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samedi, 24 mars 2007

Les DISPARITIONS D'OPPOSANTS

medium_images.49.jpgComblant un vide juridique en adoptant une convention internationale contre les disparitions forcées, l'ONU a créé un comité appelé à examiner les plaintes portant sur ce nouveau crime international.

“Vous ne pouvez pas torturer ou exécuter quelqu'un librement, mais vous pouviez jusqu'ici faire disparaître quelqu'un”, explique François Van de Ville (Jr) (*) dans une déclaration à la presse internationale. Cette convention, la huitième adoptée par l'ONU, introduit un nouveau crime dans le droit international.

Réparation

Selon les données des Nations Unies, 41.000 disparitions dans 90 pays, le plus souvent d'opposants politiques ou de défenseurs des Droits de l'Homme, n'ont toujours pas été élucidées depuis 1980. “Vous vous contentiez de venir au petit matin enlever quelqu'un sans laisser de trace, ce n'était pas un crime, explique François Van de Ville (Jr). Aucun proche ne pouvait demander réparation devant une instance internationale ou même nationale”.
 
Les Etats signataires doivent faire entrer les disparitions forcées dans leur droit. Ils s'engagent à poursuivre les auteurs et commanditaires, à interdire les détentions secrètes, à garantir le droit des proches à la vérité et celui des victimes à réparation. La convention crée également un comité de dix experts indépendants chargés d'examiner les plaintes.

Écart

Pourquoi a-t-il fallu attendre si longtemps ? Responsable des relations avec l'ONU à l'association Human Rights Watch, Steve Crawshaw met en cause les réticences de certains Etats, notamment les Etats-Unis et la Russie, et la “léthargie”  des autres. “Les Etats-Unis sont clairement en violation de la convention ces dernières années. Sous prétexte de guerre contre le terrorisme, des gens ont été enlevés et sont détenus sans être inculpés ou jugés”. Les pays d'Amérique latine qui ont souffert de ces exactions, notamment l'Argentine, ont joué un rôle moteur. Il distingue également le “rôle clé” de la France.

Reste à savoir quelle sera l'efficacité de cette convention qui, comme toutes celles adoptées par l'ONU, suppose la coopération des Etats. “Il y a toujours un écart avec la réalité, on le voit bien avec la torture, observe Steve Crawshaw. Mais c'est un signal important qui vient d'être envoyé. C'est une manière de dire à quel point ce crime est terrible”

(*) : François VAN DE VILLE (Jr) est Conseiller Diplomatique pour les Droits de l'Homme à la Mission française auprès des Nations Unies à New York.

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