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samedi, 27 janvier 2007

BRAVITUDE

medium_images.30.jpgL'ESPRIT DES MOTS
par Philippe BARTHELET

Les gazettes auront beaucoup parlé de la "bravitude" que l'air de la Chine fit découvrir sur la Grande Muraille à une dame socialiste. Et flatteurs d'applaudir, et de se déclarer jaloux de l'invention de ce beau mot qui exprimerait "la pleinitude d'un sentiment de bravoure".

On remercie de la leçon d'un ancien grand maître de l'Université, et l'on est heureux d'apprendre que le superlatif des noms se forme en français avec le suffixe-tude (solitude, latitude, étude peut-être ?), nuance qui, à notre honte, nous avait jusqu'ici échappé (mais dans ce cas, révérence parler, pourquoi pas "bravouritude ?).

Notre analyste du langage conclut par une leçon de morale politique : "L'inventivité sémantique fait partie de la capacité d'un candidat à parler une autre langue que la langue de bois". Au point de parler une autre langue que la langue commune ? Comme si précisment la langue de bois" que l'on dénonce si fort chez les autres n'était pas un artifice fabriqué à mesure, né de l'incapacité à dire avec les mots de tous qu'un chat est un chat (et Rollet un fripon).

Interrogée à son retour sur ce qu'elle avait voulu dire avec son néologisme, la bravitudinaire a répondu qu'elle n'avait eu d'autre intention que de faire "de la poésie, de la philosophie".

On pourra s'inquiéter de cet aveu : si pour elle la poésie consiste à malmener sa langue et la philosophie, à dire n'importe quoi....

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