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mardi, 12 mai 2009

À PROPOS DU DÉCLIN DE L'UNIVERSITÉ

BILLET du 12 MAI 2009

greve.jpgCe qui se passe actuellement dans certaines universités françaises (dont la prestigieuse Sorbonne) - à savoir que des milliers d’étudiants de toutes origines sont empêchés depuis plusieurs mois d’y suivre quelque cours que ce soit - est d’une gravité dont il semble que beaucoup sous-estiment les retombées. Et même si cela ne touche qu’une minorité de pôles - toujours les mêmes - cela éclabousse, hélas, l’ensemble de l’Université de la République.

NOUS NE SOMMES PAS SEULS AU MONDE

C’est que nous ne sommes pas seuls, dans le monde, à avoir une Université. Une Université, c’est d’abord et surtout un instrument de rayonnement de la culture d’un pays, du pays qui enseigne. Mais c’est aussi, en aval, un développement économique et social boosté, des futurs emplois promis, une influence et une place dans le monde reconnues. La liste des retombées ne s’arrête pas là.

Ceci entraîne donc une vaste compétition entre les différents pays en capacité d’enseigner. Et qui dit compétition, dit aussi classement entre les meilleurs. Toutes les Universités du monde sont donc désormais classées selon la qualité reconnue de leur enseignement : c’est le redoutable classement de Shanghai. “La” référence absolue s’il en est qui sert de couperet impitoyable pour qui prétend accéder aux carrières les plus enviables.


Eh bien ce classement est de plus en plus sévère pour l’Université française : celle-ci ne cesse de céder le pas d’année en année, et particulièrement en Europe. Les diplômes que l’Université française attribue à ses étudiants sont désormais très dévalués, et les portes les plus convoitées se ferment devant ses étudiants. Même pour ceux les plus méritants.

Alors, lorsqu’on entend aujourd’hui des étudiants grévistes vouloir nier cette réalité-là et entretenir l’illusion, quand on les voit parallèlement perpétuer une grève que plus grand chose ne justifie au regard des vrais enjeux, on a envie de crier à l’imposture.

UN SUICIDE COLLECTIF

Il n’y a aucun exemple dans le monde qu’une grève dans des universités dure ainsi des mois et des mois sans qu’aucun cours ne puisse y être dispensé. Il n’y aucun exemple dans le monde d’un tel suicide collectif.

Car c’est bien d’un suicide collectif qu’il s’agit : suicide pour le renom de notre Université, suicide social pour ces étudiants et/ou leur famille qui doivent supporter de lourdes charges sans que leur savoir puisse s’enrichir ni leur diplôme être assuré, suicide pour la valeur de ses diplômes, suicide pour les futures retombées économiques, suicide pour l’image même de notre pays. On atteint là un niveau d’inconscience d’une extrême gravité.

Il nous faut donc mettre en garde tant les professeurs que les étudiants contre ce “jusqu’au-boutisme” qui n’a plus de raison d’être. En effet les grévistes ont obtenu gain de cause sur l’essentiel de leurs préoccupations premières : les suppressions de postes, la réécriture du décret touchant le statut des professeurs et - partiellement, il est vrai - la mastérisation (formation des enseignants). Sans se prononcer sur le fond, ils ont obtenu 80 ou 90% de leurs revendications. Dans ce cas-là, il faut donc savoir terminer une grève. Et, aujourd'hui, il est urgent de la terminer.

DES MÉTHODES FASCISTES DICTATORIALES

Or, comme toujours, on a à faire essentiellement à environ 5% d’étudiants “jusqu’au-boutistes” qui parviennent à bloquer 95% d’autres étudiants qui, eux, veulent suivre leurs cours. Ces 5% là appartiennent surtout au courant NPA (Besancenot) ou encore au syndicat Sud, et avec l’appui de quelques altermondialistes égarés.

Mais il faut surtout dénoncer que ces 5% là utilisent à leur fin des méthodes fascistes - et dans la grande tradition du fascisme rouge des pires dictatures ! - avec l’emploi de la violence, du noyautage antidémocratique, des assemblées générales fictives. Ils utilisent des barres de fer, des chaînes, des cadenas, du mobilier pour bloquer les entrées. Ils dégradent aussi les locaux pour les rendre inutilisables, ils détruisent ou pillent le matériel éducatif : facile, ce n’est pas eux qui payent ! Et on va même maintenant - c’est nouveau ! - jusqu’à faire des agrandissements de photos d’étudiants qui leur sont sont hostiles pour les afficher et les exposer au lynchage “populaire” ! Quand je vous disais que ce sont des “fascistes”....

Et tout cela est appuyé, bien sur, par l’extrême-gauche et par quelques “intellectuels” gauchisants.

ON SERT LA SOUPE AUX GRANDES ÉCOLES

Il faut pourtant être réaliste quant aux conséquences : ces étudiants-là sont en train de “servir la soupe” aux “grandes écoles”, celles où on doit payer très cher les études, au détriment de l’Université de la République.

Résultat ? Les chefs d’entreprise - et même l’État ! - recherchent désormais et offrent des emplois principalement aux étudiants qui ont pu suivre un cursus d’études hors tous ces tumultes, c’est-à-dire ceux qui sortent de ces “grandes écoles”.

J’entendais récemment un membre éminent des commissions nationales de recrutement (des futurs professeurs, assistants ou divers conférenciers) : il expliquait que lorsqu’il recevait les dossiers de candidature, ceux qui émanaient d’étudiants issus de nos Universités étaient immédiatement écartés, et on ne gardait pour les examiner avec attention que ceux venant des “grandes écoles” (ah les normaliens de la Rue d’Ulm, ou ceux de St Cloud ! etc...).

MÊME DES EXAMENS "ALLÉGÉS" !

Face à ce blocage qui touche aussi, en conséquence, la tenue des examens d’évaluation, un grand quotidien national a organisé récemment un sondage près de ses lecteurs pour savoir s’il était préférable de reporter ces examens en Septembre (en espérant que d’ici là les étudiants pourraient suivre des cours “intensifs” de rattrapage, ce qui est et demeurera un leurre qui ne trompera personne quant à la qualité du travail subi dans de telles conditions), ou s’il fallait aménager des sessions d’examens “allégés” : résultat, plus de 26% des sondés se sont déclarés favorables à des examens “allégés”, c’est-à-dire basés sur la seule partie des cours qui ont pu être dispensés pendant les quelques rares mois où cela fut possible ! Français, ton Université f.... le camp ! !

Enfin, on a vu aussi des étudiants grévistes s’en prendre à des présidents d’université qu’ils considéraient comme étant trop dociles face au “pouvoir”. Or ces mêmes étudiants réclamaient parallèlement la fin de l’autonomie des universités pour remettre celles-ci sous la tutelle.... de l’État ! C’est grave de contradictions  : ils sont devenus fous !

Faut-il, pour finir cet exposé, évoquer le cas de ces nombreux étudiants “étrangers” - issus pour la plupart de pays du tiers-monde -  venus en France pour se former et ce, souvent, au prix de sacrifices inouïs. Pour ceux qui ont été bloqués dans leurs études (et de quelle façon !), quelle image de la France véhiculeront-ils à leur retour chez eux ?

Le résultat est impitoyable pour nos universités : 28% des étudiants étrangers vont désormais faire leurs études aux USA, 15% en Grande-Bretagne, 12% en Allemagne et seulement 9% en France, dont pratiquement très peu d'européens. À l’heure où l’on évoque la construction de l’Europe, c’est peu glorieux pour la France.

DES REVENDICATIONS CORPORATISTES

Ce qui est profondément déplorable dans ce mouvement, ce ne sont pas seulement les grèves elles-mêmes, mais surtout  ses objectifs : les revendications sont essentiellement corporatistes. De la part d’un mouvement qui prétend vouloir être “révolutionnaire”, où est la logique ? Rien en faveur du savoir, rien pour l’université elle-même et son avenir, rien pour la recherche, rien pour le progrès, etc.... Cela ne les intéresse apparemment pas.

Ces 5% sont simplement contre le gouvernement de droite actuel...., comme hier ils étaient contre les gouvernements de gauche. Rien n’a changé depuis : ils sont contre tous les gouvernements !

Et pourtant la place et le rôle de l’Université, c’est autrement plus important que la politique politicienne. Ces gens-là n’ont rien compris.

Commentaires

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Écrit par : Sandrine FUCHIRAN | samedi, 23 mai 2009

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