Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

jeudi, 12 avril 2007

MORALISER LA VIE PUBLIQUE

medium_images.53.jpg
Politique et justice.... Indemnités des patrons déchus.... Lutte contre les patrons voyous et les « grands fraudeurs »...

Des engagements précis de François BAYROU qui tranchent avec les pratiques menées ou encouragées ces dernières années par la droite et par la gauche…


De deux choses l’une…

Soit les infos du "Canard Enchaîné" sur un accord secret SARKOZY-CHIRAC sur une amnistie déguisée pour le Président sortant sont vraies, complètement ou partiellement, et c’est grave. Les démentis donnés sur le ton de la haine, du mépris ou de l’ironie ajoutent même à la gravité des choses…

Soit elles sont fausses. Et dans ce cas ce ne sont pas des démentis que l’on doit attendre mais des poursuites judiciaires. Le droit de la presse implique des obligations pour tous les journaux, y compris ceux dites «humoristiques»… La liberté d’expression a des limites. La gravité des choses exige des clarifications plus nettes que les phrases du style «C’est grotesque, blessant, mensonger»

«QUE L’ON SOIT PUISSANT OU MISÉRABLE»

Dans ces conditions, François BAYROU a raison de réagir comme il a réagi (contrairement à Ségolène ROYAL toujours très distraite sur ce qui fait remettre en cause un système dont le PS est co-profiteur depuis 25 ans…)

"Si c'est vrai, c'est évidemment inacceptable. Si les puissants s'entendent entre eux pour qu'il n'y ait pas de suite à des dossiers dont tout le monde sait qu'ils sont engagés depuis longtemps, et dont on connaît la gravité, c'est quelque chose que les Français n'accepteront pas.

Moi élu Président, les procédures seront organisées normalement et elles iront à leur terme.

La justice doit être indépendante et tous doivent être égaux devant la justice, qu'ils soient puissants ou misérables. Il faut avoir ce respect pour les humbles, que les puissants soient eux aussi soumis à la loi. Les petits fraudeurs, on les poursuit avec sévérité, mais les gros fraudeurs, il y a pour eux un traitement spécial, y compris amical. Bernard TAPIE soutient Nicolas SARKOZY, tout va bien et personne ne s'en étonne!"


QUELQUES 12 MILLIONS D’EUROS DE PRIME DE DÉPART !

Autre affaire, autre «sale affaire», autre scandale révélateur de dysfonctionnements inadmissibles et d’injustices qui font devraient faire hurler : les indemnités (légales !) reçues par les dirigeants de grosses entreprises (nommés souvent sous influences politiques)… Les PDG justifient toujours les sommes qu'ils touchent par les risques qu'ils prennent. Or, dans le cas de Noël FORGEART, son départ est lié à son échec dans la gestion d'Airbus. Il est, en plus, soupçonné de délit d'initié lorsqu'il a réalisé une plus-value de 2,5 millions d'euros en levant ses stock-options. Au total, il a touché 11à 12 millions d'euros. FORGEART donne l'impression d'être au-dessus des lois. Aucune sanction, aucune mesure ne pourront être prises à son égard parce que tout cela est légal.

Noël FORGEART (il est ni le premier et ni le dernier si rien ne change) illustre de façon paroxystique plus que scandaleuse le contraste  entre le sort des PDG, forts de privilèges indécents, et leurs salariés, traités avec cynisme et légèreté, avec inhumanité et indignité. En pleine crise, aucun salarié d'Airbus n'aurait pu bénéficier des avantages qui lui ont été accordés. Il a obtenu un préavis de six mois et conserve ses stock-options. Si l'action EADS grimpe, il pourra les encaisser…

Aux Etats-Unis, un patron qui doit quitter ses fonctions à la suite d’une mauvaise gestion ou d’erreur de stratégie part avec zéro dollars en poche. Et quand il y a manque de transparence ou soupçons de malversations, la justice est saisie…

Nos hyper-capitalistes hexagonaux voudraient donc les avantages du système américains sans en subir les contre parties !

OUI À LA LOI PROPOSÉE PAR BAYROU : il est plus que  temps… La droite ne l’a pas fait.... La gauche non plus.

Il ne s’agit pas de crier au scandale et de verser des larmes de circonstances, comme le fait aujourd’hui Ségolène ROYAL, sur le contraste entre les hyper-nantis et les malheurs des salariés malmenés. Il s’agit de prendre des mesures efficaces : en l’occurrence cela passe par une loi !

NON AU CAPITALISME DE CONNIVENCE ET D’OPACITÉ

«Il n'y a pas un jour sans qu'on apprenne des informations troublantes sur la manière dont les hauts dirigeants d'entreprise se voient attribuer des sommes incroyables, qu'aucun salarié ne peut même imaginer dans ses rêves les plus fous. Il n'est plus possible de voir se multiplier les scandales, les indemnités qui peuvent atteindre des millions d'euros. Cela choque infiniment et nuit à l'image de l'entreprise», a précisé François BAYROU

«Cette loi obligera à la transparence dans la vie économique, à la prise de décision en Assemblée Générale, au lieu d'avoir ce capitalisme de connivence, d'opacité où tout se décide au sein d'un petit groupe, a-t-il ajouté en estimant : «Nombre de grands chefs d'entreprise n'acceptent pas cette idée(…) mais ils se trompent car ce qui est en train de se passer nuit considérablement à l'image de l'entreprise». «Il faut que l'Etat fasse ce qu'il faut pour que la vie économique de notre pays ne soit plus ainsi constamment soupçonnée».

Ces déclarations de François BAYROU ne sont pas dictées par l’actualité du moment… Elles relèvent de ce qu’il appelle la ”social-économie” et la ”démocratie sociale”. Elles sont à mettre en convergence avec, entre autres, les engagements pris dans le Nord, mardi, par le candidat de «l’extrême centre» pour pénaliser les entreprises qui jouent à l’accordéon avec les emplois non pour le bien de leur entreprise ou pour faire face aux aléas de la conjoncture mais pour leur seul profit.

Pour redonner le moral aux français, il faut moraliser la vie publique : c’est un IMPERATIF et un préalable au redressement da la France.

(Daniel RIOT)

Commentaires

Moraliser la vie publique je suis tout à fait d'accord, il est temps de ne plus laisser faire. Cette clarification des règles sera aussi à mener dans le monde médiatique et le monde d'internet, qui sous prétexte de droit à l'information (jouer la provoc, faire la surenchère au plus racoleur et se faire de la pub oui!), veulent passer par dessus les lois. L'un de ces nouveaux puissants mégalomane, JM Morandini, animateur d'Europe 1 (et de blogs) estime qu'"à l'heure du net" la législation sur les sondages sortis des urnes n'est plus adaptée et annonce son intention de publier des "rumeurs" dès 18h, soit deux heures avant l'heure prévue par la loi (Source Nouvelobs.com 14/04/07).
Tout ça ne me paraît pas anodin : après tous les coups tordus entre médias et politique, après le bond magnifique dans le XXI e siècle que vont faire 1.5 millions d'électeurs sur des ordinateurs à voter, il est temps de protester haut et fort.
Il faut remettre un peu d'ordre et d'éthique dans tout ça. L'élection est le moment fort de nos démocraties. Il y a un peu de solennité lorsqu'on se rend à l'école communale pour s'isoler et choisir, il y a toute une histoire... du moins c'est ce qu'on essaye encore de transmettre à nos enfants.
Il faut être très sévère avec ceux qui transgressent la loi commune et le suffrage des citoyens, attendre que tous les bureaux de vote ferment (pourquoi ne pas dépouiller partout à la même heure après tout ?), respecter le dernier votant de la dernière minute . On peut attendre 2 h ou 3 h de plus pour une élection qui revient tous les 5 ans.
Ces gens-là, ces donneurs de leçon, ces gros puissants de la jet set ou du PAF, non contents de s'afficher avec leur favori, foulent aux pieds notre bien commun. Leurs sondages, leurs rumeurs, leurs blogs en toc sont en train de ruiner un peu plus notre démocratie. On va voir s'il y a encore une autorité dans notre pays, non pas seulement celle qui flatte l'opinion mais l'autorité morale et républicaine qui serait capable de taper fort.
On a le vote électronique, les sondages jusqu'à la dernière minute, dans quelque temps on votera par internet, on saura en quelques heures la "tendance" et on n'aura même plus la possibilité de s'exprimer. On sera enfin rentré dans l'ère de la modernité...

Écrit par : Philippe JACQUES | samedi, 14 avril 2007

Les commentaires sont fermés.