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samedi, 29 avril 2006

À PROPOS DE L'ÉCOLE MENACÉE

Voici quelques jours, non loin de Paris, un élève est délibérément entré dans une salle de classe pour y “tabasser” - sans justification réelle connue - une enseignante, accompagné, pour accomplir ce “fait d’armes”, d’un complice dont la mission était d’enregistrer cette agression - via son téléphone portable - et en faire ensuite la diffusion en réseau.

(Pas un élève présent dans la classe n’a porté secours à cette femme dont le reportage a fait entendre les cris ! Quels couards !).

On a appris, en cette circonstance, qu’outre l’étrange banalité de frapper désormais des enseignants, on a pris l’habitude de filmer ces actes “héroïques” pour les brandir ensuite comme un “haut fait” dont on pourra se glorifier à l’encan.

On découvre aussi par ailleurs cette récente épidémie qui se répand du “happy slapping” - joyeuses claques - qui consiste à gifler n’importe qui, rencontré au hasard, sous l’œil d’une mini-caméra pour en diffuser ensuite les édifiantes images. Idem aussi de filmer des viols collectifs de collégiennes !

On finit par attraper la “gueule de bois” de tant de déchaînements de violence qu’on banalise un peu trop facilement sans réagir vraiment comme il se devrait.
Je ne veux pas rebondir sur ce “fait divers” pour abonder sur un certain “sécuritarisme” qui tend à se développer ici et là ; mais pour tenter de réfléchir aux raisons et aux moyens d’éradiquer ce mal, hors ceux sécuritaires vers lesquels on se tourne souvent pour s’en protéger, sans les prévenir ni les guérir.

Pour en revenir à ce fait particulier, il faut souligner d’abord que c’est un acte délibéré, réfléchi, organisé et annoncé bien avant sa mise à éxécution. Il faut ensuite souligner qu’on s’en est pris à une femme. Ceci n’est pas nouveau : au fur et à mesure que les femmes se sont émancipées, elles sont devenues des cibles très prisées. Et le “droit” de battre les femmes en certains milieux fait aujourd’hui tâche d’huile dans les mentalités.

Ceci est insupportable et fait suite à cette sorte d’hypocrisie machiste qui prédominait il y a peu encore. Mais, dans le cas présent, c’est grave car on s’en prend ici à des enseignants : on agit dans l’école elle-même et devant de jeunes témoins qu’on édifie. Et ces faits ne cessent de croître.

Certains envisagent déjà la solution de “s’armer”, c’est--dire d’établir un “rapport de force”, d’organiser l’autodéfense. D’autres veulent avoir recours à la Loi qu’on renforcerait pour s’adapter à ces nouveaux développements. Enfin, d’autres encore veulent rétablir l’autorité :
• le “rapport de force” dans une école est tout-à-fait inconcevable : ce serait créer un cercle vicieux, ni vertueux ni exemplaire, ni davantage efficace. Et ce serait la négation même de toute pédagogie.
• la Loi ? La tradition de l’Université n’est pas de faire entrer la police et la Justice dans les établissements d’enseignement. Et ce précisément parce qu’il est estimé que le “savoir”, l’activité intellectuelle qu’on y développe, doivent échapper à cela. Et on en reviendrait vite à la case “rapport de force” évoquée plus haut.

Il reste donc l’autorité ; pas celle de la “chose jugée” mais celle de la “chose enseignée”.

Or c’est ce rapport-là que ces incidents sont en train de casser. On jette un mouchoir pudique sur ces faits : la droite parce qu’elle est actuellement aux responsabilités et la gauche parce que ça la gêne. Et on laisse faire sans bouger : cela nous conduit tout droit à une situation beaucoup plus grave et plus incontrôlable encore.

Il n’est pas exclu aujourd’hui de penser qu’au cours des débats qui précéderont l’élection présidentielle, le développement de telles agressions “physiques” et aveugles provoquera de nouveau un réflexe “sécuritaire”..., comme en 2002.

Il y a aussi un autre aspect tout autant préoccupant : c’est celui de la crise de recrutement des enseignants, conséquence normale de cette insécurité.

Chaque fois qu’un étudiant atteint un Bac+5 et le niveau de l’agrégation pour devenir professeur, il cherche aussitôt l’alternative d’échapper à sa désignation vers un établissement public dit “sensible” et se tourne plus volontiers vers l’enseignement privé. Et, dès aujourd’hui, dans certaines disciplines, on trouve des enseignants de niveau CAPES qui n’ont pas dépassé les 5 sur 20 à leurs examens. Il n’y a donc pas seulement dans certains cas une crise des vocations mais surtout une crise du niveau des enseignants.

Ce n’est pas jeter la pierre sur certains jeunes enseignants - au demeurant fort dévoués et dont on sait que certains finiront par se révéler fort performants - que de dénoncer une situation qu’ils connaissent bien. Et c’est ainsi que ce sont surtout de très jeunes enseignants que l’on trouve “confrontés” aux élèves des classes “sensibles”, les autres plus âgés ou plus expérimentés ayant fait valoir leurs droits d’être en poste sur des sites moins exposés aux dangers.

Le rapport “autorité-élèves” ne peut donc qu’en être dégradé.

Face à cette évolution, un nouveau débat risque donc de s’amorcer : • la droite va dire : “nous vivons désormais chez les sauvages” • la gauche va vouloir dénoncer avec force “l’illusion sécuritaire”.

Tant l’une que l’autre ont des attitudes hypocrites.

La question n’est plus de savoir quel degré de sévérité il faudrait pouvoir appliquer à ces nouveaux délinquants. (Dans le cas présent, l’agresseur avait d’abord été arrêté puis aussitôt relâché ; et il a fallu que la presse s’empare du fait pour qu’on l’arrête de nouveau ! La Justice, ici, n’a agi que.... sous la pression des journaux !).

Ce qui est en cause, c’est qu’il n’y a pas condamnation unanime de ces faits : il fut un temps - pas si lointain - où de tels faits auraient fait fondre sur ces délinquants l’opprobre générale. Or aujourd’hui, on trouve des “psy” fort savants qui tentent d’expliquer que ces voyous sont eux-mêmes des “victimes” de la société. On trouve aussi des parents qui deviennent les “avocats” de leur progéniture, même lorsque celle-ci se conduit en parfaits voyous ou délinquants (et peut-être aussi pour tenter de masquer leur propre déficience éducative). Et on trouve même des juges laxistes....

On assiste donc à la destruction de l’école. La société tout entière porte là une grave responsabilité : à force de passivité ou de volonté de rester sourde et aveugle devant de tels faits (c’est plus confortable !), c’est notre société qui est devenue malade. Et quand on entend des gens dire, à propos des professeurs qu’on envoie ainsi au “casse-pipe” : “ce sont les risques du métier (!)”, ce ne sont pas les risques du métier qui sont en cause mais la lente et sure destruction du métier lui-même.

Il faut savoir si on veut qu’il y ait encore, demain en France, une école de la République, celle où on pourra y enseigner les valeurs de Liberté, d’Égalité et de Fraternité.

Là est la question.

lundi, 24 avril 2006

À PROPOS DU DANGER

Après le calamiteux épisode du CPE, on pouvait croire que le fil des choses a repris chez nous son cours normal, ou plutôt que, pendant un an, il ne se passerait plus grand'chose, sauf que de suivre les sondages successifs qui nous promettent déjà que....

Je ne suis pourtant pas sur que les mois à venir soient tout-à-fait ce "long fleuve tranquille".

Avez-vous entendu parler de Mahmoud Ahmadinejad ? Retenez bien ce nom : il risque fort de vous devenir familier, tout comme le fut, en son temps, le nom d’Adolf Hitler pour une multitude qui connaissait à peine son nom avant qu’il ne mette notre continent à feu et à sang.

Je lisais tout récemment qu’il n’y a pas eu, depuis plusieurs siècles, d’homme plus efficace pour la propagation de la religion chiite que G.W. Bush. Et chaque jour qui passe montre en effet que c’est son invasion de l’Irak qui a donné aux iraniens des ambitions et des moyens nouveaux de propager le chiisme.

Il y a peu de décennies, le pays leader du monde arabo-musulman était l’Égypte. Aujourd’hui, c’est incontestablement l’Iran : elle a, d’une part, du pétrole et, d’autre part, elle possédera bientôt l’arme nucléaire. Et Mahmoud Ahmadinejad, l’actuel président iranien, est un fou d’Allah, prêt, en son nom, à mettre à feu et à sang une grande partie du monde.

Autant les USA, avant l’invasion de l’Irak, se posaient des questions qui n’existaient pas - on ne sait toujours pas aujourd’hui pourquoi ils ont attaqué l’Irak car il n’y avait aucune raison rationnelle de le faire - autant le conflit qui s’ouvre entre l’Iran et le monde occidental, par USA interposés, est un vrai problème, infiniment plus grave et préoccupant que ne l’a jamais été l’Irak : c’est la première fois en effet que vont s’opposer deux parties belligérantes disposant chacune de l’arme nucléaire. Cela risque fort de n’être pas qu’une guerre locale et porte en soi les germes d’une déflagration mondiale.

Du point de vue iranien, les choses s’expliquent assez bien : il y a, d’une part, la capacité d’expansion de l’Iran qui est une grande puissance - elle l’était déjà à l’époque du Shah - forte de ses capacités énergétiques ; mais, d’autre part, du point de vue défensif, l’Iran considère que, puisque les USA ont fermé les yeux sur des pays comme l’Inde ou le Pakistan qui se sont armés nucléairement (quand ils ne les ont pas aidés pour ce faire), et qu’ils ont encouragé Israël à en faire de même, pourquoi pas eux ? L’Iran, qui se veut être le pays leader de cette région, veut se doter des mêmes moyens, nucléaires compris.

On voit bien que la logique du Traité de non-prolifération des armes nucléaires a été bousculée par les USA eux-mêmes. Et on perçoit dès à présent le danger de cette prolifération, surtout de la part d’un pays comme l’Iran qui proclame que son objectif est l’anéantissement de l’État d’Israël. Au nom d’Allah.

C’est un danger énorme. Et nos petites chamailleries politiciennes franco-françaises que nous affectionnons tant risquent fort de devenir “roupie de sansonnet” à côté de ce danger qui nous menace tous. Les tensions sur nos approvisionnements pétroliers et leurs cours ne sont que d’infimes prémices à ce qui risque fort de nous attendre, à savoir notre étranglement économique et énergétique.

On estime de plus en plus généralement que la montée de l’islamisme est comparable à la montée du nazisme et que c’est là le phénomène le plus inquiétant depuis les années 30. Mais, pendant ce temps en France, on nous rabâche les oreilles des dangers des OGM, du CPE ou de l’énergie nucléaire ! Il y a quelque chose de délirant dans notre débat politique d’aujourd’hui et les mouvements sociaux qui l’agitent.

C’est là qu’on s’aperçoit que nos petites querelles sont ridicules. On ne regarde que notre nombril ; alors que, si on voulait établir une hiérarchie des peurs - celles qui sont légitimes et celles qui le sont moins - la question iranienne devrait être mille fois au-dessus de toutes les autres. Un peu comme en France en 1936 on ne se préoccupait pas d’Hitler mais du droit aux congés payés !

Pour peut-être atténuer ce danger dans les esprits, il s’en trouve pour affirmer que l’Iran ne cherche après tout qu’à devenir la première puissance du Moyen-Orient face à l’Irak - si celle-ci finit un jour par se relever de ses déchirements religieux et ethniques - et imposer sa volonté face à Israël. Ce qui n’est déjà pas rien.

D’autres, par contre, avancent non sans raison, l’hypothèse que l’Iran veut, au nom d’Allah et du fanatisme chiite, affronter l’Occident tout entier et en exterminer le camp dont l’avant-poste est Israël, l’allié des USA, et quelques émirats ou autres royaumes affiliés à cette alliance.

Et la France, aux yeux des iraniens, fait partie du lot car c’est un pays laïc, anti-communautariste et républicain, donc un pays “aux mains de Satan” ; mais aussi un pays méditerranéen à leur portée et une entrée idéale vers l'opulente Europe. Nous sommes en première ligne ou, du moins, juste derrière les avant-postes.

Face à ce qui pourrait paraître pessimisme spéculatif, on trouve toujours en face des gouvernants pour jouer les “docteurs tant mieux”, ce qui arrange bien leurs petites affaires. Mais que ce conflit se limite ou non au Moyen-Orient, les conséquences mondiales seront à terme identiques.

Le chiisme, quoique minoritaire dans le monde arabo-musulman, est maintenant devenu une importante réalité. Au début, on croyait qu’il était surtout cantonné en Iran : on voit maintenant qu’il est majoritaire en Irak, fort présent en Syrie et fait tâche d’huile dans d’autres nombreux pays, musulmans ou non, sous couvert d'intégrisme.

Quels sont les moyens de réaction de l’Occident ? Plutôt limités ! D’abord G.W. Bush a agité à tort en Irak le joker militaire dans un pays où cela était inutile. Parfaite absurdité ! Au-delà, les sanctions possibles sont rendues très aléatoires en raison des fortes réticences de la Chine et de la Russie. Une intervention américaine est politiquement impensable, ne serait-ce que pour des raisons internes aux USA. Certains pensent aussi à une intervention d’Israël : c’est militairement possible, mais politiquement difficile. Et l’Occident ayant arrêté de financer l’État palestinien, l’Iran a pris le relais et le Hamas est devenu une arme de guerre supplémentaire face à Israël, une sorte d’avant-poste de l’Iran à portée de fusil de Jérusalem ou Tel-Aviv. Ce qui aggrave le conflit.

L’Occident est donc sans moyens réels de riposte et rien ne peut arrêter aujourd’hui la montée en puissance de l’Iran.

Alors, en France, si la campagne présidentielle s’ouvre dans ces conditions, les attributs des candidats seront vus sous un tout autre jour que celui actuel. Et une candidate comme Mme Royal risque fort d’en faire les frais : ce n’est plus en parlant de la famille ou des enfants, ni des OGM ou du CPE qu’on fera pencher la balance, mais en développant une véritable vision géopolitique mondiale. La France se tournera alors vers un candidat apte à mener le combat contre ce danger.

La politique est décidément un art tout-à-fait imprévisible.

dimanche, 23 avril 2006

POIDS LOURDS

La Ville de Nîmes a hérité de nombreux vestiges que nous ont laissés les romains, voici 2.000 ans. Outre la Maison Carrée, la Tour Magne, le Temple de Diane, il y a aussi les incontournables arènes.

Leur visite vient d’ailleurs, comme ces autres monuments, d’être réorganisée et des diaporamas permettent désormais de revivre “en vrai” les “jeux” souvent cruels qu’elles ont abrités au fil des siècles.

De nos jours, outre les corridas qui en font la première scène tauromachique d’Europe - avant même celles de nos proches voisins espagnols (si, si !) - nos arènes nîmoises permettent d’accueillir les grandes tournées d’artistes en renom. Il est vrai qu’avec une “jauge” de près de 15.000 spectateurs, ça vaut bien des “zéniths”.

Pour accueillir ces artistes, la Ville de Nîmes louait jusqu’ici chaque année une scène capable de recevoir les tonnes de matériels de sonorisation et autres praticables ou projecteurs.

Membre de la Commission d’Appel d’Offres, j’ai participé ce vendredi 21 Avril à une de ses réunions hebdomadaires - toutes fort attentives d’ailleurs aux moindres détails - et au cours de laquelle nous avons décidé d’acheter une scène aux performances beaucoup plus élevées - ce qui sera financièrement très vite amorti - et permettra une meilleure visibilité latérale, ce qui dans des arènes de forme ovale a une certaine importance.

Pour nous aider dans le choix de cette scène, nous avons reçu le directeur des arènes - à ne pas confondre avec l’organisateur des spectacles tauromachiques ! - directeur fort compétent et amoureux de son monument qui nous a apporté toutes les précisions nécessaires.

Je ne crois pas, en vous révélant ici certains détails de nos débats, trahir un certain devoir de réserve qui interdit aux membres de la Commission d’extérioriser leur contenu. Mais je suis resté perplexe : jugez-en.

J’y ai ainsi appris qu’il est des artistes qui pèsent plus lourd que d’autres, le mot “peser” étant ici chiffré en tonnes (de matériel) qui permettent à ces artistes de se faire entendre des spectateurs. Et de nous citer pour exemple (pris certainement au hasard), qu’Yvette Horner ou Annie Cordy (que je n’ai jamais vues sur scène dans les arènes) ne péseraient que 9 tonnes et d’autres jusque 10 fois plus.

Faut-il croire qu’il y en a qui ont une voix qui porte plus haut et fort que d’autres, et que certains autres seraient totalement aphones ? À moins qu’il faille nombre décibels pour masquer leur indigence vocale. Je n’épiloguerai pas sur les performances des uns ou des autres.

Mais une question me taraude depuis : s’il arrivait qu’un jour nos ténors politiques veuillent venir faire leur show dans nos arènes, qui “pésera” plus lourd que l’autre ? Qui de Ségolène ou de Nicolas ? (Je pourrais aussi en citer de nombreux autres, vous le savez....).

Je n’ai pas la réponse. Si jamais je l’obtenais un jour - promis-juré ! - je vous la révélerai ici.

18:45 Publié dans VIE LOCALE | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 18 avril 2006

À PROPOS DE DÉGÂTS...

Après 3 mois de crise suivie de l’enterrement du CPE, quand on pose aujourd’hui la question : “la droite peut-elle se remettre de ce désastre politique ?”, la réponse la plus fréquente est “non !”.

Ô, rien n’est tout-à-fait rendu impossible ; mais tout s’est terriblement compliqué. L’idée même de “rupture” d’avec le radical-socialisme de Chirac - rupture préconisée par certains dans une stratégie de conquête du pouvoir - cette idée-là a déjà pris un sacré “coup de vieux”.

Cette stratégie n’était pourtant pas totalement incohérente : elle aboutissait à un possible autre exercice du pouvoir tout en introduisant une certaine dose de libéralisme pour mieux nous adapter à la compétition mondiale à laquelle nos partenaires comme nous-mêmes sommes tous confrontés. Or la crise que nous venons de traverser révèle que les français sont viscéralement allergiques à toute réforme contenant la moindre dose de libéralisme : ils veulent bien des réformes, mais surtout pas de celles-là.

En plus, la France semble être frappée aujourd’hui par une sorte d’anarchie : anarchie car il n’y a plus de Loi, ni pour l’opposition qui a mené campagne contr’elle dans la rue, ni pour Mr Chirac qui promulgue une Loi et dit aussitôt qu’il ne faut pas qu’elle soit appliquée, ni pour le gouvernement qui est dépossédé de l’initiative des Lois, ni pour l’Assemblée Nationale qui est désavouée tant par sa majorité que par son opposition. En plus, cette anarchie-là n’apporte aucune réponse aux problèmes de notre temps : elle n’est, en fait, qu’une anarchie “petite bourgeoise” conduisant au conservatisme le plus stérile.

Si donc il n’y a plus de Loi qu’on puisse faire respecter, comment peut-on réformer quoique ce soit ? Il y a incompatibilité. La situation française est devenue ubuesque.

On peut évoquer les erreurs de Mr De Villepin - et il en a faites d’énormes en matière de stratégie du pouvoir - mais il ne faut pas que cela cache cette allergie fondamentale qui a été la vraie cause de la crise.

Pour le futur gouvernement issu des urnes de 2007, qu’il soit de gauche ou de droite, c’est et ce sera le plus gros problème qui se posera à lui. Et nos partenaires économiques qui nous observent d’un œil critique ou amusé, outre qu’ils ne comprennent rien à ces combats d’arrière-garde, ils se moquent totalement de ces utopistes en herbe qui agitent actuellement nos universités, désordonnent nos rues et ignorent tout des réalités et exigences de l’économie mondiale.

Si on observe par ailleurs ce qui se passe encore aujourd’hui, on entend les jeunes dire “on n’est pas des militants anti-CPE mais des militants anti-mondialisation ou anticapitalistes”. Restons honnêtes : quand on a fait deux mois de grève et qu’on s’est quand même bien amusé, ça crée des liens. C’est un apprentissage politique - voire aussi parfois de la vie amoureuse - et la perpective de retourner en cours ou passer des examens n’est pas spécialement réjouissante. Pourquoi donc s’arrêter si vite ?

Mais il faut dire que lorsqu’on présente aujourd’hui l’abandon du CPE comme une victoire des jeunes, ON MENT outrageusement : c’est en vérité leur plus grand échec. On présente comme un remède ces nouveaux emplois aidés alors qu’ils sont la cause même du mal dont nous souffrons. Cette “victoire” n’est qu’un retour au “statu quo ante”. C’est le triomphe du conservatisme, celui-là même qui nous a conduits là où nous sommes aujourd’hui.

Le CPE n’a donc été qu’un prétexte. Les étudiants qui ont voulu manifester (certains et pas tous de très loin s’en faut !) l’ont fait pour manifester leur inquiétude par rapport à une possible précarité même si celle-ci n’avait rien de systématique, surtout pour les futurs diplômés. Mais il faut remarquer que les principaux bénéficiaires potentiels du CPE - c’est-à-dire les chômeurs, ceux qui vivent déjà la précarité au quotidien - eux n’ont pas manifesté. Pour les étudiants, ce n’était qu’une hypothèse potentielle ; pour les chômeurs, le CPE était un espoir. La distinction est de taille. Le réflexe n’a pas été le même ici et là.

L’un des côtés positifs que l’on peut pourtant tirer de cette crise a été le débat qui s’est ouvert sur la flexibilité, ce qui n'avait jamais été fait jusqu’ici. Il faut que ce débat soit poursuivi

Autre côté positif est aussi celui de l’urgente nécessité qui s’est fait jour de la constitution d’un corps intermédiaire entre le pouvoir d’en-haut et le citoyen. Ce corps aurait du être celui des syndicats qui ont retrouvé pour quelques jours une unité inespérée. Mais comment pouvaient-ils être ce corps quand 7 syndicats se partagent moins de 10% des salariés affiliés.
Nos syndicats ne représentent rien, ou presque. C’est une des graves lacunes de notre démocratie. Et cette absence de corps intermédiaire nous a valu le relais des braillards qui, eux, ne représentaient qu’eux-mêmes. Et c’est cette cohorte débraillée qui, à force de vociférations, a fait fléchir l’État et sa Loi. Pitoyable !

Pourtant la grande majorité des 60 millions de français ne se sentent représentés ni par ces braillards ou autres rêveurs qui veulent refaire le monde à leur façon, ni par les Thibault ou autre Chéréque qui ne savent que se réfugier dans leur immobilisme stérile, ni par un Chirac qui est un formidable candidat quand il est en campagne électorale mais qui oublie aussitôt ses promesses une fois élu. Son programme électoral n’était-il pas de “réduire la fracture sociale” ? Jamais, après 12 ans d’exercice, elle n’a été aussi béante. Jamais la France n’a été si mal. En plus, elle vit maintenant une crise de légitimité sans précédent. Dans quel désastre avons-nous été conduits ?

Et celui-là même dont la fonction était de préserver cette légitimité est celui qui a bafoué la Loi et ses règles constitutionnelles. Son dernier mauvais coup porté à nos institutions a été le coup de grâce de la Vème République, celle-là même initiée par le Général De Gaulle et qui n’était pourtant pas totalement dépourvue de qualités.

Quand, à la tête de l’État, il est devenu possible de bafouer ainsi nos institutions, ce n’est pas seulement la tête qu’il faut changer : ce sont les institutions elles-mêmes qu’il faut mettre à l’abri de telles mauvaises actions contre la démocratie.

Je ne suis personnellement pas un partisan des Constitutions et des Républiques dont on collectionnerait les numéros les uns derrière les autres. Je reste admiratif de ces grandes démocraties qui n’en ont pas changé un mot depuis des siècles. Mais, après l’usage qui en a été fait en France, je n’hésite plus à dire que la Vème République a désormais vécu : elle est agonisante sous les coups qu’on lui a portés. Nous sommes contraints d’en fonder une autre.

C’est un autre défi pour la France si elle veut relever les ruines dont on l’a couverte. Tout est à rebâtir, pour faire renaître une autre espérance.

Mais avec d’autres responsables que ceux qui nous ont menés là où nous sommes aujourd’hui.

lundi, 10 avril 2006

TOUT EST À REBÂTIR

François VAN DE VILLE
Membre du Bureau Politique National de l'UDF

communique :

Le Président de la République et son Premier Ministre ont enfin tiré les conséquences de leur mauvaise gestion d’une crise issue de la non-préparation d’un projet de Loi essentielle rédigé sans dialogue ni concertation préalables.

Mais rien n’est fini pour autant : les dommages causés par ces incuries sont immenses et irréversibles. Tout est à rebâtir, y compris nos institutions dont le mauvais usage qui en a été fait rend aujourd’hui nécessaire leur reconstruction.

Il n’est plus impossible de penser que la Vème République a désormais rendu l’âme de par la faute de ceux qui en ont bafoué et dévoyé les règles les plus fondamentales. Nous sommes aujourd’hui dans une crise institutionnelle grave. Le contrat entre la République et le Peuple est rompu. Il est à réécrire car la nécessaire confiance qui les liait est désormais ruinée.

Il n’est plus impossible de penser que celle-ci ne sera rétablie, non par des replâtrages qu’on entend être proposés ici et là et devenus aujourd’hui totalement anachroniques, mais par la refondation d’une autre République et d’une Constitution nouvelles.

C’est un nouvel espoir et une confiance restaurée qu'il faut faire renaître entre les français et leurs institutions pour changer des méthodes qui nous ont conduits au désastre actuel.

23:50 Publié dans DÉBATS | Lien permanent | Commentaires (2)

samedi, 08 avril 2006

Yvan LACHAUD, sacré champion !

La presse spécialisée a diffusé cette semaine un palmarès des villes françaises de plus de 100.000 habitants les mieux gérées.

Même si nous savions la rigueur et la compétence d'Yvan LACHAUD, Député du GARD, mais aussi 1er Adjoint au Maire de NÎMES ayant, notamment, en charge la conduite des finances de la Ville, nous avons eu l'agréable surprise de voir NÎMES classée en 4ème position des villes les mieux gérées de France.

Quand on sait qu'en 2001 nous avons hérité à NÎMES d'une situation financière exceptionnellement difficile avec un endettement démesuré, quand on sait que notre équipe municipale a alors été élue sur la base d'un engagement - fermement tenu depuis - de ne pas alourdir la fiscalité avec un gel absolu des taux des impôts locaux, on peut constater aujourd'hui un désendettement spectaculaire de notre Collectivité, tout en voyant naître un peu partout de grands chantiers de rénovation urbaine pour faire face à un accroissement exceptionnel de sa population et accueillir de nouveaux emplois. Et encore faut-il remarquer que cette étude repose sur les chiffres du budget 2004 : depuis d'énormes progrès ont encore été réalisés.

Nous savions notre ami Yvan LACHAUD bourré de talents : nous savons maintenant qu'il est en plus un gestionnaire efficace et de grande qualité.

Bravo à Yvan LACHAUD et à toute l'équipe des collaborateurs qui l'entourent. Et cet honneur rejaillit évidemment sur toute l'équipe municipale qui a toujours suivi et soutenu ses arbitrages, même quand ils étaient difficiles.

Le résultat est là.

12:40 Publié dans VIE LOCALE | Lien permanent | Commentaires (2)