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jeudi, 04 mai 2006

IMMIGRATION : à côté de la plaque !

Depuis 30 ans, le problème de l’immigration empoisonne la vie politique française : pour les uns, il faut ouvrir grandes les portes et régulariser tous les clandestins, pour les autres, il faut empêcher toute nouvelle immigration. Et chaque nouvelle majorité qui arrive au pouvoir reprend le sujet et légifère de nouveau : depuis 1974, les textes réglementaires ont déjà été changés 34 fois.

Ceci est révélateur de notre incapacité de mettre en œuvre une politique d’immigration claire, reposant à la fois sur la durée, le pragmatisme, le réalisme, l’humanisme et l’efficacité. Cette incapacité n’est qu’une des carences dont souffre notre société. Et même quand une Loi est votée par le Parlement après d’interminables palabres, les décrets d’application, plusieurs années après, ne sont toujours pas publiés et la Loi reste lettre morte (c’est le cas pour la Loi de 2003 qu’avait fait adopter un certain.... Nicolas Sarkozy). C’est bien le signe qu’on ne parvient pas, malgré les apparences, à créer une véritable adhésion de tous autour de ce problème.
J’entendais récemment un parlementaire (ami) rappeler les 3 piliers de notre tradition républicaine : • citoyenneté • laïcité • égalité. Il est bon de ne pas oublier ces règles alors que l'on verse de nouveau dans un de ces débats purement politiciens comme on ne cesse d’en offrir le spectacle.

Rappelons d’ailleurs au passage que les socialistes, qui affectionnent tant ce genre de débats, n’ont pas toujours fait preuve d’esprit de responsabilité lorsqu’ils étaient au pouvoir : on ne peut que les inviter aujourd’hui à une grande modestie.

Le problème de l’immigration est donc un véritable défi : un défi pour la France, oui ; mais aussi et surtout un défi pour l’Europe toute entière. L’action à mettre en œuvre doit au moins épouser ce contour européen, nos vraies frontières étant bien désormais celles de l’Europe et non plus celles de notre petit hexagone. Ce qu’on oublie un peu trop souvent.

L’immigration “subie” aujourd’hui, “concertée” ou “choisie” (peut-être demain ?), doit d’abord être une immigration “responsable”.

Mais il est fort à craindre que cette immigration “choisie” - qui nous est aujourd’hui proposée par une loi (de plus !) dans notre cadre hexagonal - ne remplacera pas l’immigration “subie” mais se superposera tout simplement à l’autre. Car vouloir éradiquer l’immigration “subie” sans s’attaquer aux causes réelles de ce mal, c’est-à-dire sans parler de coopération et de développement des pays d’origine, c’est se lancer dans une aventure vouée à l’échec.

Le meilleur moyen de dissuader les candidats à l'immigration, c'est de leur donner les moyens de vivre dans de bonnes conditions chez eux, d’y encourager l'instauration de régimes démocratiques, d’y lutter contre la corruption, de faire en sorte que l'aide internationale arrive à destination et d’engager des efforts gigantesques pour enrayer les pandémies.

Ce n’est qu’une fois les causes de ce mal abordées avec réalisme et volonté qu’on pourra ensuite s’interroger sur les mesures hexagonales proposées aujourd’hui et dont nul ne sait si l’état de déliquescence où se trouvent aujourd'hui l’État et nos gouvernants autorisera qu’elle puisse être appliquée avant longtemps, si ce n’est jamais.

Mais, puisqu’une fois encore, il est proposé de légiférer dans le cadre de notre petit hexagone, il est un certain nombre de questions que soulève la Loi proposée et qui restent sans réponse : • est-il raisonnable, dans un pays qui compte aujourd’hui ±5 millions de demandeurs de vrais emplois, d’envisager d’y faire venir des “cerveaux” venus de pays en voie de développement quand ils y seraient certainement plus utiles sur place pour construire ceux-ci ? • quelles sont les perspectives offertes à ceux qui sont déjà présents en France et qui fournissent le plus gros contingent de nos demandeurs d’emploi ? • quels moyens leur donne-t-on pour parvenir à une véritable intégration dans notre société et le monde du travail ? • quels moyens donne-t-on aux ZEP, à nos écoles, aux quartiers sensibles pour que ces populations, leurs enfants, apprennent à parler français, découvrent nos valeurs, apprennent nos us et coutumes alors que, sans cet apprentissage, ils sont tous voués à l’échec ? • quels moyens sont donnés pour éradiquer la polygamie, la polyandrie qui sont une plaie dans notre société et en “pompent” une importante substance des aides sociales au détriment des autres ayant-droits “normaux” ? • quels moyens sont apportés pour rétablir l’égalité des droits et particulièrement ceux de la femme dans ces foyers désorientés ou “récupérés” pour être mieux exploités ?

Alors, qu’on légifère sur l’opportunité d’organiser des “grand-messes” au cours desquelles on remettrait à ces immigrés leur carte de séjour ou de nationalité française, qu’on soumette cette délivrance à la connaissance de notre langue et de nos lois, pourquoi pas ? Mais est-ce là l’essentiel ? Et abroger la Loi qui autorise la délivrance de la carte de résident après un séjour de 10 ans sur notre sol, n’est-ce pas favoriser à terme la clandestinité de ces populations ?

Je ne crois pas, pour ma part, que c’est en gadgétisant le problème qu’on le résoudra durablement. Ce n’est pas davantage en empruntant la phraséologie d’idéologies extrémistes - et sans hésiter de tomber dans le populisme le plus stérile - qu’on contribuera à la nécessaire cohésion nationale et le large consensus autour d’un vrai projet qui attaque le mal à sa racine.

Nous sommes, une fois de plus, “à côté de la plaque”.

04:50 Publié dans DÉBATS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Politique

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