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mardi, 24 avril 2007

UN MILITANT DE BASE S'EXPRIME

À mon tour de préciser la position d'un militant de base qui ne veut surtout pas que tout ce qui a été fait depuis quelques mois n'ait servi à rien ou si peu.

Aujourd'hui nous appartenons à une famille politique qui existe réellement par elle-même et qui a fait la preuve sur le terrain qu'elle commençait à s'enraciner dans la vie de nos compatriotes. C'est la raison pour laquelle j'ai beaucoup apprécié la réaction de François Bayrou dimanche soir, qui a confirmé que nous pouvions compter sur lui pour garder et amplifier le socle sur lequel notre formation politique est assise.

C'est d'ailleurs le discours attendu par nombre de militants et d'électeurs qui ne souhaitent pas un ralliement pour l'un ou l'autre des 2 candidats. Il paraît impensable en effet que nous soutenions un candidat qui s'est clairement placé sur la droite de la droite de l'échiquier politique pour récupérer les voix du FN. Pauvre Mme Veil : qu'attend elle de Mr Sarkozy? Je ne cite qu'elle, tellement les autres UDF ralliés sont insignifiants et pathétiques, au même titre que Besson autre traître à qui la devise " plutôt mourir que se déshonorer" est à mille lieues de son petit esprit.

En ce qui concerne la candidate socialiste, le contexte est un peu différent : il est évidemment surréaliste d'envisager un rapprochement sur la base d'une union de la gauche reconstituée avec Mme Buffet, du haut de ses 1,8% des voix, comme gardien du temple. Malgré tout il y a quand même davantage de points de convergence entre les programmes de François Bayrou et de Ségolène Royal. C'est problablement insuffisant pour appeler à voter pour elle, mais c'est quand même un début pour l'avenir, surtout si Sarkozy est élu.

J'en viens donc à ma grande inquiétude et à celle de nombre de nos amis militants : il y a malheureusement de plus en plus de fissures dans la faible carapace de certains de nos élus. J'ai cru comprendre que Sarkozy serait reçu ce soir très, très cordialement par un édile important de l'UDF à Rouen. J'ai aussi entendu çà et là que des députés UDF commençaient à céder aux sirènes venues de l'UMP afin de sauver leur siège ou leur municipalité. J'espère que tout cela n'est que ragots de journalistes.

De toutes façons, nous allons bientôt savoir et je suis certain que François Bayrou saura faire le nécessaire pour pouvoir capitaliser sur les presque 19% de voix obtenues dimanche dernier. Il saura, j'en suis sûr, rappeler à ses élus que la fidélité aux idées est, et doit être, une valeur capitale chez nous et que les plus grandes victoires sont toujours celles obtenues dans la difficulté.

Une de nos amies qui a passé beaucoup de temps sur les marchés ces dernières semaines me demandait très récemment si nous pouvions avoir confiance : je lui ai bien entendu répondu que oui. Notre candidat a toujours su faire preuve de courage : il a refusé la soumission à la loi du plus fort il y a cinq ans, il a refusé un portefeuille prestigieux. Bref il a refusé de faire allégeance ce qui n'a pas été le cas de tous les membres de son groupe parlementaire.

Dans ces conditions je suis de ceux qui pensent que certains doivent se déterminer rapidement et franchement et que leur adhésion au nouveau parti appelé à remplacer l'UDF soit conditionnée à une discipline de parti. Il y a sans doute à l'UDF quelques militants prêts à prendre des responsabilités sur des bases claires, et je suis certain que le nouveau parti démocrate social (peu importe son nom) a tout à y gagner.

Voilà quelques pensées très personnelles sur les évolutions à venir de notre mouvement. Je ne suis certes qu'un modeste adhérent, mais je crois savoir que mon opinion est partagée par beaucoup qui n'osent pas l'exprimer. Je souhaite même qu'elle soit transmise en haut lieu et que nous soyons très nombreux à faire cette démarche.

Un dernier mot : je suis un adepte de la formule " res, non verba". Pour ceux qui n'ont pas fait de latin je traduis : des réalités, non des mots.

Michel ESCATAFAL

Commentaires

Je suis aussi un militant de base (tout récent même) et je vous rejoints à 100%.

Pour ma part, je n'ai pas ménagé mes efforts pour convaincre autour de moi et je sais aujourd'hui que ces heures de discussions à bâtons rompus ont été utiles (depuis dimanche, j'ai entendu plusieurs fois des "je te le dis, j'ai finalement voté Bayrou"). Bien sûr, c’est à François Bayrou que l’on doit cette vague «orange». Mais nous les militants y sommes aussi pour quelque chose et notre avis est capital pour la suite.

Convaincre a été un travail de fond, long (et pénible parfois tant l'argumentation d'en face était acérée et souvent méchante), mais au final, c'est un vrai succès même si ce n’est pas une victoire totale.

Aujourd’hui, ces mêmes "néo-sympathisants" viennent me voir et partagent cette idée qu’il ne faut pas que François Bayrou trahisse la position qui a été la sienne durant de dernières années : indépendance et droiture. Tant pis pour ces sénateurs et députés qui répondent aujourd’hui aux sirènes de l’UMP. Le sang neuf, déterminé et sincère de la nouvelle ère politique qui est arrivé en France sera issu de la base, j’en suis aussi convaincu. C’est à nous de prouver que l’on peut faire de la politique autrement.

Vincent.

Écrit par : Vincent BONNAL | mardi, 24 avril 2007

Je partage pleinement les avis de Vincent et de Michel Escatafal : l'important est de conserver la même "fraicheur", l'espoir qui se dessine aujourd'hui en orange, l'écoute et l'échange constructif à partir de la base et du vécu des gens.

Le vote pour Bayrou c'était un vote pour changer. La grande force de Bayrou c'était son indépendance, sa liberté de ton par rapport aux partis et aux stratégies personnelles ou à court terme. Il n' y avait rien d'opportuniste dans cette candidature si ce n'est la responsabilité d'un homme libre sur la nécessité de rassembler sur des bases nouvelles afin de redonner des couleurs à la France !

D'où le malaise face aux attitudes précipitées de ceux qui voudraient déjà "vendre leur âme" et trahir le crédit accordé par les électeurs à F.Bayrou. D'où aussi les questions délicates : quel choix défendre pour le 6 mai ? Comment poursuivre le travail et profiter de la dynamique du 1er tour ?

Pour les citoyens d'abord le 6 mai prochain il faudra choisir. Les 18.5 % d'électeurs choisiront en leur âme et conscience en fonction des programmes, de leur "famille politique" d'origine, de la personnalité des deux candidats en lice. Le refus de la logique bipolaire et du clivage systématique droite-gauche ne justifie pas à mon avis de rester dans l'indétermination -mais le vote blanc, pour ceux qui le souhaitent, est respectable.

L'important dans cet espace de discussion est de respecter le choix de chacun et de préparer la suite . Il ne faut pas lancer d'anathème à condition que chacun dans sa démarche n'hypothèque pas les chances de renouveau par une attitude trop tranchée ou une précipitation à retomber dans les vieux schémas que nous avons dénoncés avec F.Bayrou.

Cependant le refus des extrêmes, du parti monolithique qui occupe tout l'espace politique, le refus d'un certain cynisme seront me semble-t-il les critères communs pour se déterminer. Plus que jamais aussi il s'agit d'être vigilant sur la nature de la démarche de chacun des camps qui se disputeront l'élection.

Marchandage, tactique politicienne ou dialogue, confrontation d'arguments, souhait de transparence… rien ne sera anodin ; il y aura à la fois des chausse-trappe avec le risque d'affaiblir le positionnement de Bayrou ou, au contraire, s'il parvient à y apporter ses idées, une ébauche de la méthode qu'il a préconisée , ce qui renforcera donc sa crédibilité.

Pour F.Bayrou c'est différent : il s'agira de faire fructifier le bon score de dimanche et surtout de poursuivre sa rénovation et sa pédagogie qui ont tant fait de bien à notre démocratie. Nul doute qu'il saura trouver les mots pour indiquer une direction, rappeler quelques grands principes, poser les bases d'un nouveau mouvement pourquoi pas pour préparer les législatives et l'avenir. Il saura éviter je pense de soutenir ouvertement un des deux candidats pour deux raisons simples : une raison de principe, le respect de l'électeur dans sa capacité à choisir et à confronter sa vision à celle des deux autres candidats ; une raison politique enfin , le temps n'est pas mûr pour faire travailler le centre et l'aile réformiste du PS, la réflexion et la prudence s'imposent et seul F.Bayrou avait vraiment proposé cela et était dans la capacité de le réussir…

Plus que jamais la refondation se joue aux deux niveaux et dans un dialogue : celui de F.Bayrou qui a fait naître un espoir et des élus ou responsables qui adhèrent pleinement à sa démarche sans calcul personnel ; celui de la "base" et de ces millions de personnes qui croient dans une nouvelle façon de faire de la politique et qui sont prêts à se mobiliser.

Écrit par : Philippe JACQUES | mardi, 24 avril 2007

Je suis d'accord avec cet article Si des élus de l'actuelle UDF rejoignent l'UMP, laissons les faire car ils vont vite déchanter ; leurs électeurs ne seront pas dupes !

J'espère que François Bayrou va fonder un nouveau parti avec ceux qui resteront à l'UDF mais aussi avec nos partenaires de Cap 21 et autres.

Le 6 mai, chacun fera son choix en âme et conscience. Je pense cependant que la logique voudrait que l'on se déplace pour voter blanc afin de ne pas retourner dans les éternelles manigances partisanes que nous avons remis en cause.

Écrit par : Hervé (Japon) | mardi, 24 avril 2007

Je suis globalement d'accord avec vos commentaires. Mais quand je lis que le programme de l'UDF comporte d'avantage de convergences avec le programme d'un PS resté sectaire pour une grande part, où l'on considère que l'on est riche dès 4000 e gagnés par mois, un PS qui a toujours besoin pour l'emporter du soutien d'un PCF exangue et de l'ensemble de la gauche extrème et anti-libérale, qu'avec celui de l'UMP, je crois réver! Je crois qu'il ne faut pas se tromper de stratégie. Continuons le jeu de l'indépendance et nous l'emporterons à moyen terme. Il suffit d'attendre. Le PS va perdre la présidentielle et ne tardera pas à imploser sous le poids de ses contradictions internes (il n'est pas sur que ce soit très différent à l'UMP, nous en reparlerons dans quelques mois). Il sera temps alors de réaliser une synthèse entre le centre gauche et le centre droit dans le cadre nouveau d'un grand parti démocrate et sur des bases qui dès lors seront effectivement claires et solides.

Écrit par : Philippe RIBOT | mardi, 24 avril 2007

J'attends la création d'un nouveau parti rassemblé autour de F.Bayrou. Le ralliement à Ségolène Royal sur la base de tout sauf Sarkozy est une supercherie.

Analysons la personnalité des 2 candidats ! Ségolène a "bouffé" le PS, brocardé le centre, "dragué" ouvertement à l'extrême gauche. Elle a prononcé des énormités en politique internationale et démontré ses incompétences. Elle ne supporte aucune critique ( voir le cas de M.Besson ).

Revenez sur terre.

Écrit par : RODRIGUEZ | mercredi, 25 avril 2007

On comprend que F.Bayrou doive respecter ses électeurs dans leur diversité. On reconnaît aussi que seule la construction d'une troisième voie n'a de sens si on veut que le 1er tour ait servi à quelque chose. La voie de la sagesse est donc de conserver toute indépendance par rapport aux deux grands partis.

Pour autant, on aurait du mal à comprendre une stricte neutralité entre les deux candidats. La critique de N.Sarkozy a été un axe essentiel de la campagne de F.Bayrou : à de nombreuses reprises, il a souhaité l'affronter au deuxième tour, afin de confronter deux visions de la politique, deux projets de société. On ne viendra pas me dire que c'était uniquement une tactique pour attirer les voix du centre gauche…

Il y a vraiment incompatibilité entre la vision de N.Sarkozy et celle de F.Bayrou ! La présence de J.L.Borloo, les discours faussement rassembleurs de NS ne suffiront pas à adoucir ou à tempérer son programme pour la France…

A défaut d'un appel à ne pas voter N.Sarkozy (comme l'a fait C.Lepage), on attend au moins cet après-midi une mise au point claire de F.Bayrou sur les grands principes qui différencient le centre rénové de la droite "néo-conservatrice" dans laquelle s'engage l'UMP de N.Sarkozy.

Écrit par : Philippe JACQUES | mercredi, 25 avril 2007

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