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dimanche, 21 janvier 2007

À PROPOS DE DISCOURS

BILLET du 21 JANVIER 2007

medium_images.26.jpgSi d’aventure un jour, entr’amis, vous vous livrez à un de ces jeux de devinettes qu’on affectionne parfois pour distraire de conversations languissantes, je vous propose celui-ci : “Un (ou une) candidat(e) prononce un discours et, pour mieux émouvoir son auditoire, cite successivement Clemenceau, Jaurès, Blum, Hugo, Zola, Gambetta, Moulin. Question : à quel bord politique appartient ce candidat ?”

Chacun, pouvant analyser qu’il ne s’agit là que d’hommes, de penseurs ou de militants répondant à une philosophie de gauche, même s’ils appartiennent tous à notre histoire et notre patrimoine commun, on vous répondra vraisemblablement qu’il s’agit d’un candidat héritier de ces valeurs-là. Et ils auraient raison de le penser.

Eh bien, depuis le 14 Janvier dernier, ils ont tout faux. Ou, plus exactement, on devient moins affirmatif : en effet toutes ces références ont été citées devant quelques milliers de militants, tous réputés de droite et venus adouber leur candidat, Mr Nicolas Sarkozy.

Bien étrange : Mr Chirac, dont on sait que sous une étiquette de droite, il n’a jamais cessé d’être et de faire une politique de gauche, aurait-il fait un émule en la personne de celui qui, aujourd’hui, prétend vouloir lui succéder ?

C’était pourtant un très beau discours que celui de Mr Sarkozy, un de ces discours d’anthologie qu’on pourra repasser à ceux qui veulent s’entraîner dans l’art de l’expression orale. Et, de sa part, ce n’était pas tout-à-fait une surprise : ce diable d’homme, à défaut de toujours convaincre, sait fort bien parler. Très souvent longuement et sans aucune note à sa portée, même si, en cette circonstance, il s’en est tenu mot à mot à un texte parfaitement élaboré, vraisemblablement rédigé par un de ces “speechwriters” professionnels dont je me demande à quelle sensibilité politique ils pouvaient bien appartenir.

Qui ne pouvait vibrer en effet à entendre dans la même lignée de ces évocations de Jaurès, Blum, etc... : “Nous sommes les héritiers de 2.000 ans de chrétienté et d’un patrimoine de valeurs spirituelles que la morale laïque a incorporé” ? Puis aussi encore cette très belle évocation du testament des moines de Tibéhirine. Il a du y avoir quelques remous dans les tombes de nos augustes penseurs de gauche dont grand nombre reposent au Panthéon.

(Cela sonne aussi le glas du chiraquisme lequel avait nié ces mêmes références chrétiennes lors de l’élaboration du texte de la constitution européenne).

Et encore cette phrase que j’ai relevée : “Ma France, c’est le pays qui a fait la synthèse entre l’Ancien Régime et la Révolution, entre l’État capétien et l’État républicain”. Quand on sait que cette synthèse est reconnue par les historiens comme ayant été l’œuvre politique essentielle de l’empereur Napoléon 1er, lequel a aussi imposé notre drapeau tricolore en en faisant ce “drapeau de la liberté” évoqué par Mr Sarkozy, on peut se demander s’il n’y a pas du bonaparte chez ce candidat-là.

Enfin, Mr Sarkozy a fait l’énumération de ses propositions pour la France, réunies autour de son slogan de campagne “Tout devient possible”. On aimerait y croire quand on constate les marches descendues par la France, passée de la 9ème position pour la richesse produite par habitant (quand Mr Chirac a pris le pouvoir) à la 17ème place aujourd’hui et quand d‘autres nations européennes ont fait le chemin inverse, quand nous voyons les files d’attente aux Restos du Cœur, les SDF sous leurs tentes, un million d’enfants pauvres, un million et demi de RMistes, deux fois plus de chômeurs que les anglais, quand notre “modèle social” est financé pour bonne part par l’endettement dont le seul coût des intérêts engloutit la totalité du fruit de notre impôt sur le revenu, etc.... Si on veut vraiment que “tout de(vienne) possible”, on était en droit d’attendre l’annonce des mesures urgentes et nécessaires pour rembourser cette dette insupportable qui nous plombe, nous et les générations à suivre, donc la réduction du train de vie de l’État. Or de cela, pas un mot !

On a entendu aussi cet hommage rendu à la position adoptée par Jacques Chirac à propos de l’affaire irakienne. Très bien ! On pourrait applaudir si nous n’avions pas encore en mémoire cette déclaration du même Sarkozy auprès de Mr Bush évoquant "l’arrogance” de la France dans ce dossier. Et c’est encore le même qui s’est battu pour le “oui” au référendum européen et, récemment, a mis son échec sur le dos de l’euro. Où est la cohérence ? À quoi joue-t-on ? Est-ce de nouveau à la fracture sociale comme son devancier, Mr Chirac; qui l’a aggravée dans les proportions inouïes que l’on sait ?

De même que je n’ai jamais glissé de ma vie de citoyen le moindre bulletin de vote portant le nom de Mr Chirac (même à un 2ème tour !), pas plus que je n’ai jamais glissé celui d’un candidat de gauche ou d’un quelconque extrême, j’étais jusqu’ici déjà peu décidé à voter pour Mr Sarkozy. Le mérite de son discours - que j’ai écouté avec attention - m’a résolument renforcé dans ma conviction que, décidément, je ne pourrai pas voter davantage pour ce candidat-là. Et pourtant Dieu sait si j’admire chez tout homme ces qualités que sont force de travail et volonté.

medium_images.27.jpgAlors il y a “en face” “la” Royal. Et là, ce n’est pas drôle du tout. Voici qu’elle nous fait l’éloge de la justice chinoise, l’une des plus expéditives du monde, qui fait des milliers de victimes par an, se livre au trafic des organes des suppliciés au profit des intérêts du “parti”, fait même payer à leur famille les balles ayant servi à les tuer, ne respecte même pas leur dépouille sitôt la mort donnée. Voici cette justice qui, après avoir envahi le Tibet, y a fait des milliers de condamnés parmi les patriotes qui défendaient leur patrie.

C’est çà "la Royal” ? C’est çà son modèle pour la société française ? Parodiant je ne sais plus qui j’ai entendu vaguement au cours d’une émission de radio, je crois que Mme Royal est la pire caricature de la gent féminine que l’on ait produite en France depuis la création de Bécassine.

Et ce pauvre Montebourg - pour une fois qu’il y avait un mec au P.S. au visage sympathique - et qu’on met au piquet pour un mois parce qu’il s’est risqué à un mot d’humour - très douteux, il est vrai - qui n’a pas plus à sa Majesté. C’est de la “susceptibilitude” qui montre la limite étroite de son intelligence. C’est une méthode de maîtresse d’école sous la 3ème République. Pitoyable !

Je ne me prêterai pas pour autant à ce débat sur l’ISF que paierait le couple Hollande-Royal. Ce n’est pas gravissime en soi. Mais il est vrai que lorsqu’on paye l’ISF, on ne tient pas ces discours d’un autre âge sur les “riches” : çà fait plutôt désordre. Nous sommes en pleine démagogie.

Et quant aux propositions de “la” Royal, c’est un vide abyssal que des camarades" essayent ici ou là de combler par des déclarations..., qu’elle s’empresse aussitôt de désavouer.

Pauvre P.S. ! Il mérite mieux que çà. La France aussi.

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