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mercredi, 19 mars 2008

LES MUNICIPALES EN FRANCE

61774423.jpgLe second tour des municipales du 16 Mars n’a pas compensé le premier. Bien au contraire. Les responsables du gouvernement et de l’UMP ont bien tort de pratiquer cette détestable langue de bois en mettant en relief l’abstention (trop forte, il est vrai), les “enjeux locaux” (bien réels heureusement) et les mécanismes “classiques” de “rééquilibrage”.

Dans un éditorial paru dans "Relatio", Daniel Riot l'explique d'ailleurs fort bien. Nicolas Sarkozy a d’ailleurs été le premier à souligner les “enjeux politiques” des municipales avant d’accepter ensuite de se faire très discret dans cette campagne : le “handicap Sarko” se chiffre entre 10 et 15 % dans les villes grandes et moyennes. Il a été lourd dans les villes sauvées (de justesse) comme Marseille. Il a même été très net dans les cantonales, bien trop sous-estimées dans les médias et par les analystes politiques. Le P.S. s’en trouve renforcé, situé désormais entre 53 et 54 %.
 
L'ÉCHEC DU MoDem : TROP LOIN-TROP VITE

Autre leçon de ces deux tours de scrutin : l’échec du MoDem. La stratégie de François Bayrou de vouloir soutenir des hommes ou des femmes selon ou le bilan de leur action passée, ou la qualité de leur projet, a créé la plus totale des confusions dès lors qu’on a mis ensuite sur ces hommes et sur ces femmes leur “étiquette” politique. Il y en avait autant à droite qu’à gauche, il y en avait qui revendiquaient leur appartenance ici au P.S. et là à l’UMP, et d’autres encore venus d’ailleurs.

La volonté de François Bayrou de créer un parti “indépendant” est œuvre de très longue haleine : elle était inapplicable dans le contexte de ces élections locales à si peu de distance de la création du MoDem, 4 mois plus tôt seulement. Les esprits demeurent encore trop marqués par les clivages droite-gauche, par les étiquettes P.S. contre UMP, par cette culture bien ancrée du “bipartisme” pour qu’on puisse l’ignorer si tôt et de façon si abrupte. À vouloir aller trop vite et trop loin dans cette stratégie d’indépendance, François Bayrou a conduit le MoDem dans un échec qui était inévitable.

François Bayrou, qui avait un excellent projet pour les Présidentielles, s’est perdu lui-même dans cette précipitation à vouloir aller trop vite, avec ses illusions, ses faux calculs et ses apparents doubles langages, même si la ligne était bien tracée. La leçon est dure, même si elle ne doit en rien compromettre la stratégie à long terme du projet de créer un parti neuf et indépendant, projet d’un vrai changement de la vie politique en France. Le moment n’était simplement pas encore propice pour un tel bouleversement. L'opinion n'y était pas encore suffisamment préparée.
 
Mr SARKOZY DOIT EN TIRER LES LEçONS

Ces scrutins locaux ne changent évidemment en rien le destin national du pays. J’allais dire “hélas”, tant notre image en Europe s’est dégradée pour cause de déficits non maîtrisés, de réformes mal engagées et d’erreurs de conduite du Président.
 
Mr Sarkozy est trop réaliste pour ne pas en tirer des leçons, pour lui-même surtout. Du moins peut-on encore l’espérer dans l’intérêt même de la France : il est encore là pour plus de 4 ans !

Nous avons vu, cependant, avec le traité de Lisbonne, que Mr Sarkozy savait changer des données pour rendre solubles des problèmes difficiles. Nous l'avons vu encore, avec l’accord sur le projet pour la Méditerranée, qu’il savait tenir compte des avis (pertinents) de la chancelière allemande contre les opinions-gadgets de ses propres conseillers. Son entourage laisse prévoir un “changement de style”. Il en est temps. Plus que temps.

L’amateur de Rolex et de Ray-Ban doit donc aujourd’hui faire place nette et remettre quelques pendules à l’heure. Les enjeux de la Présidence française de l’Union - dès le 1er Juillet prochain - valent bien cet effort si l’on veut que cette Présidence ne soit pas qu’une période stérile de simple ”com” dont il ne resterait plus rien sitôt cette présidence européenne de 6 mois achevée.

Commentaires

Bonjour,

Il manque quelque chose à votre paragraphe "L'ÉCHEC DU MoDem : TROP VITE ET TROP LOIN"...
Au regard de ce qui est écrit dans ce paragraphe, pour moi, il manque une... conclusion.

Que fallait-il donc faire? S'allier dès le premier tour, comme d'habitude, à l'UMP? S'allier au PS pour dire que le MoDem ce n'est pas l'UDF???

Oui les électeurs n'étaient pas prêts à comprendre. Mais cette position était la seule possible: François Bayrou le conçevait ainsi, la majorité des adhérents MoDem le conçevaient aussi ainsi. Il n'y avait pas d'autre position que celle-ci et je suis très fier de ce qui s'est passé, même si les politologues et les journalistes concluent à l'échec.

Pour moi, grâce à ces élections, le MoDem vient de créer ses fondations identitaires aux yeux de tous. Maintenant, il faut se structurer immédiatement pour l'expliquer sur le terrain, pour le justifier auprès de tous, pour le porter vers nos futurs électeurs. Et ça, ça doit se faire maintenant, pas de répits ni de pause post-électorale.

Vincent
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RÉPONSE :
Il y a eu manque évident de visibilité dans la stratégie nationale du MoDem vis-à-vis de l'opinion. Ici, on acceptait de pactiser avec l'UMP contre un P.S., là on pactisait avec le P.S. contre un UMP, et ailleurs on refusait de pactiser ni avec l'un ni avec l'autre sans motifs clairement définis. Il fallait choisir ou de pactiser partout ou ne ne pas pactiser du tout et nulle part avec qui que ce soit. Mais, hélas, on a fait tout et n'importe quoi. On constate aujourd'hui le résultat....
Rassurez-vous : notre leader s'appelle bien François Bayrou et son objectif d'indépendance est celui qu'il nous faut suivre. Mais de quelle indépendance parlons-nous aujourd'hui quand on voit ce meli-melo d'alliances en tous sens ? L'indépendance ce n'est pas çà.
Le chemin devant nous est fort long et parsemé d'embuches. Mais il nous faut continuer à creuser un sillon bien rectiligne et non plus en zig-zag.

Écrit par : Vincent BONNAL | mercredi, 19 mars 2008

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