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samedi, 19 mai 2007

SARKOZY - BAYROU : OBJECTF 2012 EN VUE

medium_images.64.jpgLa ”volaille” centriste  se dit (en privé) fort déçue : une seule sucette pour tant de bouches gourmandes de friandises du pouvoir !

Hervé Morin en son ministère régalien représente à la fois, sous la direction de l’Élysée bien sûr, les anciens UDF ralliés à l’UMP dès 2002 (De Robien, Douste-Blazy, etc.... mis au placard), Raffarin (passé aux oubliettes), Méhaignerie (mis à la retraite), Simone Veil (envoyée dans les abysses de l’Histoire), les (nombreux) transfuges de l’après premier tour des Présidentielles 2007 et les futurs députés du ”pôle sarko-centriste” qui doit naître ou dans l’UMP ou en marge de l’UMP, après les législatives. C’est beaucoup pour un seul homme ! Même si le terne  Bussereau a été sauvé des eaux au dernier moment.

ROULÉS DANS LA FARINE


En fait, voilà bien longtemps que le centrisme avait été aussi peu représenté, qualitativement et quantitativement, au sein d’un gouvernement de droite. Plus besoin d’être roulé dans la farine et d’être frits les centristes borgnes ! ”Nous aurons des places de Secrétaires d’État... après les législatives”, se consolent-ils. À l’image de Maurice Leroy, cocufié dans son ralliement à Sarkozy par son ami Morin.

Heureusement (pour ceux qui se recommandent du centrisme), les radicaux valoisiens sont toujours là, avec un Borloo fort d’un grand ministère (mais amputé) et les idéaux européens tant chantés sont incarnés par.... des hommes de gauche ! Kouchner et Jouyet !

Pourquoi cette sous-représentation du ”Centre” ? Parce que Sarkozy sait ce qu’il veut, et qu’il dose ses distributions de bonbons. Surtout à des opportunistes du ventre (pardon, du centre) qui doivent déjà dire merci d’avance à leur siège parlementaire (peut-être) sauvé par la généreuse UMP.

D’abord, Sarkozy veut maintenir la pression sur les déserteurs de Bayrou jusqu’aux législatives, voire jusqu’aux municipales. Il connaît trop la versatilité des politiques pour ne pas les considérer avec cynisme et prudence.

Ensuite, il a suffisamment de déceptions à soulager chez les UMP pour négliger les plaies d’amour-propre mal placées des ”centristes”. Pour lui ”l’ouverture” (si l’on peut dire) c’est l’arrivée de Kouchner, de Hirsch, de Jouyet. Pas celle de Morin ! Désolé pour l’ego du Normand !

Enfin, politiquement, Sarkozy, toujours avec un coup d’avance dans sa tête de joueur d’échecs qui fait des réussites, a déjà une priorité : sa réélection. Cela passe (entr’autres) par l’implosion de la ”révolution Bayrou” et de la tentative d’implanter une force pivot dans le paysage politique. Le rêve de Sarkozy : transformer l’héritier  d’Henry IV en ”poule au pot”.

Bayrou, dans l’optique 2012 et quelles que soient ses épreuves et sa solitude actuelle, peut être en effet plus dangereux pour lui qu’un P.S. condamné (sauf révolution interne fort hypothétique) à jouer les oppositions formelles plus que réelles.

Question d’idéologie et de positionnement générationnel. Question de rapports de forces politiques aussi : un P.S. prisonnier du mythe de ”l’union de la gauche” n’est pas mûr pour une adhésion à une social-démocratie moderne. DSK plait à la bourgeoisie, mais c’est toujours l’électorat populaire qui manque à la gauche. Et ce n’est pas la Royal, qui a tort de ne pas reconnaître sa défaite, qui peut incarner une orientation idéologiquement musclée. Le fait qu’elle ait renoncé à se présenter aux Législatives va la priver du rôle de leader de l’opposition au Parlement.

D’où les manœuvres avec les radicaux dits de gauche (qui ne sont pas terminées), d’où le débauchage de sociaux-démocrates qui étaient prêts à soutenir François Bayrou (on se souvient de l’appel de Kouchner et on sait que Jouyet est l’un des signataires de l’appel des ”Gracques” en faveur de Bayrou). D’où aussi le total mépris qu’il affiche envers Bayrou, ostensiblement ignoré.

”On lui a tout piqué”, ironisent ses proches. À peine arrivé à l’Elysée, Sarkozy pique les idées de Bayrou sur le ”gouvernement des meilleurs”, mais en ignorant  évidemment le contexte dans lequel ce cabinet (version Bayrou) devait être constitué et les réformes institutionnelles que cela impliquait.

LE BRAS DE FER SARKOZY-BAYROU


Ce bras de fer entre Sarkozy et Bayrou va sans doute s’installer dans la durée, surtout si François Bayrou réussit à maintenir la mobilisation populaire de son "MoDem". Encore faut-il que le Mouvement Démocrate fasse un minimum de score aux législatives, du moins en voix, à défaut d’en faire en nombre de sièges de par le système vicié actuel.

Le plus dur pour Bayrou est peut-être à venir. Raison de plus pour que ceux qui partagent sa vision de la démocratie l’aident dans ce qui est effectivement une force de ”résistance” (même si l’UMP feint de s’offusquer du mot).

La République mérite  plus que des changements de style à la Cour. Les allusions aux Kennedy ou à la Principauté de Monaco ont quelque chose de pathétique : en retard d’une révolution people, la France ? Restons sérieux. "Gala" ou "Voici" ne sont pas encore des journaux politiques. Et tentons d’influencer pour le mieux le cours des choses. La démocratie ne se réduit pas à quelques dimanches électoraux.

Les propositions de réformes institutionnelles que savait si bien expliquer Hervé Morin (jusqu’à ces derniers jours) restent des nécessités impératives. Comme cette dette qui semble bien oubliée. Comme cette nécessité d’inventer de nouveaux rapports entre l’économie et le social, entre l’épanouissement personnel et la solidarité collective. Comme ce tissu social qui reste plus déchiré qu'on le dit en ces jours de fête.

Ce n’est évidemment pas, souligne Daniel Riot dans un récent papier, avec un Parlement croupion fait d’un bloc de robots à approuver et d’un autre de machines à rejeter que nous allons améliorer les structures et les mœurs politiques.

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