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vendredi, 03 août 2007

LE PLAN ALZHEIMER

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Un Plan Alzheimer ? Oui, bien sûr. Il en faut un. Et Mr SARKOZY de nous annoncer "qu'il va mettre le paquet !".

Pour améliorer ce qui doit l’être, que ce soit dans l’accueil des malades, dans l’accompagnement des proches, dans les dépistages et pour donner aux chercheurs les moyens qui leur manquent. Pour ces maladies, plus encore que pour d’autres, l’avenir est dans les laboratoires et le salut ne peut venir que de la recherche.

Cependant le Président d’AREMANE - Association pour la recherche sur les maladies neurodégénératives - souligne fort justement que c’est surtout affaire de moyens et de méthodes.

Avec quoi donc et comment mettre en œuvre ce nouveau plan ? Comment peut-on oser mettre en parallèle, affirme-t-il, ce plan et les mesures qui doivent être prises pour réduire les déficits de la Sécurité Sociale et son augmentation inéluctable des dépenses de santé, inéluctable en raison des évolutions démographiques ?


C’est une atteinte à la crédibilité de l’annonce de ce ”plan”, souvenirs d’une époque - celle fort ancienne de Guy MOLLET - où les vignettes auto allaient servir à améliorer la situation des personnes âgées. On sait la suite.

D’ailleurs, si l’on en croit les premières estimations, ces mesures ne rapporteront qu’un milliard d’€ alors que le déficit sera de 6,5 milliards, qui s’ajoutent aux 60 milliards de déficit accumulés sur les cinq années précédentes. Alors  que restera-t-il pour (ou plutôt contre) Alzheimer et les cancers ? Avec quoi allons-nous "mettre le paquet” ?

Cela entraîne des critiques bien légitimes dont il vaudrait mieux politiquement se passer si l’on veut que les budgets santé du pays soit effectivement l’affaire de tous. La forme rejoint ici le fond.

Comment, en effet, ne pas être ici d’accord avec le P.S., au moins sur ce point : le gouvernement ”utilise la compassion en direction des malades du cancer ou d’Alzheimer pour justifier une mesure impopulaire destinée à combler pour partie les conséquences de sa politique en matière de protection sociale” ? Et il est logique que les socialistes (et d’autres) mettent ainsi en parallèle les ”13 milliards de cadeaux fiscaux” voté en juillet ”pour une poignée de privilégiés”.

Principale annonce visée: la mise en œuvre de trois franchises médicales. À partir de l’an prochain, les patients pourraient avoir à payer 50 centimes d’euros sur chaque boîte de médicament, 50 centimes encore sur chaque acte paramédical et deux euros en plus sur chaque recours au transport sanitaire, jusqu’à un plafond de 50 euros par an. Comment va-t-on calculer cela ?  

Les familles les plus modestes devraient parallèlement être exemptées : mais on ne connaît pas encore le seuil retenu. Les femmes enceintes et les ”grands malades” aussi : mais dans quelles conditions ?

Seuls les malades vont trinquer pour les malades  

Le Collectif interassociatif sur la santé (CISS) qui regroupe des associations de malades et des familles de malades, dénonce ”la poursuite d’un renversement déjà amorcé dans notre modèle de solidarité”. ”Les malades vont trinquer pour les malades car les bien portants ne consomment pas de médicaments, ni de transports médicalisés, ni d’actes paramédicaux” donc ils ne paieront rien pour soutenir le ”plan Alzheimer", affirme ce collectif qui prédit que ”dans dix ans, l’assurance maladie remboursera péniblement 50% au lieu de 75% faute d’avoir réfléchi à temps à des solutions pérennes de financement de notre système de santé”.

Des réserves se sont même exprimées au sein du gouvernement : Martin HIRSCH, Haut Commissaire aux Solidarités Actives, a, pour atténuer les injustices qui pourraient en découler, la création d'un ”bouclier sanitaire” qui permettrait que les sommes restant à la charge du patient ne puissent dépasser de 3 à 5% de son revenu brut.

Bonne intention que voilà. Mais ce n’est visiblement pas la philosophie d’action qui anime Mr Sarkozy si l'on s'en référe à ses toutes dernières déclarations.

Vous avez dit ”plan” ? De quel plan parlez-vous ?

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