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jeudi, 14 juin 2007

Les 3 LEçONS du 1er TOUR

02d24e46b6da49f24fdf70d390357300.jpgLa vague bleue annoncée déferle, le rose du P.S. est bien pâle, les girouettes ”centreuses” avides de rata voient leurs trahisons récompensées : la future Assemblée ne sera qu’une chambre d’enregistrement.

Où est donc l’événement ? L'événement - le seul - est dans le taux historique d’abstentions. Du jamais vu depuis 50 ans !

Cette abstention record est d’abord un démenti cinglant à ceux qui, commentateurs ou politiques, avaient vu dans la participation civique exceptionnelle de la Présidentielle, le signe d’une ”réconciliation des Français avec la politique”, d’une ”revitalisation de la vie démocratique”.


C’est fou comme, dans l’urgence de cette immédiateté qui nous gouverne, les ”analystes”, les ”experts”, les ”politologues” éprouvent des difficultés à se souvenir que ”les événements ne sont que l’écume des choses” (comme aime à le rappeller souvent Daniel Riot), que le plus visible n’est pas forcément le plus vrai, et la réflexion consiste d’abord à résister ”à l’air du temps”, aux réflexes à la mode, aux pressions du "doxa" (l’opinion) du moment, aux réflexes de mimétisme.

La ”pensée unique” aujourd’hui c’est celle qui transforme les plateaux de télé, les studios de radio et nombre de rédactions en nouveaux "Cafés du Commerce". Sous le ton docte : la banalité. Sous les évidences de bon sens : des contre-vérités pernicieuses ou trompeuses.

Non les Français ne sont pas réconciliés avec la politique. Non, nous n’avons pas à être fiers de notre démocratie. Non, nous n’avons pas à vanter la qualité de nos institutions.

LEçON n° 1 : Le FN liquidé ? Pas sur !

La première raison d’être du Mouvement Démocrate doit être de revivifier, d’approfondir, d’enrichir cette ”démocratie” à tous les niveaux. Nous sommes dans une démocratie élective, mais non représentative. Et la crise du politique ne s’est pas terminée avec les coups de baguettes magiques de Mr Sarkozy et les prières incantatoires de Mme Royal, l’enchanteresse.

Aux politologues d’analyser en profondeur le  contraste entre les suffrages plébiscitaires des sarkozystes et le nombre de Français qui sont décus par les résultats des élections : plus de la moitié !

Les commentaires entendus - et lancés comme des cris de victoires par les démocrates UMP - sur la ”liquidation du Front National” sont du même ordre de l’imprudence et de la superficialité. Mr Le Pen connaît un échec, mais ses idées ne sont pas en échec.

Et son électorat, partagé entre le champ magnétique de Mr Sarkozy et une abstention boudeuse et grincheuse porte les mêmes colères, les mêmes peurs, les mêmes incompréhensions, la même soif de populisme. Et les mêmes périls antidémocratiques, les mêmes menaces contre un ”Vivre Ensemble” harmonieux. Cette ”maladie européenne sénile”, comme le dit Dominique Reynier, "n'est pas guérie"

Les sondages qu’on exploite tant à des fins politiciennes et qui contribuent (comme la politique-spectacle) à transformer les compétitions électorales en tournois sportifs, sont étrangement passés sous silence quand ils montrent une hausse des réflexes racistes, des comportements xénophobes, des conduites discriminatoires.

LEçON n° 2 : la force des convictions

La politique, aujourd’hui plus que jamais, constitue d’abord, à travers des actions concrètes, à donner du sens au mot ”valeurs. "Le plus important était de défendre ses idées plutôt que d'être élu" (François Bayrou). Ce n’est le cas ni à l’UMP, coalition hétéroclite qui n’est soudée que par un réflexe de type bonapartiste d’accaparement des pouvoirs, ni au P.S. où les valeurs proclamées sont trop illustrées par des non sens.

Les commentaires faits sur les résultats du Mouvement Démocrate sont du même conformisme. Où est l’échec ? Dans les scores obtenus ? Qui attendait sérieusement mieux ? Le peu d’élus assurés ? Peu importe que le Mouvement Démocrate ait ou non des élus au Parlement puisqu’il ne s’y passera plus rien et plus aucun débat. Le Parlement est devenu la chambre de l’inutile. Et des sortants UDF sont passés sur "l'autre bord" - qu'hier encore ils raillaient de sarcasmes les plus durs - pour s'assurer une réélection label ”vague bleue”. Et alors ?

On oublie seulement que 7,6 % des voix sur le plan national, c’est le double de ce qu’avait obtenu le parti de François Bayrou aux dernières législatives (il faut toujours comparer ce qui est comparable). Ce qui, entre parenthèses, donne une bonne cassette financière au Mouvement Démocrate pour continuer sur la voie de sa ”révolution citoyenne”(*). Et c’est ce qui fait que Bayrou n’est en rien dans une ”traversée du désert” : il est même au carrefour de toutes les mains tendues. Privilège de celui qui sait rester LIBRE, INDÉPENDANT et COHÉRENT. Force des convictions !  

Aux rares députés du Mouvement Démocrate, (dont, sans doute, François Bayrou qui n’avait en rien besoin du désistement qui a été imposé à la marionnette UMP qui lui était opposée), il ne faut pas oublier d’ajouter l’existence des euro-députés du Mouvement Démocrate (même lâchés par Bourlanges qui en revient à ses premières amours), d’un groupe au Sénat (mais oui !) et, surtout, des quelque 80.000 aspirants membres de ce Mouvement Démocrate fort de sa jeunesse et d’un projet qui reste pleinement d’actualité. Qui est même si bon.... qu’il est pillé par Sarkozy et par Royal.

Je reprends ici cette sage citation de Pierre Pflimlin : ”L’essentiel pour un parti porteur de valeurs, ce n’est pas d’être majoritaire, c’est d’être en mesure d’imposer ses idées”.

LEçON n° 3 : maintenir le cap

Au-delà des aléas électoraux, l’avenir appartient à ceux qui sauront travailler en profondeur. C’est la raison d’être même du Mouvement Démocrate, à tous les niveaux. Bayrou maintient son cap: il a raison.

Seuls ceux qui ont le même cap doivent être de la famille du Mouvement Démocrate. ”Rassembler”, ce n'est pas unir artificiellement n'importe qui n'importe comment. Le pluralisme interne du mouvement ne doit se traduire ni en ”courants”, ni en ”dissidences”, ni ”ennemis de l'intérieur”.

Le Mouvement Démocrate se doit de tirer les leçons des dysfonctionnements internes du P.S., des Verts, de l’UMP et... de l'UDF.

(*) : La presse souligne la précarité financière du nouveau "parti" de Mr Morin - le PSLE prétendument appelé le "Nouveau Centre" - qui, n'ayant pas recueilli 1% des suffrages dans 50 départements, se trouve être privé d'une grande partie du financement prévu par la Loi. Sans militants en nombre ni finances, on peut craindre que ce parti ne soit conduit, pour subsister, à faire appel à son "grand frère", l'UMP toute puissante. Il y a déjà eu, dans le genre, le Parti Républicain, Démocratie Libérale, le PPDF, Perpectives et Réalités, les Adhérents Directs, etc...., tous aujourd'hui engloutis dans les abysses de l'oubli avec leurs leaders, même ceux les plus charismatiques. Le parti de Mr Morin est-il déjà promis à être un de ces mourants, par asphyxie financière, avant même d'être né ? Ou devra-t-il, comme les autres, se fondre vite dans l'UMP pour y devenir invisible à son tour, et réduit à un silence assourdissant ?

Commentaires

Analyse poussée et pertinente

Écrit par : Jeune MoDem 31 | jeudi, 14 juin 2007

C'est intéressant. Tu penses la bipolarisation incontournable ?

Écrit par : Denis VINCKIER | jeudi, 14 juin 2007

La bipolarisation du Parlement n'est que la partie visible de l'iceberg. Le scrutin est extrêmement peu favorable à la diversité de l'Assemblée Nationale. La faible mobilisation est un indice qui devrait nous faire réfléchir à ceci: nos concitoyens en ont assez d'avoir sans cesse à choisir tantôt la gauche, tantôt la droite, et finissent par se demander quel est le rôle du Parlement.

Depuis des années, il se comporte comme une chambre d'enregistrement, contournée tant bien que mal par des avalanches d'amendements. Il fait voter des lois importantes à des heures indues, ou lorsque les concernés sont en vacances. Un oeil jeté sur les chaînes parlementaires? on ne peut que constater que l'hémicycle est souvent quasi vide.
Suit-on les débats? on est frappé de constater que le gouvernement ne cesse de lancer des piques à l'opposition: "lorsque vous étiez au pouvoir, vous n'avez pas fait ceci, proposé cela...", et inversement. De sorte que la question se pose: le parlement n'est-il qu'un lieu de joute oratoire entre les députés de gauche et ceux de droite, les premiers incapables de proposer une alternative aux projets mis sous leurs yeux, les seconds sourds aux avis contraires à leur intime conviction.

De fait, l'Assemblée Nationale est devenue cela. Elle n'est pas perçue comme une instance importante de représentation nationale. Elle semble loin des préoccupations courantes. Elle n'est plus présentée que comme le porte étendard du président et de son gouvernement. Elle n'est même plus perçue comme "l'usine" des lois, qui paraissent dorénavant émaner uniquement de l'Elysée.

Bien des jeunes sont perdus dans ces rouages institutionnel, les leçons d'éducation civique sont loin, et ne reflètent que bien peu la réalité... mais je suis persuadée qu'ils ne sont pas les seuls concernés, tant ce que nous voyons en pratique reflète mal ce que nous avons appris en "théorie", et ce à quoi nous aspirons.

La bipolarisation n'est incontournable que dans ce contexte. Elle ne fait que meubler le vide que renferme, pour l'instant, la coquille. Nous sommes là pour montrer qu'une autre voie est possible. Et nous le montrerons dès les prochaines élections.

Écrit par : Clémence LACOUR | jeudi, 14 juin 2007

Elle me plait bien cette formule : "L'avenir appartient à ceux qui sauront travailler en profondeur". Lorsque les mois auront passé, lorsque les citoyens seront sortis de leur attentisme résigné ou vigilant, lorsque la place publique retrouvera vie autour d'un débat, après le suspect consensus autour du "sarkozysme" actuel et de la léthargie entretenue par les médias... notre démocratie pourra y puiser des idées, des valeurs, des propositions, des volontés. Les citoyens déçus, en colère ou réveillés pourront s'y associer ou s'y référer, plutôt que de sombrer dans l'aventure.

Il n'est pas sain que le pouvoir reste sans contradicteur ; que le ralliement à ce que Fillon appelle "nouvelle vague" soit automatique, unanime, sans esprit critique... On peut aussi exprimer un doute sur le plagiat des meilleurs thèmes politiques repris par la majorité présidentielle ou par le PS à la campagne de Bayrou, sur l'opposition constructive, loyale ou encore l'ouverture, le rassemblement des compétences. Enfin comme le dit François VAN de VILLE, le taux élevé d'abstention et le désintérêt pour les législatives prouvent que notre pays a besoin de se reconstruire en profondeur et non pas lors de crises ou d'élans populaires autour d'un nom, d'un slogan, d'un ras-le-bol (ce qui a été le cas en avril-mai 2007 avec une "France exaspérée" qui a voté pour "Sarkozy.com" qui lui avait promis de renouer avec la "valeur travail, le mérite" etc...).

Les raisons de la victoire de Sarkozy ne suffisent pas à lui donner raison à tous les coups ; les attentes ou les impatiences de la société ne sont pas non plus un chèque en blanc pour n'importe quelle politique ; les erreurs ou l'absence de l'opposition (d'abord de la gauche "historique" socialiste et communiste) ne sont pas enfin une raison suffisante pour qu'une seule force politique organise tout et dise "faites-moi confiance" ; la "vague bleue" ne sera pas une autorisation pour des réformes en profondeur comme on nous le ressasse depuis plusieurs jours (on disait "pensée unique" ?).

Seules des réformes discutées, acceptées, amendées, équilibrées et sages seront des outils de dynamique économique et de progrès social. Le paquet fiscal, une réforme ? Qui en profitera ? Qui le financera ?

Écrit par : Philippe JACQUES | jeudi, 14 juin 2007

Il nous faut en effet continuer à défendre nos idées, telle est aussi ma conviction, mais certains reculeront -d'ailleurs beaucoup ont commencé a faire demi-tour - devant l'obstacle qui se dresse devant nous pour au moins les 5 années à venir. Cela ne sera pas simple.

Écrit par : Raphaël | samedi, 16 juin 2007

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