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mercredi, 21 janvier 2009

À PROPOS DE LA PRISE DE POUVOIR D'OBAMA

BILLET du 21 JANVIER 2009

obama.jpgCe mardi 20 Janvier 2009 n’est pas un jour ordinaire. Non pas du tout parce qu’au terme d’un mandat de 8 ans G.W. Bush a laissé - enfin ! - la place à Barack Obama, après plus de deux mois d’une interminable attente. C’est tout autre chose. Il s’agit bien d’une révolution : un homme de couleur a pris les rênes de la plus grande démocratie du monde, à la place d’un président qui a incarné tout ce que la vieille amérique corsetée portait d’étroite désuétude.

UNE IMMENSE ATTENTE

Le monde a, ce jour, changé. Notre regard sur ce continent ne sera plus jamais le même. Mais, phénomène inhabituel, le monde entier attend d‘Obama autant - sinon plus encore - que les américains eux-mêmes attendent de leur nouveau Président.

Que peut-il donc se passer désormais ?

Face au bilan de G.W. Bush qui laisse, après 8 années de pouvoir, les U.S.A. dans un état de délabrement inégalé, Obama ne peut qu’apporter du neuf. Du moins peut-on l’espérer, car le pire serait fort difficile à atteindre. Pendant ces 8 années, les U.S.A. ont perdu du terrain dans tous les domaines, que ce soit sur le plan militaire, sur le plan économique, ou encore sur celui moral. Rarement ils ont autant reculé.

Entr’autres raisons, cette désastreuse aventure irakienne, décidée sur un coup de tête basé sur le mensonge, sans aucun fondement réel, qui a eu pour résultat principal de donner le pouvoir à des chiites et à l’Iran sur des millions d’êtres humains. Donc de porter un coup fatal à toute idée de démocratie, pour confier ce pouvoir à des féodaux resurgis de la plus profonde antiquité.

Pourtant, ces derniers mois, G.W. Bush a, sur le plan économique, fait un important virage : il a abandonné l’ultra-libéralisme dont il était jusqu’ici le chantre inconditionnel. Certes sous le poids de la conjoncture internationale qui ne lui laissait d’ailleurs plus grand choix. Il est soudain devenu l’acteur obligé d’un timide interventionnisme, sans obtenir d’ailleurs de grands résultats.


LA DÉGRADATION DE L'IMAGE US

Mais, le plus important à mes yeux est la dégradation de l’image des U.S.A. à travers le monde. Il y a peu d’années encore, le Président US était le leader incontesté du monde libre. Se rappeler, si besoin, l’unanimité qui a rassemblé la plupart des pays autour de la première campagne d’Irak. Nul ne contestait alors ce leadership.

Mais, depuis, il y a eu Guantanamo, la légalisation de la torture, la création de caches pour emprisonner de prétendus suspects à travers toute l’Europe de l’Est, ces actions secrètes et condamnables qui choquaient au plus profond nos consciences. Cela a profondément dégradé l’image de l’Amérique, et de manière durable. Bush, par des décisions si peu conformes à l’idéal américain, a discrédité avec lui l’ensemble de son peuple. Il était donc devenu important que son clan perde l’élection présidentielle pour faire place à un autre regard.

L'INFLUENCE DE L'EUROPE RÉTABLIE

On peut pourtant aussi, étrangement, le remercier. Bush, en dégradant l’image des U.S.A., en diminuant leur influence, a permis à l’Europe de reprendre place dans le concert des nations, de peser d’un poids qu’on ne lui reconnaissait plus, d’être de nouveau écoutée et libre de ses initiatives.

On se souvient de ce terme méprisant de Bush, au début de la nouvelle guerre d’Irak, sur la “vieille Europe” quand celle-ci condamnait sa nouvelle intervention. Les pays ex-communistes d’Europe n’écoutaient alors que Bush et applaudissaient à l’idée qu’ils incarnaient, eux, la “nouvelle Europe” face à l’autre, la “vieille”. Et ils attendaient l’effondrement de ces “vieux pays” pour devenir le nouveau moteur européen, sous l’impulsion américaine et à son exemple. Depuis, les choses ont bien changé : le modèle européen, avec ses libertés et ses protections sociales, a repris le pas sur celui US dont on découvrait les graves dérives.

Ce modèle américain a donc cessé d’être un modèle. Bush n’a pas seulement perdu sa guerre en Irak, il a aussi perdu une guerre morale, comme celle économique. Des chefs d’état qui voulaient calquer leur conduite sur le modèle américain se sont soudain découverts européens. Même Nicolas Sarkozy, qu’on taxait il y a peu encore “d’américain”, a endossé une nouvelle casquette : celle de “Sarkozy l’européen”. Sa fascination américaine semble s’être largement émoussée. Tant mieux. On pourrait dire, sans trop rire : “merci Mr Bush pour nous avoir permis d’être de nouveau européen en Europe”.

Ce miracle européen durera-t-il pourtant sous le nouvel effet Obama ? La question mérite d’être posée.

Certains commentateurs avancent déjà que les relations entre Obama et Sarkozy pourraient devenir plus difficiles à l’avenir. Ils observent que, malgré ses efforts, Nicolas Sarkozy n’est pas parvenu à être reçu par Obama depuis son élection en Novembre. Il y aurait aussi, notamment, des approches différentes entre les deux hommes en ce qui concerne l’Afghanistan, comme sur le problème de l’Otan.

Il ne s’agit donc pas de faire aujourd’hui de l’anti-américanisme, surtout quand le nouvel héros est porté par une telle vague mondiale. Mais qu’en sera-t-il de l’immense attente qu’il a réalisée autour de son élection.

NE SERAIT-CE QUE 10% DE L'ATTENTE....

Si Obama parvient à réaliser ne serait-ce que 10% de tout ce qu’on attend de lui, il sera demain un héros face à l’Histoire. Mais aussi, derrière lui, avec un inévitable cortège de déceptions.

Obama, ne l’oublions pas, est d’abord un américain avant d’être un démocrate. Il a d’ailleurs déjà réduit la voilure de ses promesses électorales. C’est une conception politique qu’on connaît peu en France avec nos traditionnels clivages droite-gauche. Peut-on imaginer chez nous un Président qui dirait “je suis d’abord français avant d’être prisonnier des promesses du programme sur lequel vous m’avez élu” ? Inimaginable ! Entre les U.S.A. et nous, il existe réellement un insondable fossé de culture politique.

Il est donc tout-à-fait ridicule de tout espérer du nouveau Président américain. Sa marge de manœuvre est très étroite face à ce qu’en attendent les européens. Et quant à ce qu’en attendent les autres pays en voie développement.... Les déceptions seront immenses.

Je lisais récemment que G.W. Bush aurait aussi contribué à redonner des couleurs à l’extrême-gauche en Europe. Je ne sais si cela est vrai. Mais il est vrai qu’il a fait du libéralisme un mot maintenant honni là où il ne suscitait jusqu’ici que des réserves prudentes. Il est certain qu’il a redonné des couleurs à un anti-américanisme primaire à travers le monde.

LE MEILLEUR ET LE PIRE

Que nous réserve donc cette nouvelle ère Obama ? Je crains que ce soit le meilleur et le pire à la fois. Face à cela, l’Europe doit donc continuer d’exister et de parler d’une seule voix face à un réveil américain qui défendra surtout.... les intérêts américains. Des illusions à ce sujet seraient gravement coupables.

Commentaires

Bonjour,
je suis tombee sur votre blog non pas en cherchant un article sur le nouveau president americain mais en cherchant des infos sur Valenciennes..........ce qui est amusant c'est que nous vivons aux USA et avons donc vecu la campagne et l'inauguration de pres....de bien pres meme car nous sommes dans un "swing state" et les candidats ont ete tres presents dans notre petit coin de l'Ohio....
revenons a nos moutons.....le prochain poste de mon mari serait a Valenciennes et je recherche un quartier ou vivre avec nos enfants. L'important pour nous serait un environnement de qualite sur le plan culturel. De bonnes ecoles, des activites (musique, danse, sports) et un quartier ou il fait bon vivre. Idealement, un quartier historique....ces maisons de maitre en briques rouges ou en pierre me font rever.
Auriez-vous un peu de temps a me consacrer pour m'orienter?
Si ce n'est pas le cas, je vous suis deja reconnaissante pour ce blog qui projette une image tres positive de Valenciennes et de son patrimoine. Voila de quoi m'aider a apprecier cette ville qui sera notre future maison.

Écrit par : Mireille LEFRANC | dimanche, 25 janvier 2009

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