Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

lundi, 20 novembre 2006

À PROPOS D'UNE VICTOIRE

medium_01.jpgBILLET du 20 NOVEMBRE 2006

Alors, ce sera Ségolène....

Cette victoire, claire et nette, est, on ne peut en douter, une victoire contre le vieux P.S.. Et ce n’est pas le moindre paradoxe de savoir que Mme Royal était au cœur de l’appareil de ce parti et qu'elle est.... la compagne de son secrétaire général. De surcroît, elle avait l’appui d’une grande partie de cet appareil.

Or une bonne partie des voix qui se sont portées sur elle ont été des voix "anti-appareil". C’était davantage des voix “contre” que des voix “pour” : contre les “éléphants”, contre une certaine “langue de bois” en politique, contre une manière de dire “je suis monsieur (ou madame) x qui sait tout”, etc....

Bref, Mme Royal a gagné, y compris par ses propres manques, ses flottements sur nombre de domaines : en matière scolaire, sur la carte scolaire, les “jurys populaires”, les établissements à encadrement militaire, etc.... Et il est frappant que cela lui a plutôt réussi. Même la toute dernière vidéo où on la voit préconiser les 35 heures pour les profs dans leurs établissements ne lui a apparemment pas nui. Or le P.S. a toujours passé pour compter dans ses rangs un fort noyau d’enseignants. Curieux !

Autre remarque - et j’ai eu la surprise de constater qu’un éditorialiste de renom a fait hier la même observation - Mme Royal a gagné là où Michel Rocard avait précédemment perdu : ce dernier avait en effet été le seul à avoir tenté de prendre le P.S. de l’extérieur et par sa droite. Or il existe une sorte de dogme qui voulait que ce parti ne puisse se prendre que de l’intérieur, et par sa gauche. Mais alors, en face, Rocard a eu Mitterrand pour garder le sanctuaire à sa dévotion : il était donc inaccessible.


C’est ce que, de nouveau, Laurent Fabius a voulu faire en répétant mécaniquement ce que François Mitterrand lui avait enseigné : ce fut une erreur d’analyse et sa perte, quand Mme Royal a fait exactement le contraire. On peut même observer que cette stratégie a fait plaisir aux gens de l’extrême-gauche : Mme Royal y compte maintenant plus de partisans que Mr Fabius, notamment chez les femmes, lui qui, pourtant, n’a pas cessé de courir à la gauche extrême derrière Mr Besancenot.

Cette victoire-là n’est donc pas la victoire du P.S. mais d’un nouveau P.S. qui vient de naître. Et ce grâce à l’arrivée massive de plusieurs dizaines de milliers de nouveaux adhérents - recrutés par Internet “à 20€ la cotisation" - et dont on ignorait jusqu’ici quelles étaient les sympathies (puisqu’ils n’étaient pas présents au Congrès du Mans en 2005). Mme Royal a fait, chez ceux-là, des scores inouïs. Et c’est par ceux-là, tous venus de l’extérieur et qui n’ont rien à voir avec les Mitterrand, Jaurès, Marx et autres dogmatiques et “se tapent” complètement du projet socialiste (qui se retrouve de fait jeté aux oubliettes) que Mme Royal a pris le vieux P.S. et règne sur le nouveau.

Nous assistons donc au “triomphe de l’imaginaire” (Alain Duhamel) qui fait dire à certains fabusiens dans un soupir : “nous ne pouvons rien contre un tel désir d’irréalité”. Et Claude Allègre (P.S.) d’ajouter : “c’est la victoire d’une troisième gauche rêvée dont le logiciel est incapable de préparer l’avenir” ! À les en croire, Mme Royal l’aurait emporté en vendant de la “poudre aux yeux” aux militants socialistes !

Il y a eu aussi, pour expliquer cette victoire, un nouveau type de militants : ce sont les “sondés” qui sont allé dicter en masse aux “camarades” déjà en place que s’ils voulaient avoir leur voix en 2007, il fallait que ce soit Mme Royal. Sinon, ils iraient voter ailleurs, comme en 2002. Frissons garantis !

Exit donc le programme socialiste ! Mme Royal, en conquérant ainsi le P.S. de l’extérieur, et par sa droite - évoquant même au passage Tony Blair, en parlant d’ordre militaire, de valeurs familiales, etc...., (ce qui n’est pas très à gauche !) - elle a eu un discours presque libertaire (qui ne pouvait pas forcement et pour autant déplaire à l’extrême-gauche). Elle a même remis en cause les clivages “canoniques" traditionnels entre la gauche du P.S. et sa droite. Et c’est là-dessus qu’elle a gagné : Mme Royal a compris que, même en commençant par la gauche, de plus en plus de français commencent à penser que le clivage gauche-droite n’est plus tout-à-fait pertinent. Ce qui ne veut pas dire qu’il est complètement disparu : mais il se combine désormais avec toute une série de nouveaux comportements. On peut mesurer l’importance de ce constat.

Nous retrouvons là une part du discours actuel d’un François Bayrou, dénonçant sans relache ce clivage et qui reçoit actuellement l’écho que l’on sait. Ce qui ne veut pas dire pour autant que Bayrou = Royal = même combat ! Mais les armes traditionnelles ont bien changé.

Dans la campagne nationale qui va s’ouvrir bientôt, Mme Royal va-t’elle cacher, ou bien casser, les divergences de fond qui existent au sein du P.S.? On ne sait pas. Mais, après avoir agi jusqu’ici par provocation, elle a laissé le débat sur la programmation. Elle a surtout fait une campagne d’apparence : “je suis une femme”, “je suis élégante”, “je suis courageuse”. Mais quand on va plus profondément dans sa pensée, on ne trouve que des incohérences et des carences. Son site Internet est une véritable mystification.. Elle nous vante la “démocratie participative”, elle nous a même promis pour avril dernier un livre : on n’a eu droit seulement qu’à deux malheureux chapitres composés de “post-it” désordonnés.

La cohérence du projet politique du P.S. était déjà caduque. Celle du projet politique de Mme Royal est, elle, totalement absente.

Donc, ou Mme Royal se fait fournir un “logiciel clefs en mains” par toutes les forces qu’elle a battues pour composer une sorte de “patchwork” entre mitterrandisme, fabusianisme et social-démocratie libérale à la DSK, ou elle reste plantée face aux français avec son actuelle mystification : “Je ne dis rien, je ne pense rien, je ne projette rien..., JE SUIS ! Et votez pour ce que JE SUIS" !

Il y a là donc là un “boulevard” pour ceux des partis qui pourront présenter aux français un programme cohérent, un projet ambitieux, un discours sans méandres : les français sont de plus en plus nombreux à rejeter les archaïsmes, les vieux clichés, les dogmes issus du 19° siècle ou autres contorsions.

Et quand on voit de son côté Mr Sarkozy faire, dans une large mesure, “du Ségolène” - il suffit pour s’en convaincre de reprendre l’ensemble de ses déclarations depuis deux ans et on arrive à un tissu de contradictions spectaculaires - on constate alors qu’il est très mal placé pour critiquer le P.S. et/ou Mme Royal. Si l’UMP a un programme “tout neuf” (quand Mme Royal n’en a pas du tout), Mr Sarkozy, lui, inquiète les français (y compris dans sa propre famille politique) quand Mme Royal, elle, les rassure plutôt. C’est un handicap certain pour Mr Sarkozy.

Le vieux P.S., celui qui va de Marx à Mitterrand en passant par Jaurès, est bien aujourd’hui défunt. Le nouveau P.S. est né : mais il est nu comme un nouveau-né.

Les français refusent désormais les "vieilles lunes". Ils attendent un projet, une cohérence, pour un nouvel espoir.

Commentaires

Celui qui n'a pas pigé que Mme Royal, c'est un mythe fabriqué de toute pièce pour donner l'illusion du changement au prétexte que c'est une femme, n'a rien pigé du tout. Toute cette agitation, ce pseudo-suspense autour de sa candidature, c'est pour mieux enrober l'illusion d'un choix militant quand il ne s'agit que d'une grosse manip médiatique... La ficelle a déjaà été employée autrement, mais comme à chaque fois on change l'emballage... Ca prend !

Écrit par : samuel | lundi, 20 novembre 2006

Vous l'aimez ?
Montrez-le ! Rejoignez François Bayrou !

François Bayrou for President !
Show your support !
Express yourself !
Exprimez-vous ! Vas-y François !

*****The Boutique*****
http://www.cafepress.com/bayrou2007

Écrit par : fanny | mercredi, 22 novembre 2006

Bonjour Fanny,

Votre mail provient d'un mailing ; on vous retrouve partout et sur tous les sites UDF.

Le business est de votre côté ?

Par contre je souhaite une excellente soirée à notre ami de " Denain " et " Nîmes " : François VAN DE VILLE .

Sa note sur Ségoléne Royal est excellente ; le fond et la forme sont du ressort d'un prof agrégé en lettres .

A +

HR de la Ville de Jules Verne à Amiens -80000-

Écrit par : hub | vendredi, 24 novembre 2006

Les commentaires sont fermés.