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dimanche, 27 mai 2007

LE MIRACLE de la PENTECÔTE

SARKOZY et les SYNDICATS

Participant ”officiellement” ce matin de Pentecôte à une cérémonie religieuse, j’entendais de nouveau cette lecture des Actes des Apôtres : ”Comment se fait-il que chacun de nous (les) entende dans sa propre langue ?”

Tout respect gardé entre le sacré et le profane, me venait à ce moment l’image récente de ces marches du Palais de l’Élysée où l’on a vu s’y succéder des représentants syndicaux (déjà peu enclins à être d’accord entr’eux), puis des représentants d’organisations patronales ou d’entreprises (moins enclines encore d’entendre les mêmes choses que les premiers nommés). Et tous de dire leur ”satisfaction” de ce qu’ils venaient d’entendre de la bouche de notre nouveau Président.

Mais qu’a-t’il bien pu leur dire pour que tous affichent un tel même contentement ? C’est le nouveau ”miracle de la Pentecôte” où chacun a compris et entendu ce qu’il voulait entendre, et ce dans sa propre dialectique.

Je reste assez admiratif sur la force du langage et de l’image que sait fort bien manipuler Nicolas Sarkozy. Il sait indéniablement exercer une sorte de magie.

Il est vrai qu’il n’a rien d’un ”psychorigide”, notre nouveau Président. Surtout en cette période de campagne des législatives - qui s’annoncent pour lui, et de par la force d’un mode de scrutin qui fausse toute véritable représentation - des législatives gagnées d’avance mais qu’il veut transformer en véritable "sacre”. Même sa conception de la négociation, de la concertation et des réformes sociales a changé les habitudes les mieux ancrées.

Du moins en apparence.

Nicolas Sarkozy n’en est évidemment pas encore à imiter ce que proposait François Bayrou lors de sa campagne. Mais il s’en inspire. Il s’en inspire même fortement. Les UDF-Mouvement Démocrate (MoDem) devraient pouvoir s’en réjouir : cela confirmerait en effet la justesse des vues de François Bayrou, vues que pourtant Nicolas Sarkozy n’a cessé de dénigrer pendant tous les mois de la campagne présidentielle. Était-ce le tort de François que d’avoir raison avant Nicolas ? Mais, contrairement à Bayrou, Nicolas Sarkozy n’a pas voulu s’encombrer de cette exigence éthique comme la comprenait Bayrou : il s’est seulement emparé de l’apparence de l’image qu’il véhiculait.

À propos de la méthode - habilement actuelle - de Sarkozy, le voici donc transformé pour le moment en ”force souriante”. Le Monde écrit à ce propos : ”C’est peut-être la force de la méthode Sarkozy. En sortant de leur rencontre avec le Président de la République, chacun des partenaires sociaux a cru entendre ce qu'ils étaient plus ou moins venu chercher.... Le risque existe alors, une fois les éclaircissements apportés, de la déception”.

Oui, c’est vrai. Car après le temps des illusions, suivra inévitablement celui des désillusions. Et là le langage changera. Le charme sera rompu. Et nous serons face aux réalités. Mais, hélas, avec un Parlement qui n’aura pas, une fois encore, les moyens de défendre les français.

Ceci souligne avec force la nécessité d’envoyer au Parlement non pas des ”béni oui-oui” - sortes de machines à approuver tout ce que décidera le Gouvernement, même quand ils ne seront pas d’accord - mais des Députés sans œillères, sans consignes, ouverts, indépendants et libres. Soucieux avant tout de promouvoir  une ”démocratie sociale” authentique et vivante. Pas des Députés soumis à la Loi du Prince.

Voilà qui ne facilite pas le travail des stratèges en politique de tous bords. Et encore plus d’une gauche en totale décomposition, partie en campagne sans illusions aucunes. Qu'en restera-t’il après ?

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