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dimanche, 29 juillet 2007

SARKOZY en AFRIQUE

Sa première contre-performance diplomatique....

Trop, trop vite, et trop maladroitement. En politique étrangère, notre ”Super Président hyperactif et omniprésent” vient de recevoir quelques coups et quelques leçons qu’il aurait tort de prendre par le mépris ou la rigolade. Sa mini tournée africaine est en fait sa première contre-performance diplomatique.

Il en fait trop. C’est évident et cela le fatigue. Cela se voit. Cette manière de (presque) s’endormir en conférence de presse n’est pas qu’un manque de courtoisie à l’égard de ses hôtes : c’est une alerte médicale.

Il agit trop vite. Sa précipitation à aller embrasser Kadhafi est plus condamnable que sa volonté (dictée par le simple réalisme) de normaliser les relations avec une Libye qui joue effectivement un grand rôle (pour le meilleur et pour le pire) au Moyen-orient, dans le bassin méditerranéen et en Afrique. ”La hâte manifestée par le Président de la République laisse un goût amer. Mr Sarkozy voulait introduire de la morale dans la politique étrangère. Le cas libyen constitue au minimum un contre-exemple”, souligne Le Monde. Un commentaire plutôt aimable par rapport à d’autres ...


Cette précipitation qui se traduit par un ”cavalier seul” érigé en règle de (mauvaise) conduite inquiète nos meilleurs alliés, partenaires et amis, y compris les Allemands. Et c’est grave. Pour l’Europe, bien sûr, mais d’abord et surtout pour la France.

Il agit trop maladroitement. Sa mini-tournée africaine a été un vrai festival de bévues, d’indélicatesses, de bourdes. Rien de dramatique mais, comme on sait, ”le diable se cache dans les détails”. Son discours de Dakar a suscité un vrai tollé qu’il avoue publiquement....ne pas comprendre. C’est très mauvais signe. D’abord ce qui est dit est dit et on se demande pourquoi il éprouve en permanence ce besoin de se justifier, même quand il est peu justifiable. Ensuite, ce maître ès-communication devrait se souvenir que l’essentiel n’est pas ce qui est dit mais ce qui est entendu.

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Or, ce qui a été entendu révèle une coupable méconnaissance de l’Afrique, un arrière fond culturel imprégné par les ”chefs blancs” de jadis ou ”Tintin au Congo”, comme le dit Daniel RIOT dans un excellent éditorial. C’est aussi un manque de cohérence que l’on va finir par juger ”inné” et des imprécisions dans les desseins assez troublantes. La force de conviction de sa Secrétaire d’État, RAMA YADE, ce samedi soir sur France 2, n’y change rien.

L'ancien Président du Mali, Alpha Oumar Konaré, Président de la Commission de l'Union Africaine (UA), a jugé, dans une interview à Radio France Internationale (RFI), que le discours de Dakar ”n'est pas neuf dans le fond et rappelle des déclarations fort anciennes, d'une autre époque”.

Il a surtout été choqué par les déclarations sur le paysan africain qui, selon Sarkozy, ”ne connaît que l'éternel recommencement du temps, rythmée par la répétition sans fin des mêmes gestes et de mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès”. Ceci prononcé face à des africains, on peut comprendre que çà ne passe pas.

Alpha Oumar Konaré a également réagi au rejet de toute repentance affiché par Nicolas Sarkozy au sujet de la colonisation, même qualifiée de ”grande faute”. ”Une bonne partie du retard de l'Afrique est liée à cela et cette réalité, et je suis sûr que le Président le sait (...) Personne n'a le droit de la nier, et cela n'a rien à voir avec la repentance. Cette exigence de mémoire ne peut pas être simplement le fait des Africains”, a-t-il dit.

Apprendre d'abord à mieux connaître l’Afrique....

Indulgent et diplomate, le Président de la Commission de l’Union Africaine a conclu : ”Je suis certain que le Président souhaite la rupture (...). Je pense que pour l'aider dans la rupture, il a besoin de mieux connaître l'Afrique et nous sommes prêts dans ces échanges avec lui”.

Il le faut en effet. Pour tenter de trouver des solutions aux problèmes en cours, le dernier étant le contentieux entre le Niger et Areva. Et, pour approfondir le concept d’Eurafrique, un concept sur lequel travaillent aussi la Présidence portugaise - et Louis Michel, l’excellent Commissaire à la coopération et au développement - qui ne font pas d’effets de manche mais préparent avec sérieux le sommet euro-africain qui doit se tenir à Lisbonne cet automne .

Ce sommet constitue à la fois un test et une chance. Test qu'il faut réussir et chance qu’il ne faut pas laisser passer.

Commentaires

À force de vouloir tout faire seul, Mr Sarkozy s'apercevra peut-être un jour qu'il n'est qu'un homme et qu'il n'est pas le surhomme qu'il voudrait qu'on voit en lui.

Écrit par : RAPH | lundi, 30 juillet 2007

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