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mardi, 29 janvier 2008

À PROPOS du RAPPORT ATTALI

BILLET du 29 JANVIER 2008

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Fallait-il réunir ou non tout un vaste aréopage de “têtes pensantes” pour analyser les freins actuels de la croissance française ? Avec ou sans Jacques Attali, ce proche conseiller - sorte “d’éminence grise” - de François Mitterrand ? Il est permis de se poser la question.

UNE EXCELLENTE INITIATIVE....

Il faut cependant reconnaître que cette initiative est bonne, même si l’on pouvait s’attendre à ce qu’elle aboutisse à une remise en cause de nombre de certitudes et de privilèges solidement établis, donc à autant de grincements de dents prévisibles.

Il fallait donc réussir ce tour de force de concocter une sorte de mélange de libération de l’économie par le déblocage des verrous qui la paralysent (donc la mise en œuvre d’une politique libérale), mais aussi amalgamer ce libéralisme avec la protection des citoyens les plus fragiles.

L’équilibre entre ces deux conceptions de société - apparemment inconciliables - est assez réussi : le rapport qui est aujourd’hui entre nos mains n’est pas du tout pour favoriser les riches - comme aurait pu l’être un rapport purement libéral - mais un rapport pour venir aussi en aide aux personnes les plus défavorisées. Quoiqu’en disent les caciques habituels de gauche au regard perpétuellement figé sur leur rétroviseur.

....300 PROPOSITIONS EN TROP !

Par contre, hélas, si l’on rentre dans le détail de ce rapport extrêmement touffu, on est figé d’effroi par cet alignement de ces 316 propositions qu’il contient : j’entendais un éminent commentateur, ancien ministre très proche de la majorité, affirmer qu’il y a au moins “300 propositions de trop”.

Je ne suis pas loin de partager son avis : çà n’a aucun sens. Il faut manquer sérieusement d’expérience politique pour imaginer qu’un gouvernement, que des ministres en responsabilité, pourraient gouverner avec plus de 300 priorités touchant autant de domaines aussi différents les uns des autres. C’est condamner ce rapport à être rangé tôt ou tard dans le tiroir des bonnes intentions.

C’est dommage : car ce rapport dit aussi que la France va très mal, même s’il ne cède pas à la mode ambiante d’une certaine déclinologie. Il dit que dans nombre de domaines, la France est en recul, car elle est bloquée par ses réglementations. On se souvient d’ailleurs de la dénonciation de ces mêmes blocages par Jacques Chaban-Delmas, puis par Jacques Delors : ce n’est pas nouveau ! Et non seulement ce n’est pas nouveau, mais on réglemente un peu plus chaque jour. Donc on ne cesse de verrouiller davantage un peu plus lourdement notre économie. La France marche totalement sur la tête.

Les solutions Attali contre ces blocages constituent une sorte de révolution en profondeur de nos modes de pensée. De quoi faire exploser nombre de nos gouvernements. Je pense donc que, quelles que soient les compliments et promesses polies de circonstance prononcées par Mr Sarkozy lors de la cérémonie de remise de ce rapport, celui-ci ne sera pas appliqué. Oh peut-être deux ou trois mesures de simple bon sens et “digérables” par l’opinion, mais pas davantage.

À l'OPPOSÉ de la POLITIQUE de Mr SARKOZY

Une raison à cela aussi : ce rapport est à l’opposé de la politique affichée par Mr Sarkozy. En effet, pour celui-ci et depuis qu’il est au pouvoir, “tout va bien”. Et malheur aux ministres qui se risquent de dire la vérité, donc le contraire de la doctrine officielle. Tout au plus Mr Sarkozy a-t-il récemment consenti à avouer timidement que “les caisses étaient vides”. Alors, entre le pessimisme affiché dans le rapport Attali, et cet optimisme officiel ”à tout-va”, cette sorte de fuite en avant de Mr Sarkozy, il y a une manifeste incompatibilité.

On trouve aussi dans ce rapport des propositions absurdes. Pour n’en citer que quelques exemples :

“enseigner l’économie”. Çà parait très bien : qui pourrait être contre ? Or, on a déjà à faire à des enfants qui ne parviennent pas à apprendre à lire et à écrire correctement. Est-ce qu’on a besoin de leur imposer une discipline supplémentaire et de surcroît abstraite ? Et si on prenait cette mesure au sérieux, en considérant qu’il y a en France 360.000 “professeurs des écoles” enseignant dans 50.000 établissements primaires, il y a deux possibilités : ou on crée 100.000 postes d’économistes, ou on forme ces 360.000 instituteurs. Cela veut dire que dans les instituts de formation des maîtres, on va ajouter un module de ±3 semaines supplémentaires pour apprendre l’économie. Croyez-vous que c’est en 3 semaines qu’on va former des maîtres experts en économie ? Le résultat sera vraisemblablement de créer une sorte d’alter-mondialisme débile enseigné dans toutes nos écoles. Mieux : le rapport Attali, non content de cela, affirme qu’à la fin de l’école primaire, il fallait non seulement savoir lire, écrire, compter, mais aussi parler anglais, manier l’informatique et avoir des notions d’économie. Au fou ! Ce “tout à l’école” est la solution de facilité, la “fuite en avant” de tous les politiques : dès qu’on ne parvient pas à résoudre un problème, on proclame “qu’il faut apprendre çà à l’école”.

• autre mesure : ”faire noter les professeurs par les parents d’élèves”. Il faut manquer de lucidité pour ne pas saisir que nous sommes dans un temps où il y a un urgent besoin de légitimer le monde des adultes, et particulièrement celui des professeurs. Il est urgent de leur redonner de l’autorité. Les infantiliser en les faisant noter par les élèves et leurs parents, c’est à l’opposé de ce qu’il faut faire.

• autre mesure encore : ”faire la réforme des programmes”. Mais arrêtons ces réformes qui ne font que la fortune des imprimeurs. Ces réformes sont nécessaires, mais elles ne peuvent être que graduelles, comme elles le sont déjà.

”supprimer la carte scolaire”. C’est une réforme qu’on tente déjà d’imposer. Mais sans succès, car on ne la supprimera pas de par la logique des choses : les classes et les établissements les plus recherchés ne sont pas élastiques. Il faut cesser de mentir à ce propos.

”l’immigration” : le gouvernement actuel veut imposer des quotas, renvoyer au moins 25.000 immigrés par an. Et le rapport Attali nous dit de son côté que nous manquons d’immigrés ! Même si nous manquons de certaines main-d’œuvres, va-t-on passer par “profits et pertes” les immigrés chômeurs qui existent déjà en France ? Est-ce là la bonne solution ?

UN FATRAS DE REVENDICATIONS GÉNÉRALES

Ce rapport fait irrésistiblement penser à un “inventaire à la Prévert” : les bonnes mesures qu’il contient sont noyées dans un fatras de revendications générales, dont certaines figuraient déjà dans tous les rapports établis depuis 50 ans.

Peut-on mettre, pour citer un autre exemple, sur un pied d’égalité la réforme du métier de chauffeur de taxis (quand on sait qu’il en manque cruellement dans nombre de nos grandes agglomérations), et celle des pharmaciens, quand il y en a à tous les coins de rue ?

On a le sentiment d’une sorte d’accumulation de choses inspirées par la rancœur de “gens intelligents” face à l’absurdité d’une société conservatrice fondée sur une autre accumulation de règles qui n’ont plus aucun sens. Comme celles qui ont conduit à 1789. Ceci ne fait pas une politique générale.

Je ne vois pas quel homme politique est aujourd’hui en mesure de mettre ce rapport en œuvre. Je ne crois pas que Mr Sarkozy sera celui-là, malgré les bonnes intentions proclamées.

mercredi, 09 janvier 2008

UN PEU DE DÉCENCE, MADAME....

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Si je ne suis pas seul à penser que les vacances de Mr SARKOZY - et de sa suite - en Égypte transporté dans l'avion privé d'un milliardaire (Mr BOLLORÉ) sont une mauvaise chose pour son image personnelle, même si cela aurait eu (?) le mérite de ne pas coûter cher aux contribuables français (mais, dans ce cas, çà ne regarde que l'intéressé lui-même)....

.... je ne peux m'empêcher de bondir quand ce mercredi matin 9 Janvier je vois paraître sur les écrans de télévision Mme ROYAL ("notre" Ségolène) pour fustiger ce fait.

Quelle mystificatrice que cette femme-là !

"Dame Vertu" oublie - ou cache soigneusement et très volontairement - que les locaux qui abritent son association "Désirs d'Avenir" dans les quartiers chics de PARIS (Bd Raspail) - et qui servent de base stratégique pour ses campagnes personnelles - sont payés par un autre milliardaire bien en vue : Mr Pierre BERGÉ, fondateur d'Yves St Laurent.

Coût du loyer estimé pour les 150 m2 de ces locaux : ±67.200 euros par an !

C'est plus cher que le Falcon 900 de Mr BOLLORÉ !

Pauvre Parti Socialiste condamné à devoir couvrir ce genre d'exactions de cette inénarrable et prétendue tutrice !