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mardi, 16 mai 2006

À PROPOS du DEVOIR DE MÉMOIRE

Le 10 Mai 2001, la Loi Taubira a proclamé l’esclavage “crime contre l’Humanité”. Le Président de la République vient curieusement de décider que c’est chaque 10 Mai qu’on célébrera la mémoire de l’abolition de l’esclavage alors que l’Histoire nous enseigne que c’est le 27 Avril 1848 qu’il fut aboli en France par Victor Schoelcher. La mémoire sélective de Mr Chirac nous joue encore un de ces tours dont il est décidément le spécialiste.

Presque au même moment, des parlementaires turcs sont venus à Paris pour demander que l’Assemblée Nationale rejette une proposition de Loi réprimant toute négation du génocide arménien de 1915 et qu’on efface la mémoire de cet épouvantable crime de l’état ottoman.

On ne peut que rapprocher ces deux faits concomitants. Car, quelles que soient les thèses qui s’opposent à ce propos, force est bien de constater qu’en 1915 il y a eu plus d’un million d’arméniens massacrés par l’empire ottoman - et dans quelles horribles conditions ! - soit la moitié de cette population. Depuis, les turcs s’obstinent à vouloir ignorer cet ignoble “crime contre l’humanité”. Leur entêtement constitue l’un des obstacles majeurs à la (très hypothétique) entrée de la Turquie dans l’Union Européenne.
La question de fond qu’il faut se poser aujourd’hui est pourtant celle-ci : est-ce le rôle d’un Parlement d’écrire l’Histoire, de dire si, là, il y a eu “esclavage” et “crime contre l’humanité”, et, ici, (ce qui est pis), “génocide” et “crime d’état” ? Arrêtons cette confusion des rôles.

Nous multiplions déjà à souhait les devoirs de mémoire : pour exemple de ces seuls derniers jours, le 8 Mai, on célébrait la mémoire de la capitulation du nazisme allemand ; le 9 Mai, celle de l’acte fondateur de l’Europe. ; le 10 Mai, la mémoire de l’esclavage. Le 11, les fournisseurs de nos gerbes de fleurs commémoratives ont enfin pu souffler un peu....

Pourquoi les députés français doivent-ils donc délibérer pour écrire l’Histoire, quitte ensuite à se dédire, comme ce fut le cas récemment à propos de l’aspect positif de la colonisation qu’ils avaient précédemment reconnu ? Pourquoi encore aujourd’hui délibérer pour affirmer le génocide arménien ?

Et, parallèlement, les députés n’ont dénoncé ni le génocide cambodgien, ni celui rwandais où la France y a pourtant joué un rôle fort trouble ?

On tait aussi ces rivalités d’ethnies qui se mutilent et s’auto-détruisent. A-t-on réagi avec la vigueur qu’il fallait face à l’ethnocide bosniaque, ses camps de concentration ? On les a enfermés dans un pesant silence pour que la communauté internationale n’ait pas trop à se rappeler le souvenir d’autres funestes précédents.

Parle-t-on encore aujourd’hui avec la vigueur souhaitée de cet autre ethnocide assorti d’esclavage qui se poursuit au Soudan ?

On stigmatise aujourd’hui l’horreur de l’esclavage. Et pourtant, soit par pudeur ou encore par calculs géopolitiques, on tait encore ces centaines de millions d’esclaves toujours soumis de par le monde entier.

Quand, encore aujourd’hui, Mr Bouteflika se sert du passé algérien de la France pour escamoter les innombrables manquements aux droits de l’homme du gouvernement algérien, quelles protestations élevons-nous ?

Notre Parlement a parfois, lui aussi, la mémoire sélective. Si le sujet n’était si grave, on dirait que c’est du grand guignol.

On use un peu trop, à mon sens, du devoir de mémoire. On en a assez de ces discours qui finissent par devenir plus nuisibles que pédagogiques : on dénature notre passé, notre Histoire, l’immense œuvre civilisatrice de la France, sous prétexte que des pages de gloire ont pu avoir en contrepartie - et ce qui, dans le contexte d’alors, était inévitable - quelques pages plus sombres. Voici que nous devrions rougir et nous culpabiliser de notre œuvre et de celle de ces millions de français qui ont contribué à bâtir des nations et laisser à ceux qui leur ont succédé un héritage inestimable.

Arrêtons cette farce ! Même si nous avons un Président dont l’auto-flagellation tourne à l’obsession maladive.

Nous avons institué en France une société de culpabilité permanente. L’honneur de la France, et celui de la civilisation qu’elle a portée partout jusqu’aux antipodes, a toujours été de condamner tous les usages contraires aux droits de l’homme et pratiquées depuis l’antiquité partout dans le monde.

Pourquoi, aujourd’hui, devrions-nous nous couvrir la tête de cendres et nous réfugier dans ces commémorations maladives? Mr Chirac a même envoyé notre porte-avions Charles De Gaulle pour commémorer la défaite des armes de la France à Trafalgar ; et on a escamoté la célébration d’Austerlitz qui est l’un des plus beaux fleurons de toute notre Histoire quand nous allions porter vers des peuples opprimés à travers toute l’Europe les idéaux de la révolution française !

Mr Chirac a fait de la France un peuple honteux de lui-même.

Mais, fort souvent, nous instrumentalisons aussi la mémoire du passé pour.... mieux escamoter notre présent.

Puisque nous sommes ici sur le registre de l’esclavage, comment peut-on tolérer que partout dans le monde, et même chez nous en France - et jusqu’au cœur de nos cités - comment peut-on tolérer que des dizaines de millions de filles, de femmes ou de compagnes doivent subir l’esclavage de mâles dominants au nom de valeurs d’une religion qu’ils dévoient en interprétant ses édits comme cela les arrange ; de mâles qui enferment ces femmes depuis leur plus jeune âge dans les quatre murs de leurs maisons, de leurs appartements ou de leurs gourbis, leur interdisent tout contact, tout accès à la culture et à l’épanouissement de leur personne, les réduisent à l’état de sous-produits du genre humain ; à qui encore ils interdisent même de sortir sans être “tenues en laisse” par des mâles qui s’imposent à elles pour mieux les contrôler et les tiennent enfermées dans des tenues contraignantes, voire même dans des burkas pour n’en faire, dès leur plus jeune âge, que des ombres enveloppées de leur linceul ?

Face à cet esclavage-là qui se répand partout de par le monde et jusque sous nos yeux et devant nos portes, que faisons-nous? Quelle défense des droits de l’homme apportons-nous ? Eh bien, nous allons gravement sur nos monuments pour commémorer l’abolition de l’esclavage, célébrer la victoire des droits de l’homme.... et nous apportons nos gerbes de fleurs ! Quelle dérision !

Si le sujet n’était si grave, nous dirions encore que c’est du grand guignol.

Réveillons-nous. Sortons de ces hypocrisies complices. Brandissons avec force nos valeurs. Cessons de les mettre sous le boisseau de nos petits arrangements politiques.

Commentaires

Votre billet est édifiant et ô combien réaliste. La France ne cesse, sous la triste présidence de Monsieur Chirac, de renier ce qui a fait son histoire, pire elle rend les armes en faisant l'impasse sur la richesse de notre pays, ce qui a fait que la France était un pays respecté, défenseur de la liberté et de l'égalité des peuples. Le président algérien qui a usé de méthodes d'une violence inouïe est un exemple concret de ce que représente aujourd'hui la France. D'autres nombreux exemples viennent conforter votre position et vous donnent raison. Quand allons nous, tous ensembles réagir pour ne plus rougir de notre histoire ? Pour ne plus prêter le flan aux critiques infondées sur la richesse de notre passé qui a fait durant de longues années notre force en imposant le respect aux autres peuples ? Quand allons nous réagir face à cet "esclavagisme" déguisé, de ces hommes qui négligent et balayent d'un revers de la main la condition féminine sur notre propre territoire ? Comment pouvons nous accepter et tolérer ces écarts de language en bafouant l'égalité des sexes pronées pourtant dans notre pays depuis de nombreuses années ? Comment accepter que ces hommes puissent empêcher leurs femmes ou leurs filles à profiter de la civilisation, de l'éducation ou pire au droit à l'information ? En cela votre billet aura le mérite denous ouvrir les yeux et de nous imposer à tous une réaction en faisant respecter les fondamentaux de notre pays qui a fait il y a peu encore, la grandeur et le charme incomparable de la France.

Écrit par : Jean-Luc ARMAND | mardi, 16 mai 2006

en ce moment , le système organise un déchainement de racisme anti-blancs et anti-européens , à l'occasion du cent cinquantième anniversaire du décret du 27 avril 1848 abolissant l'esclavage en France et dans ses colonies.

Tout d'abord si l'esclavege a été aboli en droit, il ne l'a pas été dans les faits partout : j'en parlerai plus avant.

L'esclavage est une pratique qui a existé partout dés les premiers jours de l'humanité.

Il se pratiquait surtout depuis une ethnie dominante sur une ethnie asservie comme il se pratique encore de nos jours en Mauritanie.

Il pouvait aussi se pratiquer de façon intra-ethnique d'une classe dominante contre une classe asservie : ainsi qu'il se pratiquait en France au moyen-âge.

A ce titre la primeur de l'abolition de l'esclavage ne revient pas à Schoelcher mais au fils de Philippe le Bel : le Roi Louis "le Hutin" que je vous cite en français de l'époque :

"" Nous considerants que notre royaume est dit, et nommé le royaume des Francs, et voullants que la chose en vérité soit accordant au nom, et que la condition des gents amende de nous et la venue de nostre nouvel gouvernement; par délibération de nostre grant conseil avons ordené et ordenons, que generaument, par tout nostre royaume, de tant comme il peut appartenir à nous et à nos successeurs, telles servitudes soient ramenées à franchises.""

Ainsi dés le 14° siècle, une ordonnance royale avait aboli l'esclavage en France, Schoelcher et Arago, s'ils avaient eu la culture historique suffisante, auraient pu la ressortir pour l'appliquer.

Notons qu'au moyen-âge , certains hommes libres choisissaient de se donner comme esclaves (on disait "serf") à tel ou tel seigneur qui l'acceptait.Ces hommes libres qui choisissaient la servitude étaient appelés "oblats".Leur motivation pouvait être comprise en ce que le seigneur était tenu de protéger et de subvenir à ses serfs.

Maintenant qu'en était-il dans le reste du monde et plus précisémment en Afrique, où s'était développée la traite des noirs ?

Tout d'abord l'esclavage a toujours été une norme chez les ethnies animistes africaines, à tel point qu'il atteignait parfois ce stade paroxystique qui est l'anthropophagie ou cannibalisme.

A l'intérieur des terres , ce sont les roitelets africains qui faisaient la conquète d'esclaves en attaquant des villages , puis en organisant des caravanes d'esclaves qui étaient convoyés vers la côte ou des navires négriers venaient pour en prendre livraison.

Les arabes, déjà infiltrés en afrique par la Mauritanie étaient aussi des négriers actifs.
Ils pratiquaient des razzias dans les villages et revendaient les captifs aux négriers français mais aussi pour leurs propres besoins de main d'oeuvre .

De nos jours encore se pratique au Maroc le "placement" des petites filles que leur famille trop pauvre ne peut nourrir.Ces gamines de 8 à 10 ans servent de domestique dans la maison d'accueil et très généralement d'objet sexuel pour les garçons de la famille .Ici l'esclavage se double de pédophilie.

Bien sur, tout cela n'exonère pas les négriers français, mais la vérité et l'honnèteté historique exigeraient que l'on en parla aussi.

Écrit par : Bellanger | mardi, 16 mai 2006

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