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dimanche, 27 avril 2008

À PROPOS de la FAIM dans le MONDE

377829476.jpgBILLET du 27 AVRIL 2008

1.200.000.000....

Oui, vous avez bien lu : selon un rapport publié par les Nations unies, ce sont 1 milliard 200 millions d’êtres humains qui seront touchés par la faim dans les 15 prochaines années. Certains économistes évoquent même le chiffre vertigineux de 2 milliards de mourants potentiels. Un vrai cauchemar ! Une grave menace pour la paix du monde.

L’actuelle flambée des prix des produits alimentaires qui gagne le monde entier, et les émeutes qu’elle engendre dans les pays les plus pauvres (aujourd’hui une trentaine, demain ± 60 ?), ne sont que les prémices de cette crise qui nous menace tous. Crise d’une toute autre importance que nos petites cuisines politiques internes.

La faim dans le monde n’est pourtant pas un phénomène nouveau. Mais c’est bien la première fois qu’elle atteint de telles proportions. Plus grave : personne ne s’y attendait et n’a vu arriver la crise. On se croyait protégé plus ou moins par la mondialisation dont l’un des objectifs était de réduire les inégalités entre pays pauvres et ceux plus riches. Mais ce bouclier est aujourd’hui mis en échec : il y a eu depuis un an ±50% d’augmentation des prix des matières premières, et notamment d’un certain nombre de nourritures de base qui, dans nombre de pays les plus pauvres, ont même atteint parfois des hausses de 90%.

La malnutrition, il faut le savoir, n’est pas une situation passagère où il suffirait d’attendre quelque peu pour en effacer les effets : non, elle est un fléau qui laissera, notamment chez les enfants en bas âge, des traces qui se perpétueront leur vie entière. D'où l'urgence de s'en préoccuper.

POURQUOI EN SOMMES-NOUS ARRIVÉS LÀ ?

Il y a au moins 2 causes principales à ce drame :

a/ l’augmentation de la demande, notamment venant de l’Inde et de la Chine. Ce devrait être une bonne nouvelle en soi, surtout de la part de pays qui étaient, voici peu encore, considérés comme pauvres. En devenant moins pauvres, voilà qu'ils se sont mis à consommer davantage.

b/ on a ensuite investi massivement dans les biocarburants, et là les écologistes portent une énorme part de responsabilité. Les biocarburants en provenance des cultures céréalières privent de façon croissante les populations de ressources alimentaires vitales.

L'AGRICULTURE MONDIALE N'EST PLUS EN CAPACITÉ....

Aujourd’hui, l’agriculture mondiale n’est plus capable de faire vivre tous les habitants de la planète. Et le développement de l’hygiène et de la médecine ont accru cette crise en faisant croître la natalité et prolonger la durée de vie des populations.

C’est outrageant de devoir dire et écrire cela, mais c’est une réalité que nul ne peut ignorer aujourd’hui.

La population mondiale croit donc aujourd’hui plus vite que l’agriculture est en capacité de se développer et de produire.

Qu’on le veuille ou non, force est donc de constater que les écologistes - je suis obligé d’y revenir - ne sont pas à la hauteur des problèmes posés et leur responsabilité dans cette crise est énorme.

Les questions d’environnement sont choses trop sérieuses pour être laissées entre certaines mains irresponsables. Certains de nos "écolos" ne cessent de nous proposer des gadgets, ou des fausses solutions qui ne prennent pas les problèmes dans leur ensemble. Et les biocarburants se révèlent aujourd’hui une véritable catastrophe, non seulement sur le plan environnemental, mais en raison de la réduction de la capacité mondiale de nourrir l’humanité.

Autre responsabilité, qui découle aussi de cette désinformation insidieuse, les institutions internationales - comme la Banque Mondiale, le F.M.I. ou encore l’Europe - n’ont cessé de pousser dans le sens de la réduction de la production agricole. On se souvient encore des discours où l’on exposait que l’Europe était installée sur des montagnes de beurre et qu’on ne savait plus quoi faire des excédents.

Il faut saluer à ce propos l’attitude de la France - et de Jacques Chirac en particulier - qui, certes, pour d’autres raisons tout-à-fait égoïstes ou électorales, ont toujours été un frein face aux arguments de nos partenaires qui exigeaient avec force des réductions drastiques de notre production alimentaire.

Il va donc falloir faire une “marche-arrière toute” par rapport à ces théories et relancer dans l’urgence notre production agricole. Et plus du tout pour faire essentiellement des biocarburants (qui, soit dit au passage, nécessitent aussi l’utilisation de produits pétroliers pour leur propre fabrication), mais pour produire surtout des aliments. Car c'est bien là qu'il y a urgence et priorité.

L'EUROPE DOIT CHANGER DE STRATÉGIE ALIMENTAIRE

C’est bien un changement de stratégie du tout au tout que va devoir entreprendre l’Europe.

Ensuite, il faut observer aussi qu'on a jeté en France une sorte d’anathème sur les OGM. Or c’est bien par la recherche, notamment sur cette filière, qu’on parviendra à améliorer sensiblement notre production alimentaire. Car il nous faut produire plus et mieux.

Ô, ce n’est pas pour çà qu’il faut laisser faire n’importe quoi à propos des OGM : la manipulation génétique est toujours fort délicate. Mais l’attitude de certains écologistes, plus assoiffés de médiatisation que d'intérêt général et qui cherchent à diaboliser cette science, relève du fanatisme imbécile. Les OGM, bien maîtrisés par une recherche soutenue, seront demain l’un des éléments essentiels d’amélioration de notre productivité.

Aujourd'hui, la désinformation organisée du public par ces gens à courte vue fait privilégier le court terme sur le long terme.

La France ne peut pas devenir plus longtemps encore victime de ces lobbies anti-OGM,. Plus ou moins soutenus d'ailleurs par de puissants groupes internationaux qui trouvent tout intérêt à l’affaiblissement de notre recherche scientifique pour diminuer la place de notre industrie agro-alimentaire sur les marchés mondiaux. Et ce serait oublier aussi que c’est par la recherche, entreprise en France depuis le 18° siècle, qu’on a permis à celle-ci de nourrir aisément sa population. Va-t-on rétrograder ?

LE PRINCIPE DE PRÉCAUTION ? SUICIDAIRE !

On agite aussi pour cela le fameux “principe de précaution” pour freiner toute entreprise. Or, soyons clair : le principe de précaution est un principe suicidaire dans la majorité des domaines. Il faut le dénoncer clairement. On marche complètement sur la tête. Ce principe est devenu un système de régression de la recherche, de la science et de tout développement. Il doit surtout inciter à plus de vigilance, mais pas contrer la recherche.

Pour résumer, je crois que nous sommes aujourd’hui à une époque charnière. Nous avons vécu sur la lancée des années 90 où le mot d’ordre était à la réduction des productions agricoles et à la domination écrasante du type de capitalisme anglo-saxon. Cette époque-là se referme avec force et dans la violence.

Nous risquons maintenant d’assister à une sorte de guerre des modèles de capitalismes : on voit par exemple que la Chine - qui ne s’en sort pas si mal que çà dans nombre de domaines - pratiquer une sorte de capitalisme à forte implication étatique. Est-ce que cela n’implique pas de notre part  une autre stratégie pour notre production ?

Il est urgent d’y réfléchir.

Commentaires

Bonjour François,
La tournure des évènements n'est pas pour rassurer : de l'évolution méprisante de la Chine des JO jusqu'à la faim menaçante qui va entraîner la révolte, tous les ingrédients pour un nouveau conflit mondial sont réunis hélàs.
Jamais nous n'aurons été aussi près de cette triste année 36 de Berlin !!!! ALLEZ, François BAYROU - que je salue - car je pense bien à lui et sa déception pour le résultat de PAU. Je sais qu'il est un battant et il ne va pas en rester là il n y a qu'à voir son parcours pour s'en convaincre !!!!
Amicalement
Yvon

Écrit par : Yvon RODRIGUEZ | lundi, 28 avril 2008

Très intéressant votre article, il y a malheureusement beaucoup d'enfants dans cette situation et la honte que nous ne pouvons pas aider tout le monde.

Écrit par : MUNCACLU Anca-Germany | mardi, 05 juillet 2011

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