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lundi, 12 janvier 2009

À PROPOS D'ISRAËL ET LE HAMAS

BILLET du 12 JANVIER 2009

Palestine.jpg800. Ils sont déjà plus de 800 ceux, hommes, femmes, enfants, vieillards, qui sont tombés depuis le début de ce soudain conflit. Demain encore, combien s’ajouteront à cette macabre addition. Ces images insoutenables d’enfants explosés, on ne peut se contenter d’en faire un bilan comptable.

UNE GUERRE POUR QUOI FAIRE ?

Mais la question qu’on se pose aujourd’hui face à ce conflit : c’est “pour quoi faire ?”

On peut fort bien comprendre qu’Israël réagisse à ces centaines de roquettes quotidiennes lancées depuis Gaza par le Hamas, visant au hasard civils, habitations, équipements sociaux, mais jamais de cibles stratégiques ou militaires  spécifiquement désignées. La volonté d’Israêl d’arrêter cette agression permanente contre sa population et de protéger ses citoyens est un droit que nul ne peut lui nier.

Et pourtant ceci ne répond pas aux questions : “À quoi sert ce nouveau conflit ? Est-ce que çà ne va pas être une nouvelle catastrophe comme l’intervention au Liban ? Est-ce que çà peut réussir ?”.

Réussir à quoi ? Pour l’instant, en matière de réussite, on y perçoit surtout trois inconvénients majeurs :
• d’abord, le Hamas n’attendait que cela. C’est le même problème que Bush en Irak : çà fait monter les fondamentalistes, çà fait monter l’islamisme radical, le terrorisme. Et ce d’autant que les dirigeants du Hamas ne sont pas dans la bande de Gaza mais confortablement installés en Syrie d’où ils pilotent tout, c’est-à-dire bien à l’abri de tous ces assauts guerriers.
• ensuite l’opinion publique : face aux images d’horreur diffusés dans les médias, elle se mobilise de plus en plus contre Israël
• enfin, et ceci est beaucoup plus grave, çà affaiblit considérablement les palestiniens modérés qui sont prêts à négocier avec Israël, c’est-à-dire Mahmoud Abbas, le Président de l’Autorité Palestinienne et les siens. Alors qu’eux sont des laïcs, pas des fanatiques religieux irresponsables, ni des fondamentalistes, et que c’est évidemment avec ces modérés qu’il fallait faire la paix.

L’énorme responsabilité d’Israël dans cette affaire est de n’avoir pas fait une politique massive, interventionniste et volontariste pour aider ces palestiniens modérés. Depuis au moins un an, les israéliens ne leur ont rendu aucun service, alors qu’eux étaient prêts à négocier.


LA VICTOIRE DU HAMAS

Le résultat ? Le Hamas n’a fait que grimper pendant ce temps-là dans l’opinion palestinienne, et nul n’imagine que cette guerre puisse l’affaiblir.

Certains n’hésitent pas à avancer que cette guerre ne serait qu’une stratégie électorale puisque des élections doivent prochainement se dérouler en Israël où la lutte entre “colombes” et “faucons” y fait aveuglèment rage. Si cela était vrai, ce serait une guerre irresponsable, gravement coupable. Et les tirs de roquettes n’auraient alors été qu’un prétexte fort commode pour donner un avantage à un clan, face à l’autre dans la conquête du pouvoir.

Mais n’en rajoutons pas : nul ne peut comparer la démocratie israélienne avec le terrorisme fou et dictatorial du Hamas.

Si l’on revient donc à définir les responsabilités de cette guerre, même si elles sont partagées entre la Hamas - qui avait tout intérêt à la déclencher - et Israël, si l’on se base sur le long terme, je n’hésite pas à affirmer que la responsabilité principale revient, hélas, à Israël, quels que soient mes fidèles sentiments d’amitié pour ce peuple courageux.

Pourquoi ? Parce qu’Israël a laissé pourrir la bande de Gaza : il en a fait une sorte de prison à ciel ouvert, derrière de hauts murs infranchissables, à l’intérieur desquels tous ses habitants, qu’ils soient modérés ou extrémistes, se sentent enfermés, privés de tout ce qui fait que la vie puisse y être supportable.

Cette “extrèmisation” des palestiniens dans la bande de Gaza a été imposée unilatéralement par Israël. Alors que les palestiniens de la Cisjordanie n’ont pas évolué dans le même sens : eux, y respirent un peu mieux.

Cette politique à courte vue d’Israël est, hélas, suicidaire. Car, à long terme, on peut aller jusqu’à se demander quel est l’avenir de l’état d’Israël. Il est consternant de constater qu’Israël privilégie le seul court terme, sans se rendre compte qu’il se condamne lui-même.

Cette politique n’a pas d’avenir. Et parce que je suis un partisan résolu de l’existence de l’état d’Israël, j’affirme que la politique qu’il poursuit depuis des années est gravement suicidaire. Et cette nouvelle guerre n’arrange pas du tout les choses, loin de là.

Ce qui ne veut pas dire que j’approuve la décision du Hamas de rompre la trêve, même si chacun savait son caractère d’extrême fragilité. La décision du Hamas était bien belliciste. Mais elle ne pouvait que lui profiter puisqu’elle laisse un grand vaincu : le Président Abbas qui, lui, sombre totalement dans cette affaire. Ceci est très préoccupant.

Le petit peuple palestinien est donc non seulement désormais divisé territorialement - entre Gaza et la Cisjordanie - mais aussi entre deux forces politiques qui, toutes deux, revendiquent leur souveraineté.

Dans la situation actuelle, l’avantage, de par la politique israélienne, va au Hamas. Voici donc un peuple qui, il y a peu encore, était considéré comme un peuple fin, lettré, laïc, remarquablement modéré au sein du monde arabe. Israël en a fait aujourd’hui un peuple majoritairement enragé. Quand on est aujourd’hui palestinien, on ne peut être que dans la rue, face à Israël qui en fait un peuple martyr.

Alors que si Israël, avec un peu plus d’habilité et d’intelligence, avait voulu affaiblir durablement le Hamas, il fallait que les palestiniens de la bande de Gaza, territoire à peine plus étendu que Paris intra-muros, créé de toute pièce par Sharon qui l’a évacué sur des frontières qu’il a lui-même tracées, soient heureux d’y vivre, leur donne de l’espoir. Et non les enfermer comme dans une prison, privés de tout. Or Israël a fait exactement l’inverse.

UNE ATTITUDE IMBÉCILE

C’est une attitude imbécile et incompréhensible. Il fallait, tout au contraire, aider spectaculairement le Président Abbas en répondant, quand il en était encore temps, à ses appels incessants pour la création d’un état palestinien indépendant, cohabitant pacifiquement aux côtés de celui d’Israël. Et non rogner sans cesse son autorité par des marchandages de boutiquiers susceptibles et à courte vue.

Le sentiment de frustration est aujourd’hui profond dans les deux camps palestiniens. Israël a commis l’irréparable. Hélas.... Et le Hamas a déjà gagné cette guerre : les tanks israéliens aux portes de Gaza ne sont qu’illusion.

Et si, aujourd’hui, on œuvrait enfin pour mener le Hamas autour d’une table de négociation ? Groupe terroriste, objectera-t-on ? Oui, c’en est un. Mais quelle autre solution, puisqu’aujourd’hui on a plus laissé de place pour une autre alternative ?

Le cœur arraché, certes. Mais il est devenu urgent d’être réaliste.

Commentaires

N'étant pas un expert militaire, je m'abstiendrai de juger si les bombardements israéliens sur Gaza auraient pu être mieux ciblés, moins intenses.

N'ayant, depuis des décennies, jamais pu me résoudre à distinguer entre bons et mauvais morts ou, comme disait Camus, entre «victimes suspectes» et «bourreaux privilégiés», je suis évidemment bouleversé, moi aussi, par les images d'enfants palestiniens tués.

Cela étant dit, et compte tenu du vent de folie qui semble, une fois de plus, comme toujours quand il s'agit d'Israël, s'emparer de certains médias, je voudrais rappeler quelques faits.

1. Aucun gouvernement au monde, aucun autre pays que cet Israël vilipendé, traîné dans la boue, diabolisé, ne tolérerait de voir des milliers d'obus tomber, pendant des années, sur ses villes : le plus remarquable dans l'affaire, le vrai sujet d'étonnement, ce n'est pas la «brutalité» d'Israël - c'est, à la lettre, sa longue retenue.

2. Le fait que les Qassam du Hamas et, maintenant, ses missiles Grad aient fait si peu de morts ne prouve pas qu'ils soient artisanaux, inoffensifs, etc., mais que les Israéliens se protègent, qu'ils vivent terrés dans les caves de leurs immeubles, aux abris : une existence de cauchemar, en sursis, au son des sirènes et des explosions - je suis allé à Sdérot, je sais.

3. Le fait que les obus israéliens fassent, à l'inverse, tant de victimes ne signifie pas, comme le braillaient les manifestants de ce week-end, qu'Israël se livre à un « massacre » délibéré, mais que les dirigeants de Gaza ont choisi l'attitude inverse et exposent leurs populations : vieille tactique du «bouclier humain» qui fait que le Hamas, comme le Hezbollah il y a deux ans, installe ses centres de commandement, ses stocks d'armes, ses bunkers, dans les sous-sols d'immeubles, d'hôpitaux, d'écoles, de mosquées - efficace mais répugnant.

4. Entre l'attitude des uns et celle des autres il y a, quoi qu'il en soit, une différence capitale et que nont pas le droit dignorer ceux qui veulent se faire une idée juste, et de la tragédie, et des moyens d'y mettre fin : les Palestiniens tirent sur des villes, autrement dit sur des civils (ce qui, en droit international, sappelle un «crime de guerre») ; les Israéliens ciblent des objectifs militaires et font, sans les viser, de terribles dégâts civils (ce qui, dans la langue de la guerre, porte un nom - «dommage collatéral» - qui, même s'il est hideux, renvoie à une vraie dissymétrie stratégique et morale).

5. Puisqu'il faut mettre les points sur les i, on rappellera encore un fait dont la presse française s'est étrangement peu fait l'écho et dont je ne connais pourtant aucun précédent, dans aucune autre guerre, de la part d'aucune autre armée : les unités de Tsahal ont, pendant l'offensive aérienne, systématiquement téléphoné (la presse anglo-saxonne parle de 100 000 appels) aux Gazaouis vivant aux abords d'une cible militaire pour les inviter à évacuer les lieux ; que cela ne change rien au désespoir des familles, aux vies brisées, au carnage, c'est évident ; mais que les choses se passent ainsi n'est pas, pour autant, un détail totalement privé de sens.

6. Et quant au fameux blocus intégral, enfin, imposé à un peuple affamé, manquant de tout et précipité dans une crise humanitaire sans précédent (sic), ce n'est, là non plus, factuellement pas exact : les convois humanitaires n'ont jamais cessé de passer, jusqu'au début de l'offensive terrestre, au point de passage Kerem Shalom ; pour la seule journée du 2 janvier, ce sont 90 camions de vivres et de médicaments qui ont pu, selon le New York Times, entrer dans le territoire ; et je n'évoque que pour mémoire (car cela va sans dire-encore que, à lire et écouter certains, cela aille peut-être mieux en le disant...) le fait que les hôpitaux israéliens continuent, à l'heure où j'écris, de recevoir et de soigner, tous les jours, des blessés palestiniens.

Très vite, espérons-le, les combats cesseront. Et très vite, espérons-le aussi, les commentateurs reprendront leurs esprits. Ils découvriront, ce jour-là, qu'Israël a commis bien des erreurs au fil des années (occasions manquées, long déni de la revendication nationale palestinienne, unilatéralisme), mais que les pires ennemis des Palestiniens sont ces dirigeants extrémistes qui n'ont jamais voulu de la paix, jamais voulu d'un État et n'ont jamais conçu d'autre état pour leur peuple que celui d'instrument et d'otage (sinistre image de Khaled Mechaal qui, le samedi 27 décembre, alors que se précisait l'imminence de la riposte israélienne tant désirée, ne savait qu'exhorter sa «nation» à «offrir le sang d'autres martyrs» - et ce depuis son confortable exil, sa planque, de Damas...).

Aujourd'hui, de deux choses l'une. Ou bien les Frères musulmans de Gaza rétablissent la trêve qu'ils ont rompue et, dans la foulée, déclarent caduque une charte fondée sur le pur refus de l'«entité sioniste» : ils rejoindront ce vaste parti du compromis qui ne cesse, Dieu soit loué, de progresser dans la région-et la paix se fera. Ou bien ils s'obstinent à ne voir dans la souffrance des leurs qu'un bon carburant pour leurs passions recuites, leur haine folle, nihiliste, sans mots-et c'est non seulement Israël, mais les Palestiniens, qu'il faudra libérer de la sombre emprise du Hamas.
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J'ai rarement lu autant de bêtises, voila la réponse de BHL et je verrai s'il y a lieu d'en rajouter.
Le bloc-notes de Bernard-Henri Lévy - Libérer les Palestiniens du Hamas

Le Point

10/01/2009

Bernard-Henri Lévy

Écrit par : Jean-Alain ROUX | mercredi, 14 janvier 2009

Il aurait fallu qu’Israël se montre bienveillante et renonce à ses droits dans les négociations avec Mahmoud Abbas, Président de l’autorité palestinienne, mais qui n’exerce pas son autorité à Gaza où le Hamas, par un coup d’état, a pris le pouvoir et éliminer toutes les formes d’opposition. Lequel Hamas a consigné dans sa chartre l’éradication de l’état d’Israël, objectif partagé et cher au Président iranien Ahmadi Nejad, et pilonne depuis maintenant 8 ans la population civile d’Israël.
Il y a eu Munich et tous ces utopistes imbéciles qui ont cru que l’on pouvait sauver la paix en signant un pacte avec le diable Adolf Hitler, Führer du 3 ème Reich Nazi. Aujourd’hui il ne s’agit plus de dictature Nazi mais bien de dictature Islamiste, à commencer par celle de l’Iran qui avec le Hezbollah et le Hamas place ses pions pour la révolution mondiale, avec la bénédiction de son allié de toujours la Syrie. Peut être veut on nous faire que la Charia est compatible avec la déclaration des droits de l’homme ?
Pour développer l’argumentation soutenue dans cet article il faut soit être un « utopiste imbécile », ou être particulièrement fourbe.
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RÉPONSE :
Je maintiens, persiste et signe. Je refuse de m'enfermer dans ce stérile passéisme qui nous a conduits dans l'impasse actuelle.
François VAN DE VILLE

Écrit par : Jean-Alain ROUX | vendredi, 16 janvier 2009

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