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jeudi, 31 mai 2007

MORIN : BOUCHE COUSUE

1beff1f3e85dec0674932809b31ab757.jpgÀ moins d’avoir de sérieux “trous” de mémoire, nous avons encore aux oreilles les déclarations de certains des proches de François BAYROU - d’avant le 22 Avril - qui n’avaient pas de mots assez durs (voire parfois outranciers) à l’égard de Mr Sarkozy.

Nous pourrions avoir encore la larme à l’œil quand on se souvient de cette déclaration d’Hervé Morin : “Sans Bayrou, je ne serais rien !”. Que c’est beau et émouvant un tel geste de reconnaissance de la part de celui qui acceptait de devoir tout à son mentor en politique. On se souvient encore qu’il déclarait aussi, il y a peu, “qu’il ne fallait pas ne regarder qu’à droite”.

Mais voici que son mentor a perdu - même si c’est fort honorablement - l’élection présidentielle. Et aussitôt la panique s’est emparé de ce “bon élève”. Et quoi ? Serait-il réélu député s’il n’avait pas son mentor à l’Élysée pour lui garantir le succès, le maroquin ou, pour le moins, le siège à l’Assemblée Nationale ? L’attitude qui s’en est suivie trahit bien son manque de maturité. Tel un gamin dans la cour de récréation qui craint recevoir une raclée, voici qu’il court vite se réfugier derrière le plus fort du moment : “Sarko, protège-moi !”. Et de promettre aussitôt qu’il lui donnera en gage toutes ses billes.

Voilà donc le fidèle bayrouiste d’hier devenu soudain le nouveau converti au sarkozysme. On appelle généralement ceux qui ont abjuré leurs opinions et trahit leur passé des ”renégats”.

Prenant (le faux) prétexte (pour se donner peut-être bonne conscience) que Bayrou tient ferme l’UDF au centre - pas au centre-droit ni au centre-gauche (ce qui ne peut être le centre) mais au vrai centre - que Bayrou déclare aussi que l’UDF ne retournera pas dans ses errements d’hier de compromission avec la droite qui a conduit la France là où elle est aujourd’hui (“Je ne voterai pas pour Sarkozy” déclare Bayrou entre les deux tours pour conjurer les soupçons dont déjà on l’accablait), que Bayrou déclare encore qu’il ne conclura pas davantage de pacte avec qui que ce soit à droite ou à gauche, Mr Morin, pris de panique, fait partie de ces “centristes” (il n’est hélas pas le seul !) qui n’osent avouer leur honte d’avoir des convictions de droite.

Et, pour éviter d’en trop souffrir, on feint donc l’amnésie.

Mr Morin avait dénoncé la collusion des proches de Mr Sarkozy avec les puissances d’argent et les médias. Il voulait “séparer les pouvoirs médiatiques et politiques”. Un nouveau PDG vient d’être nommé à TF1 pour remplacer le précédent partant à la retraite. Qui est nommé ? Un (très) proche de Mr Sarkozy. Qui annonce cette nomination ? Le Conseil d’Administration de TF1 ? Non : le Palais de l’Élysée lui-même. Mr Morin, lui, reste “bouche cousue”.

Mr Morin vantait, avec François Bayrou, le maintien de la carte scolaire pour “garantir l’égalité des chances”. Mr Sarkozy décide, lui, de la supprimer pour livrer l’école aux tris sélectifs, aux ”recommandations”, aux ”pressions”, aux dossiers scolaires, aux favoritismes, etc.... Mr Morin, lui, reste “bouche cousue”.

Mr Morin dénonçait cette droite qui avait endetté la France à un niveau insupportable compromettant l’avenir de plusieurs générations de français, même ceux encore à naître. Pour lui, comme pour Bayrou, la lutte contre la dette était un “combat social”. Mr Sarkozy, lui, décide de mettre la dette et le déficit “entre parenthèses”. Mr Morin, lui, reste “bouche cousue”.

Dans le même registre, Mr Sarkozy décide parallèlement d’alourdir le budget de plusieurs milliards, notamment avec le cadeau fiscal généralisé des intérêts des emprunts immobiliers. Mr Morin, lui, est toujours “bouche cousue”.

Mr Morin préconisait aussi l’égal accès de tous aux soins. Mr Sarkozy, lui, décide d’instaurer une franchise de ±75€ qui va priver de soins les plus démunis. Mr Morin, lui, reste “bouche cousue”.

Mr Morin voulait “moraliser la vie publique” et un “Parlement à l’image du Pays”. Mr Sarkozy, lui, veut en rester aux archaïsmes qui conduiront à ce que 7 millions de français ayant voté pour un renouvellement de nos institutions ne seront représentés au Parlement que par une petite poignée de députés. Mr Morin,lui, reste “bouche cousue”.

UN MINISTRE CÀ FERME SA G.....

Mr Morin voulait “faire échapper les nominations aux logiques de clans”. Mr Sarkozy nomme personnellement tout le monde et jusqu’au moindre sous-chef de cabinet de Ministre. Mr Morin, lui, reste “bouche cousue”. Mais il est vrai qu’on lui a donné en sucette un maroquin de Ministre dans une fonction où toutes les ficelles seront tirées depuis l’Élysée. Et un Ministre, çà ferme sa g...., ou çà démissionne ! C'est bien connu.

Qu’est-ce donc que cette girouette ? Où sont ses convictions ? Il est vrai que, dans un article paru dans le Monde, il déclarait, sans vergogne vouloir “participer au festin”. Belle mentalité que voilà ! À nous la bonne soupe !

Mais, dans un article paru ce 30 Mai dans Le Figaro, on apprend cependant que, déjà, Mr Morin ne ferait plus l’unanimité chez les “pseudo-centristes” ex-UDF. Certains des futurs députés “pseudo-centristes” de l’UMP n’ont pas voulu davantage signer un article paru dans le Monde du 30 Mai appelant à constituer le futur “pôle centriste de la nouvelle majorité présidentielle”. Même Mr De Robien n’a pas voulu signer ! Et Mr Albertini a fait savoir qu’il refusait d’intégrer un mouvement “animé par Hervé Morin dont les propos et les actes récents ne correspondent pas à sa conception de la politique”. Et ce dernier de s’interroger de “l’efficacité de l’entrée très minoritaire” de centristes (il n'y en a qu'un !) au gouvernement. Il juge leur démarche “essentiellement tactique et personnelle”. Que cela est-il bien dit et avec quelle pudeur !

C’est déjà “çà” le “nouveau (pseudo) centre” UMP ? Çà promet !

P.S. : Même si cela est peu charitable - et parce qu’on peut bien rire de temps à autre - un hebdomadaire économique - très sérieux comme le sont généralement les publications économiques - rapporte que le nouveau Ministre de la Défense Nationale a envoyé, dès sa nomination, un bref “ordre du jour” aux armées. Cette pratique est tout-à-fait habituelle. Sauf que celui-ci était signé par un certain “Hervé Morin” et ne comportait pas moins de six fautes d’orthographe. Il parait que l’effet a plutôt été assez désastreux chez nos militaires, peu habitués de recevoir une missive ministérielle d’un niveau scolaire aussi pitoyable.

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