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dimanche, 26 novembre 2006

À PROPOS D'UNE GUERRE DE SUCCESSION

medium_images.20.jpgBILLET du 26 NOVEMBRE 2006

Selon Mr Sarkosy, l'UMP doit, dans moins de deux mois, être parfaitement en ordre de marche pour la désignation de son candidat à l'élection présidentielle. Peut-on éviter d'être un peu perplexe quand on y assiste, encore aujourd'hui, à la présence persistante de pseudo-candidatures, comme celle de Mme Alliot-Marie, et qu'on observe l'agitation qu'elles suscitent dans les rangs de ce parti ?

Pourquoi ces candidatures quand toutes les enquêtes d'opinion montrent que, par exemple, si Mme Alliot-Marie se présente à la "candidature de la candidature" de l'UMP, elle va ramasser une "veste" qui la rhabillera pour longtemps. Elle doit bien savoir, car c'est une femme intelligente, que son score auprès des militants ne sera que très marginal à côté de celui de Mr Sarkozy. Çà n'a pas de sens.

Pourquoi cependant veut-elle donc "y aller" ? À première vue, c'est difficile à expliquer. Il semble pourtant que l'UMP veuille prendre modèle sur le parti socialiste quant au mode de désignation de son candidat.

Mais au P.S., il y avait trois "vrais" candidats : vrais car les programmes qu'ils défendaient étaient fort différents les uns des autres, ce qui rendait ces candidatures crédibles. C'était un vrai débat de fond, une question stratégique : Fabius, était contre l'Europe et pour une alliance avec l'extrême-gauche, quand ses deux challengers étaient plutôt proches des courants sociaux-démocrates, blairistes, pro-européens et opposés à des alliances à gauche. Il y avait donc de vrais divergences de fond.


Ce qui était le cas au P.S. ne l'est pas du tout à l'UMP : entre Mme Alliot-Marie, Mr Chirac ou Mr Sarkozy, ils sont tous pour l'Europe, tous inspirés par un certain néo-gaullisme. Il peut y avoir entr'eux des divergences, mais elles sont infinitésimales. Et il n'y a pas davantage de graves divergences doctrinales entre un De Villepin - qu'on présente comme un recours possible - et Mr Sarkozy : il peut y avoir entr'eux des nuances de conception sociétale (par exemple, la discrimination positive), des différences de caractére, ou encore de rapport à la vie. Mais ce sont tous deux des gaullistes pragmatiques.

La seule contre-candidature qu'on peut estimer crédible à l'UMP, face à Mr Sarkozy, est celle de Mr Dupont-Aignan : celui-ci représente en effet un courant vraiment divergent, anti-européen, souverainiste intransigeant, comme le furent jadis un Seguin ou un De Villiers. Même si on ne partage pas toujours leurs opinions.

Pourquoi se présentent-ils donc, alors et encore, d'autres candidats ?

Ce n'est pas du tout la "machine à perdre" qui est de nouveau en marche : c'est la présence d'une volonté déterminée de faire perdre Mr Sarkozy.

Nous nous retrouvons, sur bien des points, dans le même cas de figure qu'en 1981 quand Mr Chirac a fait perdre Mr Giscard d'Estaing, parce que celui-ci ne faisait pas partie de la "famille" et qu'il fallait donc l'écarter du pouvoir. Mr Chirac s'est alors employé, en parfait accord avec son adversaire, François Mitterrand, de faire gagner ce dernier. On sait la suite : nous avons eu droit, grâce à Mr Chirac, à 14 années de mitterrandisme : merci du cadeau !

C'est donc bien une volonté concertée et consciente qui est mise en œuvre. Mme Alliot-Marie ne croit certainement pas à sa propre candidature : mais elle incarne cette volonté du courant chiraquien de déstabiliser Mr Sarkozy et dont la finalité est de le faire perdre ; même s'il est investi et présenté par la machine de son parti. Ils espérent secrètement qu'il va "perdre les pédales", son self-control, s'énerver et faire des erreurs fatales pour lui,

La déclaration qu'a d'ailleurs faite - le pas toujours très fin ni subtil mais authentique chiraquien - Jean-Louis Debré est, sur ce point, révélatrice : apprenant la désignation de Mme Royal au P.S., il l'a aussitôt saluée, (quand personne ne s'y attendait !) d'un "Bonne chance, Mme Ségolène Royal !". Et on peut observer aussi que, depuis qu'il a été réélu Maire de Bordeaux, Mr Juppé - l'héritier en titre de Mr Chirac - est désormais omniprésent dans toutes les sphères d'influence à Paris. Et ce n'est pas pour préparer 2007 où il est trop tôt pour qu'il soit en piste, mais bien pour préparer l'au-delà de 2007 !

Si les chiraquiens, ou plutôt les héritiers putatifs de Mr Chirac, veulent donc être de retour aux affaires en 2012, il est de leur intérêt de faire perdre Mr Sarkozy en 2007, même au prix d'une victoire de Mme Royal. Ils savent aussi qu'ils seront mieux traités par Mme Royal que par Mr Sarkozy, car la haine est si grande entre les chiraquiens et Mr Sarkozy qu'elle emporte tout le reste : Mr Sarkozy est et reste toujours pour eux le "traître", celui qui a rejoint Mr Balladur contre Mr Chirac. Et , chez ces gens-là, on ne l'oublie pas : la haine et la rancœur sont toujours restées tenaces.

Ce n'est donc pas, comme je le disais plus haut, "la"machine à perdre qui est en marche mais une volonté claire et déterminée de faire perdre Mr Sarkozy.

Ce qui ne veut pas dire pour autant que Mme Royal est assurée de la victoire. On peut d'ailleurs observer que chaque fois que la droite a gagné, elle avait deux candidats face à face : Poher-Pompidou, Giscard-Chaban, Chirac-Barre, Chirac-Balladur. Une division de la droite n'est donc pas forcement catastrophique pour elle. Mais elle n'est pas pour autant sans risques : le spectre d'un nouveau 21 Avril, avec un Le Pen et son confortable matelas de voix qui ne cesse d'enfler, plane de plus en plus sur cette élection.

Cette stratégie constante de connivence entre les chiraquiens et le P.S. confirme la pertinence de l'analyse de François Bayrou quand celui-ci ne cesse de la dénoncer et quand il veut se présenter comme une voie de réconciliation entre la droite et la gauche. C'est, dans ce contexte, loin d'être stupide.

Même si Mr Sarkozy sera vraisemblablement le seul candidat présenté par l'UMP, les arrière-pensées ne seront pas pour autant absentes du débat. C'est l'un des écueils qu'il devra affronter. Il y aura les "dits" prononcés sur les estrades et les "non-dits" des coulisses. Et on sait que ces derniers sont souvent très assassins.

L'autre écueil de Mr Sarkozy sera qu'avec un parti en ordre de marche relatif ou de façade, il aura, face à lui, non seulement d'autres candidats aux discours non dépourvus forcement de cohérence, mais aussi un P.S. qui, lui, sera vraisemblablement en ordre de marche. On ne peut en douter, ne serait-ce que par les ralliements qui se succédent pour soutenir une Mme Royal rayonnante, elle-même portée par un parti rénové, rajeuni jusque dans son programme et dont les archaïsmes ont été gommés pour se rapprocher d'une social-démocratie hier encore bannie.

Enfin, le dernier écueil de Mr Sarkozy c'est lui-même. Son image est en train de s'écorner fortement dans l'opinion, la crédibilité des politiques successives qu'il a mises en œuvre s'effrite lentement car elle n'est pas exempte d'échecs. C'est le sort commun de tout responsable politique : et on constate qu'il n'y échappe pas, lui non plus et pas moins que beaucoup d'autres. Il n'est plus "l'ange blanc" sauveur invincible aux yeux de l'opinion.

Durs combats que voilà. Et de quoi nourrir toutes les incertitudes.

Commentaires

L’officialisation de la candidature de Nicolas Sarkozy relève de la farce ! N’est-il pas vrai qu’il l’est depuis maintenant près de quatre ans ? N’est-il pas vrai qu’il mobilise tout les moyens de l’Etat à cette seule fin depuis maintenant près de quatre ans ? N’est-il pas vrai que son bilan politique est catastrophique depuis maintenant près de quatre ans : pas moins de près de treize textes de loi sur la sécurité intérieure tout feu tout flamme pour des résultats bien maigres, suppression de la police de proximité, augmentation de la violence faite aux personnes et fait nouveau son augmentation à l’endroit des représentants des forces de l’ordre, échec sur le référendum portant sur le statut de la Corse, échec sur le référendum portant sur le statut des Antilles, échec sur le référendum portant sur la « constitution » européenne, échec sur le CPE,… Et il faut ajouter pour cette année, fait majeur, sa soumission à Georges Bush en matière de politique étrangère !

En effet comment cet homme qui cumule les fonctions de président de l’UMP, président d’un Conseil général, Ministre d’Etat et désormais candidat officiel à l’élection présidentielle de 2007, pourrait-il réellement remplir la tâche que lui assigne la République.

Force est de constater que jamais notre République n’a été aussi mal représentée et malmenée par cet homme qui ne veut le pouvoir que pour le pouvoir et ne rien changer !

Le slogan de sa campagne constitue un véritable oxymore : « la rupture tranquille » ! La vraie rupture sera de battre Sarkozy en 2007 et nous sommes sur la bonne voie !

Écrit par : ghyamphy | samedi, 02 décembre 2006

Nicolas Sarkozy a toujours fait de la présidence son objectif supreme, il est aveuglé par son but unique :présider la France ! Son obstination dont il a fait preuve alors qu'il avait été laissé au placard par Jacques Chirac en est la preuve. Il a ressurgi du néant profitant d'un laxisme au sein de son propre parti, il a su habilement se rendre providentiel non pas par ses actes mais davantage par ses paroles aussi effarantes qu'incontrolables. Il a beaucoup parlé, il a proféré de véritables attaques envers et contre tous, sans pour autant les traduire sur le terrain par des faits concrets qui auraient pu alors lui ouvrir le portefeuille électoral des français.... Sarkozy n'a qu'une idée en tête, se faire nommer à la tête de la France, peu importe la manière qu'il utilisera ni les moyens qu'il devra utiliser il fera tout ce qui est en son pouvoir et c'est bien là le danger.... Comment peut on faire confiance à un individu qui ne sait que sautiller, brailler, dénoncer des faits qu'il a maladroitement envenimés ? En cumulant les fonctions il a écarté un à un ses ennemis pour aujourd'hui se proclamer candidat dans une mascarade médiatique dont lui a seul à le secret et le mauvais gout ! Nous devons lutter pour éviter d'être confronté demain à ses agissements qui seront alors devenus présidentiels, pauvres de nous !

Écrit par : ARMAND | vendredi, 08 décembre 2006

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