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mardi, 05 juin 2007

LE DANGER D'UNE TROP FORTE MAJORITÉ

49c3ca497d6f35b6ddaef61407931931.jpgQue l’on soit d’accord ou non avec son programme, il est un fait irréversible : Mr Nicolas SARKOZY a été élu Président de la République par un peu plus de 50% des français. Il est donc normal qu’il veuille mettre en œuvre le programme pour lequel il a été élu.

Que, pour mettre ensuite en œuvre ce programme, Mr Sarkozy ait besoin d’une majorité à l’Assemblée, quoi de plus naturel et de plus légitime?

Mais la question se pose aujourd’hui : de quelle majorité faut-il disposer à l’Assemblée Nationale pour pouvoir mettre en œuvre un tel programme ? La réponse est simple : il y a 577 députés ; donc la majorité détenant cette majorité absolue doit être au minimum de 289 élus.


Bon, arrondissons à 300 pour simplifier les choses. Si donc,
lors d'un débat à L'Assemblée Nationale, il pouvait y avoir, à côté de ces 300 députés de la majorité présidentielle, 277 députés qui n’en seraient pas membres mais qui pourraient examiner les propositions de Loi présentées par le gouvernement, faire des propositions pour les améliorer, enrichir ces débats, la Loi ainsi examinée pourrait ensuite aisèment être votée par - au moins - les 300 députés de la majorité (qui voteront de toutes façons systématiquement “oui”), plus ceux des autres députés - du moins ceux non enfermés dans le carcan d’une opposition machinale et systématique - donc des députés libres, indépendants et non inféodés.

Voilà la règle qui serait celle idéale de fonctionnement de toute bonne démocratie qui se veut pluraliste, authentique et moderne.

Mais où les choses se “gâtent”, c’est quand on nous annonce aujourd’hui que la future majorité présidentielle à l’Assemblée n’aurait pas “seulement” 300 députés, mais plus de 400. Dans un tel cas, on ne conforterait pas cette majorité mais on l’appauvrirait dangereusement en la privant mécaniquement de tout débat pour nourrir une vraie réflexion utile à l’élaboration de la Loi.

GARE À L'EXCÈS DE MAJORITÉ !

Si donc, par malheur, nous étions donc, par la force d’un “tsunami bleu”, dans un tel cas de figure, qu’on le veuille ou non, nous ne serions plus en démocratie mais dans l’anti-chambre d’une dictature pouvant nous conduire à toutes les aventures : tôt ou tard, le peuple en prendra conscience et c’est un autre “tsunami” de reflux qui risquerait de se produire et de tout emporter. Notre démocratie serait en réel danger.

Ce n’est donc pas avoir l’esprit partisan en faveur de tel ou tel mouvement politique mais seulement garder l’esprit utilement républicain que d’affirmer qu’à côté d’une nécessaire majorité - majorité que, de toutes façons, le Président obtiendra de par notre système électoral et le courant habituel surgi de l’habituel “état de grâce” - il est à côté indispensable qu’il y ait une forte représentation de députés indépendants, courageux, capables de dire “oui” chaque fois qu’une proposition de Loi sera bonne - et il y a certainement de bonne choses dans le programme de Mr Sarkozy - et de dire “non” chaque fois que nécessaire pour tenter d’améliorer la Loi proposée.

Assurer aveuglèment une (trop) “large” majorité présidentielle à l’Assemblée - comme les slogans électoraux nous y invitent actuellement - serait un acte contraire à l’intérêt de notre démocratie qui se trouverait ainsi gravement mise en danger.

Rarement l’acte de voter doit être, avant toutes choses, un acte réfléchi, tant est grande notre responsabilité et tant est grand le danger. Un excès de majorité serait totalement contraire à l’intérêt même de cette majorité.

Prenons donc garde de ne pas tomber dans cet excès.

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