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dimanche, 24 septembre 2006

SONDAGES & CONNIVENCES UMP/P.S.

medium_sondage.jpgQuand on parle sondages, on se souvient que les grands organismes de sondage - réputés les plus “fiables” - nous prédisaient en 1995 la victoire de Balladur, en 2002 celle de Jospin et, en 2005, celle du “oui” au référendum européen. On sait le résultat final.

Aujourd’hui, où en sommes-nous ?

À en croire ces mêmes organismes, l’élection aux présidentielles se jouera dans un mouchoir de poche entre Mr Sarkozy et Mme Royal. Il est vrai que ces organismes ont pour principaux clients les grands médias contrôlés indirectement par l’UMP ou le P.S. et que, sur ce point, ils sont cohérents avec eux-mêmes et leurs propres intérêts financiers.

Sauf que cette mécanique bien huilée par ces deux-là commence à donner certains signes de dérèglement et les choses tournent de moins en moins rond pour eux.

Dans un sondage réalisé par Ipsos au sein des militants du seul P.S. (entre le 8 et le 16/9), Mme Royal caracolait en tête avec 56%, laissant loin derrière (40 points d’écart) tous ses autres camarades candidats du P.S.. Mais 5 jours après la pâle intervention de Mme Royal à Lens et ses difficiles rapports avec les jeunes, voici que Mme Royal tombe soudain à 43% chez ses petits copains du P.S.. La partie n’est pas perdue pour notre Pimprenelle nationale, mais çà trouble quand même un peu les grands stratèges dont le métier est - on le sait - de manipuler l’opinion publique au gré de leurs mentors.

Petit détail qui a quand même son importance : le premier sondage a été réalisé sur un panel de 532 sympathisants de gauche, et le second sur un panel de 409 de même sensibilité. Or chacun sait qu’en dessous de 1.000 sondés, aucun sondage n’est digne d’être considéré comme sérieux. Vous avez parlé de “grands organismes de sondage fiables” ?

Prend-on les français pour des “buses” ?

Mais voici qu’un grain de sable autrement plus sérieux vient de se glisser dans cette mécanique des sondages ; et ce grain de sable a fait l’objet d’un article du (très sérieux) grand quotidien régional “La Voix du Nord” (qui n’est pas du tout, et de très loin, un “canard local”). Il est vrai aussi que ce quotidien n’est pas contrôlé par des intérêts financiers franco-français et que toute tentative de mainmise du P.S. et de l’UMP sur cet organisme de presse est autrement plus ardue.

“La Voix du Nord” donc du 22 Septembre reprend un sondage effectué sur un panel de 3.792 électeurs - excusez du peu ! - issus de tous bords politiques et qui donne des résultats qui font plutôt désordre dans le bel ordonnancement voulu par nos Nicolas et Pimprenelle. Jugez-en :

À la question posée : “Parmi ces candidats potentiels, pour qui voteriez-vous lors du premier tour de la présidentielle ?”, les réponses sont les suivantes :

François BAYROU : 28%
• Ségolène Royal : 19%
• Nicolas Sarkozy : 17%
• Jean-Marie Le Pen : 10%
• autres candidats : 21%
• ne voteront pas : 6%

Oui, vous avez bien lu, Bayrou premier de la classe !

Voilà qui a de quoi émouvoir bien des états-majors. Et ils ne manquent pas de l’être ! Et aussitôt de se gausser de l’organisme (totalement indépendant) qui a organisé ce sondage - “Agoravox” - soulignant au passage que ce sondage s’est fait via Internet (1 français sur 2 y a actuellement accès), que la population des internautes ne serait pas “représentative” (sic !) de la population française (c’est vrai, vous et moi qui êtes ici branchés devant votre écran nous descendons tous de la planète Mars !). Et nos IPSOS, BVA et consorts de souligner “qu’eux” sont des organismes “fiables”, que leur méthodologie "ne souffre d’aucune lacune” (Ah oui, il faut oublier 1995, 2002, 2005, etc...!).

Mais redevenons un peu sérieux. Rien n’est gagné pour François Bayrou, malgré ce sondage (d)étonnant. Car ce n’est qu’un sondage d’un moment précis et fait à six mois d’une élection. Et on sait que rien ne se jouera avant les toutes dernières semaines précédant la consultation.

Pourtant, à force de ne plus voir la différence qu’il y a entre les programmes de Nicolas et de Pimprenelle (qui ne cessent de se “piquer” mutuellement leurs idées), il est vrai que ce sondage révèle une évolution très sensible de l’opinion française, et que François BAYROU a visé juste en mettant le pied dans la fourmilière UMP-P.S., que son message hors les perpétuels mêmes sentiers ravinés depuis 25 ans de ces deux-là commence à être entendu des français. Malgré l’ostracisme organisé des grands médias qui veulent l’ignorer dédaigneusement.

Voilà un sérieux encouragement pour notre ami François.

14:50 Publié dans DÉBATS | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : UDF, POLITIQUE

À PROPOS DU RATIONALISME

BILLET du 24 SEPTEMBRE 2006
medium_Aristote.jpg

On a beaucoup controversé, ces derniers jours, sur une déclaration de Benoît XVI faite lors d’un colloque universitaire auquel celui-ci a participé à Ratisbonne.

Faut-il tourner longtemps autour du pot ? À la lecture attentive de cette déclaration, même si celle-ci s’abrite derrière la citation d’un auteur ancien, Benoît XVI a voulu faire passer un message clair : celui que le christianisme est une religion qui a accepté - et continue d’assumer - l’héritage du rationalisme grec.

Appuyant sa démonstration, et prenant pour cela référence sur la première phrase de l’Évangile de Jean “Au commencement était le Verbe” - en français, mais en grec on dit “logos” (raison), ce qui permet de traduire : “Au commencement était la raison” - on perçoit, comme l’a souligné Benoît XVI, la volonté du christianisme d’assumer pleinement cet héritage, comme s’y est attaché longuement Thomas d’Aquin.

Considérée sous cet angle, une “vraie” religion (comme peut prétendre l’être le christianisme) ne peut, d’aucune manière, être violente ni ne peut essayer de contraindre les gens par la violence.

Pour conforter encore sa démonstration, Benoît XVI se risque ensuite à une comparaison entre, d’une part, la philosophie religieuse musulmane et, d’autre part, celle chrétienne brassée par ce rationalisme. Et d’affirmer que le Dieu des musulmans, contrairement au Dieu des chrétiens, est au-dessus de la raison, Il est totalement transcendant, Il n’est nullement lié par des formes de rationalité et, par voie de conséquence, on peut trouver dans l’Islam des réflexes violents.

Face à un auditoire d’érudits, le Pape a donc mis en opposition le christianisme “rationnel et non-violent” face à certaines formes de violence que l’on peut trouver (notamment) dans l’Islam. Et de se référer à l’encyclique “Fides et Ratio” (Foi et Raison) de Jean-Paul II (1998) où celui-ci a voulu démontrer la constance de l’influence thomiste sur le christianisme.

C’est cette analyse - fort théologique en soi - qui a suscité, aussitôt, dans le monde musulman la réprobation que l’on sait. On a alors vu sur nos écrans cette violence déchaînée, ces visages déformés de haine, ces lieux de culte chrétiens aussitôt incendiés ou ces religieux assassinés. Ces images confortant d’ailleurs - et ce n’est pas là le moindre paradoxe ! - la thèse que venait précisément de développer le Pape quand celui-ci évoquait une certaine culture de la violence dans l’Islam. Comme si ces fanatiques voulaient donner raison au Pape.

Évidemment, Benoît XVI aurait pu citer d’autres religions que l’Islam pour fustiger la violence. Y compris le christianisme lui-même, celui des croisades, des persécutions et des bûchers qui a sévi pendant des siècles. Sauf à considérer que Vatican II a définitivement rompu avec cet héritage d’évangélisation “musclée”.

On peut simplement (et respectueusement) reprocher à Benoît XVI de n’avoir pris, pour référence à son exposé, que le seul Islam : là il fut imprudent. Mais cela ne vaut nullement condamnation de ses propos qui restent parfaitement fondés.

Sur un autre plan, on ne peut pas nier au Pape le droit d’avoir et d’exprimer des opinions théologiques. Et on ne peut que s’élever avec vigueur contre ceux qui voudraient lui contester cette liberté-là, ceux-là étant d’ailleurs souvent les mêmes qui défendent d’autres libertés beaucoup plus discutables.

À propos de la violence évoquée ici, il fut un temps où il y eut celle du christianisme, comme existe toujours aujourd’hui celle de l’islamisme radical. Mais, sur le fond, il faut reconnaître qu’il y a une énorme différence entre la violence chrétienne et celle de ceux qui professent l’Islam intransigeant. En effet, chaque fois que les chrétiens ont utilisé la violence, ils l’ont fait contre les préceptes de l’Évangile (si on s’en tient évidemment au seul Nouveau Testament). Par contre, la violence islamique (que je différencie clairement de l’Islam), celle du “djihad” qu’on brandit ici et là, s’en réfère à nombre de sourates qui n’ont rien de spécialement pacifiques. Et quand on voit des “religieux” musulmans considérés - tout religieux se doit de l’être - comme des guides pour les fidèles qu’ils doivent édifier, et qui ne se complaisent qu’avec de redoutables armes de mort à la main, on peut douter qu’ils soient des “non-violents” dans l’âme.

Entre christianisme et islamisme, il y a bien deux conceptions de l’usage de la violence, même si les deux sont également condamnables.

J’ai, par contre, été surpris que Benoît XVI n’ait pas du tout évoqué le grand philosophe rationaliste musulman du XII° siècle, Averroès, celui-là même que Thomas d’Aquin a combattu longuement avec vigueur.

(Je recommande à ce propos la lecture de deux ouvrages riches d’enseignement et qui éclairent fort bien le sujet qui nous préoccupe ici : celui de Thomas d’Aquin “Contre Averroès”, et l’autre d’Averroès lui-même : “Le discours décisif”).

C’est en effet Averroès qui a fait découvrir au monde chrétien le rationalisme. C’est lui qui avait judicieusement posé la question de savoir, selon l’interprétation du Coran, si la “révélation autorise, ou interdit, ou encore oblige, à faire usage de la raison”.

Et c’est Thomas d’Aquin qui a tenté d’y répondre par le rationalisme chrétien. Et Thomas d’affirmer de son côté que la “révélation” nous appelle à “réfléchir en faisant usage de sa raison, et exige de nous que nous la connaissions” pour fonder notre propre détermination.

C’est une question fondamentale.

L’Église ne serait certainement pas ce qu’elle est aujourd’hui - ce qu’a rappelé Jean-Paul II dans l’encyclique que je citais plus haut - s’il n’y avait pas eu cette prise de conscience du questionnement de l’averroïsme musulman et ce combat mené ensuite par Thomas d’Aquin défendant le concept du rationalisme de la libre détermination. Fondement qui a conduit ensuite à l’humanisme chrétien qui se poursuit encore aujourd’hui.

Sans prétendre vouloir conseiller le Pape, je pense que celui-ci aurait été bien inspiré, dans son exposé, d’évoquer les propres vertus du monde musulman traduites par Averroès, même si nous, chrétiens, ne les partageons forcément pas toutes. Car Averroès a eu dans l’histoire de la philosophie religieuse un rôle important entre la pensée grecque (Aristote) et la pensée chrétienne (le thomisme) dont le christianisme de notre XXI° siècle reste l’héritier.

Pour conclure, ce qui me parait essentiel dans l’exposé de Benoît XVI, c’est sa préoccupation - qui était déjà présente chez Jean-Paul II - de cette nécessité de maintenir un lien entre le religieux et le rationnel. Car nous vivons une époque où le religieux se dévoie de plus en plus vers la superstition et les sectes ; et ceci est un danger du point de vue de la civilisation elle-même.

Aujourd’hui qu’un pape s’en préoccupe, on ne peut qu’applaudir. Sur ce point, l'éclat médiatique de Benoît XVI aura été fort utile.

(Dernière minute : au moment où je mets en ligne ce "Billet", je prends connaissance d'un article de l'excellent chroniqueur - Jacques Julliard - paru ce matin-même. Et d'observer que ce dernier partage avec moi un certain nombre d'idées communes, notamment sur le rôle d'Averroès ; même si la finalité de l'article de Julliard est assez différente de la mienne, je suis donc conforté de façon imprévue dans mon analyse).

jeudi, 21 septembre 2006

LU DANS LA PRESSE...

medium_images.16.jpgL'hebdomadaire "L'EXPRESS" du 21 Septembre 2006 révéle (page 38 - Rubrique "Les Indiscrets") deux faits qui ne manquent pas de saveur.

Le premier évoque l'éventualité d'une arrivée de l'ancien patron de la rédaction du Monde - Edwy PLENEL - au journal Libération. Et on apprend que cela ne plait pas à Mr Nicolas SARKOZY qui "n'écarterait pas l'idée d'en dire un mot" à Mr Édouard de ROTHSCHILD (le nouveau propriétaire du journal). Et de préciser qu'on "craindrait", dans l'entourage du Ministre, de voir Libé transformé en un brûlot antisarkozyste. Il est vrai que Mr PLENEL est un proche de Dominique De VILLEPIN.... Dont acte.

Le second fait rapporte que Mr De VILLEPIN aurait dit en privé "partager totalement" le sentiment exprimé par François BAYROU dénonçant publiquement la mainmise sur trois des principaux médias français - "TF1", "LE FIGARO" et "LE MONDE" - de groupes industriels (BOUYGUES, DASSAULT et LAGARDÈRE) proches de Mr SARKOZY.
De là à croire que Mr De VILLEPIN votera François BAYROU aux prochaines élections présidentielles ? Les confidences de Mr De VILLEPIN ne sont pas allées jusqu'à l'affirmer. Mais qui sait ?

14:35 Publié dans SOCIÉTÉ | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : UDF, Politique

samedi, 16 septembre 2006

MAUVAISES FRÉQUENTATIONS....

medium_UE2.jpgDans un article paru ce mardi 12 Septembre (MIDI LIBRE - Nîmes), Mr Richard TIBÉRINO, Adjoint (UMP) et Conseiller Général à NÎMES, reproche au Député (UDF) Yvan LACHAUD d'avoir.... de "mauvaises fréquentations" (!) : Mr LACHAUD a commis en effet le crime impardonnable de côtoyer, lors des Universités d'Été de l'UDF, Mr Michel ROCARD, ancien Premier Ministre PS de Mr MITTERRAND. (Mr TIBÉRINO me met aussi personnellement en cause pour des raisons identiques).

Mr TIBÉRINO a tout-à-fait raison puisque, tout à côté de Mr Michel ROCARD, se trouvait aussi, sur la même tribune, une autre personnalité tout autant infréquentable (peut-être ?) : Mr Michel BARNIER, Conseiller Politique UMP de Mr Nicolas SARKOZY. Mr BARNIER a, lui aussi, les mêmes "mauvaises fréquentations" : Mr TIBÉRINO devrait aller vite s'en plaindre auprès de Mr SARKOZY. Et tous deux, Mrs ROCARD et BARNIER, avec François BAYROU qui les recevait, se sont mutuellement écoutés, applaudis et ont ensemble dialogué publiquement. Et tous deux, encore, ont condamné dans les mêmes termes "l'apartheid droite-gauche" (depuis longtemps dénoncé par François BAYROU) qui interdit actuellement tout dialogue entre français de sensibilités différentes.

Par ailleurs, lors de la toute récente ferrade annuelle de l'UDF du GARD - qui a eu un succès retentissant avec plus de 1.200 participants - c'est dans ce même esprit consensuel et ouvert que des élus de tous bords politiques (droite, gauche et sans étiquettes) ont répondu favorablement à l'invitation d'Yvan LACHAUD avec lequel ils travaillent régulièrement et sans exclusive politique.

Il est temps aujourdhui que Mr TIBÉRINO comprenne qu'il est plus important de se fier aux "compétences" plutôt qu'aux "étiquettes". Mr TIBÉRINO serait bien inspiré de faire enfin son propre "agiornamento" politique s'il ne veut pas être bientôt un "has been" totalement dépassé par les évènements.

Enfin, tout récemment, en officialisant la candidature de Mr Franck PROUST (UMP) aux législatives face au Député sortant (UDF) - Yvan LACHAUD - on a entendu, de la part des dirigeants locaux de l'UMP, cette étrange affirmation que ce siège (de Député) "appartiendrait" à l'UMP. Tiens donc ! Au nom de quoi ? Et pour justifier cette bizarre affirmation, ils n'ont pas hésité, une fois encore, à utiliser le mensonge et travestir l'histoire outrageusement. Ils ont décidément toutes les audaces !

Étrange conception de la démocratie où ce ne sont plus les citoyens qui choisissent leur Député, mais les appareils politiques qui s'en approprient les sièges. Peut-on encore faire confiance à ces gens-là ?

Décidément, ils sont incorrigibles.

21:35 Publié dans VIE LOCALE | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : UDF, Politique

lundi, 11 septembre 2006

À PROPOS DU CHIISME TRIOMPHANT

BILLET du 11 Septembre 2006medium_200306281.jpg

Quel bilan peut-on tirer de cette brève guerre du Liban ? Je crois qu’il ne faut pas hésiter à dire que c’est un véritable désastre. Cette guerre a été une gigantesque erreur. Pire : une gigantesque faute.

Au-delà de l’aspect moral (on a déplacé près d’un million de personnes, on a tué des milliers d’innocents, on a détruit un pays), quand on prend semblable décision, au moins doit-on remplir une condition : c’est celle de gagner. Or cette guerre a été perdue par Israël (et l’opinion publique israélienne ne s’y trompe pas). Pis : le Hezbollah en sort moralement renforcé.

Mais, ce qui est plus grave encore, la haine d’Israël dans le monde arabe - et au-delà du monde arabe - est plus grande que jamais. Jamais Israël ne pourra construire quoi que ce soit de durable sur cette haine qu’il inspire désormais dans cette vaste région du monde. Région qui, de plus, est celle qui détient les ressources énergétiques qui nous sont les plus vitales.

Aujourd’hui, la survie d’Israël est vraiment posée : un jour ou l’autre, une telle concentration de haines se trouvera - si elle ne les a déjà ! - les moyens de détruire Israël. Et ce n’est pas en menant des opérations comme celle du Liban qu’Israël a construit quelque chose de positif pour sa propre survie. Là est le premier désastre.

L’autre désastre est que l’Iran en ressort clairement renforcé : l’Iran est devenu la vraie clef du Moyen-Orient.

Cette opération guerrière est pire qu’une faute : c’est une erreur politique gravissime. Israël, en tombant stupidement dans le piège tendu par l’Iran, via le Hezbollah, a entrepris une guerre débile et a détruit une vieille nation, l’une des rares démocraties de la région.

On ne peut plus aujourd’hui considérer qu’Israël a encore le droit de mener des opérations de ce type sans consulter ni avoir l’accord de la communauté internationale. Parce que c’est finalement nous, pays européens - et la France en particulier - qui payons cette aventure : on va devoir dépenser des milliards d’€ pour reconstruire tout un pays qu’Israël n’aura mis que quelques semaines pour en détruire les infrastructures essentielles. Et ce pour rien ! Et même pour un résultat pire que négatif !

Parce que nous sommes tous dans le même bateau, Israël a perdu le droit - si tant est qu'il l'ait eu un jour - de conduire seul des affaires qui peuvent avoir des répercussions aussi graves pour tous, autant que pour lui-même.

Et, quand nous parlons d’Israël, il ne faut pas nous voiler la face : aux côtés d’Israël, il y a cette sorte de communauté délinquante qu’a constituée George W. Bush. Ses errements diplomatiques ne se comptent plus, ses mensonges pour justifier ses ruineuses expéditions (pas seulement en dollars mais aussi en vies humaines, et ce sans aucun fondement) paraissent désormais au grand jour. Et tout ceci pour aboutir à quoi ? À donner le pouvoir aux chiisme dans le monde musulman.

C’est ce qui s’est passé en Irak où le chiisme, toujours tenu en lisière par Saddam Hussein, est aujourd’hui vainqueur au prix de l’unité du pays et d’une épouvantable guerre civile.

C’est ce qui se passe aujourd’hui au Liban où Israël (on peut se poser la question aujourd’hui) a donné le pouvoir au Hezbollah : les chiites n’y étaient qu’une communauté méprisée, voire sous-estimée, dans le Liban traditionnel issu de l’accord inter-confessionnel de 1943, lequel prévoyait le partage du pouvoir entre les seuls chrétiens maronites et les seuls sunnites. À l’issue de cette guerre, le Hezbollah est considéré, tant par les chrétiens que par les sunnites, comme "LE" mouvement qui a "libéré" le Liban de l'occupation israélienne. Le Hezbollah chiite a maintenant pris un pouvoir sans précédent, même s’il n’est surtout que moral. Israël a commis là une bévue inouïe dont le seul résultat est de renforcer le poids de son adversaire.

Enfin, ce qui vient de se passer fait, désormais, de l’Iran le maître du Moyen-Orient tout entier.

À partir de là, nous avons maintenant trois problèmes distincts mais qui, ensemble, forment un seul problème de base : • celui très ancien du problème palestinien • celui plus récent du cas libanais avec son annexe syrienne • et le problème de l’Iran. Or, de ces trois problèmes, c’est bien le cas de l’Iran qui est le plus préoccupant de tous.

L’Iran est aujourd’hui "LA" grande puissance, à la fois du point de vue moral, du point de vue politique et du point de vue économique dans cette vaste région qui borde la Méditerranée. Notre Méditerranée.

La question qui se pose aujourd'hui est extrêmement grave : est-ce que l’Iran menace la paix du monde ?

Il peut y avoir deux réponses • OUI ! parce que l’Iran a désormais les moyens de défier toutes les grandes puissances • NON ! parce qu’il n’est pas sur que le but final de l’Iran soit de déclencher une guerre. Et, curieusement, parce qu’il n’est pas établi que la société iranienne épouse les velléités guerrières de leurs dirigeants politico-religieux, même si ceux-ci n'y renonceront pas. Le chiisme intégriste, qui a actuellement le pouvoir en Iran, est loin d’être représentatif de la société iranienne. Et comme ces dirigeants ne sont pas totalement fous, ils savent jusqu’où ne pas aller trop loin. C’est la seule note optimiste qui reste à l’Occident qui, années après années, a perdu dans cette région tous ses atouts.

Ce qui ne veut pas dire que l’Iran ne menace plus l’existence d’Israël. Le jour (qui se rapproche) où l’Iran maîtrisera un arsenal nucléaire, et si l’actuelle configuration politique iranienne ne change pas d’ici là (et c’est là qu’est une clef possible d’empêcher ce cataclysme annoncé), il ne fait pas de doute que ces fanatiques n’hésiteront pas à envoyer la bombe nucléaire sur Israël.

Face à cette menace, la seule stratégie possible est (ou était ?) de fractionner l’adversaire. Or Israël, par sa guerre insensée contre le Liban, l’a magnifiquement soudé. Tout comme il l'a fait pour le Hezbollah avec le peuple libanais.

C’est le même cas de l’intervention américaine en Irak : si les américains avaient réussi à laisser en Irak la démocratie à la place d’un régime totalitaire, on aurait pu applaudir. Mais ils n’ont réussi qu’à établir un foyer de terrorisme international.

Si, de son côté, Israël avait réussi à désarmer totalement le Hezbollah, même en déplorant d'inévitables dommages collatéraux, on aurait pu aussi "admettre" le fait. Or, les USA, comme Israël, n'ont essuyé que des échecs stratégiques retentissants.

Rendons, au passage, hommage à la politique française (à défaut de politique européenne) et à Mr Chirac. Politique de raison, même en dépit d’un petit cafouillage à propos de l’envoi de nos forces armées au Liban.

Pour conclure : pour sauvegarder la paix dans cette région essentielle du monde, nous ne pourrons échapper à un règlement d’ensemble.

Le Proche-Orient est une chose trop sérieuse pour en confier l’avenir aux américains et leurs alliés israéliens. Il est urgent que l’Europe, qui est en première ligne dans ce conflit, se saisisse de ces affaires. Même les conditions d’une paix entre Israël et les palestiniens doivent nous concerner au premier plan. La politique des “petits pas” issue des accords dOslo a atteint ses limites : il faut maintenant en changer.

Mais, pour cela, il faut que l’Europe existe. Enfin !

mercredi, 06 septembre 2006

CONNIVENCE UMP - P.S.

medium_GDF.jpgLe Parlement, réuni en session extraordinaire, est appelé à examiner une proposition de loi en vue de privatiser GDF (Gaz de France), la participation de l’État étant projetée d’être ramenée de 70 à 34% dans le cadre d’une fusion avec Suez.

Sur le fond du débat :

Au moment où nous sommes, c’est-à-dire en pleine crise de l’énergie dont on sait que les coûts vont aller sans cesse croissants, au moment où nous prenons conscience de la réalité des risques climatiques - dus notamment aux rejets de gaz à effets de serre - cette initiative est tout-à-fait inappropriée : l’État doit, en de telles circonstances et plus que jamais, garder la pleine capacité politique de ses énergies.

L’énergie est en effet un secteur stratégique qui doit rester sous contrôle public : remettre ce secteur entre les mains d’entreprises privées, c’est exposer les consommateurs à des enjeux qui seront à l’opposé de l’intérêt général.

Et quand on sait que tout ce remue-ménage a été entrepris sous le - seul ! - prétexte qu’une entreprise italienne pourrait s’intéresser à une entreprise privée française (Suez) : cette conception du “patriotisme économique” que défendent Mrs De VILLEPIN et SARKOZY montre combien est long le chemin qui devrait les conduire vers une conception européenne moins archaïque que la leur.

Sur la forme du débat :

Alors qu’il était Ministre de l’Économie (c’était il y a peu), Mr SARKOZY s’était solennellement engagé devant le Parlement à maintenir GDF dans le giron de l’État. Aujourd’hui qu’il a changé de ministère, il a oublié ses promesses d’hier et s’apprête à laisser privatiser GDF.

Il est vrai que Mr SARKOZY n’en est pas à une contradiction près : on le croyait européen et libéral et... le voici qui donne des gages à ceux qui contestent l’euro fort. Et, en plus, le voici aussi qu’il s’autorise à mettre en garde le gouvernement contre les “dangers de la remise en ordre des finances” de la France (quand celle-ci a plus de 1.100 milliards € de dettes à payer plus les intérêts qui s’accumulent chaque jour !).

Mr SARKOZY se noie décidément dans le flot de ses contradictions. Mais il est vrai, qu’avant lui, il y avait déjà eu de réputés antécédents sous le règne de Mr MITTERRAND.

Mais Mr SARKOZY, lui, peut aujourd’hui tout se permettre : il sait que son parti - qui représente moins de 20% des électeurs qui se sont exprimés - dispose (de par les scandaleuses distorsions du système du scrutin majoritaire sans contrepartie aucune) de la majorité absolue au Parlement. Et tant Mr De VILLEPIN que Mr SARKOZY ne veulent pas s’encombrer d’un débat de fond où les vrais problèmes pourraient être abordés pour mûrir la réflexion des députés et sénateurs avant qu’ils n'engagent l’avenir énergétique de la France : ils veulent, tel un hochet, “leur” fusion GDF-SUEZ et ils l’obtiendront, quel qu’en soit le prix à payer pour les français.

Et, dans cette affaire, que croyez-vous que font les amis de Mme ROYAL ? Eh bien, ils se comportent en parfaits alliés de fait de Mrs De VILLEPIN et SARKOZY : en déposant plus de 130.000 amendements (dont 40.000 pour le seul P.S.), ils savent pertinemment qu’il n’y a plus de débat possible au Parlement et que cette “affaire” sera vite “emballée” dans un 49-3 voté en quelques heures sans aucun dialogue par les seuls députés UMP.

Quand je vous disais que, de fait, les SARKOZY et ROYAL sont de connivence.

14:55 Publié dans DÉBATS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : UDF, Politique