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mardi, 23 octobre 2007

DU SENS DES MOTS

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Les mots ne sont jamais innocents. Chacun se souvient du “détail de l’Histoire” lancé un jour par Mr LE PEN au sujet des chambres à gaz. L’odieux du terme employé à ce propos a soulevé un tollé unanime. Tollé parfaitement justifié.

Depuis, il nous faut observer que le vocabulaire politique s’est singulièrement enrichi. On a entendu dans la bouche de Mr SARKOZY le mot “racaille” pour désigner les petits malfrats qui perturbent les cités et nos banlieues. Même si cela n’avait rien de comparable à côte du “détail” de Mr LE PEN, il faut admettre que c’était quand même un peu “limite” : des populations entières issues de ces cités se sont senties brimées.

On a aussi entendu dans la bouche de Mr DEVEDJAN, le mot “salope” pour désigner une élue de la région Rhône-Alpes. C’était parfaitement scandaleux, surtout quand s’adressant à une femme qui n’a en rien démérité au cours des mandats importants dont elle a assumé la charge. C’était une goujaterie immonde.


Puis, plus récemment, dans un débat d’éthique à propos de l’usage de l’ADN, on a entendu un(e) Ministre - Mme Fadela AMARA - employer le terme “dégueulasse”. Une première du genre venant de la bouche d’une personne ayant atteint les plus hautes sphères du pouvoir.

Enfin, et pour clore, quand en effet la conscience s’interroge légitimement sur cet usage promis de l’ADN, on entend Mr FILLON affirmer que ce n’est.... qu’un “détail” ! La boucle est bouclée : les Ministres d’aujourd’hui n’ont résolument plus la même contenance verbale que ceux issus d’une longue tradition républicaine qui les voulait exemplaires dans leurs propos.

Non, ce détail-là n’est pas comparable à celui de Mr LE PEN, mais ramener ce débat de conscience et d’éthique au rang de “détail” a quand même quelque chose de choquant en soi. Et si ce n’est qu’un “détail”, alors pourquoi tant d’acharnement à le défendre ?

Est-ce que cela relève d’une stratégie préélectorale ? On peut se poser la question. Le mot “détail” employé donc dans ce contexte est lourd de sens et ne peut qu'attiser les divisions. Ce n'est pas avec l'usage de ce genre de mots que l'on fait ce qui avait été promis par le candidat SARKOZY : "Une République exemplaire", une "démocratie apaisée". Même Charles PASQUA a, dans un mouvement réprimé, trouvé indigne des combats menés en d’autres temps contre le fascisme l’usage du mot “détail” par Mr FILLON dans ce débat qui remue les consciences.

Cet amendement parlementaire à un texte déjà chargé de germes d’inhumanité est, en effet, honteux en tant que tel : tant par son  texte (même  mal corrigé) que par son contexte. Par son texte, cet amendement est la porte ouverte à une classification biologique des personnes dont les implications vont au-delà des questions d'immigration. Lier "ADN" et “immigration”, donc "ADN" et “étrangers”, c’est contraire à la loi républicaine. C’est sortir de ce qui était une règle morale et éthique française : l’ADN est réservée à des fins scientifiques et judiciaires. Et c’est réduire la filiation aux liens de sang. La nature humaine n’est pas qu’un paquet de viande, d’os et d’eau. C’est indigne de nos valeurs républicaines, c’est indigne de notre tradition, c’est indigne de la France des “Droits de l’Homme”, c’est indigne de LA FRANCE.

Il est vrai, entend-on dire, que le recours à l’ADN est déjà utilisé à des fins de “regroupement familial” dans un certain nombre de pays de l’Union Européenne. Mais, contrairement à ce qui est dit, il n’est pas appliqué dans ces pays dans le même esprit : il n’y a aucune norme communautaire en la matière et toutes les recommandations du Conseil de l’Europe en bioéthique ne confondent pas identité et groupe sanguin, fait remarquer Daniel RIOT dans un éditorial récent.

Il est aujourd’hui observé des dérives droitières extrêmes en ce pays de “droit du sol” où l’on combattait le “droit du sang” qui deviennent banales, trop banales. C’est ce qui les rend dangereuses. C’est cette banalité qui enfante ce “fascisme ordinaire” toujours condamné trop mollement et trop tardivement quand il imprègne une société.

Commentaires

Et quand bien même tous les Etats de l'Union Européenne feraient ces tests, ce qui n'est pas le cas, pourquoi la France des Lumières adopterait-elle ce type de mesure dans le cadre du regroupement familial. Sommes-nous tombés si bas qu'il faille copier ce qu'il y a de plus contestable chez nos voisins? Les 4 ans et demi à venir seront très, très longs.

Écrit par : Michel ESCATAFAL | mercredi, 24 octobre 2007

Des mots aux maux, un pas. Pas de souris ou pas de géants, ils sont bien à nous différencier des autres mammifères.

En politique des mots demo(nstration) à panser/ penser...

La politique n'est-elle pas l'art de gouverner les Hommes au mieux ? Certainement , cet art passe forcèment par la langue(non cette muqueuse pleine de papilles mais celle acerbe, exigeante et intransigeante de Molière). Monsieur Sarkozy la manie fort bien, il l'a néglige souvent d'humanisme et d'empathie, mais soyez certain que ses écarts de langage ne sont pas des égarements. Et j'apporte ici mon point de vue littéraire. Mettant de côté toutes objections politiques. Il a le mérite de dire ce/ceux qu'il manipule("pense") on a (nous quidams communs) toujours le choix d'acquiescer ou de refuter... Bref, il est certain que de nos jours les mots sont utilisés avec négligence et ce, non pas parce que nous avons à faire à des c.. (quoique), mais parce que le mot est manipulé bien avant d'être pensé et effectué.

Ces histoires de test ADN sont une erreur, un errement de plus ne répondant aucunement au problème de fond. Car le souci actuel n'est pas l'étranger, mais la béance qu'octroie de nos jours la fainéantise occidentale. Et ce de toutes origines confondues. Nous avons perdu ce que sont la valeur du travail et donc de l'argent. Nous nous égarons comme produit de consommation. Nous voulons tout sans rien donner: belle maison, belle voiture et nous finissons par tourner en rond. C'est au berceau qu'il faut remettre de l'ordre avec ce que la France a de plus riche : son métissage. Mais je ne suis pas femme politique, simple citoyenne active énonçant quelques mots emprunts de verves sur ce sens des mots...

Écrit par : Claire CHODEK | lundi, 29 octobre 2007

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