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jeudi, 03 mai 2007

L'INUTILE DÉBAT

J'AI VU, J'AI ENTENDU.... ET ALORS ?


Il est des moments où l’on envie les téléspectateurs ”supporters” de l’une ou de l’autre : ils peuvent crier victoire quelque soit leur "champion”, remarque Daniel Riot. Il a raison. D’autant plus que les buts des deux intervenants étaient différents : l’un devait conserver son avance, l’autre devait mener l’offensive… Ce sont évidemment les hésitants, les indécis, les versatiles qui seront  les vrais juges de ce débat... pendant lequel l’importance des affaires européennes et des fonctions spécifiquement régaliennes du ”poste” disputé a été, hélas, trop négligée.

Comme prévu, Sarkozy a fait des efforts sur lui-même : calme, surtout être calme. Afficher du sang-froid. Paraître serein. Juste une pointe, par ci par là, griffes rentrées : "Vous n’avez pas besoin d’être méprisante pour être brillante”.

Des efforts trop poussés peut-être…

Il semblait presque terne, le grand bateleur ! Avec des allures d’écolier devant sa maîtresse d’école. Avec la tête souvent basse. Avec quelques coups portés mal encaissés ! Gentil et poli, Sarkozy, à coup de «Madame” glissés en tout et pour tout … Beau joueur, sinon galant, il a même donné du temps de parole à son "adversaire”.

DOUX COMME UN MOUTON, LE LION


Tout au plus, Sarkozy a su jouer les séducteurs avec sa voix et ses regards. Des regards qui, dommage pour lui, fuyaient souvent les yeux de Ségolène quand il se voulait critique ! Du velours, Sarkozy… "Doux comme un mouton” dit Jean d’Ormesson.

Mais son jeu était moins bon qu’on pouvait l’imaginer : il sonnait même un peu faux, de temps à autre. Il est meilleur d’ordinaire dans ses rôles de composition. Même quand, face à une ”saine colère” de Ségolène, il se fait un petit plaisir en mettant en relief les qualités de… calme qu’exigent les fonctions présidentielles. L'impulsif avait-il abusé de la tisane calmante?   

Comme annoncé aussi, Mme Royal a montré qu’elle n’est pas femme à se laisser marcher sur les pieds. Et à se laisser mener par le bout du nez, surtout pas dans un débat aux enjeux majeurs. Pugnace, ”la Royale”. Mordante, même, comme une louve affamée. Mais je le reconnais : elle a été meilleure que jamais. Meilleure même que je pouvais l’imaginer. Comme quoi, l’être humain a une caractéristique essentielle : sa perfectibilité.

DES PIÈGES ÉVITÉS ET D'AUTRES BIEN TENDUS


Audacieuse, Mme Royal ! Offensive, oui. Maîtresse de l'ordre du jour. Habile même : n’a-t-elle pas piégé son ”partenaire en débats d’idées” sur quelques sujets, sur le nucléaire par exemple, sur la sécurité (mais oui !) ou, surtout, sur la question (imprévue) de l’insertion des handicapés dans les écoles de la République, sujet sur lequel Mr Sarkozy propose des mesures appliquées par Mme Royal quand elle était "sous-ministre" et supprimées par l’UMP… ?

N’a-t-elle pas évité, aussi,  d’être piégée sur le terrain de l’économie et de la croissance (en dépit de quelques manques de précisons chiffrées) ?

N’a-t-elle pas paru, y compris dans son (très inattendu) ”coup de colère”, comme plus déterminée, plus moderne, plus dynamique. Plus crédible, même. Plus fiable. Avec une ”bravitude” qui force le respect (pas seulement celui proclamé à tout bout de phrases par Sarkozy)

En fait, Ségolène a réussi une chose qu’elle aurait dû tenté depuis longtemps : Sarkozy est apparu comme un ”sortant”, avec ce que cela comporte de responsabilité dans le bilan.

Elle a réussi aussi à paraître plus sincère  dans ses engagements et  dans sa défense du type de société qu’elle ”veut” que Sarkozy pour les siens.

Surtout, en dépit de son ”étatisme” persistant, elle a affiché un socialisme moderne, à visage nouveau. En se dégageant de toute contrainte, y compris de ce qu'a pu dire François Hollande. ”Libre”, elle ne s'est ”rien interdit”. Elle a eu raison.

C’est important pour les électeurs qui regrettent les archaïsmes d’un P.S. resté passéiste sur bien des plans.

C’est important aussi dans son rapport de force avec Sarkozy : l’esprit de ”rupture tranquille” de celui qui veut une ”France qui gagne” et qui se veut le ”candidat du mouvement”, est apparu comme l'expression d'un conservatisme bien conformiste, par opposition au caractère novateur de la démarche, des idées (y compris institutionnelles) et de la manière de gouverner de ”Madame Royal”

Il y a là une inversion d'image. Au moins le temps (long) de cette émission.

CE QUI A CHANGÉ POUR MOI


Rien ! À l’UDF, nous n’avons pas l’habitude de donner des consignes de vote (c’est pour çà que j’y suis bien !) : on fait appel à la responsabilité de chacun.

Je respecte celles et ceux - fort minoritaires, apparemment - qui ont appelé à voter Sarkozy. Je respecte de même celles et ceux - plus nombreux (peut-être ?) - qui voteront pour Mme Royal.

Quant à moi, même si cela n’offre qu’un intérêt fort mineur, je veux dire ici que je ne vote pas pour un homme, ni pour une femme, quelques qu’en soient les talents respectifs. Je ne vote pas davantage parce qu’un parti, ou parce que des intérêts partisans m’inciteraient à le faire et incliner pour tel ou telle. Je vote pour des convictions profondes qui sont les miennes. Et rien d'autre.

Ce que j'ai entendu hier soir me confirme dans l'idée qu'il faut une troisième force libre qui ne soit ni de droite ni de gauche.


Mon vote sera donc strictement personnel. Ce sera un vote blanc qui signifie que ce n'est pas dans l'affrontement mais dans le rassemblement que la France se remettra d'aplomb. Car telle est ma conviction.

La parole est aux français. Elle est à la démocratie. La suite à dimanche soir…

Commentaires

Bonjour,

Pour ma part, le choix m'est difficile, mais je voterai pour Royal (j’avalerai une belle couleuvre, et puis voilà).

Je pense sincèrement que la vision de société de Sarkozy est trop différente de la mienne et de celle que je souhaite pour mes enfants. Je ne puis l’accepter. Je me dois donc de voter contre Sarkozy. Pas de m’abstenir. J’ai toujours prôné le vote «pour» quelqu’un, «pour» quelque chose, mais cette fois-ci, ce sera bel et bien le vote «contre», non pas l’homme, mais la société qu’il propose.

Pour finir, j’ai trouvé que Ségolène avait suffisamment bien défendu son steak durant le débat de mercredi. Comme je ne me fais pas d’illusion sur les programmes de ces deux protagonistes, cela me suffit pour ne pas trembler en mettant le bulletin dans l’urne.

Voilà. Dans tous les cas, dimanche soir, je serai aigri.

Écrit par : Vincent BONNAL | vendredi, 04 mai 2007

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