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dimanche, 22 juillet 2007

LES AMBIGUÏTÉS SARKOZYENNES FACE À L’EURO

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Le ton monte actuellement entre l'équipe de Nicolas Sarkozy et la Banque Centrale Européenne (BCE) au sujet du statut et du rôle de l'institut d'émission. Nicolas Sarkozy, à Toulouse, devant Angela MERKEL, avait pourtant admis la nécessité de respecter ”l'indépendance” de la Banque Centrale. Mais, au-delà de ces déclarations, le différent entre Paris et les autorités européennes demeure.

Le  18 juillet, Jean-Claude Trichet a donc mis en garde, depuis Francfort, contre les discours français visant à limiter l'indépendance de la BCE qu'il préside : ”Toute tentative ayant pour objet de chercher à influencer la BCE dans l'accomplissement de ses missions constitue une violation de l'article 108 du Traité Européen et que, par conséquent, ces déclarations ne sont pas acceptables”, a fait savoir Mr Trichet. Faut-il rappeler que celui-ci occupe son poste à la demande de Jacques CHIRAC ? Un rappel qui n'est pas sans importance dans le contexte actuel comme le souligne l’éditorialiste Daniel Ribot. 


 Cette mise au point très ferme est une réponse aux propos tenus par le Secrétaire d'État aux Affaires Européennes, Mr Jean-Pierre Jouyet, dans un entretien paru le même jour au quotidien International Herald Tribune : ”Vous pouvez influencer les décisions de la Banque Centrale Européenne en ayant des discussions plus ouvertes à propos des motivations qui justifient les décisions sur les taux d'intérêt”, avait expliqué Mr Jouyet. ”Vous pouvez avoir ces discussions directement et dans le cadre de l'Eurogroupe”, avait-il ajouté, alors que Paris annonce son intention, au grand dam de Berlin, de conforter le rôle de l'Eurogroupe face à la BCE. La Ministre de l'Économie, Christine Lagarde, a été chargée par Mr Sarkozy de convaincre ses homologues européens de trouver un ”accord” entre l'Eurogroupe et la BCE afin d'améliorer le dialogue entre les deux institutions.

Cette controverse s'ajoute à celle qui oppose Paris et Francfort sur les taux de change. Inquiet de ”l'euro fort”, Mr Sarkozy entend conforter le rôle des Ministres des Finances de la zone euro dans le pilotage de la politique de change. Lundi, à Toulouse, en présence d'Angéla Merkel, Mr Sarkozy avait cité ”l'article 111 du traité” de Maastricht, lequel stipule que ”le conseil peut formuler les orientations générales de la politique de change”. D'après le Président français, ”il n'est donc pas illégitime que nous ayons une discussion sur un sujet qui ne remet pas en cause l'indépendance de la BCE”. Cette interprétation est totalement contestée par la BCE, qui profite des divergences entre les États membres à ce sujet pour conforter leur prééminence en matière de change.

Les relations franco-allemandes restent donc toujours minées par ces divergences de fond, et ce en dépit des sourires échangés et des concessions faites à Toulouse par Mr Sarkozy. Que cela se manifeste à travers des polémiques franco-françaises montre la gravité des choses. On se garde bien d'en sourire à Francfort et à Berlin.

La France bien mal placée

De plus, la France est bien mal placée pour exiger quoi que ce soit de ses partenaires européens dans sa situation financière actuelle. L'euro ”fort” - qui est en fait un ”dollar faible” - n'explique en rien nos problèmes de commerce extérieur. Ensuite la ”rallonge” demandée par la France pour commencer à devenir - enfin ! - vertueuse en matière de maîtrise de ses déficits la met en situation de faiblesse diplomatique qui la contraint à beaucoup de modestie.

Certes, rien ne doit être tabou et personne ne nie la nécessité d'un vrai ”gouvernement économique” de la zone euro. Mais, selon les spécialistes, ce n'est pas par des effets de manche que l'on peut faire avancer les choses.

On trouve donc là les limites de la ”méthode Sarkozy” : les réalités constituent un mur quand on refuse de les voir.

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