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jeudi, 26 avril 2007

LES FAUX NEZ

medium_images.59.jpgIls sont de droite : c’est leur choix. Qu'ils l'assument !

Être de droite n'est pas une maladie honteuse. Ce qui est honteux c'est de tricher avec soi-même et avec les autres... Ils n’ont pas à se donner des faux nez et les masques d’un centrisme qui n’a rien de central. Surtout quand ils adhèrent à un ”projet de société” qui n’est en rien libéral, humaniste, chrétien-démocrate mais inspiré par un ”néo-conservatisme” à la mode bonapartiste. Et teintée d'idées qui, voilà peu de temps encore, étaient propagées par ces ”extrémismes” que CHIRAC a tant condamnés avec raison.

À chacun son opinion et ses options. Il n’y a pas ”deux France”, mais une France plurielle. Le ”ni de droite ni de gauche”  de François BAYROU est un ”au-dessus de la droite et de la gauche”. En dehors surtout du chant des sirènes de la démagogie et des jeux politiques qui tiennent de bals masqués, des jeux de marionnettes et des spectacles de rôles…

Combien sont-ils parmi les sept millions d'électeurs centristes de François BAYROU à pouvoir voter Nicolas SARKOZY le 6 mai ? Les sondages (toujours à prendre avec des pincettes) répondent : ±40 %. Ce qui laisse entendre que les autres électeurs (±60%) préféreraient ou glisser dans l'urne un bulletin socialiste ou voter blanc. C'est un constat. C'est un fait.

Le candidat de l'UMP va donc, logiquement, tenter d'augmenter cette part en donnant à son discours des accents plus humanistes, plus généreux, plus "social", plus aptes à conquérir les centristes. Il s'y est employé, dès dimanche, en proposant ”un nouveau rêve français” et en promettant de ”protéger les Français (…) qui ont peur de l'avenir, qui se sentent fragiles, vulnérables, qui trouvent la vie de plus en plus lourde, de plus en plus dure”. L’anxiogène se veut rassurant et entame sa campagne avec un mot d’ordre : ”dédiabolisez-moi”.

Les rôles sont partagés au sein des droitistes du centre de l’UMP. L'ancien premier ministre Jean-Pierre RAFFARIN, dans son rôle préféré : il va jouer les ”Monsieur bons offices” pour faire vivre l'idée du ”rassemblement élargi” autour de Mr SARKOZY. ”Nous voulons gouverner avec une majorité ouverte, avec plusieurs pôles, y compris avec des gens de gauche”, affirme cet ex-UDF artisan de la création de l'UMP en 2002.

L'ancien chef du gouvernement (de droite) promet, sans plus de précision, des ralliements également à gauche à la suite de celui, dimanche soir, d'Éric BESSON, l'ancien secrétaire national à l'économie du Parti socialiste.

Aux cotés de RAFFARIN : Jean-Louis BORLOO. Lui promet des carottes à la crème à tous les lapins gourmands… En cirant les chaussures de François BAYROU : ”le message extrêmement important (du score de Mr BAYROU), c'est que, sur un certain nombre de sujets, les gens qui n'ont pas exactement les mêmes idées puissent travailler ensemble. C'est à l'évidence une ouverture politique”

Gilles DE ROBIEN, seul ministre centriste du quinquennat de Jacques CHIRAC, lui, se glisse dans la peau du Croisé vengeur et du sergent recruteur. Sa  mission : convaincre les deux tiers des 29 députés UDF de soutenir Mr SARKOZY, en échange d'une clause de non-concurrence de l'UMP dans leur circonscription. L'objectif est ”d'assécher” la représentation de l'UDF à l'Assemblée Nationale pour l'empêcher de constituer un groupe autonome. Du débauchage, un par un. Du chantage pour tous. Des promesses en veux-tu en voilà. Il va même jusqu’à s’engager à garantir aux ”ralliés” une ”indépendance de jugement et de vote” à l’égard de l’UMP. Que c’est beau !

Pour cause : avec des candidats dans toutes les circonscriptions, l’UDF métamorphosée en ”Parti Démocrate” peut sérieusement jouer les ”empêcheurs de paraître en rond”, même avec un scrutin majoritaire à deux tours. Avec 21% sur Paris et plus de 22% sur Strasbourg, par exemple ! Bien des triangulaires peuvent créer des surprises désagréables pour les tenants de ce faux bipartisme qui, à force de diviser la France en deux, la coupe en tranches… et la lamine depuis 25 ans.

Comme l’écrit Daniel RIOT dans un éditorial : ”La vie continue. Et la démocratie est un jardin qui ne se cultive pas que les jours de scrutin”.

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