêt des sports mécaniques ) et à voir nos côtes souillées par ces scooter des mers , engins typiques de notre décadente envie de vitesse...
Non le moyen de réduire notre consommation de façon juste et d 'arriver à mettre en place un rationnement des hydrocarbures . Chacun aurait en fonction de sa situation droit à X litres de carburant au prix "normal". Pour ne pas entendre la maison Porsche ou Ferrari crier à la fin des libertés, ceux qui voudraient plus que leur quota pourraient acheter à prix très élevé le complément de carburant nécessaire à alimenter leur V8 sur les Champs Élysées... .
On verra alors fleurir le co-voiturage et toutes les formes d'économies d 'énergie car chacun voudra économiser ses droits. Il y aura même la possibilité pour les moins riches de vendre leur tickets et il faudra autoriser et même encourager ce marché "blanc" des tickets. Une taxe négative en somme pour encourager la baisse de consommation. Ce projet est bien sûr utopique car on va crier au retour de l'occupation...Mais c 'est une idée . Quand le pétrole va se tarir n'ira-t-on pas vers ce rationnement si les énergies de substitution ne sont pas en place ?

Écrit par : Bernard PONCHON | lundi, 21 septembre 2009

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