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samedi, 10 février 2007

À PROPOS D'UN PACTE

medium_images.36.jpgBILLET du 10 FÉVRIER 2007

Je reviens sur les conditions de la signature solennelle d’un Pacte, proposé par Mr Nicolas Hulot, et où plusieurs candidats aux Élections Présidentielles ont du se plier à des règles qui m’ont vivement interpellé.

Pour qui a encore quelque souvenir de ses études en lettres, on connaît cette “loi” qui s’est imposée dans le théâtre classique et qui voulait qu’il y ait toujours • unité d’action • unité de temps • unité de lieu.

Lors de cette signature - et où même le côté “cour” et le côté “jardin” faisaient partie du décor tant transparaissaient des univers différents qui se côtoyaient sur scène mais s’ignoraient de fait - la règle des “3 unités” fut parfaitement respectée : Molière ou Corneille ne l’auraient pas renié. Sauf que les acteurs n’étaient pas tous présents ensemble au même moment sur la scène : ils se sont soigneusement évités.

Je ne vous cacherai pas que ce côté polico-théâtral qu’on a voulu donner à ce geste d’engagement de la part de ceux qui veulent, demain, prendre en mains le destin de la France (et aussi de notre planète) - geste qui pourtant voulait répondre à une préoccupation écologique que nous partageons tous de plus en plus nombreux - cela m’a choqué.

J’ai beaucoup d’estime et d’affection pour Mr Hulot : qui n’en a pas ?. Mais je trouve cependant indigne de la part de nos responsables politiques d’aller passer sous les fourches caudines de l’écologie et d’aller signer soudain un pacte parce que... nous sommes en campagne électorale. Aucun français n’est dupe : c’est du théâtre politique-spectacle.

Non que je veuille dire que cela est mal que de se préoccuper soudain d’écologie : il n’en est que temps car notre environnement va de plus en plus mal et notre planète est gravement malade. Il faut être aussi reconnaissant à Mr Hulot d’avoir permis cette prise de conscience collective.

Mais nous sommes ici dans une logique purement médiatique : il eut été préférable qu’un responsable politique puisse affirmer qu’il n’a pas attendu Mr Hulot pour avoir un vrai programme en matière d’écologie. Il est quand même anormal qu’on attende de recevoir de sévères admonestations pour soudain s’en préoccuper. C'est un peu indigne. C’est la “cour” qui ignore le “jardin”.

Sur le fond, il eut été plus utile de créer un vrai lieu de réflexion scientifique - une sorte de “Comité d’Éthique de l’Environnement” - inscrit dans nos institutions, hors les cadres des partis, et réunissant hommes et femmes de tous bords ayant compétence pour en connaître.

Le rôle de ce ”Comité d’Éthique” aurait été de dire aux français et à leurs gouvernants quelles sont les fausses questions, quelles sont celles qui sont vraies et dont il faut se préoccuper en urgence, et celles où nous sommes encore dans l’indécision et qu’il faut approfondir. On pourrait alors commencer à définir quelles sont les vraies priorités à aborder : par exemple, est-ce le réchauffement de la planète, la fonte de nos glaciers ? Ou est-ce la pollution des eaux, des fleuves et des rivières, la question des filets dérivants en mer, la disparition d’espèces animales comme le thon rouge, les requins qui sont des ressources importantes pour l’homme ? Sont-ce là, ou non, des questions plus importantes et plus urgentes que celles du climat ?

Ce ”Comité d’Éthique” devrait donc nous aider à réfléchir sur l’espace public et hiérarchiser les priorités. Le politique pourrait alors agir utilement et en pleine connaissance.

Alors, ce côté théâtral démago-médiatique, cette société de la peur qu’on crée avec semblables dramaturgies, sont-ce bien l’outil le mieux adapté pour répondre aux urgences de notre environnement ? Et nos candidats auront-ils toute compétence nécessaire pour en juger et décider ?

L’environnement - et sur ce point je suis en accord avec Mr Chirac - est l’une des grandes questions pour l’avenir de l’humanité. Quand on voit des continents entiers - comme la Chine (qui à elle seule pollue plus que l’Europe toute entière) ou les USA (qui ne sont guère meilleurs) - des continents donc entiers l’ignorer encore impunément pour des motifs purement économiques, on a tout lieu d’être inquiets. Il faudra bien nous résoudre au plus tôt à créer des instances de contrôle internationales ; pas seulement d’ailleurs pour les seules questions d’environnement, mais aussi pour les autres menaces pour l’humanité que sont, entr’autres, la détention d’armes massives de destruction. Sur de tels problèmes essentiels, on ne peut plus s’en remettre à la seule souveraineté des états. Cette époque-là est terminée !

Vaste programme. Mais il ne faut pas en prendre prétexte pour rester les bras croisés et ne rien faire.

Et puis il faut aussi sauver l’écologie elle-même, polluée qu’elle est par des nuées d’hurluberlus et autres rêveurs qui, si on les écoutait jusque dans leurs derniers excès, auraient vite fait de la rendre honnie de tous. Il faut rendre l’écologie applicable et compatible : si on écoutait ces hurluberlus, on s’éclairerait bientôt à la bougie faute d’avoir l’électricité suffisante, l’avion serait pratiquement banni, la voiture condamnée à ne faire que 2.000 km par an et à 40 à l’heure, et sur des routes non goudronnées.

Regardons pour “exemple” ce qu’ont fait les pseudo-écolos à Paris : la vie y est devenue insupportable et toutes les pollutions y sont toujours bien présentes, et même en bien plus grand nombre qu’avant. Deviennent rares ceux qui en redemandent.

Alors que, pendant ce temps, la longévité de l’homme en Occident s’allonge de 3 mois par an, c’est l’Occident qui est en train de vouloir s’auto-pénaliser et développer cette société de la peur que j’évoquais plus haut. C’est du médiatique, pas du scientifique.

Et pendant ce temps encore, on laisse la Chine ou les USA faire n’importe quoi. C’est un vrai problème. C’est LE problème. Quand je vous parle de la nécessité de définir des priorités mondiales....

L’environnement, l’écologie, c’est un long travail qu’il nous faut entreprendre d’urgence. C’est une œuvre de longue, de très longue haleine. C’est une autre éducation, c’est un autre regard, ce sont d’autres réflexes qu’il nous faut inculquer dès le plus jeune âge de l’homme. C’est plus de solidarité entre générations, entr’espèces vivantes sur notre planète. C’est plus d’exigence, plus de volonté. Ce n’est pas un retour vers le mode de vie de l’homme de Cros-Magnon : c’est une vie plus paisible, mieux contenue, mieux maîtrisée.

Doivent être rares ceux de nos politiques qui, ayant signé le Pacte de Nicolas Hulot, ont conscience des véritables priorités à mettre en place.

Alors on fait du médiatique, de la politique-spectacle, du grand guignol. C’est un domaine où, là, on sait faire : c’est tellement plus confortable. Et, pendant ce temps, on verse - comme G.W. BUSH - quelques larmes sur le malheur des ours de nos pôles et dont le territoire vital se rétrécit de jour en jour. Ah que c’est beau et émouvant ! Puis.... on part ailleurs, la conscience en paix.

Ces jocrissiades m’interpellent de plus en plus. Pas vous ?

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