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dimanche, 24 septembre 2006

À PROPOS DU RATIONALISME

BILLET du 24 SEPTEMBRE 2006
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On a beaucoup controversé, ces derniers jours, sur une déclaration de Benoît XVI faite lors d’un colloque universitaire auquel celui-ci a participé à Ratisbonne.

Faut-il tourner longtemps autour du pot ? À la lecture attentive de cette déclaration, même si celle-ci s’abrite derrière la citation d’un auteur ancien, Benoît XVI a voulu faire passer un message clair : celui que le christianisme est une religion qui a accepté - et continue d’assumer - l’héritage du rationalisme grec.

Appuyant sa démonstration, et prenant pour cela référence sur la première phrase de l’Évangile de Jean “Au commencement était le Verbe” - en français, mais en grec on dit “logos” (raison), ce qui permet de traduire : “Au commencement était la raison” - on perçoit, comme l’a souligné Benoît XVI, la volonté du christianisme d’assumer pleinement cet héritage, comme s’y est attaché longuement Thomas d’Aquin.

Considérée sous cet angle, une “vraie” religion (comme peut prétendre l’être le christianisme) ne peut, d’aucune manière, être violente ni ne peut essayer de contraindre les gens par la violence.

Pour conforter encore sa démonstration, Benoît XVI se risque ensuite à une comparaison entre, d’une part, la philosophie religieuse musulmane et, d’autre part, celle chrétienne brassée par ce rationalisme. Et d’affirmer que le Dieu des musulmans, contrairement au Dieu des chrétiens, est au-dessus de la raison, Il est totalement transcendant, Il n’est nullement lié par des formes de rationalité et, par voie de conséquence, on peut trouver dans l’Islam des réflexes violents.

Face à un auditoire d’érudits, le Pape a donc mis en opposition le christianisme “rationnel et non-violent” face à certaines formes de violence que l’on peut trouver (notamment) dans l’Islam. Et de se référer à l’encyclique “Fides et Ratio” (Foi et Raison) de Jean-Paul II (1998) où celui-ci a voulu démontrer la constance de l’influence thomiste sur le christianisme.

C’est cette analyse - fort théologique en soi - qui a suscité, aussitôt, dans le monde musulman la réprobation que l’on sait. On a alors vu sur nos écrans cette violence déchaînée, ces visages déformés de haine, ces lieux de culte chrétiens aussitôt incendiés ou ces religieux assassinés. Ces images confortant d’ailleurs - et ce n’est pas là le moindre paradoxe ! - la thèse que venait précisément de développer le Pape quand celui-ci évoquait une certaine culture de la violence dans l’Islam. Comme si ces fanatiques voulaient donner raison au Pape.

Évidemment, Benoît XVI aurait pu citer d’autres religions que l’Islam pour fustiger la violence. Y compris le christianisme lui-même, celui des croisades, des persécutions et des bûchers qui a sévi pendant des siècles. Sauf à considérer que Vatican II a définitivement rompu avec cet héritage d’évangélisation “musclée”.

On peut simplement (et respectueusement) reprocher à Benoît XVI de n’avoir pris, pour référence à son exposé, que le seul Islam : là il fut imprudent. Mais cela ne vaut nullement condamnation de ses propos qui restent parfaitement fondés.

Sur un autre plan, on ne peut pas nier au Pape le droit d’avoir et d’exprimer des opinions théologiques. Et on ne peut que s’élever avec vigueur contre ceux qui voudraient lui contester cette liberté-là, ceux-là étant d’ailleurs souvent les mêmes qui défendent d’autres libertés beaucoup plus discutables.

À propos de la violence évoquée ici, il fut un temps où il y eut celle du christianisme, comme existe toujours aujourd’hui celle de l’islamisme radical. Mais, sur le fond, il faut reconnaître qu’il y a une énorme différence entre la violence chrétienne et celle de ceux qui professent l’Islam intransigeant. En effet, chaque fois que les chrétiens ont utilisé la violence, ils l’ont fait contre les préceptes de l’Évangile (si on s’en tient évidemment au seul Nouveau Testament). Par contre, la violence islamique (que je différencie clairement de l’Islam), celle du “djihad” qu’on brandit ici et là, s’en réfère à nombre de sourates qui n’ont rien de spécialement pacifiques. Et quand on voit des “religieux” musulmans considérés - tout religieux se doit de l’être - comme des guides pour les fidèles qu’ils doivent édifier, et qui ne se complaisent qu’avec de redoutables armes de mort à la main, on peut douter qu’ils soient des “non-violents” dans l’âme.

Entre christianisme et islamisme, il y a bien deux conceptions de l’usage de la violence, même si les deux sont également condamnables.

J’ai, par contre, été surpris que Benoît XVI n’ait pas du tout évoqué le grand philosophe rationaliste musulman du XII° siècle, Averroès, celui-là même que Thomas d’Aquin a combattu longuement avec vigueur.

(Je recommande à ce propos la lecture de deux ouvrages riches d’enseignement et qui éclairent fort bien le sujet qui nous préoccupe ici : celui de Thomas d’Aquin “Contre Averroès”, et l’autre d’Averroès lui-même : “Le discours décisif”).

C’est en effet Averroès qui a fait découvrir au monde chrétien le rationalisme. C’est lui qui avait judicieusement posé la question de savoir, selon l’interprétation du Coran, si la “révélation autorise, ou interdit, ou encore oblige, à faire usage de la raison”.

Et c’est Thomas d’Aquin qui a tenté d’y répondre par le rationalisme chrétien. Et Thomas d’affirmer de son côté que la “révélation” nous appelle à “réfléchir en faisant usage de sa raison, et exige de nous que nous la connaissions” pour fonder notre propre détermination.

C’est une question fondamentale.

L’Église ne serait certainement pas ce qu’elle est aujourd’hui - ce qu’a rappelé Jean-Paul II dans l’encyclique que je citais plus haut - s’il n’y avait pas eu cette prise de conscience du questionnement de l’averroïsme musulman et ce combat mené ensuite par Thomas d’Aquin défendant le concept du rationalisme de la libre détermination. Fondement qui a conduit ensuite à l’humanisme chrétien qui se poursuit encore aujourd’hui.

Sans prétendre vouloir conseiller le Pape, je pense que celui-ci aurait été bien inspiré, dans son exposé, d’évoquer les propres vertus du monde musulman traduites par Averroès, même si nous, chrétiens, ne les partageons forcément pas toutes. Car Averroès a eu dans l’histoire de la philosophie religieuse un rôle important entre la pensée grecque (Aristote) et la pensée chrétienne (le thomisme) dont le christianisme de notre XXI° siècle reste l’héritier.

Pour conclure, ce qui me parait essentiel dans l’exposé de Benoît XVI, c’est sa préoccupation - qui était déjà présente chez Jean-Paul II - de cette nécessité de maintenir un lien entre le religieux et le rationnel. Car nous vivons une époque où le religieux se dévoie de plus en plus vers la superstition et les sectes ; et ceci est un danger du point de vue de la civilisation elle-même.

Aujourd’hui qu’un pape s’en préoccupe, on ne peut qu’applaudir. Sur ce point, l'éclat médiatique de Benoît XVI aura été fort utile.

(Dernière minute : au moment où je mets en ligne ce "Billet", je prends connaissance d'un article de l'excellent chroniqueur - Jacques Julliard - paru ce matin-même. Et d'observer que ce dernier partage avec moi un certain nombre d'idées communes, notamment sur le rôle d'Averroès ; même si la finalité de l'article de Julliard est assez différente de la mienne, je suis donc conforté de façon imprévue dans mon analyse).

Commentaires

J'ai commencé à lire...en me disant ou est ce qu'il nous embarque... mais tu as finalement cité Averroès et Saint Thomas d'Aquin et là je commence à me rappeler des choses... Ratzinger s’est bien gardé de citer Averroès … je me demande pourquoi !

A cette époque la pensée rationnelle Grecque était assimilée et défendue par des musulmans et combattue par les copains de monsieur Ratzinger.

Face à Averroès le musulman on pouvait trouver un farouche opposant à cette pensée rationnelle qui dérangeait les Chrétiens en la personne de Saint thomas d'Aquin. On oublie souvent de mentionner que Saint Thomas a connu Aristote grâce à Averroès qui est celui qui a réintroduit la pensée grecque dans le monde Chrétien du moyen age.

La démonstration du Pape est fort critiquable car elle est orientée et très loin d’être objective comme vous semblez le dire. Il n'a cité qu'UN SEUL théologien musulman et marginal de surcroît. Il oublie nombre de musulmans éclairés du siècle des lumières. Parce que Monsieur Ratzinger a benoîtement oublié que le monde musulman a rayonné pendant 7 siècles sur le monde médiéval.

Je vous invite à lire un excellent article lu sur Agoravox et qui est beaucoup plus proche de la réalité puisqu’il a objectivement décortiqué les propos de monsieur Ratzinger pour y déceler la perversion d’un appel à la haine plus qu’à la raison. Personnellement je n’ai plus beaucoup d’estime pour lui. J’en avait pour Jean Paul II. http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=13492

Les chrétiens se sont choisis le pire des Papes (il y en avait de meilleurs !). Vous omettez de signaler qu’il a réhabilite les catholiques les plus extrémistes. Vous oubliez de le dire ça !

Pour info il n'y a pas de clergé chez les musulmans... et assimiler les borborygmes d'écervelés illuminés à des prises de positions de musulmans est franchement réducteur. C'est comme si on ne montrait que les témoins de Jehovah pour illustrer le monde Chrétien ou qu’on ne résumait la pensée Chrétienne qu’à travers la vision de l’Opus Dei.

Écrit par : Farid Taha (Dr) | samedi, 30 septembre 2006

Réponse au Dr Farid TAHA

Cher ami,

Tu me fais l’honneur de commenter longuement ma note sur le rationalisme : voilà qui nous change singulièrement d’autres sujets (souvent plus "politiques") que nous abordions habituellement !

Tu as en effet remarqué que j’ai fait mention du rôle éminent du philosophe musulman Averroès, lequel a fait connaître le rationalisme grec à l’Occident et, particulièrement, au monde chrétien. J’ai souligné ensuite que Thomas d’Aquin s’était emparé de cette philosophie et avait tenté de répondre aux questions qu’elle posait au travers de l’enseignement des Évangiles.

Il est vrai que j’ai d’abord été surpris que Benoît XVI, dans son exposé de Ratisbonne, n’en ait pas fait mention, alors que le thomisme a marqué si fortement de son empreinte l’enseignement de l’Église au travers des siècles qui ont suivi, et ce encore jusqu’à nos jours.

Mais j’ai ensuite compris que Benoît XVI ne s’est pas exprimé en qualité d’historien mais essentiellement de théologien. Qualité éminente que nul ne peut lui contester au travers de ses innombrables écrits qui ont même - et cela est reconnu de tous - fortement influencé Jean-Paul II dans son enseignement et ses encycliques.... dont le Cardinal Ratzinger a été lui-même le puissant inspirateur, sinon la plume elle-même.

La théologie n’est pas, et n’a pas, à être nourrie de l’Histoire : elle la transcende totalement. La théologie a en effet plusieurs vocations :
• dogmatique (dire les vérités à croire)
• morale (enseigner les choses à pratiquer)
• ascétique (décrire les passions, les vertus et les vices et tenter de donner les moyens de conformer sa vie aux prescriptions évangéliques)
• mystique (étudier les voies pour unir l’âme à Dieu)
• scolastique (appliquer la raison philosophique à la Foi).

Or c’est le théologien Benoît XVI qui a voulu s’exprimer et dire que la violence ne répond pas aux préceptes chrétiens : Benoît XVI a rappelé en effet que la violence est contraire à la raison (le mot “raison” a été cité par lui 44 fois quand le mot “djihad” ne l’a été qu’une seule fois). Il considère que la violence est contraire au projet divin et il pointe la part de violence dans l’Islam, comme dans toutes les religions qui y ont recours (chrétienne y comprise).

Dans l’Islam, il y a des valeurs et un sens de Dieu. Mais, pour autant, il y a une forte part de violence dès son origine. Que Mahomet ait pris le glaive fait partie de son histoire même. Mais, au-delà de ces considrations, ce qui est inquiétant aujourd’hui est de ne plus pouvoir le dire ni l’écrire sans être immédiatement menacé physiquement (comme cela s’est confirmé encore tout récemment en France). Et on peut, là, faire un parallèle avec le christianisme quand il est narré que Jésus, au Jardin des Oliviers, a demandé à Pierre de ranger l’épée quand celui-ci s’apprêtait de la brandir au moment où Jésus allait être arrêté.

Mais l’objet de l’exposé de Benoît XVI est surtout de stigmatiser la "modernité sécularisée", celle qui professe "la raison sans la Foi". Et cela concerne le fait religieux sous toutes ses formes. D’où la rhétorique qu’il a développée, même si certaines maladresses se sont glissées dans son discours. Mais cela ne change rien sur le fond.

L’Église a donc désormais interdit la violence après des siècles de pratique (pour des raisons souvent plus politiques que religieuses). Tout comme elle a aussi condamné aujourd’hui la peine de mort, y compris dans le non-respect de la vie dès sa conception. Mais ceci est un autre débat.

Pasteur et guide spirituel d’un milliard de chrétiens, Benoît XVI a voulu s’adresser d’abord à eux en les mettant en garde contre toute tentation (qu’ils pourraient avoir) de vouloir contraindre autrui par l’usage de la violence, même et y compris face à la violence elle-même brandie contre soi.

Je ne vois pas en quoi la condamnation de cet usage peut avoir de répréhensible. Sauf pour ceux qui le font pour des raisons souvent plus politiques que religieuses. Benoît XVI a parfaitement rempli sa mission de haute autorité spirituelle d’une communauté de dimension mondiale.

(Sur ce point, je ne partage pas du tout l’avis - même fort bien documenté - de cet article que tu as mis en lien sur AgoraVox, article fortement orienté et qui démontre qu’un “expert en marketing” - comme l’est son auteur - peut ne rien comprendre à la théologie. Ce qui n’est pas surprenant. À chacun son métier).

Par ailleurs, tu évoques le (timide et difficile) entrebâillement de l’Église (même bien avant Benoît XVI) vers les catholiques qui restent attachés à sa Tradition multi-séculaire, catholiques qui ont été désorientés par certaines interprétations souvent fort aventureuses de Vatican II.

Le thème de la division des chrétiens - souvent initiée pour des raisons plus politiques que dogmatiques - a toujours été vécu comme un drame. Innombrables sont les Papes qui ont tenté de restaurer le dialogue et la compréhension entre les églises séparées, tout en constatant que les mêmes raisons (surtout politiques) font encore obstacle et qu’il convient de respecter aussi certains sensibilités qui ont pu s’établir au fil des siècles dans ces églises.

(Faut-il rappeler cette assemblée d'Assise ou Jean-Paul II a fait se rencontrer et dialoguer entr'eux des représentants de toutes les religions, même non chrétiennes ?)

Mais, quand une séparation plus récente s’est établie au sein de l’Église catholique elle-même après Vatican II (pour des raisons essentiellement de forme liturgique) et autour du respect de la Tradition, faut-il s’étonner que des Papes aient constamment essayé d’écouter, dialoguer, réconcilier puis dire ? Jean-Paul II s'y est lui-même employé et y est partiellement parvenu. Benoît XVI continue sur la même lancée.

Nul ne peut ignorer que l’Église, y compris celle issue de Vatican II, a toujours son socle ancré sur cette très longue Tradition dont elle est l’héritière depuis Pierre et les grands philosophes qui ont suive. On ne peut nier ce fondamentalisme. Vouloir aujourd'hui ignorer et combattre ceux qui restent attachés à cette Tradition et vouloir les contraindre à plier et nier leurs convictions profondes peut être aussi considéré comme une forme de violence. Il y a donc, dans cette démarche de Jean-Paul II, puis de Benoît XVI, une certaine cohérence avec ce qui a été dit plus haut.

(Quand, sur un tout autre plan, François BAYROU veut introduire dans nos institutions une forte de dose de proportionnelle pour que toutes les sensibilités - même celles les plus extrêmes - puissent s’exprimer librement, çà n’a jamais été pour qu’ils deviennent tous des UDF ! Sa démarche, quoique non comparable, est assez proche de ce qui a été dit plus haut).

Je ne vois là rien de choquant. Et je sais qu’au moins sur ce plan tu partages mon opinion.

Bien amicalement à toi. Très cordialement.

François VAN DE VILLE

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Accepter les propos de Benoit XVI en l'état c'est accepter leur pendant musulman que je recuse en la personne de Tariq Ramadan qui agite la haine et l'intolérance comme discours pseudo-éclairé ou rationnel ... l'un et l'autre procèdent de la même logique...!

Je t'invite à lire ou à relire l'article que je t'ai mentionné plus haut il éclaire à plus d'un titre sur ces propos mal a propos:

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=13492

Farid TAHA (Dr) - 01.10.2006

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Mon cher Farid,

Quelle passion ! Je ne peux te comprendre quand tu compares (en les mettant à même niveau) Benoit XVI au sulfureux Tariq Ramadan. Celui-ci, comme tu le dis fort bien, n'agite que haine et intolérance. Benoît XVI, lui, veut condamner dans le monde tout usage de la violence, bannir toute contrainte et veut rétablir en lieu et place dialogue et tolérance.

Où est la "même logique" (comme tu le dis) entre ces deux discours ?

Et je maintiens que l'article que tu as mis en référence - et que j'ai lu très attentivement, crois-moi - ne se place pas du tout le même plan que celui où se situe le discours de Ratisbonne. Cet article évoque davantage des faits historiques que des visions purement théologiques. On ne parle pas de la même chose. Il n'y a aucune relation possible entre ces deux discours.
Je maintiens, et sans le modifier et sans passion aucune (donc sereinement), ce que j'ai écrit précédemment.

Il ne faut comparer que ce qui est comparable.

Cordialement.

François VAN DE VILLE - 01.10.2006

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Oui mais ce n'est pas en affirmant que la religion musulmane est violente et au contraire la religion Chrétienne est douce et non violente... il faudrait être aveugle pour le croire ou n'avoir pas lu les évangiles...

Tu n'as pas lu le coran... tu diras en retour que je n'ai pas lu la Bible ...sauf que là mon cher François tu te trompes !

J'ai oublié de te dire que j'habite un Prieuré et j'ai par conséquent une Bible qui traine chez moi et que je consulte de temps à autre... sans oublier non plus que j'ai fais ma scolarité au Maroc chez les Soeurs... donc on ne peut vraiment pas me raconter d'histoire la dessus... les deux religions sont quasiment identiques comme un clone l'une de l'autre (à l'exception de la sainte trinité qui ne trouve aucun équivalent dans le coran !)

je pourrais faire l'inventaire des "violences" contenues dans la bible mais je t'invites puisque tu dis que l'article d'Agoravox est plus dans registre historique que théologique à lire cette compilation de textes bibliques qui contredis le Pape sur son propre terrain théologique...

http://www.fairelejour.org/article.php3?id_article=1226

Bonne lecture.

Farid TAHA (Dr) - 01.10.2006

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Cher ami,
Nous n'allons pas mobiliser cet espace pour discuter plus longuement d'un sujet aussi sensible et qui peut éveiller bien des passions.

Sauf à te répondre que le mot "Bible" comprend l'ancien et le nouveau testament et que le catholicisme se référe, lui, surtout au nouveau, quand d'autres religions chrétiennes font encore fortement référence à l'ancien, Calvin et Luther n'ayant pas la même vision théologique que Thomas d'Aquin. C'est un des sujets qui nous sépare d'ailleurs des religions de la Réforme.

Enfin, que l'Église catholique ait un long passé de violence (n'oublions pas que l'Histoire lui a longuement donné un rôle de puissance temporelle sur laquelle reposait les états chrétiens), nul ne peut le nier et je l'ai écrit. Mais nul ne peut nier que sur ce point elle a fait ces dernières décennies un virage à 180° (agiornamento) en ayant désormais une autre lecture de l'enseignement du Christ, lecture débarassée de ces aspects négatifs mais plus respectueuse de l'Homme et de sa Liberté. On peut parler aujourd'hui de l'humanisme chrétien qui est devenu une réalité. Ce que Ratisbonne confirme.

Allons, cessons de parler de l'histoire (pas toujours très glorieuse) des siècles révolus où il y a eu ces errements que nous condamnons désormais et attachons-nous à l'enseignement d'aujourd'hui.

Cette modernité dont est capable l'Église est certainement l'une de ses richesses les plus précieuses, même si certains estiment et regrettent qu'elle ne va pas encore ou assez loin ou assez vite.
(Voir le billet que j'avais écrit à ce sujet en 2005 et qui figure dans le répertoire de mes notes).

Je souhaite que ce débat prenne fin ici pour le respect que nous nous devons les uns aux autres.

Quant à moi, je le considère comme clos.

Très cordialement. Amitiés.

François VAN DE VILLE - 01.10.2006

Écrit par : François VAN DE VILLE | dimanche, 01 octobre 2006

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