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vendredi, 31 mars 2006

CONTORSIONS

François VAN DE VILLE
Membre du Bureau Politique National de l'UDF

communique :

L’absence totale de tout dialogue préalable tant avec les différents partenaires concernés qu’au sein même de la représentation nationale a conduit la France dans une crise non dépourvue de graves dangers.

La méthode choisie pour entreprendre la réforme du Code du Travail - réforme devenue nécessaire car constituant actuellement un véritable frein à l’emploi dans le contexte de compétition internationale où nous sommes désormais placés - a été détestable. Elle ne pouvait qu’aboutir à des crispations stériles mettant la Nation en péril.

Le Président de la République avait donc le choix ou de ne pas promulguer la Loi conformément à l’article 10 de la Constitution et demander au Parlement de réexaminer le premier texte voté : mais c’était désavouer son Premier Ministre. Ou de promulguer la Loi après le feu vert donné par le Conseil Constitutionnel : c'était la faire passer en force.

Finalement, le Président de la République a pris une décision mi-chèvre mi-chou. Il décide à la fois de promulguer la Loi mais il interdit parallèlement tout aussitôt qu’elle soit mise en application. Et il décide ensuite de demander au Parlement de voter une autre Loi pour modifier celle tout juste promulguée. On aurait pu croire qu’il était plus simple de renvoyer le précédent texte en examen devant la représentation nationale dans le cadre d’un dialogue enfin rétabli.

C’est une contorsion sans aucun précédent de l’application d’une Loi aussitôt bannie dès que promulguée.

Ce genre de gymnastique est incompréhensible pour le plus grand nombre. Elle ne peut que décrédibiliser un peu plus l’esprit de nos institutions qui se trouvent ici totalement dévoyées.

23:55 Publié dans DÉBATS | Lien permanent | Commentaires (2)

mercredi, 22 mars 2006

RALENTISSEURS

François VAN DE VILLE
communique
:

Les élus locaux ne cessent, lors de leurs permanences, de recevoir des demandes d'installation de ralentisseurs pour freiner la vitesse des véhicules, y compris en agglomération.

Voilà une demande qu'on peut comprendre tant les dangers sont grands. Pour mémoire, d'ailleurs, ce Maire d'une petite ville du Nord de la France qui ne cessait de déplorer cette situation dans sa commune et qui vient tout récemment d'y mourir.... écrasé par un véhicule. C'est dramatique.

Or, les élus que nous sommes sont confrontés à une réglementation de 1994 - dont l'entrée en vigueur était le 31 Décembre 1999 - et qui fixe de telles régles qu'il est désormais très difficile de pouvoir répondre à ces demandes, pourtant légitimes.

Parlons d'abord des "dos d'âne", ou autres "gendarmes couchés".
Ils ne peuvent être installés que sur les sections de voies où la vitesse est limitée à 30 km/heure (ou "zones 30").
Mais en plus :
• ils ne peuvent être installés sur les voies où le trafic est supérieur à 3.000 véhicules/jour (en moyenne annuelle), soit ±2 véhicules/minute (moyenne jour et nuit confondus)
• ils sont interdits sur les voies recevant un trafic poids lourds supérieur à 300 véhicules/jour en moyenne annuelle (soit ± 12 poids lourds par heure)
• ils sont interdits sur les voies de desserte des autobus ou autres transports de voyageurs
• ils sont interdits à moins de 200 mètres d'une agglomération (ou d'une zone d'habitations)
• ils sont interdits sur les voies dont la déclivité est supérieure à 4%
• ils sont interdits sur ou dans un ouvrage d'art et à moins de 25 mètres de part et d'autre de celui-ci
• etc....
Il est en plus interdit d'implanter des passages piétons sur les ralentisseurs en dos d'âne. (Ce qui était très apprécié aux sorties d'écoles)

Il y a par ailleurs la solution des "coussins berlinois" (ces surélévations carrées dont la largeur permet que les essieus des autobus ou des poids lourds évite de devoir passer dessus).
Mais là encore, ils ne peuvent être installés sur les voies où le trafic est supérieur à 6.000 véhicules/jour (en moyenne annuelle), soit ±4 véhicukes/minute (moyenne jour et nuit confondus)
Par contre, ils ne sont pas interdits sur les voies de desserte de transport public (autobus).
C'est le seul avantage qu'ils apportent.

Force est d'admettre que, dans nos communes, les cas où il est encore possible d'installer des ralentisseurs deviennent extrêment limités. Et, paradoxe entre tous : plus il y a de véhicules qui circulent sur une voie, moins il est possible d'y installer de ralentisseurs.

Passer outre cette réglementation ? C'est exposer la commune aux risques d'accidents qui ne seraient pas couverts par son assurance de responsabilité civile. Et cela peut coûter très cher à la collectivité si l'accident est particulièrement grave.

Assurer la sécurité de nos concitoyens dans nos villes et communes est devenu un vrai dilemme pour les élus qui en sont responsables. C'est particulièrement difficile à leur expliquer.

La seule sécurité repose sur le civisme des citoyens et leur sens des responsabilités. C'est un travail de très longue haleine.

00:15 Publié dans VIE LOCALE | Lien permanent | Commentaires (1)

mercredi, 15 mars 2006

POUR UN DIALOGUE LUCIDE

François VAN DE VILLE
Membre du Bureau Politique National de l'UDF

communique :

1°/ Le chômage des jeunes frappe plus durement en France que chez la plupart de nos partenaires européens. C’est une situation dont il faut clairement analyser les raisons et à laquelle il faut mettre fin.
Le CPE aurait pu être une (éventuelle) réponse à ce grave problème s’il n’incluait de lourdes erreurs d’appréciation. Les mesures d’accompagnement annoncées par Mr le Premier Ministre ne peuvent les atténuer.
Il est nécessaire que le CPE retourne au plus tôt face à la représentation nationale pour être profondément réexaminé. L’usage du 49-3, qui a muselé les parlementaires lors du premier examen de ce texte et empêché toute proposition d’amélioration, a été, en cette circonstance, une décision aussi inutile que scandaleuse et dont on mesure aujourd’hui les conséquences.

2°/ la précarité frappe aujourd’hui en France tous ceux qui ont un emploi, quelle que soit leur tranche d’âge, des plus jeunes aux plus âgés. Elle frappe tout autant nombre d’entreprises dont la pérennité est aujourd’hui menacée face à l’émergence d’économies nouvelles qui mettent à mal leur compétitivité sur tous les marchés.
Face à cette situation, il faut redonner à tous nos concitoyens de meilleures chances d’emploi en balayant tout ce qui est susceptible de freiner celui-ci.
L’actuel Code du Travail est, par ses rigidités issues d’un autre temps, l’un de ces freins.
Il est nécessaire que l’ensemble des partenaires sociaux se concertent pour remettre à plat l’ensemble de ce Code devenu aujourd’hui obsolète et en faire un instrument de l’amélioration des conditions et des chances de chacun sur le marché de l’emploi.

3°/ on ne peut que condamner fermement les groupuscules minoritaires et autres manipulés qui saccagent nos établissements et détruisent les matériels pédagogiques.
On ne peut que condamner tout aussi fermement les mêmes qui empêchent le fonctionnement de la démocratie interne et refusent le droit de s’exprimer à ceux qui veulent poursuivre leurs études pour tenter d’obtenir, dès cette année, les diplômes qu’ils espèrent, alors qu’ils constatent que cette possibilité ne cesse de s’éloigner dans les circonstances actuelles.
L’accès à l’enseignement est un droit imprescriptible que nul groupe, sous quelque prétexte que ce soit, ne peut enfreindre.

4°/ il a toujours été constaté que les désordres sont une arme à double tranchant : ils lassent vite les populations dans leur profondeur, quel que soit le bien-fondé des demandes exprimées. Ils sont à terme stériles.
On ne peut qu’inviter qu’il y soit mis fin rapidement et que soit ouvert entre tous les partenaires un dialogue lucide.

12:05 Publié dans DÉBATS | Lien permanent | Commentaires (4)

mardi, 14 mars 2006

TRAITS DE PLUME (1)

SURPRISE !

J’ai ouvert ce site Internet le 7 Février 2006.
Mon objectif initial était qu’il recueille l’ensemble de mes “Billets” écrits depuis un certain 11 Septembre 2001, date de sinistre mémoire où je couchais à froid ce que m’inspiraient les attentats de New-York, le jour même où les écrans de télé repassaient en boucle ces images effroyables. Ainsi est né mon “Billet n°1”.
Depuis, j’en ai écrit une soixantaine que j’adressais jusqu’ici - au hasard de l’actualité et de mon inspiration - par l’intermédiaire d’un réseau d’adresses mail que j’ai patiemment constitué. Et je continue depuis.
Pourquoi, au fil du temps, a-t’on commencé à me réclamer tel ou tel numéro de ces “Billets” - que j’ai pris en effet l’habitude de numéroter - comme des pièces d’une collection qui pouvaient manquer à l’un ou l’autre ? Quand ce n’était pas l’intégralité. Pas simple à gérer et beaucoup de temps passé à répondre à ces demandes les plus diverses.
Un site Internet ! C’était à mes yeux “la” solution pour répondre à ces demandes multiformes : chacun y trouverait à son gré ce qu’il voulait lire ou retrouver. J’ai donc pris la décision d’ouvrir ce site. (Il parait, en plus, que “ça fait branché !").
Dès le 7 Février. je commençais donc à transcrire l’ensemble de mes “Billets”. Et, le 9, quoique tout ne soit pas encore en forme (notamment absence de photos), j’informais mes amis et correspondants mail que désormais....

Je n’imaginais pas alors un seul instant à ce que ce site prenne le développement qu’il a pris depuis.
Jugez-en :
• en quelques ±30 jours, j’ai accueilli plus d’un millier de visiteurs (1.028 ce 12 Mars) venus de tous les horizons : même les moteurs de recherche (Google ou Yahoo) se sont mis généreusement à m’en amener ! Et le rythme des nouveaux visiteurs ne cesse de croître de jour en jour (435 entre le 1er et le 12 Mars).
• en ±30 jours, mes “Billets” et “Notes” ont été lus 6.140 fois (dont 2.232 entre le 1er et ce 12 Mars). Pour exemple, un “Billet” intitulé “À propos de l’Amour” (que j’ai mis en ligne dimanche matin 5 Mars) et qui ne traite pourtant que de l’encyclique de Benoît XVI - sujet austère s’il en est ! - a attiré un flot de 517 lecteurs en moins de 48 heures. Et mon “Billet” intitulé “À propos du CPE”, que j’ai mis en ligne ce dimanche matin 12, a amené un autre flot de 669 lecteurs en 24 heures.
Mieux : voici que mes lecteurs (anciens et nouveaux) prennent progressivement l’habitude d’apporter leurs propres commentaires (soit sur le site, soit par mails séparés) : on me donne maintenant du “cher François” de la part d’interlocuteurs que je ne connaissais nullement jusqu’ici ; on me dit “je ne partage pas vos idées politiques mais....” ; on me demande l’autorisation de reprendre certains de mes écrits dans des études en cours d'élaboration, etc..... Et, enfin, on s’interpelle même maintenant entre commentateurs d’avis opposés.
Qui me dira la magie d’Internet ?

CLIN D'ŒIL

On m’a dit : ”Tiens ! Tu n’as pas mis ta photo en haut de la page d’accueil de ton site” (comme le font généralement les internautes) : en effet, j’ai mis à la place la Maison Carrée de NÎMES. C’est un hommage que je veux rendre à cette belle ville de Nîmes qui m’a accueilli si généreusement, moi “l’estranger” descendu ici du Nord de la France voici maintenant 15 ans. Et, en clin d'œil, je réponds aussitôt : “Après tout, cette Maison Carrée me ressemble un peu : elle est carrée !”
J’ai oublié aussi de dire qu’elle est d’une sublime beauté malgré son âge très avancé (elle a 2.000 ans !).
Une telle longévité : quel homme politique ne peut secrètement rêver lui ressembler ?....

PYTHONISSES

Le serveur qui abrite mon site en abrite aussi environ 300 autres au service de ceux qui “ont (apparemment) des idées” en politique (entr’autres innombrables centres d’intérêt).
On y trouve des citoyens de tous bords : des partisans de Le Pen, De Villers aux PC, libertaires, écolos, ultras, (même des gays !), en passant évidemment par les plus classiques PS, UMP et.... UDF, des jeunes et des moins jeunes, etc....
Mon site se trouve aussi en compagnie de ceux d’innombrables élus, modestes locaux pour certains, ou plus illustres pour d’autres : je voisine ainsi les Jean-Louis DEBRÉ, Jean-Louis BORLOO, Corinne LEPAGE, Jean-Luc ROMERO, etc....
Comme vous voyez, je suis bien entouré. Et tout ceci est très vivant.
Je vous parlais donc de mes “voisins” de site. Mais en les visitant au hasard, je suis tombé sur le site de Jean-Louis DEBRÉ (ouvert le 3 Mars dernier), notre Président de l’Assemblée Nationale. Et grande a été ma surprise de constater que l’un de ses premiers messages a été de présenter.... son horoscope. Inattendu ! À l’en croire, son destin national était écrit dans les astres.
Et celui-ci de rappeler que de nombreux et illustres chefs d’État ont toujours fait appel à des voyants, comme plus récemment Mitterrand à la médiatique Élisabeth TESSIER.
Mais c’est la conclusion de son horoscope qui m’a frappé : “Pour vous, Jean-Louis DEBRÉ, en amour vous ne pouvez vous empêcher de séduire partout où vous passez et vous y réussissez fort bien. Vous faites des ravages avec un don naturel qui frôle l’impertinence et presque l’injustice pour les autres”.
Coquin notre DEBRÉ national ?
Eh non ! Aussitôt un commentaire a été mis en ligne par.... son épouse. Et elle déclare : “Je savais bien que Jean-Lou était un chaud lapin. Il parait même que Cecilia... Mais bon, Jean-Lou fait ça pour la France, et c’est vrai que c’est un bon coup”.
L’honneur est sauf : "C’est pour la France !" C’est pas beau çà ?

Allons, mes Popol, Yvanovitch, Francky, Toto, Titi (et autres amis élus gardois) : quand donc aurons-nous droit à notre tour à une étude zodiacale pour savoir si nous pouvons encore séduire nos électeurs et (surtout) nos électrices...., ou si nous ne sommes bons qu’à être mis au rebut.
À quoi bon en effet se creuser chaque jour les méninges pour savoir ce qui peut le plus séduire nos électeurs : ça ne sert à rien puisque notre destin est déjà inscrit dans les astres.
Nous aurons en tout cas une exigence de résultats : • ou les astres nous seront favorables et nous ne cesserons de louanger cette pythonisse qui nous aura prédit un si grand avenir • ou ils nous déclareront nuls et on renverra cette savante amie vers la chère étude de ses astres.
Non mais !

03:00 Publié dans SOCIÉTÉ | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 12 mars 2006

À PROPOS DU CPE

Dès lors qu’en France on veut bousculer les rigidités qui bloquent les mécanismes de notre Société, force est de constater qu’il n’est pas facile d’être un responsable politique. (On peut parfois se demander si, pour durer, il n’est pas préférable pour le politique de ne plus rien entreprendre)

Le jour même où l’Assemblée Nationale adoptait la Loi “pour l’égalité des chances” - incluant à la fois de très bonnes dispositions mais aussi le très controversé CPE - on a aussitôt entendu s’élever des voix issues de la majorité - De Charette, Devedjan et autres sarkozystes - pour demander qu’on gèle cette Loi adoptée quelques heures auparavant.

Le CPE est ainsi parvenu à fissurer la famille UMP, l’UDF ayant, elle, résolument voté contre parce qu’on ne lui en laissait pas le choix.

C’est une première dans cette législature.

Voici donc le Premier Ministre, dont on vantait tant les mérites il y a un mois encore, placé aujourd'hui dans la spirale du recul. Sera-t’il entraîné ensuite au renoncement ? Seul l’avenir nous le dira.

Mr De Villepin est en première ligne car il a voulu porter seul ce projet d’un bout à l’autre : certains ministres, dont Mr Borloo, l’avaient pourtant mis en garde, et même le Medef !. Il n’y avait pas que la gauche pour être critique !

Il arrive aujourd’hui à Mr De Villepin ce qu’on pourrait appeler le “syndrome Juppé” : il a voulu être tous les ministres à la fois. Ensuite, il n’a pas perçu la différence de perception possible entre le précédent contrat - le CNE qui a été un succès car il s’adressait aux petites entreprises et concernait toutes les tranches de populations sans cible spécifique - et le nouveau contrat (CPE) dont la seule cible était les jeunes.

La prudence la plus élémentaire, surtout quand on touche au droit du travail, aurait été qu’on procède autrement que par le biais d’un 49-3 sans aucune concertation préalable, sans débat et sans amendements possibles pour améliorer le projet initial. On a muselé le dialogue, tout comme le Parlement (c’est devenu une habitude !), sous le faux prétexte d’une urgence dont on peut se demander l’utilité quand on voit le désordre qu’elle a engendré.

On se souvient pourtant des précédents du même ordre qui, tous, ont tourné au désavantage des gouvernements en place.

Mr De Villepin a ainsi fourni à la gauche des conquêtes qu’elle n’espérait pas : syndicats, jeunes, étudiants. Il a même ressoudé les partis de gauche qui, jusque là, ne cessaient de s’entre-déchirer.

Un mot a surgi dans tout ce débat : le mot “précarité”. Mot désagréable à entendre tant il sous-tend de drames en puissance.

On se souvient qu’aux dernières législatives, la droite l’a emporté autour d’un autre mot : “sécurité” qui répondait à un besoin profond. On pourrait voir demain la gauche exploiter le mot “précarité” comme thème porteur de campagne. Danger !

On entend, ici et là, chez les jeunes réclamer la “garantie” de l’emploi avec, à la clef, la généralisation du CDI. C’est là une profonde méconnaissance de l’état actuel du monde et de l’économie.

La précarité de l’emploi n’est pas le propre des jeunes : elle concerne tous ceux qui ont un emploi, y compris les employeurs eux-mêmes.

Nous vivons dans un monde en pleine révolution technologique et où l’émergence de nouvelles zones de croissance bouscule les situations acquises, même celles qu’on croyait les mieux établies. Nous sommes dans un monde de remise en question permanente de la vie même des entreprises. La mondialisation est bien là, avec ses chances et ses douleurs. On peut, comme Don Quichotte, la combattre. Tout comme “on peut aussi en tirer le meilleur, notamment en libérant les initiatives”. (Michel Kempinski).

Le CDI, qui se veut garantir l’emploi de façon illimitée, devient de plus en plus un vestige du passé : sont en effet de plus en plus rares les entreprises qui peuvent savoir si le marché qui porte aujourd’hui leur activité leur donnera encore droit de vie dans 2, 3 ou 5 ans. Il est d’ailleurs significatif que la Cour de Cassation, dans un arrêt du 11 Janvier 2006, donne désormais aux entreprises le droit de licencier pour “motifs économiques” avant même qu’une crise ne vienne les frapper.

Il ne restera bientôt plus que le statut hyper-privilégié de la fonction publique - ou presque - pour “garantir” l’emploi comme certains le conçoivent encore aujourd’hui.

Au travers du débat qui agite les uns et les autres, nous constatons de plus en plus l’inadéquation de notre système scolaire avec la vie réelle, celle qui attend les élèves à la fin de leurs études.

Il est devenu urgent d’expliquer aux jeunes, dès leur scolarité, la fonction et le fonctionnement des entreprises sur un marché de plus en plus instable. Et de renvoyer à leurs fantasmes ceux qui voudraient isoler l’école du monde réel de l’entreprise, de sa fragilité et de ses exigences face à l’émergence de nouveaux concurrents.

Sur le fond, il fallait donc bien dépoussiérer l’actuel Code du Travail qui est devenu une totale absurdité face aux réalités. Mais, pour cela, fallait-il ajouter d’autres nouveaux contrats se superposant les uns aux autres pour faire de notre droit social un écheveau quasi inextricable ? Tout ce qui a été entrepris depuis 20 ans en matière d’aménagements de ce droit, que ce soit tant par la gauche que par la droite, n’a pas permis pour autant d’alléger le chômage des moins de 26 ans.

La vraie réponse est bien dans le fruit du travail, de l’énergie créatrice et audacieuse, pas dans les blocages réglementaires, et encore moins dans les subventions, assistances ou autres allocations pour soutenir artificiellement la consommation : archaïques méthodes d’une gauche toujours aussi aride d’imagination. C’est là, et pas dans les réglementations, que réside la clef de la croissance.

La réponse à ce problème ne peut donc résider dans la destruction de la valeur du travail, dans ces discours dominés par le “partage du travail”, la “réduction du temps du travail” : on mesure aujourd’hui le désastre des 35 heures en matière de perte de compétitivité, d’emplois induits et autres délocalisations. Et aussi en matière d’aggravation suicidaire de notre endettement.

On a aussi, dans notre système scolaire, et fort imprudemment, fait disparaître tout ce qui pouvait stimuler l’envie de travailler et de réussir. Et on a encore incrusté dans les mentalités “pourquoi travailler quand on peut gagner autant par des allocations ?” (les plus diverses).

Nous avons aujourd’hui de plus en plus besoin d’une société où l’on remet en valeur la notion de conquête de marchés, celle du travail et de responsabilité citoyenne. C’est une urgente nécessité, une “ardente obligation”.

La garantie de l’emploi par la voie de réglementations rigides est aujourd’hui stérile et vidée de sens.

Revenons vite aux réalités du monde où nous vivons, même si elles sont inconfortables et sont un combat permanent.

L’emploi est une conquête : pas un droit.

LA DETTE A (ENCORE) AUGMENTÉ...

Mauvaise nouvelle pour Thierry Breton, le Ministre de l'Économie : en 2005, la dette publique a fortement augmenté. Selon les calculs communiqués par Bercy, jeudi 9 mars, à la Commission économique de la nation, la dette publique a représenté 66,4 % du produit intérieur brut (PIB), soit 1 125 milliards d'euros, contre 64,7 % en 2004.

Pis, cette hausse s'est accompagnée d'une montée des prélèvements obligatoires, qui ont atteint 44,3 % du PIB contre 43,5 % en 2004. Ce chiffre s'approche du record de 44,9 % atteint en 1999.

Cette dégradation des finances publiques est du plus mauvais effet pour M. Breton, qui s'est fait le chantre de la réduction de la dette. Lors de la présentation de la loi de finances pour 2006, il y a seulement cinq mois, il avait indiqué que la dette se situerait à 65 % du PIB.

(Source Le Monde du 12.03.2006)

13:25 Publié dans DÉBATS | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 05 mars 2006

FORAINS À NÎMES

François VAN DE VILLE
Président du Groupe UDF à NÎMES

communique :

À propos des incidents regrettables qui se déroulent actuellement à NÎMES autour de l’installation de la fête foraine, le Groupe UDF rappelle que :

1°/ les industriels et commerçants forains sont des partenaires qui contribuent au développement économique et social de la Cité. Ils sont l’un de ses acteurs essentiels. Ils doivent pouvoir participer à son rayonnement et son attractivité, contribuer à sa vie sociale.
En cette qualité, ils ont droit au même respect que tout autre partenaire. Ils sont aussi soumis aux mêmes devoirs dans le respect de la Loi.

2°/ l’absence de vrai dialogue conduit actuellement à des crispations stériles, entraînant les très regrettables incidents que l’on sait.
Seul un dialogue renouvelé et constructif - même si les faits récents le rend plus difficile - peut mettre fin à la situation présente.

3°/ l’évolution importante des métiers forains, sur laquelle repose leur développement, apporte des contraintes nouvelles - notamment en matière d’espace horizontal et vertical - qui rendent les allées Jean Jaurès totalement impropres à ce développement, outre les difficiles problèmes de sécurité ou de stationnement rencontrés sur ce site.
Il importe que la Cité offre aux activités foraines un nouvel espace répondant à cette évolution et ces contraintes, permettant un développement économique harmonieux et répondant aux exigences environnementales.

20:00 Publié dans VIE LOCALE | Lien permanent | Commentaires (1)

À PROPOS DE L'AMOUR

Voilà un titre quelque peu accrocheur et qui risque de décontenancer certains quand ils sauront que je veux parler ici de la première encyclique de BenoÎt XVI “Deus Caritas est” (“Dieu est amour”) et dans laquelle celui-ci veut se réapproprier le mot “Amour”.

Je me souviens que, peu après le décès de Jean-Paul II et l’élection de Joseph Ratzinger, certains de mes proches me faisaient part de leur déception ; et moi de leur répondre (je ne sais sous l’effet de quelle intuition) : “Je pense que ce Pape-là risque fort de nous surprendre”.

Eh bien, à la lecture de cette encyclique, on n’est pas déçu.

Pourtant ce texte est passé presque totalement inaperçu dans la presse française (à part “Le Monde”) : on ne sait pas pourquoi.

Ou plutôt si : le Pape ne parle ici ni de la “capote”, ni de l’avortement, ni de l’homosexualité, etc... : il ne parle que d’amour. On aurait pu croire que cela aurait été remarqué car cela nous change du caractère souvent autoritaire, conservateur ou réactionnaire de ce genre de document. Or ce Pape nous parle de l’Amour de façon extrêmement positive et non plus en matière ou sous forme de nouveaux interdits. (Peut-être estime-t’il que dans ce domaine tout a déjà été dit ?). Est-ce donc parce que ce document n’a plus l’odeur du “scandale”, que cette encyclique manque de “peps”, que la presse s’en est tant désintéressé ? On pourrait le croire.

“Parlez-moi d’amour”..., si on osait se permettre. C’est une belle encyclique ; même si dire que “Dieu est Amour” est une banalité. On pourrait souhaiter, dans le monde actuel où nous vivons, que cela soit dit dans toutes les religions. Et de lire que “dans un monde on l’on associe parfois la vengeance au nom de Dieu, ou même le devoir de la haine ou de la violence....” voilà un message qui a une grande actualité.

Rappeler que les religions ne sont pas des instruments à dresser les individus les uns contre les autres : c’est peut-être encore une banalité, mais une banalité qui a une force extraordinaire dans le monde d’aujourd’hui où l’on voit ce déchaînement inouï de haines au nom de Dieu ou de la religion.

À la différence de tous ses prédécesseurs, ce Pape s’efforce - et non sans réussite - de réhabiliter l’amour humain - ”Éros” - avec l’Amour spirituel - “Agapê”.

Ce qui est convaincant et très fort dans cette encyclique, c’est qu’il explique pourquoi Dieu est Amour. Et de rappeler que le Dieu des chrétiens n’est pas une idée spirituelle, c’est une personne. L’Amour de Dieu est un amour personnel dans les deux sens : l’Amour de Dieu pour une personne et l’amour des personnes pour Dieu qui est lui-même une personne.

À partir de ce rappel, Benoît XVI affirme qu’il n’y a pas de contradiction entre amour humain et amour spirituel. Il fustige même tout amour humain qui serait sans amour spirituel, et l’amour spirituel sans amour humain. C’est quelque chose de profondément nouveau. Inimaginable il y a peu !

Cette encyclique commence d’ailleurs dans une atmosphère curieuse : il est expliqué que la religion chrétienne ne sait pas parler d’amour, qu’elle méprise la chair, qu’elle méprise “Éros”, l’amour charnel, l’amour physique.

Il expose aussi qu’il y a toujours eu dans la tradition de l’Église un rejet, voire un mépris, de la sexualité. (C’est le Pape qui le dit !) Et d’expliquer que la raison de ce rejet est fondée sur ce que l’amour des créatures pouvait détourner de l’amour du Créateur. Et de poursuivre que l’amour-passion était considéré comme un amour qui attacherait l’homme à des créatures mortelles, ce qui exposait ensuite chacun à beaucoup de souffrances.

Nous étions alors en pleine philosophie bouddhiste : ne pas s’attacher à quelqu’un et ne pas laisser quelqu’un s’attacher à soi. Et ce parce que nous sommes mortels et que c’était donc condamner l’autre à une cruelle déception.

Pour ces raisons, une tradition de l’Église s’est donc établie : il y a eu dépréciation de la sexualité et de l’amour physique. Et ce que veut démontrer Benoît XVI, c’est que cette tradition n’est pas la totalité du message chrétien : celui-ci dit en effet quelque chose de plus - ce que St Augustin appelle “l’amour en Dieu” - l’amour des humains à l’intérieur de cette espèce de colonne de spiritualité qu’est la croyance en Dieu et qui est spécifique de la religion chrétienne. Et de rappeler que la résurrection après la mort, comme la résurrection du Christ, elle se fera avec les corps, et pas seulement avec les âmes. Et on retrouvera alors les gens qu’on aime avec le visage qu’on a aimé. C’est ce qui différencie la religion chrétienne d’avec les autres religions, juive, musulmane, ou encore l’athéisme.

Et de démontrer ensuite comment la philosophie chrétienne de l’amour doit précisément réconcilier “Éros” avec “Agapê”. En rejetant la chair, on a oublié que celle-ci est le pivot du salut : les chrétiens croient en Dieu qui est le créateur de la chair ; ils croient au Verbe fait chair (le Christ) pour racheter la chair ; ils croient en la résurrection de cette chair qui est celle d’ici et de maintenant.

Le christianisme ne peut donc, selon le Pape, être le mépris de la chair, ni de la sexualité.

Benoît XVI émet, à l’intention de tous les humains - croyants ou non - une très belle philosophie de l’amour. Il se bat contre la longue division existante entre l’amour des hommes et l’amour de Dieu.

Comme l’affirmait Pascal, nous ne connaissons et nous n’aimons Dieu qu’à travers le Christ ; mais nous ne connaissons le Christ qu’à travers les hommes. C’est une sorte de filière de l’amour.

Par cette première encyclique, Benoît XVI prend tout le peuple chrétien à contre-pied. On attendait un Pape non seulement conservateur - comme l’était Jean-Paul II - mais aussi un Pape réactionnaire. Et voici qu’on trouve un Pape largement ouvert au monde d’aujourd’hui et qui s’efforce de revenir aux origines du christianisme. C’est en soi un événement de grande portée.

Ce qui est aussi nouveau dans ce document est que l’on y retrouve le souffle de St Augustin dans ses “Confessions”. Benoît XVI se montre plus “augustinien” que Jean-Paul II qui, lui, était davantage “thomiste”. Ce sont deux philosophies non antagonistes mais de sensibilités différentes, l’une s’apparentant plus à Aristote, l’autre à Platon.

Pour conclure, enfin, le Pape prend le contre-pied de la pensée dominante quand il définit les rapports entre la Justice et la Charité. C’est un puissant plaidoyer pour que l’État soit au service de la Justice - qui est la “mesure de toute politique” - la Charité n’étant pas une “sorte d’assistance sociale” mais le complément de la Justice.

Cette encyclique est, on le voit, un document majeur adressé à tous les humains, croyants ou non.

Ce Pape prend une surprenante dimension qu’on ne lui soupçonnait pas. Après la disparition de l’immense Jean-Paul II.

cf : Voir aussi le Billet du 28.04.2005 : "À propos de conservatisme et progressisme" Cliquez ici

samedi, 04 mars 2006

ÉCOLE de la RÉPUBLIQUE (Suite)

La note parue ici sous le titre ÉCOLE DE LA RÉPUBLIQUE ? le 12 Février dernier a fait grand bruit.

On se souvient que je m'étais insurgé sur le fait qu'une récente circulaire de l'Éducation Nationale avait créé des distorsions de droit entr'élèves de nationalité française selon l'appartenance ou non à une autre nationalité de l'un quelconque de leurs ascendants.

J'ai eu rapidement un entretien très fructueux avec Mr l'Inspecteur Départemental d'Académie du GARD - homme de grande écoute et dont j'ai apprécié la vive intelligence - et qui m'a assuré vouloir faire corriger au plus tôt les effets de cette circulaire.

J'ai saisi par ailleurs Mr le Député (UDF) du GARD, Yvan LACHAUD.

Celui-ci vient de me faire parvenir la copie d'un courrier qu'il a adressé à Mr Gilles De ROBIEN, Ministre de l'Éducation Nationale, et dans lequel il lui fait part de ses "interrogations".

Espèrons que la raison et le droit seront rapidement rétablis au sein de nos établissements d'enseignement.

07:30 Publié dans SOCIÉTÉ | Lien permanent | Commentaires (1)

mercredi, 01 mars 2006

INTERRUPTION MOMENTANÉE

François VAN DE VILLE a suspendu pendant quelques jours la publication, ici, de ses rubriques et commentaires : il emménage dans un appartement plus vaste et confortable, situé désormais en plein cœur du centre historique de NÎMES.

Vous le retrouverez très bientôt, sitôt le plus gros de ses cartons rangés et le temps lui accordé de nouveau.

Merci pour votre fidélité.