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mardi, 08 mai 2007

GÉOMÉTRIE POLITIQUE

Qu’est-ce que le "centre" en politique ?


Depuis ce 6 Mai, on entend des choses bien étranges dans la bouche de certains de nos responsables ou de nos élus. Pour les uns, le centre ne peut être que ”centre-droit” : et de là ils sont prêts à s’allier avec la droite sarkozyenne (jusque dans ses logiques extrêmes), ne serait-ce que pour s’assurer une (ré)élection qui leur parait problématique (j’y reviendrai plus loin). D’autres répliquent aussitôt : “Non, il faut que le centre soit ”centre-gauche” en jetant un œil intéressé et gourmand vers un Parti Socialiste qui pourrait fort bien éclater et laisser en déserrance sa frange ”social-démocrate” qui n’est pas tant éloignée de nous.

Au risque de passer pour un naïf invétéré (j’assume !), je vous avoue franchement ne plus rien comprendre à cette théorie de centres “excentrés” : le ”centre”, pour moi, il n’est ni à droite, ni à gauche, il est au centre. Point barre. Les autres positions géométriques n’ont aucun sens.

On peut, tout en étant au ”centre” avoir, de par sa culture, sa formation, sa tradition, des affinités avec des valeurs de la droite ; tout comme d’autres, pour les mêmes raisons, porter des valeurs de la gauche. Il n’y nulle honte à cela, ni à afficher ces différences de sensibilité. C’est la définition même du ”centre”. C’est ce qui fait sa richesse, sa diversité et sa capacité de créer un foisonnement d’idées. C’est un point de rencontre et de rassemblement entre ces divers courants qui constituent la société française, telle qu’elle est et telle qu’elle s’exprime à travers les urnes de scrutins en scrutins.

Quand j’entends certains, comme Hervé MORIN - homme que, par ailleurs, j’estime considérablement - nous dire aujourd’hui qu’il s’allie dans un futur ”groupe centriste” qui serait constitué dans la mouvance UMP (dont l’une des contraintes exige par ailleurs l’approbation de tous les projets de loi qui seront présentés par le gouvernement) et ce sous prétexte qu’il ne veut pas être ”dans l’opposition pendant 5 ans" (comme il croit que François BAYROU le suggère en créant le ”Mouvement Démocrate”), je crois qu’Hervé MORIN est dans l’erreur la plus totale et qu’il est tombé à son tour dans ce manichéisme propre à la culture UMP qui veut que lorsqu’on n’est pas ”clairement” dans la majorité, on ne peut être que dans ”l’opposition”. On ne connaît que trop cette musique.

C’est se rendre de nouveau complice de cette France hémiplégique, coupée en deux, camp contre camp, ou tout ne peut être que ou tout noir ou tout blanc, sans couleurs ni nuances entre les deux. Ce qui nous a fait tant de mal dans notre Histoire sociale et que nous n’avons cessé de dénoncer au cours de la campagne électorale. Alors qu’en restant au centre - le vrai : celui qui rassemble et non celui qui divise - on peut jouer un rôle éminent (j’allais dire un rôle ”charnière”), approuver et agir en toute loyauté quand une proposition de loi va dans le bon sens, intervenir, ou alerter quand on pense qu’elle est perfectible, s’y opposer fermement quand on pense qu’elle est mauvaise. C’est une liberté que le vrai centre doit s’accorder, alors que l’autre centre sera totalement bâillonné.

Une division du centre semble être maintenant annoncée : j’affirme qu’elle est totalement suicidaire.

Alors que la dynamique BAYROU a rassemblé le 22 Avril près de 19% des français, alors que les sondages les plus récents accordent aujourd’hui encore entre 12 à 15% des voix au futur “Mouvement Démocrate” - ce qui en ferait la 3ème force politique en France, largement avant celle du Front National et les 8% qu’on lui attribue - considérant qu’environ l’UDF attire à elle ±40% de sympathisants de gauche, et tout autant encore de la droite, plus 20% de divers autres courants, les 12 à 15% reconnus par ces sondages au profit du ”Mouvement Démocrate” se diviseraient en 2 parts (probablement inégales entre la mouvance ex-UDF et l’autre UMP). C’est-à-dire que ces parts éclatées nous mettraient de nouveau au même niveau que le FN. Le suicide annoncé !

Je ne critiquerai pas ces députés qui ont soutenu François BAYROU jusque le 1er tour des présidentielles et se voient aujourd’hui ”menacés” (le mot est faible) d’être éliminés de leur travail de parlementaire par le ”rouleau compresseur” du parti dominant.

Beaucoup d’entr’eux sont mes amis et je sais le drame qu’ils vivent aujourd’hui devant le choix qui leur est imposé. Moi-même - qui ne suis pas, fort heureusement, député mais membre de cette famille centriste depuis plusieurs décennies - je suis aujourd’hui consterné de la voir ainsi manipulée pour que demain elle ne représente plus que l’ombre de ce qu’elle était le 22 Avril. C’est un vrai drame. Suis-je seul à le vivre mal ?

Le moment n’est cependant pas de baisser les bras, mais de dire haut et fort nos valeurs, et de les porter jusqu’au bout. En toutes circonstances

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Les français sauront les reconnaître, le moment venu.

Commentaires

Je partage totalement votre analyse. D'autant plus que je me suis personnellement situé justement au centre droit et que j'aurai été ravi d'y rencontrer des personnes ex socialistes désireuses de fonder un parti progressiste "social libéral démocrate" et d'y reprendre l'excellent programme de François Bayrou pour les dernières présidentielles.

Ce qui arrive au sein du bureau de l'UDF est stupéfiant, Albertini qui renonce à se représenter à la députation, Morin qui passe à l'UMP, Bourlanges qui fait la morale et Robien en embuscade pour prendre la Présidence de l'UDF.

Les élus UDF sont en train de trahir la ligne de stricte indépendance décidée par 92 % des membres lors du dernier congrès uniquement pour pouvoir retrouver leur siège. Ils viennent de comprendre seulement que si le Mouvement Démocrate présente un candidat dans leur circonscription, ils perdront leur siège. Ceci est pitoyable.
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À PROPOS DU DÉMENTI de P. ALBERTINI :

Phil, je ne vous suis pas. Albertini est en difficulté dans sa mairie, très attaqué par le PS fabiusien local et peu soutenu par l'UMP (on sait pourquoi) : il a été coauteur estimable du programme de Bayrou pour les Présidentielles.

Entre Sarkozy et Fabius, il a choisi à titre perso de voter Sarkozy, un point c'est tout. Il s'en est expliqué et il avait relativement raison (je relativement car je considère Sarkozy comme étant un danger public). Sa position ouverte est autrement plus digne que celle de Morin ou Sauvadet qui ont retourné "radicalement" leur veste sans explication pour rejoindre l'UMP.

Écrit par : ROULLEAUX DUGAGE | mardi, 08 mai 2007

S'il veut exister, le futur Mouvement démocrate n'a d'autre solution que d'affirmer sa liberté par rapport à la droite (l'UMP et son nouveau président) et à la gauche. Deux priorités pour préciser son identité propre.

1°) Il devra afficher ses convictions de façon à se distinguer des autres formations politiques tout en laissant la porte ouverte pour rassembler chez tous les démocrates qui souhaitent faire vivre la politique dans ce nouveau siècle.
Ces convictions feront référence à une philosophie, à un modèle à la fois français et européen car le pragmatisme et l'efficacité de l'action publique ne pourront réussir que si l'on tient bon sur les grands principes. Ils seront justement des garde-fous pour éviter que l'action politique ne se résume au seul critère de l'efficacité (la tentation du chiffre, de la politique à court terme ou de la navigation "à vue" appuyée sur les seuls sondages).

2°) Il pourra enfin présenter une "morale de l'action", une pratique du pouvoir, du débat, une méthode. Celle-ci a bien été développée ces dernières heures sur ce blog, par M. de Sarnez ou F.Bayrou autour de l'idée d'une opposition constructive qui saura juger au cas par cas et contribuer à des réformes justes, équilibrées, durables, bien comprises.

Cette méthode est la plus sage, la plus intéressante si on veut bien garder à l'esprit l'essentiel : notre pays est en train d'entamer une nouvelle étape autour de ce nouveau "moment" politique. Les Français attendent beaucoup de ceux qui ont su incarner une chance de renouvellement.

Les trois candidats en tête au 1er tour ont chacun leur part dans ce renouvellement, avec des styles et des idées différentes. Les 85 % de participation sont le signe et le socle de cette volonté de changement et de cette preuve de confiance qu'il ne faudra pas décevoir !

F.Bayrou, au-delà des péripéties des tiraillements de sa famille politique, a la légitimité et la force de caractère pour rassembler et donner une chance à ce mouvement en faveur d'une politique qui saurait être à la fois pragmatique, décentralisatrice et participative (au sens de la participation post-68 et post génération internet) sans rien céder sur l'essentiel et une certaine éthique.

Il s'agit de savoir dans les jours et les semaines qui vont venir si on veut faire quelquechose de ce capital énorme de 18% d'électeurs ou si au contraire on laisse tomber et on abandonne le renouvellement aux deux grands partis PS et UMP. La période jusqu'aux législatives est la 1ère étape de "cette épreuve de vérité".

F.Bayrou doit être encore une fois conforté dans ses choix : oui un élan populaire existe autour de l'espoir immense qu'une troisième voie prenne corps ; oui il a le soutien sans faille de tant de citoyens.

Sommes-nous en train de vivre un nouveau printemps démocratique ? Ce n'est pas impossible, si la veille citoyenne ne faiblit pas, si une nouvelle génération d'hommes politiques rompt avec les vieux usages, si les frontières entre les camps, les clans, les idéologies d'hier veulent bien bouger et s'ouvrir.

Écrit par : Philippe JACQUES | mercredi, 09 mai 2007

Oui, moi aussi, j'ai un peu de mal en ce moment avec nos députés, voici un article à ce sujet qui j'espere pourrait leur redonner l'envie de se battre pour le MD

Mon message à Messieurs Jean-Pierre Abelin, Pierre Albertini, Christian Blanc, Charles de Courson, Stéphane Demilly, Jean Dionis du Sejour, Philippe Folliot, Francis Hillmeyer, Olivier Jarde, Yvan Lachaud, Maurice Leroy, Claude Leteurtre, Hervé Morin, Nicolas Perruchot, Jean-Luc Preel, François Rochebloine, Rudy Salles, François Sauvadet, Francis Vercamer.

Je voulais revenir sur l’article publié dans le Figaro par les députés du groupe UDF et apparentés intitulé "Pour un centre libre dans la majorité présidentielle". Cet article insiste pour que les parlementaires UDF qui le souhaitent aient la possibilité de faire partie de cette majorité présidentielle. Et semble indiquer que les prises de position de François Bayrou entre les deux tours sont incompatibles avec une telle attitude. Telle n’est pas ma conclusion. Mais encore faudrait-il que Majorité Présidentielle ne rime pas avec Mise sous tutelle Présidentielle.

Le message de François Bayrou à l’issue du premier tour était limpide : pas de consigne de vote, chacun reste libre de son choix. Il a indiqué à titre personnel qu’il ne voterait pas pour Nicolas Sarkozy, faisant ainsi plein usage de cette liberté. Ceci n’avait pas pour but d’encourager ses électeurs, encore moins ses parlementaires, à en faire de-même. Il n’a donc pas fermé la porte à des travaux avec la droite - le Mouvement Démocrate a vocation à faire vivre une aile droite en son sein - mais a ouvert la possibilité nouvelle d’en engager à gauche, notamment avec l’aile la plus moderne du Parti Socialiste.

Mais penchons nous sur ce que propose L’UMP à ces parlementaires : l’échange d’une investiture ‘majorité présidentielle’ contre un chèque en blanc. C’est à dire en clair, l’absence de candidat UMP contre les parlementaires sortants UDF se réclamant de la majorité, à condition qu’une discipline de vote stricte soit observée par ces derniers. Mais peut-on être LIBRE au sens de François Bayrou, c’est à dire capable de juger et voter au cas par cas en âme et conscience, et LOYAL au sens de Nicolas Sarkozy, c’est à dire signer un contrat obligeant à voter automatiquement le budget et à renoncer par avance à toute motion de censure ?

C’est bien sûr inconciliable. Et ceci montre d’ailleurs à quel point nos parlementaires sont considérés comme les simples secrétaires d’une chambre d’enregistrement. Si le budget est en déficit de fonctionnement, un parlementaire se reclamant du centre doit pouvoir voter contre. Si le gouvernement ne respecte pas ses engagements, un parlementaire du centre doit pouvoir le censurer.

C’est pourquoi K-J'ADRESSE CETTE DEMANDE à Messieurs les représentants du peuple Jean-Pierre Abelin, Pierre Albertini, Charles de Courson, Stéphane Demilly, Jean Dionis du Sejour, Philippe Folliot, Francis Hillmeyer, Olivier Jarde, Yvan Lachaud, Maurice Leroy, Claude Leteurtre, Hervé Morin, Nicolas Perruchot, Jean-Luc Preel, François Rochebloine, Rudy Salles, François Sauvadet et Francis Vercamer.

EXIGEZ de François Bayrou la possibilité d’une investiture "Mouvement Democrate - Majorité Présidentielle". Ce ne sera que le rappeler à son devoir d’ouverture par delà les frontières partisannes traditionnelles. C’est votre droit de parlementaires élus par des voix de centre droit et votre devoir de futurs représentants des 7 millions d’électeurs qui se sont portés sur votre candidat.

EXIGEZ de Nicolas Sarkozy la liberté de vote en échange d’une loyauté critique envers son Projet présidentiel. C’est votre devoir de cohérence vis-à-vis d’un projet qui a été choisi par le suffrage universel. Mais c’est avant tout le droit à la vigilance de parlementaires libres du Mouvement Démocrate : Si le gouvernement s’en écarte, soyez libres de le dire. S’il le renie soyez libres de le censurer.

A Messieurs Pierre-Christophe Baguet, Christian Blanc et André Santini, qui aviez choisi, quand à vous, de rejoindre Nicolas Sarkozy dès le premier tour, je ne peux lancer le même appel, même si vous avez souhaité vous fondre comme auteurs parmi vos anciens camarades à la faveur d’un ordre alphabétique : Je vous appelle humblement à la cohérence et au respect envers les électeurs centristes. C’est bien à vous qu’il revient de tenter de représenter ce ‘centre libre au sein de l’UMP’. Et je vous souhaite bien du courage.

Écrit par : Jean-Christophe LORIC | mercredi, 09 mai 2007

L'isolement politique de Bayrou est inacceptable

Dans un communiqué mis en ligne ce soir sur le site du Figaro , la quasi-totalité des parlementaires UDF trahit François Bayrou en lançant un drôle d’appel à un centre libre à l’intérieur de la future majorité présidentielle de Nicolas Sarkozy.

Ces élus,

«  Jean-Pierre Abelin, Pierre Albertini, Pierre-Christophe Baguet, Christian Blanc, Charles de Courson, Stéphane Demilly, Jean Dionis du Sejour, Philippe Folliot, Francis Hillmeyer, Olivier Jarde, (suppléant de Gilles de Robien), Yvan Lachaud, Maurice Leroy, Claude Leteurtre, Hervé Morin, Nicolas Perruchot, Jean-Luc Preel, François Rochebloine, Rudy Salles, André Santini, François Sauvadet, Francis Vercamer, et Philippe Vigier, (candidat dans la 4 e circonscription d’Eure-et-Loir) 

… soutenaient encore François Bayrou, il y a quinze jours. Ceux-ci voulaient faire de la politique autrement. En soutenant Nicolas Sarkozy, ils cherchent simplement à sauver leur siège de député. Les convictions n’ont plus leur place dans ce genre d’attitude. Et il faudra se souvenir de ce manque de courage pour l’avenir.

«  À l’issue du premier tour de l’élection présidentielle, qui avait conduit près de 7 millions de Français à se reconnaître dans le projet du centre défendu pa François Bayrou, les 4/5 des députés UDF, de nombreux sénateurs et députés européens ont décidé de voter pour Nicolas Sarkozy. Cette décision était fondée sur trois raisons ma?jeures », déclarent les élus UDF « libres » dans leur manifeste .

Et d’ajouter : « L’UDF aurait pu ainsi marquer fortement de son empreinte la politique des cinq prochaines années et rendre utiles les 6,7 millions de voix qui s’étaient portées sur François Bayrou au 1er tour.

En désignant Nicolas Sarkozy comme l’adversaire principal, l’UDF — même transformée en Parti démocrate — court un risque d’isolement important ; d’autant qu’il lui faudra bien, quoi qu’on en dise, passer élections législatives, si l’UDF un accord au soir du 1 er tour des veut encore se faire entendre à l’Assemblée nationale durant ces cinq prochaines années. Cet accord ne peut pas être passé avec l’UMP puisque François Bayrou déclarait que Nicolas Sarkozy était le candidat pour lequel il ne fallait pas voter…

Nous considérons qu’il est du devoir d’une UDF libre de concourir à sa manière, avec ses méthodes et ses priorités, à l’œuvre de redressement qui s’impose aujourd’hui. Nous sommes attachés à la constitution d’une majorité pluraliste, fondée sur le dialogue et la coopération de formations politiques porteuses de la diversité des sensibilités françaises. Nous constatons à cet égard que Nicolas Sarkozy a marqué de longue date ses réserves à l’idée d’un parti unique de la majorité. Nous observons qu’il se déclare, avec plus de sagesse que son pré?décesseur, favorable à l’exis?tence d’un centre libre au sein d’une nouvelle majorité présidentielle.

C’est pourquoi, tout en conservant notre autonomie au Parlement, et sans intégrer l’UMP, nous inscrivons sans hésitation notre démarche dans la majorité présidentielle qui se dessine. Il est impératif de créer les conditions du rassemblement le plus large possible, dont la France a tant besoin… et que nous avons défendu avec acharnement durant toute la campagne électorale  ».

Vous l’avez compris, l’UMP n’a pas besoin de ces parlementaires UDF « girouettes » pour obtenir une large majorité à l’Assemblée Nationale suite à l’élection de Nicolas Sarkozy. Ce rapprochement répond à une tactique grossière qui a pour but d’empêcher la naissance du mouvement démocrate de François Bayrou.

Les électeurs de François Bayrou au premier tour de l’élection présidentielle doivent pourtant se retrouver dans un mouvement qui puisse défendre cet espoir d'une vie politique en dehors des clivages traditionnels. Empêcher François Bayrou de monter son nouveau parti politique, c’est confisquer les voix de ces français. C'est inacceptable.
Il faut donc défendre François Bayrou contre cette tentative d’isolement. Vous avez voté pour Bayrou au premier tour de l'élection présidentielle. Alors bougez-vous.

Écrit par : Christophe CARIGNANO | mercredi, 09 mai 2007

Aujourd'hui il est important de résister. Et ce n'est pas un vain mot, ce ne sont pas vaines paroles.

Non, nous ne voulons pas d'une France qui se met à croire que tous ses maux sont d'origine génétique. Soyez étranger, vous resterez étranger ? Est ce cela la France des Lumières, celle qui fait rêver le monde?

Non, nous ne voulons pas d'une France où les médias seraient à la botte du pouvoir. Soyez contre moi, vous resterez la pensée unique, celle à abattre. est ce cela la France des Lumières, de l'ouverture, cette France qui s'est battue pour la démocratie?

Voulons nous, enfin, d'une France où la culture serait assimilée à la publicité, l'intelligence au temps de cervelle disponible. Où la culture s'apparenterait à un vaste léchage de bottines toutes vernies, et remplacée par la culture de l'argent. Est ce cela, vraiment, la France dont nos concitoyens rêvent pour leurs enfants?

Je refuse de répondre "oui" à ces questions là.
Je refuse de croire que tous les gens qui vivent autour de moi répondent "oui" à chacune d'entre elle.
Je refuse de désespérer de mon pays, que j'aime et que je souhaite voir écouter, et que je souhaite entendre sans honte mais avec une lumière de fièrté dans les yeux. Mon pays, la France que j'ai imaginé de mes hauts de mes vingt ans, doit être grand, parce qu'il a une belle Histoire, parce qu'il a d'immenses capacités, parce qu'il met au dessus de tout la liberté, l'égalité, et la fraternité.

Pas la liberté d'un président qui n'aime les journalistes et les parlementaires que lorsqu'ils hochent consciencieusement de la tête à tout ce qu'il peut raconter.

Pas non plus la fraternité d'un président qui veut nettoyer les banlieues au karcher, oubliant au passage que ce qui fait l'unité d'un pays, ce n'est pas la police mais les professeurs.

Et certainement pas l'égalité selon ce président qui mange des petits plats au Fouquet's et se dore sous le soleil de Malte, avant de se la couler douce à l'Elysée, tout en serrant ses sujets entre son marteau et son enclume.

Alors, parce que je dis non à la France que certains, au plus haut de l'Etat, veulent bâtir, je dis oui, mille fois "oui" à celle que M. Bayrou veut créer, oserais je dire, recréer avec nous. Il ne faut plus rater mieux moins mal, il faut que nous renaissions en tant que Français, en tant que citoyens, en tant qu'enfants des Lumières. Ainsi la France se re-con-naîtra.

Écrit par : Clemence LACOUR | jeudi, 10 mai 2007

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